Pierre Bouby

Pierre Bouby : « Je n’ai jamais eu l’ambition de percer à l’OL »

Personnalité médiatique forte et authentique sur les réseaux sociaux mais aussi sur certains plateaux TV (L’Equipe 21, Les Grosses Têtes), le natif de Vichy a également connu une belle carrière de footballeur à la fois en CFA, en National puis en Ligue 2. Formé à l’Olympique lyonnais, il n’a jamais porté le maillot de l’OL au plus haut niveau. Pour Olympique et Lyonnais, il revient sur ses années de formation au club et donne sa vision concernant l’actualité de l’OL. A 38 ans, il évoque également sa reconversion réussie.

Olympique et Lyonnais : Pierre, beaucoup de gens l’ignorent mais vous avez été formé à l’Olympique lyonnais. Comment êtes-vous arrivé à l’OL ?

Pierre Bouby : Tout à commencé quand je jouais en moins de 13 ans (catégorie U13 désormais, Ndlr). A cette période, je portais les couleurs de l’AS Moulins (actuellement Moulins Yzeure Foot 03) et je suis allé faire une détection à Lyon avec mon cousin. Nous avons fait un match amical sous les yeux de Patrice Girard, le recruteur de l’OL. A l’issue de cette détection, mon cousin a été repéré mais pas moi… J’ai de nouveau tenté ma chance l’année suivante. Cette fois-ci, j’ai été détecté. C’est ainsi que je suis rentré au centre de formation de l’OL. J’avais 13 ans.

Vous êtes né à Vichy, vous avez ensuite joué pour Moulins et vous voici désormais à Lyon. Comment gère-t-on un tel éloignement vis-à-vis de sa famille quand on a que 13 ans ?

L’avantage c’est que j’étais déjà en sport-études du côté de Moulins donc je savais un peu ce que c’était. Mais quand je suis arrivé à Lyon, j’étais l’un des plus éloignés de mes parents, de ma génération. Je ne vais pas vous mentir, c’était très dur pendant 3-4 mois. J’étais perdu, j’ai appelé mes parents plusieurs fois pour des détails de la vie quotidienne. Ma mère pleurait parfois, ce n’était pas facile. Elle a voulu venir me chercher plusieurs fois. Puis au bout de plusieurs semaines, mes parents se sont liés d’amitié avec ceux de Steve Legalle (gardien formé à l’OL). Ils m’ont accueilli chez eux et cela m’a permis de mieux m’intégrer.

Quels étaient les joueurs phares de la génération 83 à l’OL ?

Les joueurs de ma génération qui ont fait une belle carrière sont Johann Truchet et Bryan Bergougnoux. Bryan était vraiment au-dessus de lot, il avait vraiment quelque chose en plus. Ce qui n’était d’ailleurs pas mon cas. J’étais un joueur de collectif mais je n’ai jamais vraiment crevé l’écran. J’ai le souvenir de Walid Chaabani, qui était un milieu de terrain exceptionnel. Mais il n’a jamais pu confirmer au plus haut niveau (il a joué aux Minguettes et à l’AS Saint Priest, ndlr). D’ailleurs peu de joueurs ont percé au plus haut niveau. En revanche, j’ai joué contre énormément de joueurs formés à l’OL dans des divisions inférieures. Cela démontre aussi la qualité de la formation.

Vous êtes resté à l’Olympique lyonnais jusqu’à l’âge de 18 ans. Vous n’avez jamais cru en la possibilité de passer professionnel sous le maillot rhodanien ?

Non jamais ! Je n’étais pas dans le délire de passer professionnel. Je jouais certes à l’OL mais ma volonté a toujours été d’être avec mes coéquipiers. J’étais vraiment dans un délire « potes ». Je n’ai absolument jamais été surclassé mais comme j’ai toujours effectué le travail, le club me conservait d’année en année. Je suis allé jusqu’en équipe 3. En 2002, quand je suis parti, il y avait encore une équipe 3 qui évoluait en Division d’Honneur. J’avais des primes de matchs mais je n’avais aucun contrat. J’étais nourri et logé, ce qui me convenait bien. J’allais voir les matchs à Gerland et je prenais un pied terrible. Mais je n’ai jamais eu l’ambition de percer à l’OL. Quand on sait qu’au milieu de terrain, à cette période, il y avait des Juninho, des Carrière et autres, je sais pertinemment que j’étais très loin de ce niveau-là.


