Alexandre Lacazette lors de Strasbourg - OL en Ligue 1
Alexandre Lacazette lors de Strasbourg – OL en Ligue 1 (Photo by PATRICK HERTZOG / AFP)

OL : devant, c'est quoi le problème ?

Avec seulement trois buts inscrits, l’OL est la pire attaque de Ligue 1. Avec le retour d’Alexandre Lacazette contre Lorient, le secteur offensif doit reprendre des couleurs pour aider le club à lancer sa saison.

Un peu plus et l’OL était la risée de toute l’Europe, en plus de l’être en France. Grâce à Empoli, le club lyonnais s’est évité le triste titre de "pire attaque des cinq grands championnats". Avec un but en sept journées, le club italien a réussi la performance de faire encore mieux que l’OL et ses trois buts. À la différence qu’Empoli a déjà goûté à la victoire depuis la reprise. Les Lyonnais aimeraient en dire autant, mais au moment de recevoir Lorient dimanche (15h), c’est bien la bulle dans la colonne des succès. Face aux 40 000 spectateurs espérés au Parc OL dimanche, Fabio Grosso espère bien lancer la dynamique positive après un semblant de mieux à Reims le week-end dernier. L’entraîneur italien "a vu la lumière" mais rien ne nous dit que cette illumination soit pour le secteur offensif.

Des milieux qui n'accompagnent pas les actions

Dans la série de la peur qui attend le club lyonnais lors du prochain mois avec les réceptions de Lorient, Clermont et Metz, en plus du déplacement à Marseille, Fabio Grosso espère pouvoir trouver la bonne organisation tactique pour se montrer dangereux. À l’heure actuelle, l’OL n’inspire plus la crainte, que ce soit défensivement ou offensivement. Un comble pour un club qui a souvent fait sa réputation en formant de grands attaquants (Lacombe, Maurice, Benzema, Lacazette, etc). Mais là n’est pas forcément la question. L’OL est en panne sèche et l’on se demande où il pourrait trouver l’essence pour la bonne carburation. À Reims, Grosso a surtout voulu avoir une assise défensive pour se rassurer et le jeu avec ballon s’en est ressenti. Sur les onze joueurs couchés sur la feuille de match, neuf étaient à vocation défensive. Rayan Cherki et Mama Baldé se sont sentis bien seuls. L’un est sorti à la 54e minute tandis que l’autre n’a pas pesé avant de quitter le terrain blessé.

Est-ce uniquement la faute des attaquants ? Non, bien au contraire. Aujourd’hui, la principale raison de ce désert offensif résulte de l’incapacité du milieu à se porter à la hauteur des attaquants. "Pour pouvoir marquer, il faut déjà que le ballon puisse arriver dans la surface, souligne Nicolas Puydebois dans TKYDG. Aujourd’hui, l’OL n’a pas de milieux capables de faire la transition offensive correctement." Caqueret est critiqué pour son jeu avec ballon dans le dernier tiers quand Tolisso pêche physiquement pour jouer le rôle de box-to-box qui était le sien jusqu'en 2017. Les attaquants ne sont pas soutenus, à l’image de cette action côté gauche de Baldé à Reims. L’ancien Troyen s’est retrouvé avec le ballon entouré de quatre Rémois et aucune solution à courte distance. La transition défensive à offensive reste un chantier dans l’utilisation du ballon où l’OL se contente de passes latérales à la récupération plutôt que de passes ou courses vers l’allant.

Un manque de verticalité dans le jeu

Finalement, l’essentiel du jeu offensif lyonnais réside voire se limite dans la capacité à Rayan Cherki à faire la différence. Après sept journées, elle est quasiment nulle. Non pas que le Bleuet n’en soit pas capable, mais dans le marasme actuel, il semble retomber dans ses travers. À Reims, il avait pourtant bien commencé, jouant simple et comme par magie, cela a créé des décalages vers les pistons qu’étaient Kumbedi et Tagliafico et des centres. Et puis, les difficultés à porter le danger sur le but rémois ont poussé Cherki à quelques touches futiles et à retomber dans la caricature qu’on lui connait. "Avec les mauvais résultats et le jeu à revoir, il veut jouer les sauveurs, poursuit notre consultant. Sauf que ce n’est pas par des performances individuelles que l’OL va y arriver".

Cherki n’est pas l’unique responsable des maux offensifs lyonnais, mais Fabio Grosso va devoir, comme Laurent Blanc, trouver les bons mots pour faire comprendre au meneur que sa qualité technique doit être avant tout au service du collectif. "C'est un grand joueur, un très grand joueur de ballon et il peut devenir un très très grand joueur de football. On travaillera ensemble pour qu’il le devienne, mais avec ses coéquipiers parce qu’on a vu que la saison a commencé, tous les joueurs ont joué, mais aucun n’a fait gagner le match à lui tout seul."

Lacazette, un diesel qui ronronne

Le retour d’Alexandre Lacazette contre Lorient peut-il aider à retrouver une étincelle offensive ? Le capitaine lyonnais n’est clairement pas dans son assiette depuis le début de la saison. Avec seulement quatre matchs joués en raison de son carton rouge contre Montpellier, il n’a pu enchaîner et paraît emprunté. La saison dernière, il avait déjà inscrit quatre buts après sept journées, mais ce début de saison montre aussi qu’il était l’arbre qui cachait la forêt. On se demandait ce qu’aurait été l’OL sans Lacazette et Lopes lors du dernier exercice, on a désormais la réponse : un club relégable quand ses stars ne répondent pas présentes. Orphelin de Bradley Barcola qui apportait de la verticalité dans le jeu lyonnais lors des transitions offensives, Lacazette doit apprendre à connaitre ses nouveaux partenaires de jeu afin de ne pas attendre 73 minutes comme à Brest pour toucher son premier ballon dans la surface…

Avec Nuamah, Moreira, Jeffinho, les profils sont encore tendres avec des joueurs qui découvrent la Ligue 1. Les relations ne sont pas encore fluides, ce qui entraîne forcément de la frustration chez le capitaine et des gestes d’humeur qui n’aident pas à redresser la situation. Le feeling n’est pas encore automatique. Il faut se sentir, s’appréhender et ce, même avec Cherki. Les deux joueurs ont beau avoir un vécu de six mois ensemble, ils n’ont pas manqué d’échanger à de nombreuses reprises mardi pour comprendre les déplacements de l’un et de l’autre. Une scène qui a forcément plu à Grosso qui veut de la communication, positive si possible. Il a été servi cette semaine même si les "jeu Banide" organisés en fin de séance n’ont guère apporté d’optimisme avec peu de frappes et surtout peu de buts. Tant que la mire est réglée dimanche...

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