Il y a deux façons d'envisager la victoire d'hier contre Auxerre. La plus globale permet de souligner la monstrueuse performance lyonnaise depuis le début de la saison et la plus ponctuelle nous rappelle que l'OL est bien un groupe élargi où chacun semble avoir un rôle à jouer.

Alors en s'attardant d'abord sur le bilan comptable après 15 journées, on est bien obligé de faire le constat de la performance hallucinante des lyonnais : 13 victoires, 40 points et un titre de champion d'automne à 4 journées du terme du premier round. Mieux encore, la seule défaite à Rennes est largement digérée, Lyon dispose aujourd'hui avec 14 points d'avance de la plus grande des marges sur ses premiers poursuivants depuis le début de la saison. La faute à un scénario catastrophique ce week-end pour les prétendants à la succession. D'ailleurs, si Gérard Houllier n'a pas d'autre formule que celle empruntée à Guy Roux - le maitien est assuré - c'est qu'il pense certainement déjà aux 23 matches qu'il va falloir encore disputer avant d'être champion pour de bon. Car c'est largement assez pour s'éffondrer avec une équipe démobilisée...Se motiver pour être champion le plus tôt possible voilà le vrai défi à relever pour l'OL en ligue 1. Et pourquoi pas dès 10 mars prochain pour la réception de Marseille : à 10 journées de la fin et un peu avant les quarts de finale de la ligue des champions...

Mais revenons un instant au match d'hier pour lequel Gérard Houllier avait dessiné une formation aux contours inédits. Pas vraiment par obligation en fait, peut-être par défi et surement par souci d'équité envers certains :

Un milieu de terrain positionné plus bas au sein duquel Diarra a plus brillé que Källström et où Juninho a été éclatant pendant plus d'une heure. Une vraie alternative pour l'OL donc, même s'il a souvent manqué quelqu'un aux vingts mêtres à la retombée des ballons mal dégagés par la défense auxerroise.

Devant, l'attaque avait plus d'ailes qu'à Madrid mais au détriment du rendement de Carew, bien plus à l'aise dans la profondeur que dans la largeur, on le savait déjà . En défense, Müller et Berthod n'ont pas démérité pour leur retour et semblent décidés à grappiller un plus de temps de jeu. Ils ont au moins permis à Cris d'affirmer encore un peu plus sa volonté d'aller naviguer toujours plus haut...

Au final, une équipe de Lyon brillante en première mi-temps qui aurait pu tuer le match avec un peu plus de réussite et un OL plus brouillon en seconde, une nouvelle fois en danger en fin de rencontre. L'OL n'est plus aussi frais qu'il ne l'était le mois dernier, la trêve qui se rapproche va faire du bien.

Gérard Houllier expliquait dans le Journal du Dimanche d'hier, les plusieurs facettes de l'OL : flamboyants et dominateurs mais aussi rigoureux voire attentistes. Hier il a été un peu tout ça à la fois. Après tout, peu importe le flacon...

Images Canal+ via L'Equipe TV