Roman Yaremchuk lors d'OL - Auxerre
Roman Yaremchuk lors d’OL – Auxerre (Photo by ARNAUD FINISTRE / AFP)

Yaremchuk (OL) ou le foot comme échappatoire

Arrivé cet hiver, Roman Yaremchuk a eu du mal à se fondre dans le vestiaire de l'OL. Ses trois derniers buts lui ont donné une confiance qu'il avait perdue, pas forcément aidé par ce qu'il se passe en Ukraine.

Il est plutôt du genre taiseux. Samedi dernier, après un doublé et peut-être la prestation la plus aboutie depuis son arrivée, Roman Yaremchuk était attendu devant les micros. C'était mal connaître le personnage, qui a profité de l'attention portée par la presse à Moussa Niakhaté pour se faufiler et s'enfoncer dans les entrailles du Parc OL. Sans un mot. Une spécialité pour l'attaquant ukrainien qui, hormis une interview accordée par OLPlay au moment de son arrivée, brille par son silence. Dans le vestiaire, il n'est pas non plus le plus expressif, même si les dernières semaines l'ont déridé un petit peu. Toutefois, avec Yaremchuk, on en serait presque à arriver au cliché de la froideur des joueurs venus de l'Est. À côté, Dominik Greif, pas forcément réputé pour être le plus grand des boutentrains de l'OL, ferait presque figure de comique.

Mais c'est le caractère de l'Ukrainien et personne n'a cherché à le changer, bien conscient de la situation. Celle d'un pays en guerre et que l'actualité au Moyen-Orient laisse finalement de côté. Mais, comme Paulo Fonseca l'avait confié à Olympique-et-Lyonnais, il est difficile pour ceux touchés de près par ce conflit de faire comme si de rien n'était. L'appréciant déjà comme attaquant avant même son arrivée à l'OL, l'entraîneur lyonnais partage aussi ces moments hors football. Comme une thérapie pour partager les tracas et ne pas avoir l'impression d'être seul. "On oublie ce que vivent les Ukrainiens. Samedi, il savait que son pays avait subi une grosse attaque de la Russie. On en parle sans arrêt tous les deux. C’est un joueur qui vit intensément tout cela, car il a de la famille là-bas. C’est une personne qui a beaucoup aidé son pays et les gens sur place."

Natif de Lviv, l'attaquant a vu sa ville être bombardée de manière intensive ces dernières semaines. Difficile donc de faire comme si de rien n'était. N'ayant pas réussi à donner du baume au cœur au peuple ukrainien en accrochant une qualification pour la Coupe du monde 2026, Roman Yaremchuk tente néanmoins de faire ce qu'il maitrise le mieux pour s'offrir une échappatoire à la situation de son pays : jouer au foot. En échec à l'Olympiakos, il a vu dans l'OL un projet à même de le relancer, avec en prime cette proximité dans la douleur avec Paulo Fonseca.

Censé remplacer Martin Satriano, en manque d'efficacité, l'Ukrainien n'a guère fait mieux, avant ce déclic contre Lorient. Le point de fixation censé faire mal au bloc bas est resté dans la lignée de sa première partie de saison en Grèce (0 but en championnat), a eu du mal à trouver sa place, comme si le côté solitaire dans le vestiaire se retranscrivait sur le terrain. Un constat à moitié vrai puisque Moussa Niakhaté a concédé que l'OL "avait mis du temps à comprendre sa façon de jouer. Mais il pèse sur les défenses, et là ça a réussi."

Mieux vaut tard que jamais et les sorties contre Lorient et Auxerre ont montré une nette amélioration dans le jeu sans ballon mais aussi la connexion avec ses coéquipiers. Ses deux buts contre l'AJA sont autant le fruit d'une réelle qualité de buteur que de la compréhension du jeu du partenaire à la passe. "On se prend trop la tête parfois, alors qu'on pourrait centrer et profiter des qualités de Roman", poursuivait Corentin Tolisso. Une vraie évolution qui ne sera pas de trop dans ce sprint final. Mais aussi pour convaincre les dirigeants lyonnais de lever l'option d'achat cet été. Afin de voir Lyon comme un véritable chez-soi.

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