Dossier réalisé par Cyril (Bloggeur/contributeur...) :

Le capital

Il est composé de 9 312 700 actions auxquels vont venir s'ajouter 3 686 993 actions issus de l'augmentation de capital et 553 048 actions en cas d'exercice de l'option de surallocation (option exercée quand la demande d'actions est forte)

Le prix de l'introduction

La fourchette de prix retenue est 21€-24,4€ par actions ce qui nous donne une capitalisation pré-money (avant augmentation de capital) comprise entre 195,5M€ et 227M€ et une capitalisation post-money (après augmentation de capital et option de surallocation) comprise entre 285M€ et 330M€.

L'activité

Aujourd'hui l'OL est un club de foot dont les revenus ont pu être générés grace à la réussite sportive. Le club est dans un cercle vertueu puisque les résultats sportifs permettent d'augmenter les revenus du club qui, une fois investis (effectif, infrastructure, formation) permettent de meilleurs résultats sportifs. Une grande partie du chiffre d'affaire du club est plus moins directement lié aux performances sportives. Demain l'OL ne sera pas autant lié à l'aléa sportif puisque l'OL aura son OL Land. Ce projet permettera de dégager des revenus sans aucuns liens avec le foot (location du stade pour des concerts, zone commerciale, hotels, bureaux...). L'objectif est de suivre l'exemple de Parken Sports & Entertainement A/S, la société qui possède le club et le stade du FC Copenhagen, qui a progressivement développé des activités commerciales et de loisirs pour s'émanciper graduellement des activités liées au club de football.

Le secteur : Le Football

Beaucoup ont des aprioris sur le secteurs, pour certains il est trop lié aux performances sportives et les autres club cotés ont vu leur actions plonger, pour d'autres si acheter des actions permet d'aider leur club ils en prennent tout de suite. Il faut sortir de ces aprioris du 20eme siècle pour pouvoir juger objectivement les business models présentés par les clubs. En effet lors de la vague d'introduction en bourse de clubs de foot entre 1997 et 2001 les sommes levées en bourse était énorme (cela était permis par la bulle spéculative des actions en général) et ne servaient qu'à acheter des joueurs. Mais les joueurs alors achetés une fortune ne permettaient pas de dégager des revenus suffisant permettant de rentabiliser l'investissement donc les cours de bourse des clubs cotés s'effondrèrent, un effondrement renforcé par la baisse des actions en général. Le temps de la surenchere sur le marché des transferts et du gaspillage de l'agent obtenu en bourse est révolu. Les clubs introduits en bourse après 2001 l'on fait avec succès. L'action d'Arsenal introduite en 2002 a fait +308%, celle de Fenerbahce introduite en 2004 a fait +80%. De même les clubs qui ce sont introduit dans les années 1980 comme Tottenham (+288% depuis 1983), les Rangers (+358% depuis 1988). La référence dans le secteur est Parken Sports avec +766% depuis 1997, c'est le modèle que veut imiter JMA pour l'OL. Il faut savoir que le marché du divertissement sportif est en croissance forte sur le plan mondial (rythme de croissance estimé à +7% par ans jusqu'à 2010) puisque les gens consomment de plus en plus de loisirs.

La valeur de l'OL

La valeur d'une entreprise (donc des actions de celle ci) est déterminée par ses bénéfices futurs (plus précisement ses cash flows actualisés). Bien que l'aléa sportif soit présent les revenus et les couts de l'entreprises peuvent être estimés precisement en fonction du scénario sportif privilégié. C'est pourquoi je vais présenter plusieurs scénarios optimistes et prudents. Ainsi chacun pourra se faire son opinion sur l'OL et agir en conséquence. La souscription à l'introduction est un choix personnel qu'il faut faire en connaissance de causes et de la facon la plus objective possible. Si des supporters de l'OL ne sont pas capable de raisonner objectivement, de faire la différence entre leur passion et leur épargne alors il ne faut en aucun cas souscrire à l'introduction et détenir des actions de l'OL.

