OL - Timothé Cognat : "On réalise une performance rare depuis le début de saison"

Formé à l'Olympique lyonnais, le capitaine de l'équipe de France victorieuse de l'Euro U17 en 2015 Timothé Cognat (19 ans) a débuté sa deuxième saison en équipe réserve. Entretien.

Olympique-et-lyonnais : Avant d'arriver à l'OL à 14 ans, quel a été votre parcours ? 

Timothé Cognat : Comme de nombreux enfants, je jouais au foot à l'école. Je baigne dans le foot depuis le plus jeune âge puisque mon père est entraîneur et mon grand-frère jouait au foot, c'est donc naturellement que j'ai commencé à jouer en club. Je suis de Belleville-sur-Saône, une ville au nord de Lyon et c'est là-bas que j'ai commencé le foot. J'ai suivi mon frère et à 7 ans je suis allé à Villefranche. L'OL m'a repéré plus tard lors d'un tournoi en salle, j'étais trop jeune à l'époque et mon papa ne voulait pas que je parte. Ce n'était pas le bon moment, mes parents ne pouvaient pas assumer les déplacements. Mon père m'avait un peu caché l'intérêt de l'OL au début (rires.) Après des essais à Auxerre, Saint-Etienne et Lyon, j'ai signé à l'OL pour intégrer le centre de formation.

Vous arrivez à l'OL et vous êtes rapidement surclassé après des débuts prometteurs. En 2015, vous êtes le capitaine de l'équipe de France championne d'Europe U17.

Ces moments resteront gravés dans ma mémoire. On me confiait le brassard parce que depuis le début j'ai cette faculté à tout donner sur un terrain, à montrer l'exemple dans les efforts. Quand tu fais ça, les autres joueurs ont aussi envie de tout donner. Par la voix, je fais en sorte de transcender mes coéquipiers. On avait un groupe solidaire. Je suis fier d'avoir soulevé ce trophée, c'est une compétition difficile à remporter.

Depuis quelques saisons, vous évoluez au poste de milieu droit. Vous vous-êtes habitué à ce nouveau poste ?

Franchement, c'est un poste qui me va bien. J'ai débuté en tant que milieu axial, relayeur. C'était d'ailleurs ma position en équipe de France. À partir de la catégorie U17 à l'OL, mes entraîneurs ont décidé de me placer sur le côté droit du milieu. Tout se passe bien et je suis heureux de développer ma polyvalence. Certes, j'ai une préférence pour un poste plus axial au milieu car je peux davantage m'exprimer dans le jeu, mais qu'importe mon positionnement je fais en sorte d'apporter à l'équipe.

"Ma polyvalence ? Je prends souvent l'exemple de Corentin Tolisso"

L'OL a l'habitude de développer ses joueurs à différents postes durant la formation... 

Je prends souvent l'exemple de Corentin Tolisso. Aujourd'hui il est un titulaire au Bayern Munich en position de relayeur et pourtant il a longtemps évolué à différents postes avant de se stabiliser à l'OL : on l'a déjà vu arrière droit, arrière gauche, milieu offensif ou milieu défensif. C'est une chance pour moi de pouvoir travailler ma polyvalence.

Votre état d'esprit est souvent loué par vos différents entraîneurs et sélectionneurs... 

Si tu peux t'exprimer sur un terrain, tu dois donner le maximum. On réduit souvent le foot à un jeu avec ballon mais il faut savoir faire les efforts pour presser, récupérer la balle, se replier, se projeter. Il faut avoir les jambes. Si je me donne à fond sur un terrain ce n'est pas par dégoût car j'aime faire les efforts. "Courir, courir, courir", c'est ce que résumait Antoine Griezmann lorsqu'il racontait le fonctionnement de l'Atletico avec Simeone. Pourtant, il ne rechigne pas à faire les efforts.

Antoine Griezmann, c'est une source d'inspiration ?

Oui. Physiquement je suis un gabarit moyen même si lui est plus costaud. Je prends du plaisir lorsque je le regarde jouer, il se donne à fond et son parcours n'a pas été simple. Il est originaire de Mâcon, c'est pas trop loin de chez moi. Je m'inspire aussi de Cristiano Ronaldo pour son côté perfectionniste et Lionel Messi pour son génie.

Comment jugez-vous votre première saison avec l'équipe réserve ? 

La saison dernière, notre mise en route a été plutôt longue. On a modifié certains comportements et après la trêve hivernale on a su montrer un meilleur visage. Paradoxalement, j'étais très en forme jusqu'à décembre puis ma saison a été gâchée par une blessure aux ischio-jambiers. J'ai coupé deux mois pour me soigner, c'était une période difficile à digérer car je n'avais jamais été éloigné des terrains. Psychologiquement, c'était d'autant plus difficile à digérer puisque je commençais à m'entraîner avec le groupe professionnel et j'avais fait un banc en coupe de la Ligue face à Guingamp.

