Lyon’s French forward Alexandre Lacazette (R) celebrates with teammates after scoring a goal during the French L1 football match between Olympique Lyonnais (OL) and Troyes on January 9, 2016, at the New Stadium in Decines-Charpieu, centraleastern France. AFP PHOTO / JEFF PACHOUD / AFP / JEFF PACHOUD

OL : une bonne première n'efface pas tout

En l'emportant 4 buts à 1 contre Troyes ce samedi pour l'inauguration de son nouveau stade, l'OL s'est réconcilié avec son public. Mais pas totalement avec son jeu.

A l'issue de la victoire de son équipe dans son nouveau Parc OL, l'entraîneur Bruno Génésio ne s'est pas enflammé. Loin de là. "L’important aujourd’hui c’était de prendre les trois points. Je suis satisfait du résultat, et de la manière par moment. On a fait trente premières minutes très bonnes, avec un pressing très intense, avant de décliner physiquement." Signe qu'il reste du travail pour les Lyonnais.

L'effervescence de la nouveauté

OL Troyes 433

Comme on peut le voir sur cette image, les joueurs respectent bien le positionnement demandé par Bruno Génésio dans le 4-3-3, du moins au départ du ballon.

 

Effet Parc OL ou pas, les Gones réalisent une bonne première demi-heure, et cela faisait longtemps que l'on avait pas vu cela pour l'OL en Ligue 1. Disposés en 4-3-3 avec un milieu en pointe basse défensive, les positions sont respectées à la lettre ou presque. Les latéraux se postent vite dans le camp adverse et sont très actifs par rapport à la fin d'année 2015 (à la 25e, Jallet effectue 16 passes sur 24 dans le camp adverse, Morel fait mieux en pourcentage avec 10 sur 12), les milieux relayeurs soutiennent les attaquants, et la ligne offensive est bien composée d'une pointe et de deux ailiers. Cependant, une petite liberté est laissée à Grenier. Placé à gauche de l'attaque rhodanienne, le numéro 7 repique énormément dans l'axe, en bon droitier à gauche, et participe donc au jeu beaucoup plus, notamment en combinant avec ses milieux et en soutenant Lacazette.

Conséquence immédiate, d'autant plus contre la lanterne rouge de Ligue 1 qui n'a toujours pas remporté un match, la possession est très largement pour Lyon (à la 15e, 76%). Mais contrairement aux derniers matchs de 2015, celle-ci n'est pas forcément stérile. Les joueurs sont trouvés dans les intervalles, notamment Grenier qui apporte son soutien dans l'axe tout comme Ghezzal (les fameux "faux-pieds", qui ont eu autant de ballons que les milieux relayeurs, soit entre 50 et 60). Avec en plus les milieux qui se projetaient (Darder a été bon dans ce domaine, se créant même des occasions, mais il manque encore de physique pour faire la différence), l'Olympique lyonnais affichait un bon visage. C'est donc tout naturellement que Lacazette ouvrait le score à la 18e, sur un service de Grenier qui était en soutien dans l'axe ... De plus, le pressing est de nouveau en vigueur dès la perte du ballon, ce qui permet de récupérer assez haut (41 mètres en moyenne) et donc de rester dans le camp troyen. Mais au bout de 30 minutes, l'intensité baisse, et Lyon patine.

OL Troyes pressing

Cette action est symptomatique de la première demi-heure lyonnaise. A la perte du ballon, le pressing est immédiatement enclenché (4 voire 5 pour un Troyen ici!). D'ailleurs, l'OL se procure une occasion en récupérant ce ballon.

 

Tout n'est pas encore réglé

OL Troyes positionnement moyen 1ere

Positionnés assez hauts en début de match, les Gones sont 8 joueurs de champ dans le camp adverse. Facile dès lors de récupérer le ballon et de se créer des occasions.

 

Problème physique, individuel ou collectif, manque d'habitude de jouer à une certaine intensité, ou alors une confiance pas encore retrouvée, toujours est-il que les Gones n'ont pas su creuser l'écart assez vite après l'ouverture du score du Gone de Mermoz. Pourtant, Troyes n'était aucunement dangereux pour les coéquipiers de Gonalons (une seule occasion lors de la première période, où Lopes se loupe sur un coup franc excentré). Sauf que de son côté, et cela est rédhibitoire depuis le début de la saison, l'OL est inefficace devant le but avec 22 tirs pour seulement 8 cadrés ... Et petit à petit, ce pressing qui permettait de récupérer haut se relâche, les lignes se distendent, l'équipe perd un peu plus de ballons et les visiteurs se permettent quelques incursions. On se dit que c'est le dernier de Ligue 1, que ce n'est pas dangereux, jusqu'à ce coup de canon signé Camus à la 67e pour égaliser !

Le scénario tant redouté pour gâcher la belle fête est en train de s'écrire, et les vieux démons pointent le bout de leur nez ... Heureusement, Ghezzal sonne la révolte et la partie devient (un peu) plus tranquille. Heureusement aussi, il s'agissait de Troyes en face (avec tout le respect que l'on doit pour cette équipe). Physiquement, et cela est certain, l'équipe a plongé. Chose normale quand bon nombre de cadres retrouvent peu à peu le rythme et l'enchaînement des matchs de haut niveau, dont Jallet, Umtiti (qui est bien le patron défensif si certains en doutaient encore), Lacazette, Yanga-Mbiwa (plus tranquille avec Umtiti, mais cette relance dans les pieds adverses en 2e période ...), Darder ou encore Grenier. Aussi, s'habituer au 4-3-3 (et oublier le 4-4-2 en losange) est certainement un paramètre que l'on ne prend pas assez en compte. Aussi bien dans le positionnement (individuel et en bloc collectif), ainsi que dans les efforts en découlant, les joueurs doivent trouver leurs repères sur la longueur d'une rencontre, ce qui risque de prendre du temps pour être bon au moins une heure (et plus par la suite). Et la semaine prochaine, c'est le derby qui attend l'OL.

OL Troyes positionnement moyen 2eme

En début de 2e période, les Rhodaniens relâchent le pressing, et seulement 4 joueurs de champ se situent dans le camp adverse. De plus, on voit que les distances s'allongent entre les joueurs.

 

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