Les revenus du clubs

L'audiovisuel Les droits audiovisuels représentent 56% (71,5M€) des revenus du club. Ils se décomposent en 2 parties : - les droits francais versés par la LFP au titre de la Ligue 1. Il viennent de canal+ qui verse 600M€ par ans jusqu'en 2007/2008, la saison suivante le montant dépendra d'une nouvelle mise sur le marché et de Orange qui a acquérit les droit mobile ce qui conduit à une augmentation des distributions aux clubs de 20M€ pour la saison en cours. Remarque : canal+ verse plus que tous les autres opérateurs en Europe pour la diffusion du championnat national. La fusion canalsat-TPS pourrait faire baisser la concurrence ce qui se traduirait par une baisse des droits audiovisuels de la Ligue1. - les droits européens versés pour la participation à l'UEFA Champions League. Ils représentent 28% des revenus audiovisuels de l'OL (26M€). Etant vendus dans de nombreux pays le montant des versement de l'UEFA augmente régulierement et le risque de baisse est faible. Remarque : pour toucher des droits européens il faut être qualifié pour la compétition (finir dans les 3 premiers de L1 l'année précedente) Ces droits sont variables selon la performance du club. Pour la Ligue 1 la part fixe représente 50 % de l'enveloppe globale des droits audiovisuels et est répartie équitablement entre tous les clubs participant à la Ligue 1. La part variable est distribuée aux clubs selon les critères de performances et de notoriété suivants : le classement de la saison écoulée (25 %), le nombre de diffusions télévisées au cours de la saison écoulée (15 %), le classement sur les 5 dernières saisons écoulées (5 %) et le nombre de diffusions télévisées au cours des 5 dernières saisons écoulées (5 %).

La billetterie

Les ventes de billets représentent 16,5% (21M€) des revenus du club. 6,9M€ proviennent de places vendus pour la Champions League. Le taux de remplissage du stade est important, de nombreux matchs se jouent à guichet fermé. Ainsi le nouveau stade permettra de vendre plus de billets et de places VIP.

La diversification

La diversification représente 16,6% (21,2M€) des revenus du club.C'est une source de revenus en forte croissance composée des produits dérivés, voyages (organisation de déplacements) et autres (taxis, salons de coiffure,...)

Partenariat-Publicité

C'est la vente des espaces publicitaires sur les maillots, les partenariats avec des équipementiers,... Les revenus tiré de cette activité sont de 13,9M€. Ils sont en faible progression d'année en année et très faibles par rapport aux autres grands clubs européens d'où un potentiel de hausse important et un faible risque de baisse.

Les couts du club

Les achats consommés
Ce sont les couts du merchandising (fabrication des maillots et autre produits dérivés), ils évoluent avec les revenus de la diversification. Il sont de 16,2M€ Les charges externes
Ce sont les couts de location des infrastructures et des déplacement de l'équipes. Ils sont donc relativement stables à 12,4M€. Les charges de personnel
C'est LA dépense du club, elle s'élève à 75,2M€ en très forte augmentation par rapport à l'année précédente. La strategie de l'OL est de se baser sur son centre de formation et de faire des recrutements ciblés de joueurs appelés à être cédés ultérieurement. Ainsi la masse salariale est contenue (absence de recrutement de stars) et des revenus supplémentaires peuvent être dégagés par la vente de joueurs.

L'OL Land

C'est le projet du club pour les années à venir. Construire un stade entouré d'un centre de loisir et d'un centre commercial pour diversifier les revenus du club. Le cout de l'investissement sera compris entre 390M€ et 455M€, financé par l'augmentation de capital, le recours à l'emprunt bancaire et l'utilisation des cash flows générés par l'activité. Le potentiel est énorme puisqu'avec le naming (donner au stade le nom d'une marque, cf l'Allianz Arena ou l'Emirate stadium) il est possible d'obtenir énormément d'argent (150M€ sur 15 ans pour Emirate et 220M€ sur 20 ans pour Allianz). Avec la location de bureaux, du centre commercial, du stade et l'exploition du centre de loisir et du stade (60 000 places vs 40 000 pour Gerland) l'investissement devient très rentable et sur. Malheureusement il est très difficile d'estimer les revenus générés par l'OL Land à partir de 2010 (c'est encore loin). A titre de comparaison Parken sports est capitalisé 480M€.

