(Photo by Fred TANNEAU / AFP)

OL : Anderson, Violeau et Di Nallo analysent la saison lyonnaise

Trois anciens joueurs de l'OL dont Sonny Anderson, Fleury Di Nallo et Philippe Violeau ont accepté, pour O&L, de revenir sur la saison de l'OL qui a pris fin avec la défaite face à Nice (2-3) et la 4e place du championnat.

Quatrième de cet exercice 2020-21, l'Olympique lyonnais n'aura pas atteint l'objectif fixé en début de saison qui était le podium et une qualification pour la prochaine Ligue des champions. Joueur de l'OL entre 1999 et 2003 durant lesquelles il aura glané deux titres de champion de France, Sonny Anderson estime que cette saison est un demi-échec pour la formation rhodanienne. "L’OL avait tout simplement le niveau pour être en Ligue des champions, confie-t-il. Mais l’échec, c’est quand vous avez l’effectif, la possibilité d'être en C1 et que vous vous donnez tous les moyens et que vous n’y êtes pas arrivé. Mais là, je ne pense pas que l’OL se soit donné les moyens pour y arriver".

Trop d'inconstance et un manque de régularité

Après une première partie de championnat conclue à la première place avec un titre honorifique de champion d'automne, l'OL semblait avoir les cartes en main pour aller chercher un huitième titre qui le fuit depuis 2008. Mais trop d'inconstance durant le phase retour avec 5 défaites (toutes à domicile) contre 1 (à Montpellier) lors des 19 premières journées de la saison, ont réduit à néant les espoirs de titre pour le club de Jean-Michel Aulas. Une inconstance et un manque de régularité pointés du doigt par Philippe Violeau, ancien milieu à l'OL entre 1997 et 2003 : "Par définition, la régularité, c’est qu’il y a des manquements. Lille a été l’équipe la plus régulière du championnat et termine devant. Ils n’ont ni failli défensivement, ni au milieu, ni offensivement et l’état d’esprit était là. Oui, on peut se dire qu’a un moment donné, c’était plus un problème défensif, un autre plus un problème offensif. Dans une saison, il y a des hauts et des bas et moins on en a, plus on a plus de chance de terminer devant."

Et d'ajouter : "L’exemple parfait, c'est là dernière journée. On s’est donné la chance de pouvoir jouer ce dernier et même si on était ne maîtrisait pas complètement notre sort, on savait qu’en gagnant on avait mis toutes les chances de notre côté et on chute sur la dernière marche. C’est ce qui est le plus rageant".

Une état d'esprit défaillant

Privé de titre depuis 2012 et son succès en finale de la coupe de France, l'OL court après son glorieux passé. Malgré le deuxième budget de France et des infrastructures de haut niveau, l'Olympique lyonnais n'arrive plus à inscrire son nom sur le palmarès d'une compétition. Pour Sonny Anderson, l'état d'esprit n'est pas bon. L'ancien buteur nous confie les raisons : "Je le répète depuis pas mal de temps. Il faut faire une équipe avec des joueurs qui veulent construire quelque chose avec le club. Il faut aimer gagner et faire gagner. Aujourd’hui, vous avez une génération qui n’est peut-être pas identifiée à gagner quelque chose avec le club ou écrire l’histoire". Arrivé à l'OL à la fin du 20e siècle en provenance du FC Barcelone, l'avant-centre auriverde déplore une mentalité différente par rapport à son époque et son passage dans la capitale des Gaules. "C’est un problème de mentalité, assure-t-il. Les joueurs n'ont pas cette envie de gagner des titres, être dans la construction d’un club mais plutôt écrire leur histoire personnelle en voulant jouer dans tels clubs et se montrer afin de pouvoir aller dans un grand club".

"On est beaucoup plus individualiste"

Egalement présent aux prémices de la grande époque lyonnaise au début des années 2000, Philippe Violeau rejoint son ancien coéquipier à ce sujet. Néanmoins, le Vendéen estime que cette différence de comportement est symptomatique d'une évolution de la société. "Je pense aussi que l’on doit faire avec notre temps, l’évolution avec les nouvelles mentalités. On ne peut pas comparer les groupes de l’époque avec ceux d’aujourd’hui, insiste Philippe Violeau. Aujourd’hui, on a des groupes qui sont peut-être plus compliqués à souder collectivement, en revanche, il y a certainement plus de qualité individuelle."

Et de préciser le fond de sa pensée : "Nous étions peut-être moins forts individuellement mais l’esprit d’équipe permettait d’arriver à des résultats par le biais d’un groupe. Ce qui est peut-être moins le cas aujourd’hui. Aujourd’hui, on est beaucoup plus individualiste que l’on pouvait l’être dans le passé. Parfois, on préfère briller personnellement que pour l’équipe".

L'OL prend trop de buts

Talon d'Achille de l'OL depuis de nombreuses saisons, la défense est en perpétuel mouvement du côté des septuples champions de France. Même si la charnière centrale Jason Denayer - Marcelo semble être stabilisé, les Lyonnais prennent trop de buts. Pour preuve. Lille, champion de France cette saison, a encaissé 23 buts contre 43 pour l'OL. Pour Fleury Di Nallo, ancien attaquant de l'OL (1960-74), le club de Jean-Michel Aulas est trop friable défensivement pour espérer remporter le titre. "J’ai trouvé que l’axe central, ce sont deux très bons joueurs, deux bons défenseurs mais on prend beaucoup de buts, indique-t-il. Je dis toujours, à 0-0 on peut toujours gagner. Si on ne prend pas de but, on peut toujours remporter le match à la dernière minute". 

Meilleur buteur de l'OL avec 222 buts en 494 apparitions sous le maillot rhodanien, Fleury Di Nallo pointe également un problème d'équilibre dans cette équipe avec des défenseurs à la merci de l'adversaire. "Les défenseurs sont livrés à eux-mêmes, explique l'ancien petit prince de Gerland. Les attaquants arrivent directement sur eux. Ils ne sont pas arrêtés. Par exemple, Lille joue avec 4 milieux, deux dans l’axe, deux sur les côtés qui sont toujours bien en place. Il ne se livrent pas et récupèrent des ballons."

Fleury Di Nallo n'hésite pas à pointer du doigt les joueurs de l'entrejeu lyonnais qui ne font pas assez d'effort à son goût. "Sur les trois milieux de terrain à l'OL qui défend ? Thiago Mendes quand il défend, il fait des fautes, Guimaraes ne défend pas, Aouar, s’il joue dans l’axe c’est pareil et Caqueret, il court et accroche quelques ballons. Il n’est pas dur sur l’homme comme Benjamin André. Paqueta ne défend pas et quand il vient derrière, il est dangereux pour son équipe".

Privé de Ligue des champions pour la deuxième saison de suite, l'Olympique lyonnais devra se contenter de la Ligue Europa. Une compétition dans laquelle l'OL avait atteint le dernier carré en 2017. Un parcours identique est le souhait de son directeur sportif, Juninho.

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  1. Dede passion 69 - jeu 27 Mai 21 à 19 h 21

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