Corentin Tolisso buteur lors d'OL - Brest
Corentin Tolisso buteur lors d’OL – Brest (Photo by OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

Corentin Tolisso : "Oui, on a marqué l'histoire de l'OL"

Revenu au club à l'été 2022, Corentin Tolisso ne s'attendait sûrement pas à vivre un tel retour à l'OL. À quelques jours de la finale de la Coupe de France, le milieu a profité d'un media day pour revenir sur ces derniers mois intenses à plus d'un titre.

Trois jours après, que reste-t-il de toutes ces émotions contre Strasbourg (2-1) au Parc OL ?

Corentin Tolisso : Oui, c'est sûr qu'il y a eu beaucoup d'euphorie. On ne s'y attendait pas forcément. En plus, quand je suis sorti, je savais que Lens gagnait toujours 2-1, chez nous, il y avait 1- 1. Après, j'ai su qu'il y avait eu 2-2, donc là, je me disais, il faut qu'on marque. Mais je savais que Marseille gagnait aussi, donc il ne fallait pas qu'on prenne un deuxième but, parce qu'à tout moment, on pouvait être huitièmes. Et puis, il y a ce penalty pour Strasbourg. Tant mieux pour nous, il l'a raté. Après, vous connaissez ce qui s'est passé. C'est pour ça que j'ai un peu connu tous les scénarios qu'il pouvait y avoir sur le terrain et sur le banc. Je pense que c'était un peu plus mesuré sur la pelouse, parce qu'ils ne savaient peut-être pas toutes les données, les résultats, etc.  

Vous saviez le score de Lens sur le banc, mais vous ne l'avez pas dit à ceux sur le terrain ? Parce qu'on s'est demandé si l'OL ne jouait pas le nul à un moment...

C'est ce que je dis dans le sens où je savais que Marseille gagnait aussi. Donc si tu vas leur dire qu'entre Lens et Montpellier, il y a nul, qu'il faut tout faire pour gagner et qu'au final, tout le monde part à l'abordage et que tu te prends un but. Tu finis 8e et tu n'es même pas 7e. Donc, je pense que c'est bien qu'on ne l'ait pas dit. Mais une chose est sûre, c'est que j'en ai parlé avec Alex après le match. Avant qu'il tire son penalty, il ne savait pas que Montpellier faisait match nul. Il n'y avait que Max (Caqueret) qui était au courant parce que les supporters du Virage Sud lui avaient dit.  

Mais après, je ne sais pas si les autres savaient. Et Max, à ce moment-là, me dit : "Les gens du virage sud me l'ont dit". Mais Alex, même après le feu d'artifice, ne savait toujours pas qu'on était 6e. Il n'avait toujours pas vu le résultat de Lens. Je lui ai appris dans le vestiaire. Et c'est là où c'était encore plus fou.

Vous avez encore vécu une soirée dingue avec le public, etc...

C'est une émotion folle. Oui. Presque comme un titre gagné. Après, ce sont des émotions différentes. Surtout, je parle pour mon cas personnel, sur un titre gagné. Tu sais que si tu joues une finale, soit tu gagnes, soit tu perds. Si tu joues un championnat, généralement, tu sais où tu veux aller. Tu sais 2, 3, 4, 5 journées à la fin si tu es champion ou pas champion. Ça dépend de la rivalité du deuxième, etc. Mais c'est sûr que là où on ne s'y attendait vraiment pas en termes d'émotions, j'ai eu plus d'émotions que lorsque j'ai pu gagner un titre avec le Bayern. 

Plus que la Coupe du monde ? 

Non quand même pas (sourires). Pas la Coupe du monde, non. Si on gagne la Coupe de France, peut-être que là, on en reparlera. Mais pas jusqu'à là. Mais en tout cas, j'avais énormément d'émotions.  

Ça fait six mois que vous vivez ce genre d'émotion avec des matchs à suspense. Est-ce que vous vous sentez invincibles avant la finale ?

Invincible, je ne vais pas dire invincible. Mais en tout cas, on sait ce qu'on a fait pour en arriver là. On sait à quel point on a travaillé, ce qui a été mis en place. On sait qu'on n'est pas parfait parce qu'on a pu le voir dans nos victoires, dans nos enchaînements, etc. Il y a eu la défaite contre le PSG. On a perdu aussi contre Lens à domicile. Donc, on sait qu'on n'est pas invincible, loin de là. Mais on a confiance en nous. On sait qu'on est fort. On a aussi beaucoup de caractère. Ça, je pense que c'est peut-être notre qualité numéro 1. On sait qu'on a des forces, on sait qu'on a des faiblesses. Mais il faut s'appuyer sur nos forces pour espérer gagner le dernier match qui arrive.

