Ex-OL – Alexis Vallier : « Une blessure et c’est un rêve qui s’écroule »

Tout commençait comme dans un rêve pour Alexis Vallier. Ce jeune Savoyard de la génération 1995 avait signé à l’OL en 2008 à l’âge de 13 ans, en provenance du Nivolet FC. Trois saisons passées au centre de formation et cette blessure qui est venu le stopper dans sa progression. Beaucoup parlent de ceux qui réussissent et signent professionnel, mais peu s’intéressent au parcours de ceux qui n’ont pas eu cette chance. C’est en ce sens qu’Alexis Vallier s’est confié pour olympique-et- lyonnais.com.

Olympique-et-lyonnais.com : Alexis, quel est votre parcours depuis que vous avez commencé le football ?

Alexis Vallier : J'ai commencé à l’âge de 4 ans au FC Apremont, le club d’un petit village en Savoie. Ensuite, j'ai passé mes catégories poussins et benjamins au Nivolet FC, et à 13 ans je suis parti à l’Olympique Lyonnais. J’y suis resté trois saisons. Actuellement, je joue sous les couleurs du Chambéry Savoie Football en Honneur Ligue. Cela fait déjà 5 saisons que je suis là-bas.

Quel est votre profil de jeu ?

Je suis milieu offensif central. J’ai une bonne palette technique, j’aime distribuer les ballons pour les attaquants, les ailiers... J’essaie au mieux d’éclaircir le jeu.

A quel moment avez-vous été approché par l’OL ?

J’ai été repéré plusieurs fois par l’OL. J’ai fait plusieurs essais avant de savoir que j’allais être recruté. On était environ 25 jeunes lors de ces journées détections. Des oppositions entre les joueurs étaient prévues pour repérer les meilleurs. Seulement quatre ou cinq étaient sélectionnés par les recruteurs lyonnais. A ce moment-là, soit tu signais directement, soit tu allais passer d’autres tests complémentaires.

Vous avez hésité avant de signer à l’OL ?

Non. Je n’ai pas hésité une seule seconde. J’étais super content de pouvoir signer à l’OL. C’est une chance que beaucoup n’ont pas eu.

Votre départ pour Lyon n’a pas dû être facile pour vous et votre famille, vous n’aviez que 13 ans...

Pour moi, ça allait. Pour ma mère, c’était un peu plus dur. Et pour mon père, il était toujours derrière moi pour que je réussisse, donc il m’a soutenu. A 13 ans, se retrouver tout seul dans Lyon n’a pas été une partie de plaisir. J’ai dû apprendre à me débrouiller tout seul, très jeune. Le plus difficile était les trajets, entre les trains, bus, tramways, métro...

« Anthony Martial était vraiment au-dessus de lot »

Quelle était votre semaine type en centre de formation ?

On avait entraînement tous les jours de la semaine. Je me souviens que le mardi, c'était séance physique. Le mercredi, séance portée sur le jeu. Le reste du temps, nous faisions beaucoup de travail technique. Sans oublier les cours. Nous avions des horaires aménagés. Nous finissions tous les jours à 15h30, puis nous partions pour l’entraînement qui avait lieu à 16h30. Il y avait 45 minutes de trajet entre l’école et le centre d’entraînement. C’était bien organisé. Des navettes spéciales étaient affrétées pour les jeunes de l’OL.

Quels joueurs vous ont le plus marqué au centre de formation ?

Anthony Martial, maintenant à Manchester United, était vraiment au-dessus du lot, tant techniquement que physiquement. Ensuite, Farès Bahlouli m’a vraiment marqué aussi. Je le trouvais très fort. Techniquement, c’était de loin le meilleur joueur que je n’avais jamais vu jouer, mais mentalement, je pense qu'il doit encore beaucoup travailler.

Vous aviez des affinités avec eux ?

J'étais bien pote avec « Toto » Martial. Il avait la chambre en face de la mienne à l'internat du centre de formation. On rigolait bien ensemble ! Mais je n’ai plus de nouvelles de sa part. J’avais aussi des affinités avec d’autres joueurs, mais ils n’ont pas réussi à percer à l’OL. Je pense notamment à Pierre Ertel qui joue maintenant à Villefranche, Yannis Cartier-Millon (Chambéry Savoie Football), Nicolas Poli (Drumettaz) et Lucas Thery (La Tour Saint Clair).