« J’assume totalement mon manque de sérieux »


Quand on connait la compétitivité qui règne au sein des centres de formation, on ne peut que louer votre lucidité et votre mentalité…

J’ai adoré porter le maillot de l’OL. Mais sincèrement, je ne me souviens même pas de nos performances sportives (Rires). Ce que je retiens, c’est notre bande de potes. D’ailleurs, je suis toujours en contact avec une dizaine de gars avec qui j’étais à l’OL. Nous avons un groupe WhatsApp ensemble. Franchement, j’ai toujours perçu le foot comme un loisir, même à l’OL. J’ai compris que c’était un vrai métier à l’âge de 25 ans seulement. J’étais alors avec Evian Thonon Gaillard. Je me souviens d’ailleurs d’une phrase d’un formateur à l’OL. Il avait dit à mes parents : « c’est un bon joueur mais il fera carrière tard. Il n’est pas rapide mais il a un bon pied gauche ». C’est exactement ce qu’il s’est passé. Je suis fier de ma carrière et du fait d’avoir toujours garder mon côté amateur.

Qu’est-ce que vous entendez par là ?

J’ai toujours joui d’une réputation d’un joueur qui manquait de sérieux, ce que j'assume totalement. Je n’ai jamais voulu me priver de quoi que ce soit. Je mangeais des Mcdo et des kebabs. C’était déjà le cas à l’OL d’ailleurs. Je n’ai jamais voulu rentrer des cases. Je suis issu d’un village de 400 habitants. Ma mère était coiffeuse et mon père garde champêtre. J’ai toujours aimé l’humain et je n’avais jamais voulu me prendre la tête. Mais ce n’est pas pour autant que j’étais ingérable. C’est simplement que j’aime la vie et ce n’est pas le monde du football professionnel qui a changé ça. J’ai conscience que je suis un peu différent des standards habituels mais c’est comme ça. J’aimais aller boire une bière ou fumer une cigarette avec les supporters après mes matchs.

On imagine que l’OL était particulièrement attentif à votre hygiène de vie non ?

Oui forcément après je suis comme je suis, encore une fois. Pour l’anecdote, José Broissart me demandait si je voulais un Ricard quand nous entrions sur le terrain pour l'entrainement (Rires). Je n’avais pas une bonne hygiène de vie mais je n’ai jamais eu aucun problème de poids. Par ailleurs, je n’étais pas fait pour l’école non plus. Je me suis fait virer du lycée Frédéric Fays de Villeurbanne en première. Je n’ai pas eu mon bac mais c’est comme ça. A 20 ans, après deux ans à Amiens, j’ai voulu arrêter le foot. Je n’ai pas hésité à revenir chez moi. J’avais une place qui m’attendait en tant qu’employé de mairie à Moulins et je jouais en CFA dans le club où j’étais avant de rejoindre l’OL. Cela m’allait très bien.

Vous évoquiez José Broissart mais vous avez également connu Armand Garrido. Que retenez-vous de ces figures emblématiques de la formation lyonnaise ?

Ce sont deux personnes qui m’ont marqué par leur rigueur et leur discipline. Ce sont grâce à des personnes comme eux que l’OL est un centre de formation très reconnu aujourd’hui. Ils ne laissaient rien au hasard. Je me souviens de séances d’entrainement avec Armand où nous étions sur le terrain stabilisé de la Plaine des Jeux de Gerland. On fait une heure de passe à l’arrêt. Pour nous perfectionner dans un geste que tout le monde considère comme très simple ! Mais il fallait le maitriser ! Armand c’était le paternel. C’est le genre de coach que tu vois qu’il te veut du bien quand tu le perds.


