Jean-Michel Aulas fête ce jeudi 15 juin ses 30 ans à la tête de l’Olympique lyonnais. L’un de ses amis de longue date, Maître André Soulier, raconte cette aventure et décrypte l’homme.
Jean-Michel Aulas est un personnage qui divise. Il est autant respecté et reconnu pour son travail réalisé à l’Olympique lyonnais, que raillé et détesté pour ses prises de paroles, notamment sur Twitter. Mais pour trouver quelqu’un qui affirmera, de manière objective, que l’OL n’en est pas là grâce à lui, il faudra se lever tôt. En ce jeudi 15 juin, le président le plus connecté de France fête ses 30 ans à la tête de son club. Un parcours d’une longévité exceptionnelle que retrace Maître André Soulier. « J’ai connu Jean-Michel Aulas avant qu’il n’arrive à l’OL car j’étais très ami avec son père, raconte l’avocat et homme politique. Ensuite, il a construit à partir de 1983 la société Cegid et avec un culot effarant l’a introduite en bourse au Second Marché en 1986. A l’époque, il prend Alain Prost comme image. C’était le Usain Bolt de l’automobile ! En 1987, sur une initiative de Bernard Tapie, je le vois débouler. J’étais alors premier adjoint au maire de Lyon et c’est moi qui vais faire voter en 87 et 88 les subventions qui vont déterminer le budget de l’Olympique lyonnais. Aujourd’hui, c’est interdit de faire ça. Je sais que je réalise un coup incroyable avec lui et je me dis que le conseil municipal doit découvrir ce type. Pour cela, je me sers d’un dispositif inemployé. Avant chaque conseil municipal, il y a une commission dite générale, dans laquelle on peut faire passer un certain nombre de choses. Comme on ne peut pas intervenir devant les conseillers municipaux si on n’est pas élu, je l’ai fait venir à ce moment-là. Il est arrivé avec tout son matériel et a expliqué en 1987 ce qu’il allait faire de ce club qui n’était qu’en deuxième division. Il va alors sidérer tout le monde. Il y avait pourtant des oppositions. L’empathie que l’on avait l’un pour l’autre le rendait suspect à leurs yeux et là, il emballe tout le monde. Voila comment l’aventure a commencé », relate le loquace André Soulier.
« Il rêve que Juninho revienne »
Après les débuts, la remontée en D1 en 1989 a été la première étape de l’ère Jean-Michel Aulas. Le président réalise son premier gros coup en 1999 en faisant venir Sonny Anderson à l’Olympique lyonnais. Grâce entre autres au Brésilien, l’OL prend un tournant et va s’imposer comme le meilleur club français des années 2000. Les sept titres de champion de France remportés sont, d’après son ami, les moments forts de ces 30 années. « Je crois qu’il a eu une succession de bonheur et de joie avec ces trophées et tous ces succès remportés. C’est très fort et c’est une chose que n’a pas encore réussi Paris qui domine pourtant la Ligue 1 depuis les années 2010 ». Malgré tout, il reste comme un goût d’inachevé pour le président de l’OL. « Le seul regret que je peux éprouver d’un point de vue solidaire avec lui, c’est que cette équipe devait gagner la Ligue des champions. Il y a eu ce but dans les derniers instants contre le Milan AC (en 2006 ndlr), avec un homme très respectable qu’est Eric Abidal, qui se fait lober et Shevchenko qui marque le but (le tir de l’Ukrainien est en fait dévié sur son poteau par Grégory Coupet et c’est Filippo Inzaghi qui pousse le ballon dans les filets, ndlr). Lyon méritait d’être champion d’Europe avec cette équipe. Mais les conditions actuelles avec le stade peuvent permettre un jour de tenter l’aventure », estime André Soulier. A cette époque, un homme guidait l’Olympique lyonnais. Il faisait partie de ces Brésiliens qui ont marqué l’histoire du club. « Ah les Brésiliens, c’est le grand amour de Jean-Michel Aulas. Ce qu’il exprime à propos de Juninho, que c’est un homme mature, intelligent ... Il rêve que Juni revienne en tant que directeur sportif, où ce poste qui doit être créé, à l’OL ».
Un président courageux, volontaire et qui n’a peur de rien
L’avocat lyonnais décrit Jean-Michel Aulas comme « un homme très fidèle en amitié. Il n’y a qu’à voir ce qu’il fait de son club. Les postes à responsabilité sont distribués à des gens qui ont travaillé avec lui ». En plus de 30 ans, André Soulier a côtoyé un homme avec une force de caractère au-dessus de la moyenne. « Je ne suis pas un admirateur comme d’autres qui vont le brosser dans le sens du poil, je ne dis pas qu’il n’a pas de défauts. Mais ce qui me paraît le caractériser du point de vue de la structure mentale c’est sa volonté et la persistance de cette volonté. Et enfin le courage, car c’est un homme qui n’a physiquement pas peur ». L’exemple le plus marquant dernièrement est sans aucun doute sa venue au coeur du virage Sud pour rétablir le calme avant la rencontre contre le Besiktas. L’homme politique n’oublie pas de mettre en avant ce qui fait le bonheur de Jean-Michel Aulas, l’OL Féminin. « C’est lui qui a voulu cette équipe féminine. Pour lui, c’est une fierté à l’égal de son premier titre de champion de France. Je suis béat d’admiration qu’il ait pu faire ça en plus de ce qu’il a déjà réalisé ». Enfin, l'ancien adjoint au maire de Lyon n’oublie pas de parler des investissements à l’Olympique lyonnais. Selon lui le président a réussi un coup de maître avec le groupe IDG Capital Partners. « Jean-Michel Aulas, un homme qui appartient à une nation de 66 millions de personnes, a fait entrer chez lui la Chine et ses 1,37 milliards d’habitants. Il a tapé au plus haut et a récolté une participation de 100 millions d’euros ». Pour tout ce qu’il a entreprit, André Soulier a souhaité adressé un dernier message au président de l'OL : « Chapeau Monsieur Jean-Michel Aulas ».
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