Vingt-cinquième du Ballon d'Or 2026, Caroline Weir a débuté une nouvelle aventure à OL Lyonnes durant l'été. Première Écossaise de l'histoire à porter le maillot lyonnais, la joueuse offensive a choisi Olympique-et-Lyonnais pour sa première avec un média français. Elle revient sur ce choix de rejoindre la France, son idole de jeunesse et tout simplement sa nouvelle vie.
Olympique-et-Lyonnais : On aurait aimé vous voir contre l'Inter Milan, mais ce ne sera pas le cas. C'est frustrant d'enchaîner un deuxième pépin ?
Caroline Weir : Oui, ce n'est pas l'idéal. Malheureusement, pendant l'échauffement en sélection, j'ai ressenti quelque chose. Donc, j'ai dû être préservée et ne pas jouer.
Justement pour parler de l'Écosse. Vous avez passé la première étape contre la Roumanie. Le plus dur arrive fin novembre ?
Oui, exactement. On est heureux. C'est là où on voulait être. La finale face à la Suède, ça va être difficile. Mais pour chaque équipe, à ce moment-là, ça va être difficile. C'est très excitant. Il y a encore un bon mois jusqu'à ce match donc on se concentre sur Lyon avec tous les matchs qui arrivent. Mais on est vraiment heureuses d'être dans cette position.
Il y a OL Lyonnes certes, mais pour l'Écosse, cela revêt quand même de l'historique après la première participation au Mondial en 2019. Si vous allez au Brésil, est-ce que le sentiment sera différent parce que vous êtes maintenant capitaine ?
Oui, c'est vrai. En 2019, j'avais peut-être 23 ou 24 ans et je pensais qu'on irait aux Euros, aux Coupes du monde. C'est ce que j'imaginais et ce n'est pas ce qu'il s'est passé. Quand on est jeune, on rêve grand. Aujourd'hui, je suis plus âgée, je suis capitaine et le fait de ne pas s'être qualifié pour les différents tournois depuis 2019 rendrait la qualification beaucoup plus spéciale. C'est l'un de mes objectifs principaux en tant que joueuse cette saison. Et j'aimerais guider l'Écosse à la Coupe du monde, mais nous devons d'abord passer la Suède.
"Zidane a toujours été une source d'inspiration"
La jeune fille de Dunfermline pouvait-elle imaginer une telle carrière ?
J'avais un rêve, c'était de jouer au foot et je pense que j'ai réussi à atteindre plus que ce rêve. Avoir la carrière que j'ai eue jusqu'à maintenant, c'est incroyable. Je me sens chanceuse et heureuse car les choses ont bien évolué depuis que j'ai commencé le foot en Écosse. Je suis d'une génération qui a pu profiter du travail de nos aînées pour pouvoir être professionnelle. Et derrière, j'ai joué dans des clubs historiques et être désormais à OL Lyonnes, c'est incroyable. Être ici, jouer avec les meilleures joueuses du monde, être dans le meilleur club féminin, c'est spécial et surprenant à la fois (sourire). Mais je suis fière de la carrière que j'ai.
Comment cet amour du foot est-il arrivé ? Quelque chose de familial ?
J'ai deux sœurs et un frère. Une sœur et mon frère en faisaient donc on jouait juste dans le jardin. Et mon père était un grand fan de football. On jouait simplement dans le jardin, on allait voir notre équipe locale, on jouait à l'école. Tout était lié au football, depuis que j'étais très jeune. J'ai adoré.
Vous aviez une idole à l'époque ?
Mon joueur préféré était Zinedine Zidane, quand j'étais plus jeune. Dans la manière dont il jouait, dans la manière dont il se comportait, et dans la manière dont il gérait son équipe. Et il avait ce plus technique. Il avait l'air si facile, et comment il jouait. J'aimais ça, et je voulais être comme lui. Maintenant que je suis en France, c'est assez cool, parce qu'il est français. Je ne l'ai toujours pas rencontré, mais peut-être un jour.
"OL Lyonnes est le meilleur endroit pour gagner des titres"
Vous n'aviez pas pris le numéro 5 au Real pour lui rendre hommage ?
Non quand même pas (sourire). Ce numéro 5, c'était iconique. Et je ne pensais pas que c'était fait pour moi.
Pour revenir à cet été, pourquoi avoir opté pour OL Lyonnes ?
C'était une décision aisée. À ce stade de ma carrière, je veux jouer pour gagner sur tous les fronts. Je veux vraiment gagner des trophées. C'est probablement ce qui me manque un peu ces dernières années, les trophées. Je pensais que c'était le meilleur endroit pour essayer de faire ça. Bien sûr, rien n'est garanti, c'est difficile de gagner des trophées. C'est difficile de réussir dans toutes les compétitions. Mais je pensais que c'était le meilleur endroit pour le faire.
