OL - DNCG : renforcer économiquement les clubs français

Le football français traverse une grave crise économique. Jean-Marc Mickeler, président de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) de la Ligue de football professionnel, a jugé nécessaire que les clubs tirent des leçons de cette période.

Avec l'officialisation de l'arrêt du football en France, fin avril, pour l'exercice 2019 - 2020, c'est toute une économie qui s'est arrêtée au passage. Les finances des clubs ont connu une diminution des recettes liées aux droits télés, sponsoring ou encore billetterie. Face à cette situation délicate, Jean-Marc Mickeler, président de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), souhaite que la crise sanitaire s'accompagne d'une mutation du football français sur l'aspect économique. Il a dressé un bilan de cette crise dans une interview accordée au journal Les Echos.

"200 millions d'euros de pertes d'exploitation"

Dans un premier temps, Jean-Marc Mickeler a évalué les dégâts financiers causés par la pandémie.Il a été formel, les pertes grimpent à plusieurs centaines de millions d'euros. "S'agissant de la Ligue 1, les estimations de la DNCG chiffrent l'impact du Covid-19 sur les 4 derniers mois de la saison 2019-2020 autour de 200 millions d'euros de pertes d'exploitation, a-t-il affirmé. Ce montant inclut la diminution des recettes de matches, des droits TV, du sponsoring et des autres produits, tout cela étant partiellement compensé par les aides de la Ligue et de l'Etat, qui ont pris leurs responsabilités, notamment à travers la mise à disposition de prêts garantis et du dispositif de chômage partiel."

Le bilan comptable est sans appel. "Sur cette base, on peut estimer que la perte d'exploitation de la L1 avoisinera 1,2 milliard d'euros pour l'ensemble de la saison, alors qu'elle était estimée à 1 milliard dans le prévisionnel établi avant la crise, et à 700 millions d'euros pour la saison 2018-2019."

"La refonte du modèle économique des clubs est inéluctable"

Pour faire face à ce choc, le prédisent a préconisé aux clubs français de repenser leur manière de vivre. Ils doivent être moins dépendants du marché des transferts, selon lui. "Compte tenu des incertitudes auxquelles ils font face, la refonte du modèle économique des clubs est inéluctable, a-t-il relevé. Ces dernières années, nous avons vu que leurs charges fixes progressaient plus vite que leurs revenus, que leur dépendance à l'égard des transferts ne cessait d'augmenter, avec un niveau de plus-values de cessions qui, de notre point de vue, traduisait une forme de bulle."

"L'objectif est de construire un football plus fort"

Enfin, Jean-Marc Mickeler a saisi les points sur lesquels les formations françaises pourraient s'améliorer afin de mieux gérer leur compte. L'ordre des priorités est établi. "L'objectif est de construire un football plus fort, donc économiquement sain, c'est-à-dire moins dépendant des transferts et des droits TV, a-t-il précisé. Les réflexions doivent également porter sur une structure de charges qui soit davantage variable, de manière à ce qu'elle soit adaptée aux conditions d'exploitation du moment."

Il espère, avant tout, une prise de conscience des clubs de l'Hexagone. En effet, la DNCG n'hésitera pas à se montrer plus ferme à l'avenir. "Au vu du contexte actuel et de ses perspectives, la L1 doit s'engager de manière volontariste dans une réduction de ses pertes d'exploitation sur deux-trois ans. En dépit de la hausse des droits TV, la DNCG ne cautionnera pas des budgets qui seraient en réalité artificiels, a-t-il souligné. Ce serait un échec pour le football professionnel français si les clubs faisaient comme si rien ne s'était passé."

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