Contrairement à la majorité des recrues estivales, Mohamed Ouedraogo n'a pas rassuré en ce début de saison. Paulo Fonseca a pris sa défense, et plusieurs éléments expliquent ses difficultés actuelles.
La comparaison n'est pas flatteuse. Après dix rencontres officielles, les recrues estivales de l'OL ont globalement toutes marqué des points. Mads Bidstrup et Zachary Athekame, notamment, mais aussi Felix Bacher, Kaïl Boudache et Loïs Openda. Ils occupent déjà un rôle important dans le 11 ou en sortie de banc. Même Keito Nakamura, débarqué sur le tard, a trouvé le chemin des filets lors de sa première titularisation. C'est en revanche beaucoup plus difficile pour Julien Duranville, qui a connu des pépins physiques, et Mohamed Ouedraogo.
Si le Belge n'a plus été vu depuis le succès 2 à 0 à Toulouse mi-août, le Burkinabè, lui, a eu le droit à trois titularisations et deux entrées en jeu (216 minutes). Mais les performances n'ont pas suivi. Si ses débuts n'étaient pas inintéressants en préparation, tout cela paraît aujourd'hui très loin. C'est bien simple, il a été à la peine à chaque apparition, à la fois techniquement et tactiquement.
Paulo Fonseca l'apprécie et demande de la patience
Avant la trêve, et juste après une première période manquée du latéral gauche à Anderlecht (1-2), Paulo Fonseca a pris sa défense. "Pour lui, l’arrivée à Lyon a été particulière. Je pense que j’ai été un peu responsable pour le moment parce que les premiers jours, j’ai créé sur lui une pression initiale lors de la présaison, sur ce qu’il doit faire. Et naturellement, il y a une question de confiance mentale. Tout est différent pour lui ici, on en a parlé avec lui, insistait l'entraîneur. On l’a beaucoup suivi. Mais il a besoin de confiance, de plus de temps. Certains s’adaptent plus vite. Il a besoin d’être dans un contexte positif pour être le Mo que l’on connaît."
Ancien défenseur de l'Olympique lyonnais de 2000 à 2003, Jean-Marc Chanelet lui trouve des aptitudes athlétiques, mais surtout plusieurs défauts dans la lecture du jeu. "Sur le peu qu'on a observé, il donne une impression de puissance. Il est présent dans les duels, tonique, il a des qualités naturelles de vitesse et de puissance... Ce sont des compétences qu'il faut avoir. Après, on verra ce qu'il peut amener dans ses projections, les centres, ect. Pour l'instant, j'attends d'en voir davantage, mais il ne m'a pas semblé très à l'aise. Je l'ai trouvé à contretemps dans ses actions. Il n'est pas encore ajusté dans ce qu'il fait", résumait le double champion de France en 2002 et 2003.
Embouteillage à gauche
Il y a également la concurrence. Lors du mercato cet été, il était prévu que Nicolas Tagliafico mette les voiles. Finalement, faute d'avoir bouclé son contrat avec l'Atlético de Madrid, l'Argentin est toujours là. Et avec trois éléments pour deux strapontins dans le groupe, c'est souvent sur Mohamed Ouedraogo que le couperet est tombé (non convoqué trois fois sur cinq en Ligue 1). Tout cela n'aide pas à gagner en assurance. "J'étais surpris qu'ils recrutent quelqu'un à cette position. Après je me suis dit que c'était peut-être pour voir Abner plus haut sur le terrain, jouer sur ses forces offensives. Nicolas Tagliafico, lui, n'a pas retrouvé une place de titulaire. J'ai trouvé qu'il y avait un peu de confusion à ce poste", notait celui qui a disputé 83 matchs avec les Rhodaniens.
Pour sortir de cette spirale délicate, l'international avec les Étalons (neuf capes) peut prendre exemple sur Corentin Tolisso, lui aussi en deçà de son niveau réel avant la démonstration rennaise de samedi dernier (4-0). La coupure peut d'ailleurs lui faire du bien avec quelques jours pour travailler au sein d'un collectif réduit au minimum. Avec un objectif prioritaire pour aller de l'avant, "rassurer l'équipe défensivement, car c'est ce qu'il est avant tout, rappelait Jean-Marc Chanelet. Et après, il pourra se lâcher davantage."
Encore en phase d'adaptation
L'ancien membre de SRC Altach, en Autriche, venu pour 2,2 millions d'euros, peut en outre compter sur un coach qui semble l'apprécier et qui "croit beaucoup en lui". "Il est sorti à la pause contre Anderlecht parce qu’il avait un carton jaune. Cette prestation était plus positive que les autres, estimait Paulo Fonseca. Il a tout pour faire un grand latéral, il est rapide, il est fort physiquement, il est bon avec le ballon sous pression."
De la patience donc, pour un footballeur qui découvre ce niveau de compétition, lui qui évoluait dans une formation de deuxième partie de tableau en Bundesliga autrichienne. "Il lui faut un temps d'adaptation car il découvre l'un des cinq principaux championnats européens. Ce n'est pas simple du tout. À 23 ans, il arrive dans un nouveau club qui a de l'ambition, il faut s'y faire à tout ça, recontextualisait Jean-Marc Chanelet. Il tâtonne pour trouver sa place et ses automatismes. Il doit assimiler les combinaisons, les systèmes de jeu, les compensations... C'est difficile de le juger sur si peu de minutes, attendons avant de dresser un vrai constat. La cellule de recrutement s'est peu trompée dernièrement, alors s'il est là, c'est qu'ils ont décelé quelque chose, un potentiel intéressant." À Mohamed Ouedraogo de démontrer qu'elle ne s'est pas fourvoyée sur son cas.

Bah ! si Paulo demande de la patience comme il nous l'a fait avec Satriano , alors la revente n'est pas loin....
Un peu dur à comprendre car il fait la prépa puis le stage et tous les jours sans relâche il participe à ce que lui demande le coach aux entrainements et il ne décolle pas , a t'il un problème physique caché ou c'est une peur au ventre de décevoir... ou bien la cellule s'est mis les pieds dans le tapis le concernant...
Je ne sais pas si vous le savez, mais Milan Baroš fait ses adieux au football aujourd’hui à Ostrava. J’y serai. 🙂