Plusieurs scénario pour l'OL

1) L'OL s'installe en tant que grand club européen

A l'image du Bayern ou d'Arsenal le club continu sur la tendance actuelle et fait des efforts pour ne pas laisser ses joueurs partir. Dans le championnat l'OL termine à chaque fois dans les 10 prochaines années dans les premiers et se qualifie 8 fois pour la Ligue des Champion (c'est le record du bayern les 10 dernieres années). -Les droits audiovisuels augmentent régulierement pour la Ligue de Champions et n'augmentent pas pour la L1. -L'activité merchandising continu sa forte croissance. -La vente de billets augmente en valeur et en volume (forte augmentation à partir de 2010) -Les partenariats-publicités progressent jusqu'à être dans la norme européenne -Les salaires des joueurs progressent régulierement jusqu'à rejoindre rapidement ceux des grands clubs (120M€ vs 75M€ actuellement) puis ils augmentent sur un rythme élevé (5% par ans) Dans ce cas c'est l'augmentation des revenus de la diversification, de la champions league et de facon moindre de la billeterie qui vient compensé l'augmentation des salaires. Le bénéfice reste stable voire chute, l'entreprise restant rentable. Mais dans un 2eme temps les revenus publicitaires augmentent puis l'OL Land ouvre ses portes. A partir de ce moment la rentabilité et le chiffre d'affaire s'améliorent nettement et payer de gros salaires ne pose plus de problèmes : l'OL est un grand club européen qui peut se payer quelques grands joueurs et non plus un club vendeur de ses meilleurs joueurs. D'un point de vu boursier il n'y aurait pas grand chose à gagner à court et moyen terme (d'ici à 2ans) mais beaucoup après.

2) L'OL domine la france mais pas l'europe

Le club garde sa stratégie actuelle et ne tente pas de conquérir l'europe, l'OL reste vendeur de ses joueurs qui demandent des salaires plus élevé. Le modèle est alors le FC Porto (c'est la référence du doc de base), un club qui considère son centre de formation comme une source essentielle de recrutement, les joueurs formés, ou parfois recrutés, étant appelés à être cédés ultérieurement. -L'activité merchandising ralentit sa progression -Les partenariats-publicité sont stables -Les salaires sont stables voire en baisse si le club vend des joueurs -Les revenus audiovisuels baissent car l'OL ne gagne pas tout le temps la L1 et ne se qualifie pas chaques années pour la Ligue des Champions. Dans ce cas les bénéfices à court et moyen terme sont plus élevé que dans le 1er scenario sans compter les gains sur les ventes de joueurs. Il y aura toujours un écart entre les revenus du club et les salaires versés d'où un bénéfice récurent. Mais à LT la progression des bénéfices sera limitée.

3) Le pire

Les revenus de l'OL s'effondrent :
-les droit télé de la L1 chutent (-30% à 400M€ par saison) -le club est classé en milieu de tableau de L1 et ne participe pas à la ligue des champions -les billets sont moins vendus -les revenus de merchandising stagnent Dans ce cas le club ne dispose plus que de 65M€ de revenus et ne gagne de l'argent que si les salaires des joueurs baissent fortement (à 35M€). Le club perd donc forcement de l'argent sur son activité sportive. A long terme il s'en remettra à l'OL Land mais il reste à savoir quels seront les revenus dégagés par cette activité. Diversifier les sources de revenu doit permettre au club de dégager des bénéfices même en période creuse.

CONCLUSION

Au delà de l'incertitude sportive c'est l'incertitude quand à l'OL land qui pose problème. En effet c'est la base de la valeur de l'OL puisqu'un club de foot sans diversification dans un stade ou des revenus de merchandising très important ne vaut rien. On en a l'exemple avec tout les clubs qui ont échoués en bourse. La fourchette de valorisation retenue pour OL groupe est raisonnable puisque en pré-monnaie on est à 195-225M€ ce qui représente 12 fois le cash flow et 13 fois le bénéfice de la saison dernière. Il ne faut pas oublier que le bénéfice du club est du cash, le club n'a pas d'investissement à faire pour augmenter son activité. Pour la saison en cours les chiffres ne devraient pas bouger car il y a eu des recrutements et augmentations de salaires qui seront compensés par l'augmentation des revenus de la champions league et de la L1 notamment. A cela il faut ajouter que la trésorerie et les cash flow générés par l'OL seront investis dans le projet OL land. Cet investissement pourrait être très rentable et sur. Si c'est le cas alors les actions OL sont bon marché et ont un potentiel de hausse important toutes choses égales par ailleurs (tout résultat sportif égal). Et même si les performances sportives venaient à décevoir elle passeront alors au second plan (cf le FC Copenhagen). Mais cela est du long terme et d'ici là il peut se passer beaucoup de choses, les bénéfices du clubs seront directement impactés par des contres performances sportives (une non qualification à la Champions league l'année prochaine par exemple). Personnellement je trouve le projet interessant mais le potentiel de gains est trop réduit à moyen terme par rapport aux risques. Je ne souscrirais donc pas mais surveillerais attentivement le parcours de l'action OL groupe.