Quelles ont-été les clefs pour traverser cette période compliquée dans votre jeune carrière ? 

Avec du recul, je sais que j'ai enchaîné les saisons sans m'arrêter entre l'Olympique lyonnais et l'équipe de France. Ma famille a su me canaliser, me faire relativiser, ils ont su trouver les bons mots. Durant ma blessure, j'avais le moral à zero et ils étaient là pour me faire positiver. Je remercie ma famille, ils m'ont donné beaucoup de force.

Cet été, c'était votre deuxième préparation avec le groupe professionnel... 

C'est une expérience à vivre. Le monde professionnel est bien différent de ce que je peux vivre en National 2. Ce n'est pas le même football, pas la même qualité technique. Quand tu bascules du groupe professionnel à l'équipe réserve, ce n'est jamais évident mais il faut bosser et tout donner. L'an dernier, je sortais d'une année en U19 et je me suis retrouvé à Tignes avec les pros. Mathieu Valbuena m'avait marqué, c'était impossible de lui prendre le ballon. Nabil Fekir est incroyable techniquement et physiquement. Sergi Darder sur le plan technique, c'est le très haut niveau aussi. Pas en technique pure, plutôt en technique de passe, il est précis, il sait lire le jeu plus vite que les autres.

Le style espagnol, c'est un peu le football que vous aimez ? 

Forcément. C'est un football propre avec peu de déchet technique. Le football anglais me plait énormément, il y a toujours des actions et de l'engagement.

"Avec Cris, on a changé nos entraînements"

Est-ce qu'il y a des différences entre Maxence Flachez, votre ancien entraîneur et Cris, votre nouvel entraîneur ? 

Il y a des différences oui. Je garde de très bons souvenirs de Maxence Flachez, il était très impliqué dans la vie de groupe. Par exemple avant l'entraînement, on mangeait les croissants tous ensemble où on se retrouvait pour manger une pizza après une victoire.  Toujours dans le but de fédérer le groupe. Avec Cris, on a changé nos entraînements, il est également très impliqué avec ses joueurs et il fait davantage au cas par cas. Tu sens qu'il veut te faire atteindre le top niveau, il a une grande exigence. On a aussi retrouvé Armand Garrido qu'on a connu plus jeune durant la formation. On est toujours dans une phase ou chacun prend ses repères.

Vous sortez d'un début de saison exceptionnel, quelle est votre recette pour enchaîner les victoires ? Et comment jugez-vous votre début de saison sur un plan individuel ? 

On réalise une performance rare avec cinq victoires en cinq matches. C'est une fierté d'avoir réalisé un tel début de saison. Maintenant on souhaite entretenir cette dynamique et enchaîner une nouvelle victoire dès Samedi face au FC Saint-Louis Neuweg. De mon côté, j'ai pu débuter les deux derniers matchs, il y a une grosse concurrence donc je donne le maximum pour avoir ma place.

En dehors du football, quelles sont vos occupations ? 

Je me repose, je vais voir ma famille, mes amis. À l'Olympique lyonnais, on suit des formations aussi. Lorsque j'ai un peu de temps libre, j'aime bien aller au golf. C'est un sport que je pratique depuis deux ans, ça me vide la tête et j'arrive à me détendre. J'ai toujours aimé regarder le golf à la télé. Un jour j'étais à Décathlon avec Sylvain Rousseau, le kiné du groupe professionnel, on cherchait un truc parce que j'avais des problèmes à un poignet. Il avait une course à faire au rayon golf, on a un peu discuté et peu de temps je m'essayais à ce sport via un simulateur... j'ai adoré !  Du coup j'en fais avec Sylvain et Guillaume, mon autre kiné. Clément Grenier et Rafael font souvent du golf également. D'autres joueurs aiment bien aller à la pêche  comme Mathieu Gorgelin ou Romain Del Castillo, qui est en prêt à Nîmes.

On va revenir quelques instants sur une photo de vous à la salle de musculation avec Grégory Coupet. Du coup, qui est réellement le plus costaud ? 

Je crois que c'est Greg (rires) ! Je lui laisse la place.

Grégory Coupet occupe le poste d'entraîneur des gardiens de l'équipe réserve à l'Olympique lyonnais. Que vous a t-il apporté au quotidien, dans la vie de groupe ? 

Je m'entends super bien avec lui. Il a su apporter sa bonne humeur, sa joie de vivre. Le matin il arrive à 7h avec le sourire, il adore être ici au club il déborde d'enthousiasme. Avant cette interview, on a fait un apéro avec le groupe et c'est une idée de Greg par exemple. Il propose souvent des activités ou des moments partagés avec le staff et les joueurs.

Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour cette saison ? 

Du bonheur, et pourquoi pas goûter de nouveau à un banc avec le groupe professionnel.

8 commentaires
  1. alejandro - jeu 14 Sep 17 à 13 h 19

    "on mangeait les croissants tous ensemble où on se retrouvait pour manger une pizza après une victoire".
    Autant manger des pizzas de temps en temps, après les victoires, si le reste du temps les joueurs suivent un plan alimentaire stricte me paraît normal mais ce qui me fait sursauter, c'est qu'on dirait que tous les matins les joueurs mangeaient des croissants au petit déjeuner.
    Quand on sait les problèmes de blessures qu'on a eu et l'importance de l'hygiène de vie (notemment alimentaire) pour les éviter, il y a de quoi se poser des questions.

    1. Pantagruel - jeu 14 Sep 17 à 13 h 46

      Si ils ne mangeaient que des salades ou un fruit avant l'entraînement ils tiendraient pas longtemps. Pour répéter les efforts ils doivent avoir des calories à brûler et ça inclut les sucres rapides contenus dans les croissants. Pour le reste ils sont suivis par des médecins et des diététiciens c'est certain.

      1. Gonzo - sam 16 Sep 17 à 19 h 02

        sans oublier qu'ils ont le droit aussi a des petits moments de plaisir, ça n'a aucune incidence, sauf sur le moral et sur l'ambiance

  2. Lyonnais69500 - jeu 14 Sep 17 à 13 h 23

    Cris sera le numéro 1 à La tete des pros tres bientôt !!!

  3. poussin - jeu 14 Sep 17 à 14 h 49

    très bon départ des jeunes . Ce joueur me parait avoir une mentalité adéquate pour devenir professionnel dans le futur. Il a une très bonne analyse et sa vision du collectif et "vivre ensemble" semble un bon point de départ pour faire carrière dans un sport collectif. je suivrai ses performances d'un peu plus prêt. Merci pour cette article fort sympathique 😉

  4. lyonnais31 - jeu 14 Sep 17 à 15 h 07

    Super interview franchement, quel vent de fraîcheur des jeunes avec la tête bien faite comme ça ! Merci O&L

  5. poussin - sam 16 Sep 17 à 18 h 37

    la CFA mène 3-0 (doublé de geubbels et 1 de dzabana) et le match n'est pas terminé.

  6. poussin - sam 16 Sep 17 à 19 h 55

    La réserve olympienne a largement remporté son duel face à Saint-Louis Neuweg, ce samedi, à l’occasion de la 6e journée du championnat de National 2.

    « Le football est un sport qui se joue à onze contre onze et à la fin, c’est la réserve de l’OL qui gagne. » La fameuse maxime propre au ballon rond pourrait bien finir par se terminer ainsi, tant l’équipe dirigée par Cris et Armand Garrido écrase tout sur son passage en ce début de saison. La démonstration en a encore été faite ce samedi après-midi, lors de la réception de Saint-Louis Neuweg au Groupama OL Training Center.

    Pour cette 6e journée au sein du groupe B de National 2, les Lyonnais, leaders invaincus et jusque-là invincibles après avoir remporté chacune de leurs cinq premières confrontations, n’ont pas fait de détail. Face à une formation alsacienne elle aussi invaincue et classée 3e au classement, les Rhodaniens ont vite pris les devants par le biais de Willem Geubbels, venu tromper le portier adverse d’un plat du pied droit après une ouverture de Maxence Caqueret que Timothé Cognat a intelligemment laissé filer entre ses jambes (9’, 1-0). Dix minutes plus tard, Yoann Martelat trouvait Alan Dzabana en profondeur, lequel profitait d’une incompréhension entre Gisselbrecht et son gardien pour pousser le ballon au fond des filets (19’, 2-0) avant que Geubbels s’offre un doublé sur un autre caviar de Martelat (25’, 3-0).

    Trois buts d’avance à la pause et une parfaite maîtrise de la rencontre qui allait se poursuivre lors du second acte. Dzabana (46’), Martelat (54’) puis Cognat (65’) rataient le cadre de peu mais pas Amine Gouiri, entré en jeu et qui était à la conclusion d'une superbe action collective (74', 4-0), ni Yann Kitala, dont le but était offert sur un plateau par Pierre Nouvel (82', 5-0). De l'autre côté du terrain, la défense olympienne se montrait impériale face aux assauts des protégés de Vincent Rychen. Dominateurs du début à la fin, l'OL remportait logiquement ce choc du haut de tableau au terme d'une prestation étincelante.

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