Samedi, l’OL a refermé le chapitre de sa préparation estivale avec une défaite (2-0) à Crystal Palace. Entre résultats négatifs et production abyssale, l’été est loin d’avoir rassuré.
De retour à Lyon dans la foulée de leur défaite contre Crystal Palace (2-0), les joueurs de l’OL vont avoir deux jours pour couper. Attendus mardi à Décines, ils vont pouvoir penser à autre chose avant de se projeter vers le fameux objectif coché sur le calendrier depuis le 6 juillet et la reprise de l’entraînement : le déplacement à Strasbourg. Deux jours pour oublier un temps le quotidien du sportif pour attaquer une semaine qui s’annonce intense. Une opposition est prévue pour donner du temps de jeu à Duje Caleta-Car et travailler les automatismes défensifs. Surtout, l’OL doit mettre les bouchées doubles pour être fin prêt pour ce retour de la Ligue 1.
Physiquement, le pic de forme est programmé pour fin août et dans le jeu, on peut se demander quelle est la deadline après ce mois de préparation. En cinq matchs disputés (le match contre Sion n’étant pas comptabilisé), les Lyonnais se sont inclinés à quatre reprises, toutes à la suite. C’est à se dire qu’ils ont heureusement joué une équipe de 3e division néerlandaise pour commencer l’été, autrement le bilan aurait été encore plus inquiétant. Et encore, la victoire contre De Treffers relève presque du miracle avec un but de Jeff Reine-Adelaïde dans le temps additionnel.
360 minutes de disette offensive
Depuis ? Les filets adverses n’ont pas tremblé, soit une disette de 360 minutes. On ne peut même pas dire que les gardiens de Manchester United, du RWD Molenbeek et du Celta Vigo ont eu quelque chose à faire. Seul Johnstone samedi a dû s’employer sur des frappes de Cherki et Tolisso ainsi qu’une tête d’Alvero pour empêcher l’OL de s’offrir une bouffée d’oxygène offensive. La préparation estivale est forcément le théâtre de certaines excuses, qui peuvent s’entendre. Sans Cherki et Barcola jusqu’à Vigo, le club lyonnais a été amputé de deux de ses trois armes offensives de la deuxième partie de saison dernière.
Alexandre Lacazette s’en est retrouvé orphelin et le match contre Crystal Palace a bien montré qu’avec les deux Espoirs, le jeu offensif lyonnais était bien différent, même si toujours pas au point. Seulement, avec un avenir incertain pour l’ancien de l’AS Buers, un forfait par précaution pour le capitaine, sur quoi peut vraiment se reposer l’OL ? Amin Sarr a encore erré sur le terrain à Londres tandis que Kadewere et Jeffinho n’ont pas pesé à leur entrée. Les solutions manquent dans la rotation offensive lyonnaise et la dernière ligne droite du mercato doit servir à combler ces absences.
Un but minimum à chaque match
D’absences, il en a encore été question défensivement et une nouvelle fois sur des coups de pied arrêtés samedi du côté du Selhurst Park Stadium. Entre les entames de mi-temps compliquées à gérer et ces phases de jeu, le problème a été ciblé depuis longtemps par le staff technique de l’OL. Pourtant, les semaines et les mois passent sans que l’on observe des changements. Les Lyonnais n’ont pas pris la marée des Eagles samedi malgré la pluie londonienne, mais payent encore cher leurs moments d’inattention. À ces deux buts, Crystal Palace aurait pu alourdir le score quand Sinaly Diomandé et Clinton Mata ont fait preuve d’un manque d’impact sur le côté droit en première mi-temps et si Rémy Riou ne s’était pas interposé devant un Mateta laissé bien seul.
Avec Duje Caleta-Car, Laurent Blanc espère avoir mis la main sur un joueur d’impact, bon au pied. L’heure n’est pas à jeter la pierre sur un joueur en particulier, mais dans la volonté lyonnaise de repartir au sol de derrière, Sinaly Diomandé, comme le jeu au pied de Lopes, rajoute une pierre dans le chantier colossal des Rhodaniens. À Londres, l’Ivoirien a encore eu du mal à faire avancer le bloc par la passe ou balle au pied. Les défenseurs lyonnais ne prennent quasiment jamais de risque avec des échanges latéraux ou à trois mètres et le rythme des transitions s’en ressent logiquement. En plus de ne pas être infaillibles défensivement (6 buts en 5 matchs), ils n’apportent pas dans le jeu de possession.
Un système qui n’a pas ou peu évolué en un mois
C’est un axe de travail sur lequel doit appuyer Laurent Blanc et la séance ouverte au public et médias mercredi allait dans ce sens. En ancien du métier, l’entraîneur lyonnais regrettait le manque de mouvement et de prise de risques de l’arrière-garde alors que l’exercice se faisait sans opposition. Et c’est peut-être là le problème, l’OL semble jouer comme il s’entraîne. C’est un brin réducteur surtout dans une préparation, mais ça interroge forcément. Tout comme l’absence de vraie rotation et tests dans ce mois de travail. Oui, il faut trouver des automatismes et des circuits préférentiels avec l'enchaînement des minutes. Mais que ce soit en l’absence des internationaux Espoirs ou avec eux comme samedi, il n’y a presque pas eu de surprise dans les onze alignés par Blanc.
Corentin Tolisso et Johann Lepenant, pourtant peu à leur avantage, ont eu les honneurs de débuter tous les matchs ensemble. Il y a un travail de gestion chez Laurent Blanc qui n’a pas caché vouloir redonner confiance à Amin Sarr par exemple, mais à force de s’entêter, cela devient quasiment contre-productif. Dans ces matchs sans enjeux peut souvent naitre une belle surprise. Encore faut-il pousser pour pouvoir la voir. À Lyon, les statuts ne sont non pas définis, mais l’improvisation n’a que peu sa place. Ce n’est pas pour autant que l’OL s’avance avec des certitudes à une semaine du retour de la Ligue 1.

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