En revenant à l'OL, vous avez dit que vous souhaitiez gagner un titre avec le club. C'est l'occasion rêvée ? 

Bien sûr que moi, l'objectif dans ma carrière, quand j'ai commencé, c'était vraiment de gagner un titre avec mon club de cœur. Et j'ai joué une finale, si on ne parle pas des Trophées des champions, mais j'ai joué une finale de Coupe de la Ligue avec l'OL que j'ai perdue contre Paris. Et voilà, aujourd'hui, il y a la finale de la Coupe de France. Et j'espère que je vais réussir à gagner, parce que ça remplira un objectif de ma vie, de ma carrière. Et surtout, de gagner avec mon club de cœur, c'est réellement une chose que j'ai envie plus que tout au monde.

En tant qu'enfant du club, vous avez conscience d'avoir marqué l'histoire du club dimanche et de pouvoir la marquer encore plus samedi ?

Oui, on l'a marquée. Je pense que c'est une certitude qu'on l'a marquée. Dans le sens où cette saison-là, elle n'a jamais été réalisée dans le club. Alors, c'est sûr que quand on était mi-décembre, on l'avait marquée, mais du plus mauvais côté possible. C'était vraiment catastrophique. Mais aujourd'hui, d'avoir retourné cette situation et d'être arrivé en Europa League, ce n'est même pas en Conférence League, c'est en Europa League. C'est vraiment quelque chose d'exceptionnel et je ne veux pas minimiser la chose parce que je considère vraiment que c'est quelque chose d'incroyable qu'on a fait. De réussir à passer d'être dernier à sixième de la Ligue 1. Je sais que personne n'avait réussi juste à se maintenir en ayant 7 points après 14 journées, si je ne dis pas de bêtises. Aujourd'hui, on a fait plus que se maintenir.

On a fait plus qu'aller en Coupe d'Europe avec la Conference League. On est en Ligue Europa et je pense que c'est vraiment exceptionnel. Donc, de l'avoir marquée, oui, on en est conscient. Maintenant, si on arrive à gagner cette Coupe de France... Si on y arrive, ce sera l'une des saisons les plus marquantes de l'histoire de l'OL. Bien sûr, je ne prends pas les sept titres en considération. Je ne suis pas fou. (rires)

C'est quelque chose qui va rester à vie ?

Oui, c'est le scénario. Je pense que dans dix, quinze ans, tout le monde s'en souviendra, à part si on fait ça toutes les années, mais je ne pense pas et je n'espère pas surtout. Mais c'est sûr que dans 10, 15 ans, quand on pourra redire à nos enfants ou petits-enfants : "Tu te souviens de la saison de l'OL où ils étaient derniers et qu'ils ont réussi à accrocher la Ligue Europe ?". Pour moi, ça, c'est une certitude.

Avez-vous eu peur en décembre ?

Oui. Je ne vais pas le cacher. Je ne vais pas mentir. Je ne vais pas mentir à moi-même. J'ai eu peur, très peur. On était derniers avec 7 points au bout de 14 journées. Vu comment on jouait, on ne va pas dire qu'on pensait que ça allait être tout rose les mois qui allaient arriver. Mais je regardais à combien de points on pouvait se maintenir. Le championnat allemand, c'est le championnat dans lequel il y a 18 clubs. Je regardais les saisons précédentes. Le 15e à combien de points il se sauvait ? Et je voyais que c'était 32, 33 points, la moyenne à peu près.

Je me disais qu'avec 7 points, il en restait encore beaucoup à aller chercher. Ça faisait plus de sept victoires quand on a gagné à peine un match. Je me disais que c'était pratiquement insurmontable. Mais Pierre (Sage) est arrivé. Le staff est arrivé. Je pense que l'organigramme de l'OL aussi a changé et ça a apaisé tout le monde. Et ça a mis beaucoup d'ordre dans notre équipe aussi. Il y a eu des transferts qui ont été faits aussi cet hiver qui ont beaucoup apporté. Et à partir de ce moment-là, plus les mois passaient et moins j'avais peur.  

Pour parler du coach, comment un entraîneur inconnu a-t-il gagné le respect d'un vestiaire comme celui de l'OL ?

