Armand Garrido (©PHOTOPQR/LE PROGRES/Stephane Guiochon)

OL - Gambardella : "En 97, le scénario était complètement fou", se remémore Armand Garrido

Il y 25 ans, l’OL remportait sa dernière Coupe Gambardella face à Montpellier dans une finale complètement folle. Entraîneur de l’époque, Armand Garrido a ressorti la boîte à souvenirs, à quelques heures de l’affrontement entre les joueurs d’Eric Hély et le SM Caen, au Stade de France.

Olympique-et-lyonnais.com : 25 ans après le titre, que reste-t-il de cette victoire en Coupe Gambardella ?

Armand Garrido : Des souvenirs incroyables, des moments indescriptibles. Il en reste des choses incroyables de par le contexte parce qu’on joue dans un grand stade avant un grand match, que c’est une épreuve où il faut passer les étapes les unes après les autres, on a l’impression de monter des cols. Sur ce que j’ai vécu dans cette rencontre, j’ai un souvenir extraordinaire. On finit la rencontre sans gardien et derrière on arrive à aller aux tirs au but. Il y a pleins d’anecdotes, c’est riche et ça reste des moments inoubliables.

Malgré le temps qui passe, avez-vous l’impression que cette finale contre Montpellier était hier ?

C’est encore quelque chose de frais dans mes souvenirs tellement ça a marqué. Quand j’ai fait le calcul, j’ai été surpris de voir que ça faisait si longtemps. C’est une épreuve difficile, c’est vraiment particulier. Quand on joue la Gambardella, toutes les équipes la jouent. Il n’y a pas des clubs qui font l’impasse sur la Gambardella et quand on arrive au bout, c’est qu’on a déjà fait un très beau parcours.

La Coupe de France, on va la jouer plusieurs fois dans sa vie. La Gambardella, c’est seulement une fois ou deux maximum ce qui la rend unique et finalement, il y a très peu de personnes qui peuvent se vanter de l’avoir gagnée.

Quelle est la recette pour aller au bout ?

Quand tu arrives en finale, il faut avoir la meilleure équipe possible. Il ne faut pas avoir de suspendus, ne pas avoir de blessés. Quand tu arrives en phases finales, il faut avoir tout son monde parce que tu sais qu’en face, tu vas avoir un adversaire redoutable. Le championnat est une chose et la Gambardella une autre. Je me souviens qu’on avait été laminés par Sochaux et en Coupe, on les avait battus largement. A Lyon, on a l’habitude de surclasser les joueurs mais quand tu es en finale, tu mets la meilleure équipe, tu ne te poses pas de question.


Garrido : "Le public se désintéressait du match"


Durant la semaine, quel avait été votre discours face à une telle échéance et une telle pression ?

La pression doit être saine. Il ne faut pas amplifier l’événement, il faut le laisser comme il est et ne pas trop changer les habitudes. Ce sont des jeunes joueurs, ce ne sont pas des pros. Je me souviens que pour la finale, on était partis le matin même, on n’est pas parti deux jours avant, à faire une mise au vert. On est partis normalement, on a pris le TGV, on est arrivés à l’hôtel à 11h pour déjeuner. C’était une journée tout à fait normale jusqu’à 18h et le match. Et derrière, on est rentré dès le lendemain. On n’a pas cherché à modifier les habitudes.

La finale s’est déroulée au Parc des Princes. Quelle était l’ambiance ?

C’était un contexte particulier en 1997 car c’était la dernière finale au Parc des Princes donc ça reste un lever de rideau de finale de Coupe de France. On arrive sur un stade qui est vide, la finale oppose Nice à Guingamp, on est dans des vestiaires qui ne sont pas ceux des pros donc c’est particulier. Au moment du match, ça résonne parce qu’il n’y a personne et puis petit à petit il y a un brouhaha qui s’installe car les supporters commencent à arriver mais se désintéressent de notre match. On arrive à peine à parler avec les joueurs tellement il y a un bruit bizarre.

Il faut que le match avance dans le temps pour le public commence à s’intéresser à ce qu’il se passe sur le terrain mais on est vraiment dans une atmosphère bizarre et ça dure jusqu’aux tirs au but. Et là, ils se concentrent. Nous, en grands veinards, on a fait la séance face à la tribune de Nice qu’on avait éliminé en demies ou quarts donc le public n’était pas forcément pour nous.

Le scénario de cette finale est complètement fou avec Roland Vieira, pourtant attaquant, obligé de jouer dans la cage…

Il y a eu des choses en avant-match que je ne peux pas raconter mais c’est tout un scénario qui a été extraordinaire et au final on gagne avec un gardien qui n’est pas gardien car à l’époque, on n’avait le droit qu’à un gardien de but et point final. Notre gardien Cyrille Clavel se blesse parce que Maolida laisse traîner un peu la savate et se retrouve à l’hôpital avec un traumatisme crânien. Quand je vois Gérard Drevet (son adjoint) et le kiné qui me font signe pour le changement, c’est un grand moment de solitude. Je suis sonné parce que ça arrive juste avant la pause.

