OL - Dellinger : « Quand tu joues en amateur, tu penses juste à t’amuser avec tes potes »

Arrivé à l’Olympique lyonnais cet été en provenance de l’ETG, Kevin Dellinger, 17 ans, évolue aujourd’hui au sein du groupe U19. Olympique-et-lyonnais.com dresse le portrait du meneur de jeu, déterminé à réussir pour ses proches. 

Des débuts dans le club de sa ville natale. C'est à Chambéry que Kevin Dellinger commence le foot, à l’âge de 5 ans, dans le Football Club du Nivolet. « C’est un club phare en Savoie et c’est là-bas que j’ai le plus joué jusqu’à présent », précise l’intéressé. On parle d’un joueur qui a su faire sa réputation au fil des années dans la région Rhône-Alpes, mais pour qui le football est longtemps resté un divertissement loin du monde professionnel. « Des clubs comme l’ASSE et l’Evian Thonon Gaillard se sont positionnés sur moi en 2014, j’ai pris la décision de rejoindre Evian suite aux conseils de mon père», se rappelle Kevin. C’est à ce moment précis, en obtenant par la même occasion son premier contrat aspirant au sein d’un club professionnel, que le jeune garçon met les bouchées doubles dans le but de pouvoir prétendre un jour à une carrière de footballeur professionnel.

« Au départ, je ne voulais pas rejoindre Evian »

Le Chambérien poursuit donc son évolution au sein de l’ETG, et ce malgré les quelques réticences qu’il avait pu avoir au moment de signer son contrat aspirant. « Pour être sincère, au départ je n’étais pas trop chaud à l’idée de partir. À Nivolet j’étais dans ma zone de confort, avec mes potes, ma famille, c’était bien. Je pensais juste à m’amuser sur le terrain. Mon père a insisté pour que je rejoigne Evian car pour lui, j’avais une carte à jouer dans le football ». Quelques mois plus tard, Dellinger remporte le championnat élite U15 avec sa nouvelle équipe en s’imposant en finale 4-0 face à l’OL. « J’avais affronté Tanguy Girardot, Mathis Louiserre ou encore Lilian Perrier. Ce sont mes coéquipiers aujourd’hui et je les chambre encore à propos de ce match », dit-il en souriant.

Déniché par Gérard Bonneau

Ainé d’une fratrie de six enfants, il intègre le centre de formation d'Evian en U16 et marque ainsi le début de l’éloignement avec sa famille, véritable point d’ancrage dans sa vie. « C’était difficile durant les dix premiers mois. Tu passes d’une vie de gosse lambda à une vie bien plus adulte, avec davantage de responsabilités. L’encadrement à Evian a été parfait, en particulier Rémi Dru, mon ancien éducateur. Je suis quelqu’un d’affectif ». Après avoir confirmé son potentiel lors de sa première année au centre de formation, Kevin doit subitement trouver une porte de sortie suite à la liquidation judiciaire de son club. « J’ai fait deux semaines de test à l’En Avant Guingamp. Mon ancien coach à Evian, Rémi Dru, me propose malgré tout de faire une dernière saison au club pour ne pas que l’équipe perde la quasi-totalité de l’effectif. Il m’avait apporté la garantie de pouvoir quitter le club à l’issue de la saison en cas d’offre et j’ai accepté de faire une dernière année avec lui». Rapidement, Gérard Bonneau se positionne et vient superviser Kevin Dellinger pour l’Olympique lyonnais. Lors d’une rencontre face au FC Lyon, le joueur se distingue avec un triplé et une passe décisive. Quelques semaines plus tard, après avoir visité les installations de l'académie, il signe en Novembre 2016 un contrat stagiaire d’un durée de trois saisons avec l’OL. Néanmoins, il finira la saison 2016-2017 à Evian avant de rallier la capitale des Gaules.