Par ces mots, par ce qu'il disait. Moi, je ne le connaissais pas. Et quand il est venu parler la première fois dans le vestiaire, j'ai senti quelqu'un de très serein, de quelqu'un qui savait où il voulait aller. Il utilisait les bons mots. Et puis, par les séances qu'il mettait en place, où on prenait beaucoup de plaisir, on faisait des bonnes choses. Il y avait aussi l'image qu'il renvoyait du club, quand il parlait après les interviews, après les matchs, etc. On sentait vraiment quelqu'un de très posé, de très cadré. Et c'est ce que j'aimais bien.

Après, voilà, il a fait ses preuves. Il a fait confiance aux joueurs qu'il avait. Il a fait les bons choix aussi, parce que le nombre de fois où il a mis une équipe et ça a bien marché, ou alors il a fait des changements et ceux qui sont rentrés ont pu marquer et faire la différence. Je pense que c'est maintenir ce groupe tous ensemble, avoir cette cohérence et le fait que tout le monde soit solidaire les uns pour les autres. Je pense que ça, c'est ce qu'il a réussi à faire et c'est la plus grande force de notre équipe.

9 commentaires
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    brad - mer 22 Mai 24 à 9 h 17

    Il monte crescendo dans le physique notre Coco, il va se montrer à la hauteur de ce que l'on attend de lui lors de cette finale, j'y crois et encore plus le fait que ce soit le Qatar et son armada ....notre équipe a du caractère à revendre et avec un brin de chance à rajouter ça peut passer. Imaginez Sage le formateur sans complexe tactiquement devant Henrique et son expérience...du jamais vu, non?

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    1. Docteur Traboule
      Docteur Traboule - mer 22 Mai 24 à 9 h 25

      Bonjour Brad,

      Exactement. N'oublions pas que Corentin, c'est le niveau international à la base. Je pense que, l'an prochain, il donnera sa pleine mesure. Si Matic tient encore une année, ça nous fera une solide colonne vertébrale avec l'Irlandais qui s'affirme et gagne en rouerie.

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    2. Avatar
      Olyonn@is - mer 22 Mai 24 à 13 h 02

      Le PSG nous avait dominé 4-1, j'espère que Pierre s'en souviendra.😒

      Il faut un vrai plan de bataille contre l'équipe de Luis E.

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    3. Quand je pense a Ferland
      Quand je pense a Ferland - mer 22 Mai 24 à 13 h 07

      Luis Enrique s'écrit sans H mais je suis d'accord, avec plus de détermination que le QSG et de chance, ça peut passer.
      Quant à Coco, il fait toujours 15min-20min de qualité par match, mais c'est souvent qu'on le voit disparaître quand même. Mais un tel joueur d'expérience jouant une finale, c'est fort et je pense qu'avec Lacazette, Matic, Tagliafico, ces joueurs seront bien sûr au diapason.

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      1. Avatar
        Olyonn@is - mer 22 Mai 24 à 13 h 21

        Rectifié.🙂

  2. Darn
    Darn - mer 22 Mai 24 à 10 h 33

    Un très bon match de sa part ce dimanche. Ah ! S'il avait marqué sur la magnifique action de la deuxième période... Et bien ç'aurait été une phénoménale folie !

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      GoNL - mer 22 Mai 24 à 14 h 18

      Et si Cherki avait marqué sur sa passe en talonnade.

      Tolisso montre dans l’itw à quel point il aime le club, et à quel point il veut avoir un premier titre ici.
      Comme par magie ses ennuis physiques sont beaucoup moins présents dans un collectif épanoui, ça montre aussi à quel point le passage de témoin apocalyptique entre Aulas et Textor a fait des ravages dans l’effectif.
      Et à quel point Sage et la nouvelle direction ont apporté les conditions pour gagner des matchs.

      Maintenant, il s’agit de ne pas prendre 4-1 samedi…

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      1. Quand je pense a Ferland
        Quand je pense a Ferland - mer 22 Mai 24 à 17 h 21

        Sage est béni des dieux, je n'ai nulle autre explication au fait que le club renverse tous ses matches dans 10-15 dernières minutes depuis 3 mois et quant au fait qu'il n'y ait plus aucun blessé (pas même Tolisso), pas de remue-ménage chez les joueurs qui ne jouent pas ou plus, plus même de taupe qui vienne baver dans les médias. Le monde s'est doucement apaisé autour de cet OL. J'en reste bouche bée.

  3. Avatar
    Olyonn@is - mer 22 Mai 24 à 18 h 47

    Et puis il est arrivé en pleine fête des lumières...🕯️

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