Un des bus de supporters de l'OL brûlé à Fresnes
Un des bus de supporters de l’OL brûlé à Fresnes (Photo by Pierre BEAUVILLAIN / AFP)

OL - PSG : le foot encore une fois pris en otage

Depuis samedi et la finale de la Coupe de France, l’actualité de l’OL tourne malheureusement autour des différents incidents qui ont éclaté dans le nord de la France et à Décines. Plus que le club lyonnais, c’est une nouvelle fois le football qui se retrouve à la merci d’une minorité.

JT de 20h de TF1, France Télévision et j’en passe. Depuis quatre jours, l’OL est au cœur de l’actualité des journaux télévisés et ce n’est malheureusement pas pour parler d’une victoire en finale de Coupe de France ou même de cette défaite concédée samedi face au PSG à Lille. Non, cette dernière semble déjà à des années lumières, supplantée par le triste spectacle offert en dehors de la pelouse. De cette 107e édition de la Coupe de France, il ne restera certainement que les images de chaos au péage de Fresnes qui ont fait le tour des réseaux sociaux et télévision depuis samedi ou de cet acte de violence et racisme qui s’est produit dans le même temps à Décines. Bien malgré lui, l’OL est une nouvelle fois au cœur de ces incidents qui ne vont en rien arranger son image déjà fortement écornée ces dernières années et derniers mois avec notamment le groupuscule Mezzia Lyon.

Depuis trois jours, au sein du club, ce n’est pas l’état d’urgence, mais presque, avec deux dossiers bien différents à gérer. L’un où les supporters lyonnais sont très sûrement tombés dans un guet-apens et un autre où un individu a été coupable d’actes racistes au sein même de l’enceinte de l’OL. S’il a été appréhendé depuis, l’OL doit de nouveau gérer ces dossiers de crise qui sont sans fin. Le problème n’est pas d’aujourd'hui, mais malgré certaines initiatives prises du temps de Jean-Michel Aulas, le fardeau n’a jamais cessé d’être présent dans les tribunes lyonnaises. Est-ce faire la technique de l’autruche ? Quoi qu’il en soit, la nouvelle direction est attendue au tournant sur cette question du racisme en tribunes. Elle en est consciente et s’est mise au pied d’œuvre depuis la diffusion de cette vidéo dans laquelle l’on voit deux jeunes supportrices prises à partie par un courageux individu, très certainement pas au fait d’être filmé en plein direct.

L’OL s’est associé à l’une des plaignantes pour se constituer partie civile, mais malheureusement, cette position ne sera qu’une goutte d’eau. Cela ne veut pas dire que rien ne fera avancer la question du racisme et des violences. Mais, même si cela reste une minorité sur tout un peuple, elle est bien trop bruyante. Il faudrait prendre le taureau par les cornes, mais là encore, à force de voir toutes les parties se refiler la patate chaude et ne pas assumer leurs erreurs respectives… "Ça fait malheureusement partie de notre société. La société est de plus en plus violente, la société se renferme de plus en plus sur elle-même et après, ce sont les extrêmes qui en profitent", a noté Nicolas Puydebois sur le plateau de "Tant qu’il y aura des Gones" lundi.

N’est pas sociologue qui le veut, mais le problème des violences dans le foot français prend de plus en plus le pas dans les évènements, surtout des clubs. Ce qu’il s’est passé sur l’autoroute entre bus parisiens et lyonnais ne relève en rien d’une volonté d’aller faire la fête pour son équipe, pour son blason. Voir des femmes enceintes, des enfants être pris à partie par des individus qui n’ont qu’une envie, celle d’en découdre, n’est pas la représentation de ce qu’on se fait d’un match de foot. Malheureusement, c’est le chemin pris depuis toutes ces années, que ce soit à l’OL ou dans l’Hexagone. Présent dans son véhicule personnel, Lucas (prénom modifié) a juste eu le temps de franchir les barrières du péage de Fresnes avant que l’autoroute ne soit bloquée dans les deux sens.

Avec sa sœur et son beau-frère, ils ont pu voir le cortège de supporters du PSG se diriger vers celui des Lyonnais, armes à poing. "On a eu l’impression d’être dans un film d’apocalypse avec une marrée humaine prêtre à en découdre. Avec notre immatriculation 69, on n’était pas serein, mais dans ce chaos, on a eu la chance, si on peut dire ça, qu’ils soient trop concentrés sur les bus et pas les voitures". Ils ont pu rejoindre Lille et assister à la finale dans sa totalité, mais trois jours après, Lucas était "encore choqué" d’avoir pu vivre une telle scène en vrai. Et encore, comme il le dit, il n’a pas vu tout le défouloir de violence qui a suivi.

Une fois de plus, la bêtise de certains individus a pris en otage ce sentiment de fête qui régnait à Lille pendant toute la journée de samedi. Car, malgré quelques huées et nom d’oiseaux entre supporters de l’OL et du PSG, la cité nordiste était devenue un petit Lyon pour quelques heures. Et c’est avant tout de cette image dont on veut se rappeler, même si traiter le fond du problème est une réelle nécessité. Parce que comme l’a dit notre consultant, "il y en a marre que comme toujours, les minorités extrêmes prennent le dessus et le devant de la scène."

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