Remplaçant vendredi soir à Angers (1-2), Rachid Ghezzal vit certainement sa dernière saison sous le maillot de l’Olympique lyonnais. Sans doute celle de trop, alors qu’il aurait pu partir dans de bien meilleures conditions, l’été dernier.
C’était l'un des feuilletons du début de saison, une priorité. La prolongation de contrat de Rachid Ghezzal était sur toutes les lèvres. Au début de l’année 2017, Jean-Michel Aulas s’activait encore en coulisses pour prolonger le contrat de l’Algérien, qui prend fin le 30 juin prochain. Aujourd’hui la tendance est plutôt à un départ. Cette option est devenue envisageable à cause de prétentions salariales un peu trop élevées, mais surtout à cause de performances plus que discutables sur le terrain.
Le grand écart
Comparer la saison 2015-2016 et 2016-2017 de Rachid Ghezzal revient à faire le grand écart. Lors du dernier exercice, l’Algérien avait grandement contribué à la folle remontée de l’OL au classement. Avec dix buts et neuf passes décisive toutes compétitions confondues, il avait tout simplement réalisé sa meilleure saison sous le maillot de son club formateur. Enfin sa carrière lyonnaise semblait lancée. L’avion a fini par s’écraser au décollage. Entre une prolongation de contrat qui traîne en longueur et une CAN ratée, l’ailier réalise une saison de très mauvaise facture. Avec deux buts et cinq passes décisives toutes compétitions confondues, son rendement est très nettement inférieur à ce que Bruno Genesio pouvait attendre de lui. L’entraîneur lyonnais continuait pourtant de faire confiance à son joueur il y a encore peu, en témoignent ses titularisations contre la Roma ou Besiktas, les deux fois à l’aller. Mais il semble avoir perdu patience. Le week-end dernier il avait choisi de l’écarter du groupe pour la réception de Monaco. Ce vendredi il ne l’a fait jouer que vingt petites minutes à Angers (1-2). Signe que Ghezzal, n’est plus vraiment indispensable, même pour les personnes qui lui ont toujours accordé un certain crédit.
Rachid Ghezzal n’a même rien fait sur le terrain pour faire oublier l’agitation que sa prolongation de contrat suscite. A chaque fois qu’il a joué, il a commis les mêmes fautes, à un degré différent. Aligné la plupart du temps sur l’aile droite, l’Algérien est devenu prévisible. A l’inverse de la saison dernière, ses adversaires s’attendent à le voir rentrer sur son pied gauche. La recette du succès a changée et il ne semble pas encore avoir trouvé la nouvelle. Sur le plan technique, l’ailier est fantomatique. En Ligue 1, il perd 30,7% des ballons qu’il touche. Seuls Cornet, Memphis et Mateta (qui n’a joué que deux matches) font pire. Inquiétant également, le natif de Décines rate 4,9% du temps un contrôle lorsqu’il reçoit un ballon en Championnat. Plus souvent remplaçant que titulaire en L1, ses statistiques posent problèmes, alors qu’il est censé apporter quelque chose en plus lorsqu’il rentre sur le terrain.
Une fin qui paraît inéluctable
La fin de l’histoire d’amour, s’il y en a déjà eu une, entre Rachid Ghezzal et l’Olympique lyonnais semble inéluctable. L’ailier devrait partir libre en fin de saison, après avoir débuté sa carrière en 2012, sous le maillot de son club formateur. Avant de partir à la CAN, l’Algérien avait entre les mains une proposition de prolongation de contrat avec un salaire de 280 000 par mois à la clé. Une proposition qui ne semble plus d’actualité.
Si le natif de Décines continue de jouer c’est en partie parce qu’à son poste, un manque cruel de concurrence se fait ressentir. Avec Maxwel Cornet, il se partage l’aile droite de l’attaque lyonnaise. Nul ne doute qu’un jeune, tel qu’Houssem Aouar, même si cela n’est pas son poste de prédilection, ne devrait pas avoir de mal à le remplacer la saison prochaine. Ghezzal, lui, trouve des circonstances atténuantes à ses mauvaises performances. « Ma saison ? Elle est beaucoup perturbée par tout ce qui s’est passé et l’épisode de la CAN. Toutes ces histoires ont un peu pollué mon football », déclarait-il au début du mois. S’il a réalisé de belles performances contre Monaco en décembre dernier et contre Saint-Etienne, au Parc OL, il s’est trop rarement montré au niveau pour donner envie à Jean-Michel Aulas, de poursuivre de trop difficiles négociations. Pourtant, le principal intéressé estime qu’il n’a rien à se reprocher. « Je donne tout, je mouille le maillot pour le club donc je n’ai pas grand-chose à me reprocher », avançait-il en guise de réponse aux supporters qui l’avaient sifflé le soir de la réception de la Roma. Dernièrement, il a eu le mérite de réussir son penalty à Besiktas. Cela ne suffira sans doute pas pour rester. La saison dernière, Ghezzal pouvait partir par la grande porte, il quittera sans doute son club formateur le 30 juin, par la toute petite porte.
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