À Lyon, Kevin débute la préparation estivale avec le groupe U19 dirigé par Stéphane Roche. Après de bons matchs amicaux et un début de saison satisfaisant, une gêne qu'il supporte depuis des mois devenue trop insupportable le contraint à l'opération. « J’ai une pubalgie depuis ma dernière saison à Evian. Par le passé, je pouvais être ménagé la semaine pour jouer le week-end, je serrais les dents et ça passait. À Lyon, tu peux t’entraîner deux fois la même journée, le rythme y est beaucoup plus intense. Je me levais le matin avec des douleurs, je calculais mes mouvements, mes gestes, c’était compliqué surtout avec la fatigue qui s’accumule ». Opéré ce mardi à Bordeaux, le joueur devrait reprendre le vélo d’ici 15 jours et la course mi-décembre, avant d’être de retour sur les terrains pour le mois de janvier. Pour l’heure, il compte trois matchs en championnat cette saison.

Réussir pour rendre fiers ses proches

Fort d’une qualité technique au dessus de la moyenne, spécialiste des coups francs, Kevin Dellinger évolue au poste de meneur de jeu depuis son premier club. Ce droitier, fan de Mesut Özil, se souvient de son enfance où il avait du mal à rester en place. « À l’époque, je ne supportais pas rester chez moi et ne rien faire. En dehors du foot, je pratiquais le futsal et je pouvais passer mes journées et mes nuits à jouer dans le city stade à côté de chez moi », précise t-il. « On avait de la chance parce que le city stade était éclairé la nuit. Parfois, on jouait jusqu'à 6h du matin !».

Si le football est sa passion depuis toujours, il a pu être aiguillé durant son parcours par son papa, Frédéric. Son père est un de ses moteurs dans la vie : « C’est quelqu’un de passionné, il a joué plusieurs saisons en Honneur et il connaît très bien le foot. Il m’a toujours poussé. Depuis le début, il  a seulement raté 5 de mes matchs je crois (rires) ». Issu d’une famille modeste, Kevin Dellinger reconnaît que ses parents ont parfois dû se sacrifier pour lui. Très tôt, cela a forgé le caractère du jeune garçon. « Des clubs que j’ai fréquentés, si tu connais un peu le coin tu sais qu’il y a pas mal de familles bourgeoises. Que mes parents se soient sacrifiés pour m’obtenir une paire de crampons, ça m’a donné de la force pour avancer. J’ai connu des gars qui faisaient les beaux parce qu’ils avaient les plus belles paires, mais sur le terrain ils ne faisaient rien. Je me devais de rendre mes parents fiers, les remercier pour ce qu’ils ont fait pour moi. Depuis mes 16 ans je suis sous contrat avec un équipementier, aujourd’hui je peux offrir des crampons à mes petits frères ». Le Savoyard n’oublie pas non plus les rencontres qu’il a pu faire par le passé dans ses différents clubs : « J’ai connu mon meilleur ami à Evian, il s'agit de mon ancien coéquipier Florent Duparchy ». Il conserve également des liens avec ses anciens entraîneurs. « Ma coach Lydie Truc, c’est sans doute elle qui m’a fait le plus progresser. C’est une des personnalités centrales au FC Nivolet. Et bien évidemment Rémi Dru, un éducateur qui a beaucoup compté pour moi à Evian et dans ma vie plus généralement ». 

1 commentaire
  1. Lyonnais69500 - jeu 23 Nov 17 à 8 h 27

    Continue à bosser petit le chemin est encore long et plein d'embûches . Rend fière ton père c une tres bonne chose . Se petit est intelligent et à les pied sur terre c bien . Tu as sûrement croisé le petit elyes chaïbi à Evian un attaquant vraiment très fort qui lui est passé de l'etg à Monaco prêter à l'AC Ajaccio entre blessure et méforme il a disparu des radars alors qu'à Bron c'était le future Benzema tous va très vite dans les 2 sens . Bon rétablissement hâte de le voir à l'œuvre

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