Nice’s Italian forward Mario Balotelli (C) celebrates his team’s victory at the end of the French L1 football match OGC Nice (OGCN) vs Olympique de Marseille (OM) on September 11, 2016 at the « Allianz Riviera » stadium in Nice, southeastern France. / AFP PHOTO / VALERY HACHE

OL - Nice : les clés de la réussite azuréenne

L’Olympique lyonnais reçoit l’OGC Nice samedi (21H au Parc OL) en clôture de l’exercice 2016-2017. Auteur d’une saison exceptionnelle, le club azuréen va terminer sur la troisième place du podium et se qualifier pour le troisième tour préliminaire de la Ligue des champions. Des suiveurs de l’équipe niçoise nous ont raconté comment le club en est arrivé là. Ils nous détaillent le projet et décrivent comment ils ont vécu cette année riche en émotions.

« Historique, euphorique, fantastique, les superlatifs peuvent être nombreux », lance d’emblée Jean-Baptiste Marie, journaliste pour France Bleu Azur. Suiveur de l’OGC Nice depuis plus de deux saisons, il se demande encore comment l’équipe a pu terminer sur le podium. « Qui aurait pu imaginer cela au moment de la reprise en juillet avec tous les départs ? », interroge-t-il. En cette période, Claude Puel, Nampalys Mendy, Hatem Ben Arfa ou Valère Germain (pour ne citer qu’eux) quittent le navire. « Puis Lucien Favre arrive, Dante signe, et ils terminent fort avec Younès Belhanda et Mario Balotelli. Donc on se dit que quelque chose est possible mais sans penser au podium ! ». Pour bien prendre la mesure de ce qu’a réalisé le Gym, il faut se tourner vers Vincent Menichini. « C’est une saison exceptionnelle, ça faisait 41 ans que Nice n’était pas monté sur le podium. C’était lors de la saison 75-76 avec des joueurs stars à l’époque comme Baratelli ou Guillou », expose le journaliste de Nice-Matin.

Dans le sillage d’un Hatem Ben Arfa enfin régulier, Nice avait terminé quatrième l’an dernier. Le chant « Hatem on t’aime, Hatem on t’adore », dédié au joueur formé à Lyon résonne encore dans les travées de l’Allianz Riviera. En dominant Nancy (3-1) le 15 avril dernier, les Aiglons se sont qualifiés pour la Ligue des champions, du moins le troisième tour préliminaire. Ils ont confirmé cette année les promesses entrevues précédemment. « Résister aussi longtemps à Paris et Monaco c’est à souligner. Combien de fois les Lyonnais ont dit, « il y a Lyon-Nice la dernière journée, on aura la possibilité de les doubler sur le fil », questionne Vincent Menchini avant de poursuivre. Terminer devant, c'est aussi un exploit parce que Nice n’est pas Lyon ». Une année historique donc du côté de la Promenade des Anglais qui s’explique par plusieurs raisons.

Un projet qui se met en place petit à petit

Pour comprendre les bonnes performances de l’OGC Nice, il faut remonter quelques années en arrière. Le président Jean-Pierre Rivère, arrivé en juillet 2011, mène une directive sportive en bonne intelligence. Pour Jean-Baptiste Marie, l’origine est encore plus ancienne. « René Marsiglia, qui nous a malheureusement quitté, avait aussi commencé à initier tout ça. A Nice, des poussins jusqu’aux pros le projet de jeu est le même. Yoan Cardinale, Malang Sarr ou Vincent Koziello ont cette ADN qui ressurgit ». L’OGCN souhaitait se doter d’une vraie identité et le travail porte ses fruits aujourd’hui. Claude Puel en a profité entre 2012 et 2016 en posant des bases solides pour l’équipe première. C’est désormais Lucien Favre qui bonifie l'héritage qu'il a laissé. Et le technicien suisse ne s’est pas reposé sur les acquis instaurés par l’ancien entraîneur de l’OL. « Dans le vestiaire ils apprécient tous de travailler avec Favre. Il y a beaucoup de vidéo, de travail tactique très précis », explique Vincent Menichini. Son confrère abonde dans le même sens. « Le coach a su mettre en valeur les mecs qu’il avait. Il a apporté un plus en terme de boulot. Les joueurs bossent deux fois plus, et plus longtemps, qu’avec Claude Puel. Les gammes techniques sont répétées à chaque entraînement. Ils diront tous que c’est un grand moment d’avoir été entraîné par Favre ».