Parlez-nous un peu de vos formateurs...

Joël Fréchet m’a appris à ne jamais rien lâcher, à être costaud physiquement. Il était toujours derrière nous pour qu’on réussisse. Armand Garrido observait et prenait les décisions pour choisir les joueurs qu’il allait sélectionner pour le match du week-end.

Est arrivé le moment où vous n’avez pas été retenu...

Oui. Je pense que je n’ai pas été retenu parce que lors de ma dernière année, j’ai eu une blessure au genou. Elle devait se soigner en deux semaines selon le kinésithérapeute du club. Mais elle a fini par durer trois mois... Le retour sur les terrains a été très difficile, puis la concurrence dans ces clubs-là est assez importante, vous savez. Il faut être au maximum de ses capacités tous les jours.

« Une blessure et c’est un rêve qui s’écroule »

A ce moment-là, quel était votre sentiment ?

Une blessure et c’est un rêve qui s'écroule. Au fond de moi, je m’attendais à ne pas être retenu, mais quand tu as quinze ou seize ans, cela n’est pas toujours évident de retrouver une vie « normale ».

Est-ce que vous suivez toujours l’OL ?

Toujours oui, mais moins qu’avant. Je vais au stade de temps en temps. Je vois maintenant qu’il y a beaucoup de joueurs avec qui j’étais au centre de formation, que je croisais régulièrement, qui sont dans le groupe professionnel. Tolisso, Gonalons, Ghezzal ou encore Umtiti, qui a récemment été transféré au FC Barcelone. L’OL reste un très bon club formateur. Il donne une chance aux jeunes et je trouve ça intéressant. En revanche, je pense qu’ils devraient s’améliorer au niveau médical...

Que faites-vous maintenant dans la vie ? Mis à part le foot ?

Pour moi, le foot n'est clairement plus une priorité. Je joue toujours au Chambéry Savoie Football (anciennement le SOC) en Honneur Ligue. Je prends du plaisir à un assez bon niveau avec de bons gars dans l'équipe. Sinon, je travaille en hauteur, sur les toits. Je les nettoie au karcher puis les traite ensuite. Ça me plait, il y a une bonne ambiance...

Quels sont vos projets ?

Sur un plan sportif, je veux continuer à me faire plaisir sur un terrain de foot, et pourquoi pas jouer à un plus haut niveau. Malgré le fait d’avoir un travail, un apparteme et tout ce qui va avec, viser le championnat de CFA2 voire celui de CFA serait l’idéal. Je pourrai toujours concilier foot et travail comme cela.

6 commentaires
  1. Darderinho - ven 9 Déc 16 à 8 h 49

    A chaque fois que je vois le nom de Martial, j'ai une forte pensée qui va à ce mercenaire de Gomis, et dire qu'on aurait pu avoir un trio Martial-Lacazette-Fékir.. Enfin bref ce n'est pas le sujet. On voit que parfois la vie de footballeur ne tiens qu'à un fil, grosse pensée également pour Fofana, we miss you.

  2. OLVictory - ven 9 Déc 16 à 9 h 24

    C'est dur de commencer sa vie par un échec, mais ça peut forger le caractère. Il a appris à se battre et ça c'est un bagage pour la vie. Le meilleur des CV

  3. BenzBK - ven 9 Déc 16 à 12 h 13

    "J’ai eu une blessure au genou. Elle devait se soigner en deux semaines selon le kinésithérapeute du club. Mais elle a fini par durer trois mois"
    "Il donne une chance aux jeunes et je trouve ça intéressant. En revanche, je pense qu’ils devraient s’améliorer au niveau médical…"

    1. poussin - sam 10 Déc 16 à 9 h 37

      apparemment, ça n'a pas trop changé. Toujours les mêmes problèmes médicales qu'avant = des joueurs blessés qui mettent des années à revenir au niveau (fekir,jallet,grenier) , des joueurs qui ont même vu leur carrière stopper (gourcuff, fofana). On s'interloque toujours à ce sujet mais rien ne bouge en interne depuis des années malgrès qu'on dénonce ce fléau depuis des années.

      1. rastaman - sam 10 Déc 16 à 16 h 48

        + 1000 tu as tout dit...

  4. ol-91 - sam 10 Déc 16 à 21 h 51

    Les blessures et les soins ! Pour une ville qui a été jadis un pôle planétaire de la médecine... ça fait un couac..

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