Clément Michon à droite sur la photo / ©OL_Damien LG

International : Clément Michon, le "couteau suisse" de l’OL

Chargé des relations internationales et de la gestion des pré-saisons des équipes masculines et féminines, Clément Michon est un homme de l’ombre indispensable à la bonne marche du club lyonnais. Portrait.

Empreint d’humilité et au service de l’institution. A 34 ans, Clément Michon, au club depuis 2011, n’a pas encore été atteint par le syndrome OL. En somme, il n’a pas pris la grosse tête. "C’est un Lyonnais dans le sens noble du terme. Il travaille et ne se pavane pas en criant sur tous les toits qu’il fait partie de l’OL. Il se donne à fond pour l’institution tout en restant très discret malgré son immense efficacité", souffle-t-on en interne. Diplômé d’une école de commerce (ISSEG Lyon), Clément Michon a débarqué à l’OL comme stagiaire. "J’ai fait trois mois dans le département marketing, notamment en lien avec la Fondation OL, raconte-t-il. Mon stage s’est bien passé et j’ai continué à travailler sur le développement de la fondation avec Laurent Arnaud (ancien délégué général de la fondation). Comme il gérait un certain nombre de dossiers au niveau international, j’ai commencé à travailler là-dessus à partir de 2014 pour la pré-saison, et à ensuite l’aider sur les partenariats internationaux. J’ai totalement basculé en janvier 2016 sur ces sujets-là."


En étroite collaboration avec le sportif


Désormais seul aux manettes, aidé d’un adjoint et d’un stagiaire, Clément Michon doit s’activer sur plusieurs fronts. Tout d’abord avec la mise en place de partenariats à l’étranger. "Ce ne sont pas forcément des partenariats d’image ni des partenariats où l’on vend des licences comme beaucoup de clubs le font, assure-t-il. On adapte notre savoir-faire aux besoins de nos partenaires qui peuvent être des fédérations, des académies privées et des clubs. On met en place des choses avec le Dakar Sacré Cœur, la Pelé Academy, le FUS Rabat, en fonction des différents enjeux. Dans un autre style qui est plus une coopération, il y a l'Athletico Sports Club au Liban et Hô Chi Minh-Ville au Vietnam." Une mission effectuée tout au long de l’année en étroite collaboration avec la direction sportive. "Je dépends directement de Vincent (Ponsot, le directeur du football). D’ailleurs, c’est une vraie richesse de l’avoir, insiste Clément Michon. Je ne le dis pas par hypocrisie, mais c’est un vrai plaisir de travailler avec lui."

"Ensemble, on fait la coordination, on trouve les opportunités, on les négocie, on les met en place, on s’occupe du suivi, détaille-t-il. J’ai une activité de recherche et de conseil, également, pour alimenter le board sur des enjeux plus globaux d’un point de vue international." Concernant la gestion des pré-saisons des équipes masculines et féminines, là aussi, ce n’est pas le travail qui manque. "Mon rôle est de faire converger vers un même point les enjeux et les besoins du sportif. Il y a des enjeux d’image ou économiques comme l’accord avec Canal + sur la diffusion des matches, décrypte Clément Michon. Le rôle de notre service est de faire converger tous ces enjeux vers un point de rencontre pour pallier aux besoins des dates, des adversaires, des formats et des attentes de Peter (Bosz) sur les rencontres."


"Selon les doléances du sportif"


Pour ce faire, il faut vraiment être à l’écoute des attentes de l’entraîneur en place et s’adapter. "En amorce, je travaille avec Peter (Bosz) puis au quotidien avec Julien Sokol (team manager), raconte-t-il. Il y a un certain nombre de matches que l’on doit trouver le plus tôt possible selon les doléances du sportif. On y adosse ensuite les enjeux économiques que nous soumettent la direction. L’idée c’est aussi d’aller jouer des adversaires étrangers. Pouvoir jouer des matches de haut niveau, pouvoir participer à des rencontres de prestige comme Feyenoord ou l’Inter Milan qui arrivent prochainement." Dans ce domaine, l’OL se différencie d’autres clubs. "On est assez peu en France à fonctionner de cette façon. Je crois que l’OM procède de la même manière que nous, souligne Clément Michon. Mais je n’ai pas connaissance d’autres clubs qui gèrent de la sorte. Les enjeux de tournées dépendent des opportunités que l’on a. La qualité des matches et les dates priment sur les enjeux économiques. L’OL est dans cette volonté-là. S’il y a une opportunité de faire une tournée en Chine comme on a pu le faire dans le passé, on ne va pas s'en priver. Mais c’est vraiment la qualité des matches que l’on fait passer en premier."

Clément Michon dont certains trouvent des ressemblances physiques avec Willy Sagnol est en permanence sur le qui-vive. "Il faut tout surveiller : la qualité des terrains, les accès, que la piscine soit bien à 35 degrés (sourire). Globalement, on essaie d’anticiper au maximum, et après, il faut être capable de vite changer, de discuter, de faire front aussi quand il y a beaucoup de pression, confie-t-il. Parce que tous les clubs ne sont pas organisés de la même manière. Ils ne sont pas forcément dans la transparence. On a aussi des promoteurs qui gèrent certains matches. Ils vont tout le temps changer d’avis : un coup oui, un coup non. Il faut être capable de gérer avec tout type de comportement et avec des cultures différentes."