Jonatan Giráldez a-t-il eu besoin de beaucoup vous convaincre ?
Non pas vraiment (rires). Il y avait tout ce qu'il a autour de l'équipe, les meilleures joueuses. Mais le coach, ça compte forcément. On a beaucoup parlé de comment il me voit dans cette équipe et pourquoi il m'a voulu. J'ai joué contre Jona aussi quand il était à Barcelone, il y a quelques années. Et cette équipe à Barcelone m'a posé beaucoup de problèmes (sourires). Je sais qu'il a travaillé avec les meilleures. Il a gagné tout. Je voulais voir ce que c'était de travailler avec lui.
"Michele Kang fait ce qu'elle dit et ça change"
En France, certaines personnes disent que la Première Ligue est moins compétitive que la Liga ou la WSL. Est-ce que vous avez quand même hésité ?
Je sais que les gens disent ça sur la Ligue. Je pense que dans chaque pays où tu vas, il y a des pros et des personnes contre la Ligue. Ce n'est pas quelque chose que tu peux contrôler. Bien sûr, nous voulons des matchs compétitifs chaque semaine. Actuellement, le championnat ne nous donne pas ça, mais ça ne change rien dans notre approche des matchs. Si on regarde notre entraînement et notre approche à chaque match, nous sommes très compétitifs. Je pense que beaucoup de choses viennent de l'intérieur, ce qui serait le cas si nous jouions dans n'importe quelle ligue. Ce n'est pas un facteur déterminant pour moi. J'ai des joueuses de top niveau autour de moi, avec un vrai esprit de compétition, et c'est pour ça que j'ai signé, c'est ce que j'apprécie.
Parfois, on entend dire que les séances d'entraînement sont plus difficiles que certains matchs de championnat. C'est exact ?
Oui, c'est souvent comme ça. Comme joueuse, chaque jour que tu t'entraînes, tu veux cet environnement de compétition. C'est ce qui s'est passé depuis mon arrivée. Donc peu importe le championnat, nous poussons pour donner le meilleur de nous-mêmes et pour nous améliorer. C'est ce que j'aime dans ce club.
Vous avez joué pour Manchester City, Arsenal et Real Madrid, des grands clubs qui avaient une équipe garçons et filles. Avez-vous remarqué des différences déjà ?
Chaque club est un peu différent. J'ai eu la chance de jouer pour des grands clubs, ce qui est cool. J'ai pris des petits morceaux de chaque club. Pour moi, être ici, c'est intéressant. Ce club a une histoire incroyable dans le foot féminin. C'est un facteur énorme. Michele est au top. Je pense qu'elle dit beaucoup de bonnes choses, mais surtout, elle suit avec des actions. Comme vous pouvez le voir, ce qu'elle fait ces dernières années. En tant que femme, avoir quelqu'un comme ça au cœur d'un club est vraiment cool. Je pense que nous sommes très connectés avec l'équipe des hommes ici. Nous avons le même centre et nous jouons dans le même stade. C'est une chose énorme.
"Le stage en Allemagne a permis de rapidement briser la glace"
À 31 ans, vous êtes capitaine de l'Écosse, meilleure buteuse de l'histoire du Real. Pourtant, vous arrivez dans un vestiaire avec une Ballon d'Or, une capitaine histoire. Est-ce qu'il y a quand même une appréhension en rentrant dedans pour la première fois ?
C'est vrai que j'ai 31 ans (rires). Je pense que c'est une bonne chose parce que j'ai un peu plus d'expérience. Quand je suis arrivée dans le vestiaire, j'étais excitée et nerveuse. J'ai vraiment voulu jouer avec Wendie et Ada. Avec tout le monde bien sûr, car il y a des cadres de nombreuses équipes nationales, mais ce sont deux icônes du foot féminin. Tout le monde a gagné des trophées. J'étais réellement excitée de faire partie de ce vestiaire. Je dois dire que tout le monde a été tellement bienveillant. Ada et Wendie sont des personnes géniales. Arriver dans ce club à cet âge est intéressant parce que tu as plus de recul, tu as un autre rôle. Je veux être moi-même.
Est-ce que le stage en Allemagne a permis de briser cette glace plus facilement ?
Oui, c'est sûr. Le stage en Allemagne a été capital, en plus on était déjà toutes là. C'est différent de l'entraînement ici. On apprend à se connaitre plus personnellement, plus vite. On déjeune et dîne ensemble. J'ai pu connaître l'équipe et passer plus de temps avec les filles. C'était une très bonne semaine pour les nouvelles comme moi.
