(Photo by JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

OL : quelles suites possibles à l’affaire Marcelo

A la suite du match à Angers dimanche 15 août (3-0), Marcelo ne s’entraîne plus avec l’équipe de Peter Bosz. Le club lui reproche notamment son comportement dans les vestiaires après la débâcle. L’avocat maître Vincent Durand nous éclaire sur les suites possibles de cette affaire.

Il a fait beaucoup parler de lui la semaine passée, et pas en bien. Dans les vestiaires après l’humiliante défaite à Angers le 15 août dernier (3-0), Marcelo a eu un comportement inapproprié envers ses coéquipiers. Le mardi 17 août, l’Olympique lyonnais informait de l’envoi du Brésilien avec la réserve, avec laquelle il doit désormais s’entraîner. En réalité, il ne devrait pas chausser les crampons avec le groupe Pro 2 dirigé par Gueïda Fofana.

Marcelo ne devrait pas mettre les pieds en réserve

Maître Vincent Durand, avocat à Lyon spécialisé dans le droit du sport nous explique pourquoi. « Soit le contrat de travail est suspendu car il a fait une faute grave, dans ce cas-là, il ne jouera dans aucune des deux équipes, soit elle ne l’est pas suffisamment et vous le faites jouer en National 2, mais il ne faut pas à ce moment-là que ça soit considéré comme une double sanction, expose-t-il. Normalement, il doit s’exercer avec le groupe de Peter Bosz. Cette punition ne peut pas durer éternellement. Si vous l’envoyez en réserve pour son comportement, vous ne pouvez pas le sanctionner une deuxième fois pour les mêmes faits en rompant son contrat. C’est toute la nuance. »

Ancien vice-président de la commission juridique de la Ligue de football professionnel (LFP) de 2006 à 2020, Me Durand connaît bien les spécificités de ces dossiers entre joueur et club. « L’OL va engager une procédure de rupture du contrat de travail, le convoquer à un entretien préalable. Parallèlement, il va saisir la commission juridique de la LFP pour l’informer de son intention et pour proposer une conciliation, décrie-t-il. Si cette dernière est acceptée par les deux parties, un membre de la commission va tenter de rapprocher les deux camps en vue d’une séparation à l’amiable. Dans le cas contraire, la procédure suit son cours devant les juridictions. »  

Et cela peut prendre du temps, à l’image de la situation avec Claude Puel qui ne s’est terminée qu’en 2016 (l’ancien entraîneur rhodanien réclamait près de 7 millions d’euros après son licenciement pour « faute grave » en juin 2011). « La conciliation devant la commission juridique est rapide car je pense que le club a déjà dû la saisir donc sous deux semaines ils auront une audition, ça peut donc durer trois semaines maximum, estime l’avocat. S’il n’y a pas d’accord en revanche, ça part au Conseil de prud'hommes et il peut en avoir pour un moment dans ce cas-là. »

Plusieurs solutions possibles

En attendant que cette affaire soit réglée, Marcelo a notamment été aperçu en train de jouer au golf ces derniers jours, une chose qui agaçait de plus en plus en interne. Sa prolongation en mars dernier pourrait finalement coûter cher à l’Olympique lyonnais. « Il est lié jusqu’en juin 2023. S’il y a un accord sans procédure, on peut imaginer que Lyon lui verse son salaire sur 6 mois et qu’il parte. Mais s’il n’est pas d’accord, il peut aller demander le montant de ses revenus jusqu’à la fin de son contrat, prévient Me Durand, du cabinet Active avocats. Et dans ce cas présent, le club prend un risque car c’est le Conseil de prud’hommes qui va apprécier la qualification de « faute grave ». »

Autre possibilité avancée par le membre du barreau, une rupture unilatérale du contrat. L’OL pourrait alors encourir des pénalités financières. « S’il n’y a aucun accord, son contrat sera tout de même rompu. L'Olympique lyonnais va prendre de risque de le faire et à partir de ce moment-là, le joueur est libre. C’est pour cela que ça doit être fait avant le 31 août. Toutefois, le club s’exposerait à des sanctions financières, c’est-à-dire payer le salaire de Marcelo jusqu’à la fin de son contrat, plus des éventuels préjudices au droit à l’image du footballeur si le Conseil de prud’hommes considère que la faute n’était pas avérée, insiste l’avocat. Celui qui a les cartes en main, c’est Vincent Ponsot, et je ne pense pas qu’il commettra une erreur. » Un dossier dont se seraient bien passés les dirigeants rhodaniens dans cette fin de mercato. Une chose semble certaine cependant, face au SCO, le défenseur central a livré sa dernière prestation sous le maillot rouge et bleu.