Un recrutement risqué mais intelligent

Orphelin de trois de ses meilleurs joueurs (Ben Arfa, Germain, Mendy), Nice a activé ses réseaux pour reconstruire un effectif capable de jouer le haut de tableau et la Ligue Europa. Dante, Mario Balotelli et Younes Belhanda notamment débarquent sur la Côte d’Azur. Mais ils ne sont pas seuls. Un recrutement réfléchi et intelligent, avec une pointe de culot pour apporter l’étincelle nécessaire, est effectué. « Dalbert, Cyprien, Seri, même s’il est arrivé auparavant, ont été très importants. L’apport des trois stars a été déterminant. Dante et Balo ont gagné la Ligue des champions. Favre ne voulait pas forcément l’Italien mais c’est 15 réalisations au final, des buts qui rapportent des points. Avec Belhanda, ce sont trois joueurs majeurs et en terme d’expérience ça n’a pas de prix », souligne le journaliste du quotidien niçois.

Un horrible évènement qui soude toute une ville

Le 14 juillet dernier, la ville de Nice est frappée par un terrible attentat. 86 personnes perdent la vie sur la Promenade des Anglais. Un évènement qui bouleverse toute la France et qui touche forcément le club. Mais, sans oublier ce qui est impossible à effacer, le Gym va redonner un petit peu le sourire aux Niçois. « Ce qui s’est passé le 14 juillet a compté. On se moque tellement des footballeurs qui ne savent soi-disant pas aligner trois mots, qui roulent en bolide etc. Mais ils ont eu un rôle quand on voit ce qu’a vécu Nice. Pour les gens, aller au stade c’est leur petit moment agréable dans la semaine. Même si ça n’effacera jamais ce qu’il s’est passé, l’hommage lors du premier match contre Rennes était parfait. C’était pile un mois après. C’était très fort de la part du club et des supporters. Un hommage à la hauteur de ce que méritaient les victimes. C’est Malang Sarr, un jeune niçois du quartier des Moulins qui marque l’unique but du match, c’est symbolique. Le football reste l’opium du peuple, les joueurs s’en sont rendus compte. Les bons résultats ont permis de donner une autre image de Nice, une image positive avec du bonheur et de la joie. On a reparlé de Nice grâce au foot et ça a fait du bien », témoigne l’animateur de l’émission 100% Aiglons.

Une marge de progression

Malgré des résultats historiques et une qualité de jeu louée, l’OGC Nice peine à remplir son stade. Selon le site de la Ligue de Football Professionnel (LFP), la moyenne de spectateurs à l’Allianz Riviera est de 22 949 pour une capacité de 35 596. L’équipe de Lucien Favre mérite mieux. Pour Vincent Menichini « c’est la limite actuelle du club. Ça a été plein pour les gros rendez-vous mais ça a parfois rendu dingue le coach. Il y a une dynamique à créer. Au Ray (l’ancien stade de l’OGCN) il y avait environ 10 000 personnes, là on est sur le double. Je pense que sur la durée ça prendra, le club est en train de fidéliser un public jeune. A Lyon il y a maintenant une vraie culture foot que le club a crée dans les années 2000 en remportant des titres ». Le développement de l’OGCN passe par là. Pour Johan, supporter des Aiglons c’est le gros point noir de la saison. « C’est une année exceptionnelle sur le terrain. Favre a su faire des choses formidables avec un groupe réduit. Mais je ne comprends pas que cet engouement ne soit pas suivi en tribunes. En terme de points, de qualité de jeu, c’est plus qu’historique mais le stade n’a pas suivi. Je suis très déçu là-dessus ». Abonné, il accorde une part importante du succès au jeu mis en place par l'entraîneur et à la confiance engendrée par les victoires. Par deux fois il a vibré plus que de raison en tribune : « Le but de Super Mario (Balotelli) contre Lorient (le 2 octobre 2016). C’était le but de la délivrance, à la 92e minute ! Nice reprenait la tête grâce à cette victoire. Et également le retour de Le Bihan contre Montpellier (le 24 février 2017). Le gars revient après 17 mois de blessure, la moitié du stade ne le connaît pas alors qu’il avait été meilleur buteur de Ligue 2. Il rentre, renverse le match avec son doublé et devient un héros. Ça permettait alors de croire encore au titre », raconte-t-il le sourire dans la voix. En cette fin de saison, il n’a qu’un souhait. « J’espère que Lucien Favre va rester. S’il part, il me déçoit car il y a un projet très intéressant à Nice ». Annoncé du côté du Borussia Dortmund, le technicien suisse pourrait quitter le banc des Aiglons. Le Gym aurait alors du mal à le remplacer. Mais le président Jean-Pierre Rivère a plus d’un tour dans son sac comme il l’a déjà prouvé par le passé. 

