Thiago Mendes averti lors de Lens – OL (Photo by Sameer Al-DOUMY / AFP)

A l'OL, "il n’y a rien de serein actuellement à tous les étages"

Après quatre défaites de suite, l’OL est à la croisée des chemins. Vendredi, les Lyonnais accueillent Toulouse au Parc OL. Un match qui pourrait sonner le glas de l’aventure de Peter Bosz à Lyon. Est-il vraiment le seul responsable ?

L’été a été ensoleillé entre Rhône et Saône et une vague d’espoir avait enfin fait son retour à Lyon. Après un dernier exercice chaotique qui s’est soldé par une triste 8e place au classement, l’OL avait réussi le tour de force de s’éviter une crise estivale grâce à un recrutement intelligent aux premiers abords. En faisant revenir Alexandre Lacazette et Corentin Tolisso, les dirigeants lyonnais s’étaient offerts une paix sociale auprès de l’environnement lyonnais. La lueur d’espoir s’est évaporée aussi vite qu’elle est arrivée. Dimanche, l’OL a signé une quatrième défaite de suite en championnat, une première depuis février - mars 1991. Le revers est certes regrettable mais c’est bien la forme qui a interpellé à Lens. L’OL n’a rien montré pour une équipe censée jouer les places européennes.

"En jouant un match par semaine, il est inconcevable que l’OL produise le jeu qui est produit, s’est emporté Nicolas Puydebois sur le plateau de Tant qu’il y aura des Gones. Soit les joueurs ne travaillent pas, soit pas assez ou pas comme il faut. Il y a un problème de travail. Si l’OL jouait tous les 3 jours, je ne tiendrai pas le même discours."


Des discours différents en interne et en public


Après ce nouveau revers et ce nouveau triste record, Peter Bosz est forcément en première ligne dans les responsables de cette débâcle. Comme les promesses de l’été, celles mises en avant par le Néerlandais au moment de son arrivée à l’été 2021 sont bien loin de celles vues sur le pré. Plus d’un an après sa prise de fonction, le crédit de Bosz semble consommé. Jean-Michel Aulas lui a renouvelé sa confiance au retour de Lens mais la situation semble trop bancale pour pouvoir continuer.

Derrière le discours de façade et d’une unité collective, Nicolas Puydebois regrette "un manque de transparence. On voit des discours publiques qui sont à l’opposé de ce qu’il se dit à l’intérieur. On sait que certains joueurs n’adhèrent pas au discours du coach, le disent à un agent, un ancien coéquipier et le linge sale qui doit se régler en interne est remonté par certains. Mais il se dit tout et son contraire. Autant se dire les choses et que ça pète."

Dimanche, à Lens, Peter Bosz a renié à ses principes comme si la peur d’une quatrième défaite l’avait poussé à jouer petit bras. Finalement, l’OL s’en est sorti sans le point du nul espéré ou un hold up mais plutôt avec une défaite des plus rageantes dans le contenu. Est-il le seul responsable ? Quand tout ne tourne pas rond, l’entraîneur est forcément mis sur le bûcher, à raison. Mais il manque actuellement des joueurs capables de taper du poing sur la table ou de sublimer un collectif. Alexandre Lacazette devait jouer ce rôle mais dimanche, il a plus souvent levé les bras et fait part de son mécontentement. Peu servi, on peut le comprendre mais ce rôle de leader attendu tarde quand même à arriver.


Une pagaille sportive et institutionnelle


Le problème est collectif et c’est finalement dans la tempête qu’on juge si un groupe a les reins solides ou non. Malgré un mieux notable, force est de constater que rien ne change vraiment à Lyon. "On change les entraîneurs et c’est toujours les mêmes maux. La direction installe les joueurs dans un tel confort qu’il est difficile de faire machine arrière et de leur demander une dose supplémentaire d’exigence, note l'ancien gardien de l'OL. On a vu le club dans son exigence et dans le confort donné aux joueurs faire stagner des joueurs. A partir du moment où ils font 3-4 matchs ou une bonne saison, on leur donne le gros contrat qui est censé être l’aboutissement d’une carrière. Les mecs ont entre 20 et 23 ans et donc quel est l’objectif après ?"