8 commentaires
  1. cavegone - lun 23 Août 21 à 14 h 10

    Alors pour prouver la faute grave il va falloir ramer parcequ’il n’y aura pas de soutien auprès des joueurs pour corroborer le « comportement inapproprié ».
    Et de toute évidence le dernier scénario avec salaires intégralement versés et dédommagement est le plus plausible. On aurait pu l’avoir sous la main au cas où et on va lui payer ses journées à jouer au golf...
    Cette gestion à la va que je te pousse est calamiteuse!
    Un recadrage aurait suffit.
    C’est une réaction épidermique qui prouve la fébrilité du staff Lyonnais.
    Avec ce genre d’implication d’orgueil et d’affect, ça va être dur d’apporter la sérénité demandée.
    Bosz fait fausse route depuis le début je trouve. Il s’en prend à Lopès (indirectement, mais en le mettant en doute), s’en prend aux joueurs, (c’est un principe de management que Mourinho utilise ces dernières saisons et à chaque fois il perd son vestiaire) et n’apporte pas de correction tactique en cours de match.
    Le tout étant cautionné moralement par Juninho, la chute pourrait être rude pour l’institution Lyonnaise.
    Attention ! Le paquebot tangue à l’OL !

  2. Gritup - lun 23 Août 21 à 16 h 14

    Je vois deux situations :
    - soit il y a conciliation, et l'OL lui verse environ 6 mois de salaire. De son côté Marcelo se trouve un nouveau contrat juteux ;
    - soit il n'y a pas de conciliation, et je ne vois pas l'intérêt de lui verser 2 ans de salaire gratuit, pendant qu'il se trouve un nouvel employeur pour empocher le jackpot. Dans ce cas, autant le garder en N2, à titre de punition, pour encourager les prochains larrons à concilier.

    1. cavegone - lun 23 Août 21 à 21 h 23

      Heu je vois pas en quoi ce serait dissuasif.
      Dans ta solution 1 il accepterait 6 mois de salaire alors qu’il a deux ans de contrat ? Faut pas rêver.
      A mon avis il sera licencié et récupérera 2 ans de salaire au prud’hommes. Comme Adil Rami.

  3. Le_Lyonniste - lun 23 Août 21 à 19 h 34

    On le dégage et pis c'est tout !

    1. cavegone - lun 23 Août 21 à 21 h 24

      C’est vrai que le droit, la loi c’est fait pour des prunes 🙄
      Si on pouvait le virer on l’aurait fait pour Mapou déjà...

  4. Gritup - lun 23 Août 21 à 22 h 51

    Mais Cavegone, quel intérêt de le virer si cest pour lui donner son salaire dans tous les cas ?
    Autant le conserver pour l'effectif pour rien et le faire jouer en L2.
    Lui ça le fera bien chier puisqu'il pourra pas percevoir un autre salaire.

    1. cavegone - lun 23 Août 21 à 23 h 05

      Le virer en France le droit ne le permet pas.
      C'est pour ça que je dénonce la gestion à la petite semaine, son salaire est confortable, autant même le garder pour la ligue 1, le recadrer, et le mettre sur le banc.
      Je vois pas l'intérêt de le virer.
      A la limite on pouvait négocier avec lui un départ mais là, il ne va pas s'embêter et va jouer au golf en étant grassement payé.
      C'est comme avec Gareth Bale, tu as bien vu les images, son comportement est incroyable, il fait n'importe quoi, mais le Réal ne peut pas le virer sans lui payer son salaire pendant qu'il travaille son swing...on est ici dans le même cas...

  5. Cac40 - mar 24 Août 21 à 0 h 44

    Très juste, cavegone.

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