Surpris par le traitement infligé à Bruno Genesio :

Interrogés sur le traitement dont est victime Bruno Genesio et sur le match de samedi soir, les deux journalistes reconnaissent être un peu interoqués par l’ampleur que cela prend à Lyon et n’attendent pas grand chose de la part du Gym au Parc OL.

Vincent Menichini (Nice-Matin) : « Bruno Genesio on le connaît un peu parce qu’il est passé par Nice dans les années 90 (en 93-94). Dans le foot il y a parfois des délits de sale gueule et je crois que c’en est un. Ce n’est pas un nom très ronflant mais il a quand même fait des belles choses en Ligue Europa ».

Jean-Baptiste Marie (France Bleu Azur) : « Qu’importe le club en France, Aulas fait sourire. Ses propos sur la prétendue «finale pour la 3e place» qu’aurait pu être cette rencontre ont fait sourire les niçois. Concernant Bruno Genesio, je pense qu’on oublie trop souvent que l’entraîneur ne joue pas. Sur le match, je pense que ça va être très difficile pour Nice. Il y a beaucoup d'absents et ça a été une semaine particulière. Malgré la défaite contre Angers (0-2) tu fais la fête à la fin du match. Ensuite ils se sont retrouvés ensemble pour célébrer la saison puis ils ont été honorés par la ville, reçus par la mairie. On a vécu une semaine de célébration à Nice ».

10 commentaires
  1. Juni entraineur OL - sam 20 Mai 17 à 12 h 00

    "Dans le foot il y a parfois des délits de sale gueule et je crois que c’en est un"
    Bande d'hypocrite !!
    C'est pas lui ou eux qui ce sont tapés nos 50 matchs foireux au stade ou à la télé !
    Cette 4ème place et cette demi sont un leurre !
    Sans lacazette blessé 6 mois, j'ose même pas imaginé comment cela aurait pu se passer !

  2. OL48 - sam 20 Mai 17 à 14 h 08

    Bien d'accord.
    Si ils veulent, on fait un échange standard en Favre et Génésio.

  3. lichalopez - sam 20 Mai 17 à 14 h 48

    J'en connais un qui va se vexer en lisant cet article.
    Bon courage pour la prochaine conférence de presse...

  4. XUO - sam 20 Mai 17 à 15 h 00

    Sont pas quelque peu toqués ces deux griffonneurs de PQ ? Le premier dit que Genesio a fait de belles choses en EL. Le second lui enlève ce mérite: "Concernant Bruno Genesio, je pense qu’on oublie trop souvent que l’entraîneur ne joue pas."
    Ce dernier tient quand même le pompon !L'OL n'aurait pas dû fêter la troisième place mais les Niçois ne s'en sont pas privés.

  5. Burp - sam 20 Mai 17 à 16 h 31

    Il faudrait plutôt se demander ce qui s est passé l année derniere avec lyon pour la deuxième. Place
    Cest à cause de ce mystère que l on se tape genesio trois ans

  6. OLVictory - sam 20 Mai 17 à 17 h 30

    Des recrutements malins, un coach qui a une vision du foot, de l'humilité à tous les étages du club, voilà les clés de la réussite.
    Tout ce qui nous manque, Nice c'est l'antithèse de l'OL.
    Petite pensée à tous ceux qui annonçaient que Nice allait s'écrouler après la trêve, des mages !

    1. OLVictory - sam 20 Mai 17 à 18 h 17

      G2W c'est pas le mec qui nous a foutu la poisse pour l'Europa Ligue à répéter que c'était déjà gagné ? 😉

  7. Altheos - sam 20 Mai 17 à 17 h 31

    « Dans le vestiaire ils apprécient tous de travailler avec Favre. Il y a beaucoup de vidéo, de travail tactique très précis », explique Vincent Menichini. Son confrère abonde dans le même sens. « Le coach a su mettre en valeur les mecs qu’il avait. Il a apporté un plus en terme de boulot. Les joueurs bossent deux fois plus, et plus longtemps, qu’avec Claude Puel. Les gammes techniques sont répétées à chaque entraînement. Ils diront tous que c’est un grand moment d’avoir été entraîné par Favre ».

    Voilà, y'a rien de plus à ajouter.

    1. OLVictory - sam 20 Mai 17 à 17 h 32

      Le jour où on entendra ça à Lyon je parie qu'Aulas aura pris sa retraite

  8. Burp - sam 20 Mai 17 à 18 h 49

    Aulas n'est pas con non plus
    J'espère qu il prend des notes dans son coin pour appliquer des recettes qui gagnent
    On reste pas au plus haut niveau si longtemps sans une bonne capacité d'adaptation

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