Il fut un temps où il était bon être journaliste à Gerland. Victoires, sourires, une floppée de joueurs à qui poser des questions en zone mixte, un président volubile, et surtout une équipe soudée plein d’entrain où vitesse ne rimait jamais avec précipitation. Ce temps a duré, le temps d’agripper des titres mais aussi quelques désillusions comme celle la saison passée à San Siro.

Mais ce temps a aussi changé depuis que le club est entré dans une nouvelle phase. Cette phase a commencé un après-midi d’une chaleur estivale, quand JMA a serré la main à Gérard Houllier. Depuis le club est entré dans l’ère de « je suis un grand club » avec ce que cela implique de manque d’humilité et de recul. J’en veux pour preuve le désert ce dimanche soir où seul Juninho est venu s’exprimer, on se serait cru dans les couloirs du Parc de Princes, coutumier de ce genre d’attitude. On arrêtera là la comparaison, puisque nos olympiens sont premiers alors que le PSG est plus que dans la zone rouge. Il reste que l’ambiance n’existe plus dans les coursives de Gerland, le groupe est coupée en deux, voir en trois, et Gérard a beau nous expliquer qu’il sera là en fin de saison on a du mal à le croire. Si cette fin de saison ne va pas nous enflammer, elle ne manquerait pas d’intérêt car il est clair que l’on est plus ou moins à la fin d’un cycle.

C’est assez paradoxal que l’année où le président réalise son rêve, son équipe semble lui fuir, un peu comme plusieurs de ses cadres qui devraient dire stop à l’aventure lyonnaise.

Trevor Alen, envoyé spécial à Gerland