Il y a quelques jours, Robert Valette, ancien formateur à l’OL, pointait du doigt un manque de "joueurs qui sortent de l’ordinaire". C’est peut-être ce qui fait défaut aujourd’hui à Lyon. Le club se retrouve dans un entre-deux avec des joueurs qui n'ont pas "les mentalités de Cristiano Ronaldo ou des top joueurs qui ont pour objectif de gagner des titres et battre des records" et pas assez de joueurs besogneux qui pourrait expliquer les dernières saisons compliquées par un manque de talent. Dans le club lyonnais, rien ne tourne rond en ce moment.

En plus de la situation sportive, Jean-Michel Aulas doit composer avec une vente du club qui a été repoussé. Pas de quoi apporter un surplus de sérénité à un club et un groupe qui en manquent tant. Comme le dit si bien notre consultant et ancien gardien de l’OL, "le président est dans son rôle, il est là pour protéger le groupe, faire le paratonnerre. Mais actuellement, il n’y a rien de serein à l’OL que ce soit sportivement, financièrement ou au niveau de la gouvernance. Aujourd’hui, on ne sait pas où on va." Et c’est bien là le problème pour un club qui voulait retrouver les sommets.

29 commentaires
  1. Philippeb - mar 4 Oct 22 à 9 h 14

    En prenant cette décision très risquée de conserver ce coach cette saison les dirigeants se sont exposés à ces résultats. Et en ne tranchant pas en ce moment ça s'envenime.
    Maintenant les vautours tournent , les Riolo, Rothen vont tout dezinguer avec le discours qui plaît beaucoup " tout est pourri dans ce club" et "il faut tout raser et repartir a zéro"
    Même l'Equipe semble avoir fait un article dans ce sens que je n'ai pas lu, et Govou, et est allé de son couplet.
    Et bien sûr les supporters vont suivre, je vous le dit ça plaît ce discours.
    Quand au fond, pourquoi Aulas ne veut pas changer de coach pour quelques millions ? Mystère ? C'est lui qui sait...

    1. Darn - mar 4 Oct 22 à 9 h 15

      "pour quelques millions"

      Voilà.

    2. OctoGone - mar 4 Oct 22 à 10 h 55

      Autant les commentaires de Rothen et cie sont détestables quand il s'agit de sujets polémiques s'agissant de l'OL (les problèmes avec l'arbitrage, le traitement subi par le club dans les instances, etc.), autant on ne peut que leur donner raison sur le fond de ce qu'il se passe aujourd'hui.
      J'ai écouté Rothen hier : il disait au mot près la même chose que nous.
      Ca le fait certainement jubiler, d'autant plus que Juninho doit en lâcher de belles sur le club en off, mais il a totalement raison.

    3. OLVictory - mar 4 Oct 22 à 11 h 02

      Je pense qu'il est réaliste sur le talent de la direction actuelle de l'OL. Il sait que le réflexe de ses collaborateurs est d'écarter les plus talentueux des coachs, car ils craindrait que ça montre leur propre incompétence. Il sait très bien qu'il faudra beaucoup de chance pour choisir un coach pas trop mauvais et qui voudra bien venir dans ce club où tout le monde casse tout le monde. Donc remplacer le coach est un vrai risque de faire pire, quoi qu'on en dise.

      1. Nenae - mar 4 Oct 22 à 12 h 06

        j ai du mal à voir quel risque on prend à changer de coach.

        ça peut pas etre pire sur le terrain on est au fond du sceau comme avec Sylvinho.