Est-ce que vous avez créé des connexions avec des joueuses sur et en dehors du terrain ?
Tout d'abord, on se concentre sur les personnes qui parlent l'anglais. L'avantage est que tout le monde parle très bien l'anglais, ce qui n'est pas bon pour mon français. Mais au début, c'est bien d'avoir une connexion. Même les Françaises font l'effort de parler l'anglais, donc ça aide. J'essaie de connaître les jeunes joueuses, les plus âgées, les différentes nationalités. Il y a un vrai bon groupe, donc c'est cool.
"Le coach correspond à l'idée que je me fais du foot"
Le stage a permis de connaitre un peu plus en profondeur ce que souhaitait le coach, que ce soit collectivement ou individuellement..
Oui, bien sûr. C'est une nouvelle façon de faire. Il y a beaucoup de nouvelles informations. La pré-saison est très importante pour ça. Jona a été bien, c'était très clair. J'ai compris mon rôle tactiquement. J'aime vraiment comment il voit le jeu. Je pense que ça correspond à l'idée que je me fais du foot, à mon profil. En Allemagne, c'était bien pour la pré-saison. Tous les jours, chaque semaine, je me sens plus connectée à l'équipe.
Au début, vous avez commencé plus sur le côté, avant de finir par avoir un rôle plus central. C'est avant tout là que vous vous exprimez le mieux ?
Oui, je pense que c'est ça. Mon profil est d'être une joueuse de "pocket" comme aime le dire le coach (sourire). Dans l'axe mais entre les lignes, c'est ce que j'aime. Mais j'ai pu développer plusieurs qualités avec mes différentes expériences, donc sur le côté, dans l'axe comme meneuse ou attaquante, ça ne change rien. Tant que je prends du plaisir et que j'en donne.
Il y a eu Marseille samedi dernier, l'Inter ce mercredi et Montpellier, samedi. Trois matchs en une semaine, c'est ce qu'on aime quand on est joueuse ?
Oui dans mon cas, mais je pense que toutes les joueuses diront la même chose. Nous aimons quand il y a plus de matchs et moins d'entraînement. Je pense que le rythme est bon. Pour être honnête, plus vous jouez, plus vous vous sentez bien quand il y a des matchs. Nous n'en avons pas encore eu depuis le début de la saison, donc c'est bien même si je suis blessée (sourire). Les entraînements sont certes durs et intenses, mais on aime avant tout la compétition.
"À Lyon, il y a de quoi faire pour manger !"
Pour parler de votre vie à Lyon. Vous avez vécu à Madrid pendant quatre ans. Vous aviez créé un cocon. Est-ce que ç'a été difficile de quitter cette vie ?
En quelque sorte, oui. Nous étions dans une maison et nous étions très bien installés. Madrid est un endroit incroyable. Les gens, le style de vie. Nous avons adoré nos quatre ans là-bas. Mon mari et moi étions très heureux là-bas. Mais nous avions aussi l'impression que c'était le moment de s'en aller. Nous étions prêts pour un changement. Pour être honnête, nous nous sommes intégrés à Lyon très vite. Nous adorons vivre dans le centre, mon chien est très heureux, il a trouvé une belle amitié avec le chien de Damaris (sourires). Les gens sont très aidants. Le club nous a aidés aussi. Je ne regarde pas trop le passé mais plus ce qui m'attend et je vois de bonnes choses. Quand on devient plus vieux, le foot reste toujours la priorité, mais on pense aussi au cadre de vie, et ce que nous avons trouvé ici est top.
Est-ce que vous avez déjà un endroit préféré à Lyon ?
Un endroit préféré ? Nous aimons nous balader, on habite le long des quais donc c'est plutôt sympa surtout avec notre chien. On a pu se rendre compte qu'il y avait beaucoup de restaurants (rires). Avec mon mari, on aime bien la bonne nourriture, mais c'est parfois difficile, car il faut rester discipliné. On a aussi pu visiter Annecy et les alentours de Lyon. C'est différent de Madrid, mais Lyon est un endroit magnifique. On a hâte de découvrir le reste.

HS : Alice... espérons que tout se passe bien avec Tottenham pour l'opération, les soins et la rééducation... seront ils aussi bons qu'à Lyon ???? espérons aussi que tes nouvelles coéquipières t'entoureront comme on le fait chez les Fenottes... 🤗🫶
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HS : 3e matchs Champions League féminine, ce soir et demain...😉
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Prêtes ! 🔴🔵
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