Les vestiaires au Parc sont tellement grands que je ne trouvais plus les joueurs à la mi-temps, je me demandais où ils étaient. On a rassemblé tout le monde et on s’est serré les coudes. Furtivement, je leur avais dit qu’on ne défendait plus la cage mais une ligne imaginaire à 35 mètres de notre but pour que l’adversaire n’arrive pas devant Vieira. Ils se sont battus comme des lions pour accrocher ce nul inespéré.


Garrido : "Il y avait un vrai groupe de copains"


Comment avez-vous vécu cette séance de tirs au but ?

Pendant les tirs au but, j’étais en train de préparer mon discours et savoir ce que j’allais dire aux joueurs malgré la défaite. Quand on va aux tirs au but avec l’avant-centre dans la cage qui, même s’il fait deux parades extraordinaires, je peux vous dire que la séance, je ne l’ai pas vue. Je l’ai regardée plus tard et je me demandais ce que j’allais pouvoir leur dire… Ce n’est pas une question de confiance mais quand en face tu as un vrai gardien et que nous, c’est un avant-centre dans la cage, on se dit que c’est incroyable.

Et d’un seul coup, je prends Bernard Lacombe sur les épaules, José Broissard qui est arrivé et Gérard Drevet qui me demande ce qu’on fait parce qu’on a gagné. Donc à ce moment, on est parti comme des gosses sur le terrain, on a sauté sur les joueurs. C’était un moment magique.

Après les demi-finales, Eric Hély avait insisté sur le notion de groupe d’amis. Etait-ce le cas en 1997 ?

En 97, il y avait un vrai groupe de copains dans l’équipe. Avec cette génération, on n’avait pas eu beaucoup de défaites. On perd le titre de champion de France en fin de saison parce que le match arrive après la Gambardella et donc il y a un vrai relâchement. Mais sans cette finale, on n’aurait pas perdu de match cette saison-là avec ce groupe.

Il y avait une équipe de qualité avec des joueurs de qualité mais surtout un esprit de solidarité.

Il y avait Roland Vieira, Steed Malbranque, Olivier Bernard, Jérémie Bréchet, ce sont des joueurs qui ont réussi mais il y avait pleins d’autres joueurs à côté comme Armand Scaini, Igor Malet. C’était une équipe de guerriers.

Vous vous êtes mis en retrait depuis votre départ de l’OL. Avez-vous suivi le parcours de cette génération ou avez-vous déconnecté ?

Il y a un petit peu des deux. Je regarde les résultats, je regarde un peu ce qu’il se passe. Eric Hély est un entraîneur que je connais depuis très longtemps parce qu’il est dans le métier depuis un moment et qui a beaucoup d’expérience. On ne se côtoie pas beaucoup parce que je sais qu’il a beaucoup de travail mais il m’a téléphoné il y a pas très longtemps, on a échangé. Je suis content de suivre les résultats et de voir qu’ils passaient les tours. Il y a un bel effectif et s’ils sont en finale, ce n’est pas un hasard.

1 commentaire
  1. poussin - sam 7 Mai 22 à 8 h 53

    25 ans qu'on a pas gagné , c'est encore pire que chez les pro !!! il serait peut être temps de remettre le compteur à zéro .

    1998-1999 : AJ Auxerre bat AS Saint-Étienne : 0-0 (5 tab 4)
    1999-2000 : AJ Auxerre bat Lille OSC : 1-0
    2000-2001 : FC Metz bat SM Caen : 2-0
    2001-2002 : FC Nantes bat OGC Nice : 1-0
    2002-2003 : Stade Rennais FC bat RC Strasbourg : 4-1
    2003-2004 : Le Mans UC 72 bat Nîmes Olympique : 2-0
    2004-2005 : Toulouse FC bat Olympique Lyonnais : 6-2
    2005-2006 : RC Strasbourg bat Olympique Lyonnais : 3-1
    2006-2007 : FC Sochaux-Montbéliard bat AJ Auxerre : 2-2 (5 tab 4)
    2007-2008 : Stade Rennais FC bat FC Girondins de Bordeaux : 3-0
    2008-2009 : Montpellier HSC bat FC Nantes : 2-0
    2009-2010 : FC Metz bat FC Sochaux : 1-1 (4 tab 3)
    2010-2011 : ASM Monaco FC bat AS Saint-Étienne : 1-1 (4 tab à 3)
    2011-2012 : OGC Nice bat AS Saint-Étienne : 2-1
    2012-2013 : FC Girondins de Bordeaux bat CS Sedan Ardennes : 1-0
    2013-2014 : AJ Auxerre bat Stade de Reims : 2-0
    2014-2015 : Sochaux-Monbéliard FC bat Olympique Lyonnais : 2-0
    2015-2016 : AS Monaco FC bat RC Lens : 3-0
    2016-2017 : Montpellier HSC bat Olympique de Marseille : 1-1 (5 tab à 4) ; les photos de la finale
    2017-2018 : ES Troyes AC bat Tours FC 2-1 ; les photos de la finale
    2018-2019 : AS Saint-Étienne bat Toulouse FC : 2-0
    2019-2020 : aucun vainqueur après l'arrêt définitif des compétitions en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus.
    2020-2021 : compétition annulée en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus.

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