      2. OLVictory - mar 4 Oct 22 à 12 h 15

        Si, justement, ça peut encore être pire.
        Ou pas mieux, ce qui reste encore pire sur la durée.
        Je ne vois pas bien par quel miracle on déciderait qu'on fera mieux en faisant n'importe quoi comme on s'apprête à le faire

      3. Mopi do Brasil - mar 4 Oct 22 à 12 h 24

        Pour moi, ça ne peut qu'être mieux sans Bosz car les joueurs ont perdu toute spontanéité. Ils ne prennent aucun plaisir à jouer ensemble et sont perdus sur le terrain. On passe d'un marquage individuel à une défense en zone sur coups de pied arrêtés, et même si on se prend énormément de buts comme ça, on persiste. Toko ne court plus. Aucun liant entre les lignes, Lopes fait des relances catastrophiques qui mettent toute l'équipe sous pression permanente.

      4. Olyonn@is - mar 4 Oct 22 à 12 h 29

        Oui Moi je suis d'accord.

  2. OLVictory - mar 4 Oct 22 à 10 h 27

    Rien de très neuf dans cet article, on a lu les mêmes choses il y a 6 mois et il y a un an.
    Pétaire a réussi à chaque fois à enfumer tout le monde en disant que ça y est il avait compris et on allait voir ce qu'on allait voir. Résultat à chaque semaine qui passe, on en voit encore un peu moins que la précédente.

  3. Baloune74 - mar 4 Oct 22 à 11 h 47

    En même temps si vraiment c'est vrai et tout porte à croire que oui, est ce vraiment le moment de changer d'entraîneur ?
    Je pense qu'ils attendent les nouveaux proprio pour tous réorganiser... Enfin j'espère.

  4. Juni forever OL - mar 4 Oct 22 à 12 h 00

    Les supporters, les observateurs, les journalistes, les anciens joueur Nico Govou juni ... Voient bien et le disent en mettant des coups de pieds dans la fourmilière que c'est le basard sportif dans ce club !
    Tout le monde voit que c'est le business le modèle de l'OL et plus le sportif depuis la création de ce stade !!
    Sauf les dirigeants et quelques blogueurs ici, faux comptes de la direction ol

    Donc de virer Bosz (plus le choix de toute façon) et de le remplacer par dupraz ou un autre tocard ça réglera les problèmes sportifs ?
    Lol

    1. Nenae - mar 4 Oct 22 à 12 h 09

      Bah virer Sylvinho quand l´equipe etait amorphe (17eme) ça avait permis de sauver les meubles et d´enclencher un nouveau cycle sportif plus positif après qques mois.

  5. Jeannot lapin - mar 4 Oct 22 à 14 h 01

    Bonjour à tous je pense pour ma part que virer le coach serai une bêtise car qui va prendre la décision? Qui en a les compétences ? Notre club est dans un marasme total où le sportif est totalement abandonné à des incompétents et il faudrait , dans l’urgence, leurs confier les clés du camion ? C’est du suicide ..
    Faisons le dos rond ,attendons la reprise de Textor pour voir ce qui se dégage au niveau du sportif avant d’établir un plan d’action qui est lourd de conséquence pour un club comme le nôtre .

  6. Cac40 - mar 4 Oct 22 à 14 h 26

    Virer le coach oui, à condition que nous sachions déjà qui est le suivant et qu'il soit prêt à démarrer

    Je pense que les dirigeants n'ont pas encore identifié son successeur (nouvelle erreur d'anticipation de leur part) ce qui est la raison pour laquelle la date butoir est fixée à la trêve coupe du monde, juste le temps de savoir qui prendra la relève.

    1. r2d2 - mar 4 Oct 22 à 22 h 20

      Pas besoin de succession , juninho prend l'interim !! Cheyrou, ponsot , aulas OUT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    2. Ercon - mer 5 Oct 22 à 7 h 44

      Rémi garde n'attend que ca ...
      Le dernier entraineur qui a remporté un trophée a Lyon, Adn Lyonnais, .....

      1. OLVictory - jeu 6 Oct 22 à 14 h 49

        Garde n'est pas vraiment un entraineur, il est plutôt dans l'organisation.

  7. Dufduf - mer 5 Oct 22 à 7 h 47

    Oui Garde a laissé un bon souvenir, mais que vaut-il aujourd'hui?

