Qu'il faisait bon être à Gerland hier soir ! Au moins pendant 2 minutes, le temps de voir Sylvain Wiltord éteindre le Kop parisien et rallumer tout un stade. Lyon n'a pas volé sa victoire car l'arbitrage a été mauvais pour les 2 équipes. Presque un arbitrage habituel en somme. Bien dans le ton d'une saison où toutes les erreurs commises finiront bien par s'équilibrer.

Pour ce retour de Paris à Gerland, Gérard Houllier n'avait pas eu beaucoup de liberté pour composer son équipe. L'OL démarrait ainsi sans ses cadres, sans spécialiste sur son aîle gauche, mais avec Cris, que l'entraineur lyonnais n'avait pas eu la force de laisser au repos, c'était peut-être trop d'un coup. Avec cette composition plus "étroite" que d'habitude, Lyon allait sans cesse finir ses actions dans l'entonnoir, obtenant au mieux des coup-francs, innofensifs ou presque en l'absence du maître. En fait Lyon n'avait pas les moyens d'écarter le jeu hier soir, n'offrant que trop peu de centre à Carew dont attendait peut être son jeu de tête. Sans hauteur ni profondeur dans le jeu, il n'a pas eu de ballons à négocier et a fini par sortir, sous les sifflets.

Mais si Lyon ne s'était pas réellement créer d'occasion en première mi-temps (tir de Tiago 13', Coup de franc de Wiltord 18'), Paris n'avait pas montré grand-chose non plus. Avec une équipe jeune qui semblait jouer au dessus de ses moyens physiques, on pensait l'OL capable de lui faire mal sans forcer en fin de match. Le scénario fut quelque peu différent tant Paris est revenu fort après la pause faisant totalement déjouer l'OL en monopolisant le ballon. Et c'est ce diable de Rodriguez qui obtenait un penalty au terme d'un quart d'heure de domination parisienne. L'Olympique Lyonnais se retrouvait mené 1-0 à un moment où il a plutôt l'habitude de tuer les matches, inquiétant.

Plus inquiétant encore, la période de révolte brouillonne qui allait suivre, n'inquiétant nullement une équipe parisienne bien regroupée derrière et renforcée par les entrées de Rothen et Pauletta. Et si Lacombe avait eu raison ? D'autant qu'il y avait aussi Alonzo qui n'avait rien à envier à Vercourtre hier soir. Gerland avait perdu peu à peu sa voix laissant au public parisien l'occasion d'envoyer au président Aulas quelques noms d'oiseaux.

C'était sans doute prématuré et pas du goût de Sylvain Wiltord, qui allait poignarder de deux coups de lame toute une équipe parisienne qui pensait tenir l'exploit. Au-delà de la qualification, la victoire d'hier nous évite de devoir poser les questions qui fâchent trop tôt : L'absence d'alternative en attaque et l'état actuel de la Juninho dépendance. Des questions qui nous auraient sauté au visage ce matin si le match n'avait duré que 88 minutes...