"C'est hyper concurrentiel"


Et de poursuivre : "C’est hyper concurrentiel. C’est un marché de marques avec quelques clubs comme Manchester City, Liverpool, le Bayern et le PSG qui ont d’autres enjeux de tournées. Ils ont un pouvoir d’attraction tout simplement énorme. Ils ont des bases de fans identifiées. Ce sont des clubs avec d’autres considérations, avec des conditions économiques complètement démentielles. On parle ici de plusieurs millions d’euros par match joué." L’Olympique lyonnais est dans une toute autre catégorie. Mais il faut également garder son sang-froid. "Il suffit qu’un club demande deux fois moins que nous pour faire changer la donne. Certains nous disent : ‘pourquoi vous nous demandez un tel prix alors que tel club est capable de venir pour moins.’ Il faut se battre pour réussir à se positionner", argumente Clément Michon.

"Après toute cette négociation, il y a la mise en place des contrats. Il faut travailler avec le juridique du club, avec la télévision parce qu’ils ont des besoins spécifiques pour la diffusion des matches, ajoute-t-il. On va aussi travailler avec chaque corps de l’OL autour du staff sportif : les besoins de l’intendance, des médicaux, de transports. Il faut superviser tout cela pour que chaque acteur puisse en bénéficier. En clair, on fédère, on coordonne les informations et on les redistribue aux acteurs compétents. On a un plan de base, mais il faut être flexible, voire contorsionniste pour pouvoir trouver des solutions."


"Gérer les choses avec le maximum de diplomatie"


Clément Michon doit garder en permanence la tête froide car ce ne sont pas les péripéties qui manquent. C’est le moins que l’on puisse dire. "J’ai parfois des acteurs insolites qui me sollicitent. Des présidents de club de Ligue 1 qui m’ont appelé pour essayer de négocier un match parce que les discussions s’enlisaient avec leur équipe. Cela m’est déjà arrivé d’avoir Aurélio De Laurentiis (président de Naples) au téléphone pour essayer de résoudre un problème de date pour un match. Cela fait partie des 'douceurs' du métier lorsqu’on se retrouve avec des choses assez particulières, sourit-il. Il faut être un véritable couteau-suisse, être à l’écoute, capable de digérer la pression et de gérer les choses avec le maximum de diplomatie. C’est ma façon de faire : toujours essayer de trouver les bons compromis. Il faut être capable de faire la synthèse, de pouvoir tenir les engagements, de comprendre les besoins de chacun et d’arriver à les justifier auprès de la direction. C’est un travail d’équilibriste dans le respect des valeurs du club." Une fonction maîtrisée par Clément Michon qui, en quelques années, a su se rendre incontournable.

9 commentaires
  1. Moimoi - mer 20 Juil 22 à 7 h 41

    Intéressant ! Bon, après, on touche à l'économie, au commercial, je ne suis pas fan de cette dimension-là du club - seul le sportif m'intéresse - mais elle est nécessaire justement pour que le sportif puisse (théoriquement) bien se dérouler.

    Ce qui est d'autant plus inquiétant pour l'OL, c'est qu'il y a nombre de personnel compétent, alors on se demande où il serait sans eux...

    PS : très bien vu les deux premières phrases de l'article, qui rendent autant hommage à msieur Michon qu'elles rappellent que le club souffre d'un mal tenace.

    1. OLVictory - mer 20 Juil 22 à 9 h 17

      Razik sait faire passer des messages, tout en douceur.
      L'arrogance, c'est bien quand on est tout en haut, mais quand on est dans la position de l'OL il faut se remettre au travail et devenir humble.

  2. Darn - mer 20 Juil 22 à 8 h 11

    Ce type est nul, il kiffe Ponsot.
    Et il porte une cravate (des fois j'en suis sûr).

    1. XUO - mer 20 Juil 22 à 8 h 57

      Oui, mais du moment que sa cravate n'est pas verte. Trop de vert dans cette photo !

      1. OLVictory - mer 20 Juil 22 à 9 h 15

        Oui c'est très vilain ce stade vert, on dirait qu'il est moisi !

    2. Gerard de Villieu - mer 20 Juil 22 à 20 h 45

      Sur cette photo, ce n'est pas lui qui porte une cravate, il est à droite sur la photo!

      1. XUO - mer 20 Juil 22 à 22 h 04

        Je crois que tout le monde a compris !

  3. Poupette38 - mer 20 Juil 22 à 12 h 07

    C'est vrai qu'il y a une vague ressemblance avec WS en passant vite .
    J'ai trouvé cet article très intéressant . Il y a surement beaucoup d'autres choses que l'on imagine même pas pour faire fonctionner cette "machine" .
    Un truc qui m'a surpris concernant le déplacement des pro aux Pays-Bas : Ils sont 32 joueurs (cela avait été précisé) + 25 membres du staff , compris OLPLAY (Lloris + le caméraman), cela fait beaucoup non ?

  4. OL-91 - mer 20 Juil 22 à 21 h 45

    Un cousin à Cornillac ?

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