  8. Aliocha57 - jeu 6 Oct 22 à 14 h 41

    Il ne s'agit pas forcément de choisir un nouveau coach pour toute une saison. On peut proposer un intérim à une personne de confiance, par exemple sur trois mois, avec possibilité de prolonger son contrat jusqu'à la fin de la saison en cas de résultats positifs. On se donne alors une chance de redresser un peu le navire avant qu'il ne coule, le temps que le rachat ait lieu et que la nouvelle organisation se mette en place.
    Quand les Qataris ont repris le PSG, ils n'ont installé Ancelotti qu'à la mi-saison. Et encore, Kombouaré faisait du très bon boulot jusque-là, alors que Bosz s'est lui-même mis dans une situation inextricable. De toute façon, même avec Textor aux commandes, il est clair qu'on ne va pas bouleverser l'équipe dès cette année. Il faut juste combler des besoins précis et retrouver un minimum de cohérence sportive pour fonctionner.
    À moins que le coach actuel ne soit subitement frappé par la grâce et se sublime à partir de demain ? We'll see...

    1. OLVictory - jeu 6 Oct 22 à 14 h 50

      Quel profil pour l'intérimaire ?

      1. Aliocha57 - jeu 6 Oct 22 à 15 h 28

        Garde, si on veut privilégier la solution "maison".
        Ranieri, qui ne serait peut-être pas contre une pige, et plus si affinité. Ça permettrait de retrouver un vrai système défensif et d'avoir enfin quelqu'un capable de s'adapter à l'adversaire.
        Favre, je suis moins emballé dans la mesure où il viendrait d'être débarqué et n'aurait pas eu le temps de se remettre la tête à l'endroit.
        Blanc, j'y crois de moins en moins, car à mon avis il ne viendra pas dans une période de transition comme celle-ci, où la pression et l'incertitude sont à leur comble, et sans avoir plus de garanties sur l'effectif.

    2. MICAL - jeu 6 Oct 22 à 15 h 11

      Un intérimaire? Est-ce que le règlement permet de faire un contrat de quelques mois?

      1. OLVictory - jeu 6 Oct 22 à 15 h 27

        Il parait que Lopetegui est libre ou en passe de l'être, Aulas attend quoi pour sauter sur cette occase ?

      2. Aliocha57 - jeu 6 Oct 22 à 15 h 39

        @MICAL Juridiquement, il s'agit avant tout d'un contrat de travail comme un autre, dont la continuation est soumise aux résultats. À mon avis, les clubs font ce qu'ils veulent par rapport à ça, du moment que le candidat est d'accord. Mais il serait en effet intéressant de vérifier si une législation particulière existe pour protéger les entraineurs.
        @OLVictory Lopetegui serait typiquement l'entraineur à viser juste après l'intérim. Vu son parcours, ça m'étonnerait qu'il vienne avant le rachat ! En espérant qu'il ne soit pas pris d'ici là...

      3. OL-91 - jeu 6 Oct 22 à 15 h 50

        Lopetegui, Blanc... Pourquoi faire ? On fait confiance à Bosz, ça va venir, je le sens.

      4. jolann69 - jeu 6 Oct 22 à 16 h 39

        @OLVictory, il attends qu'il parle Français, qu'il accepte de venir tout seul ou alors avec juste un adjoint, qu'il ne demande pas trop de joueurs et qu'il fasse avec ce qu'il y a aujourd'hui à l'OL.

      5. OLVictory - jeu 6 Oct 22 à 16 h 50

        😆 Ah oui effectivement, on risque d'attendre un peu 😆

  9. Dufduf - jeu 6 Oct 22 à 16 h 07

    Viser Lopetegui paraît aussi improbable que viser Tuchel

    1. OLVictory - jeu 6 Oct 22 à 16 h 14

      Les ordres de grandeur :
      - Tuchel c'est entre 6 et 8 millions de salaire annuel,
      - Lopetegui c'est 3 millions à Séville, idem que Bosz à l'OL.
      Nous sommes théoriquement sur des entraineurs de même "standing"

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