« Être formé à l’OL, c’est un label d’excellence »


Le fait d’avoir été formé à l’OL ne vous a pas ouvert des portes pour la suite de votre carrière ?

Je pense que cela m’a aidé à partir à Amiens après mon aventure lyonnaise. Quand tu es formé à l’OL, c’est une très belle ligne sur ton CV. On peut dire que c’est un label d’excellence. Quand un joueur joue à l’OL, il est fier d’appartenir à ce club. Je pense que la fierté est un vrai trait de caractère des Lyonnais en général. Pour un Lyonnais, rien n’est mieux que Lyon (Rires). Mais quand on vient de l’extérieur, on acquiert cette fierté du maillot. Et je peux vous dire que partout où je suis passé, les clubs savaient pertinemment que j’étais formé à l’Olympique lyonnais. Quand tu sors de ce club, on sait que généralement, tu es plutôt un bon joueur (Rires).

Lors de votre carrière, vous avez évolué tantôt milieu de terrain axial, milieu de terrain côté gauche et même défenseur gauche. A quel poste avez-vous été formé à l’OL ?

Je jouais 8 dans un 4-3-3. J’arrivais bien à casser les lignes avec mes passes. Devant moi, j’avais Walid Chaabani donc si tu avais un problème, tu donnais le ballon à Walid (Rires). Disons que j’avais un bon pied gauche mais j’ai toujours été très lent donc je n’étais pas à l’aise sur le côté. Pareil en tant que défenseur gauche. Après réflexion, je pense que j’ai raté une carrière au poste de défenseur central. Il aurait été parfait pour moi. Mais à l’OL, comme ailleurs, mes entraîneurs voyaient, avant tout, la qualité de mon pied gauche et non mes lacunes. C’est aussi pour cela que je n’ai jamais évolué en Ligue 1. J’aurais pu rester à Evian, quand on est monté mais le club me proposait un rôle de 3e latéral gauche. Aucun intérêt pour moi. Je préférais jouer à un poste qui m’étais plus familier.

Le fait d’avoir été formé à l’Olympique lyonnais, fait-il de vous un supporteur du club ?

Je ne suis supporter que d’un seul club, c’est le Real Madrid. Mais je ne peux pas nier que j’ai une affection particulière pour l’OL. J’ai connu le changement de statut du club avec l’arrivée de Sonny Anderson et le basculement dans une nouvelle dimension. Je suis heureux quand Lyon gagne. C’est un club que j’ai toujours suivi, même après mon départ. Puis, de par mes nouvelles fonctions, je continue à suivre attentivement les résultats de cette équipe.

Justement, que pensez-vous de cet Olympique lyonnais version Peter Bosz ?

J’ai toujours soutenu le fait que Peter Bosz était un très bon choix pour l’Olympique lyonnais. C’est un entraîneur différent qui casse les codes. L’OL a besoin de ce genre d’entraîneur. J’ai beaucoup aimé son courage lorsqu’il a fallu mettre au placard Marcelo. Le type n’était là que depuis deux mois et il n’a pas hésité à faire cet acte managérial fort. On sent qu’il n’hésite pas à mettre un coup de pied dans la fourmilière. Je pense que cela va porter ses fruits dans le futur. C’est un entraîneur qui aime le travail et il n’y a qu’une personne comme lui qui peut faire évoluer les mentalités. A Lyon, l’institution est forte mais le vestiaire est compliqué, ce n’est pas facile de faire bouger les choses. Depuis plusieurs années, l’OL jouait sur ses acquis et sur son talent. Si l’OL s’adapte à lui, ça peut être très intéressant.


« L’OL a besoin de faire un cycle avec Peter Bosz »


Pourtant, les résultats de l’OL ne sont, pour le moment, pas en adéquation avec les objectifs fixés. Cela ne fragilise pas la position de Peter Bosz selon vous ?

Tout est loin d’être parfait pour l’OL mais je trouve que Peter Bosz sait se remettre en question et sait se rectifier. Il a également montré avec Jérôme Boateng que personne n’est au-dessus du groupe. Il ne fait pas de politique et c’est qui me plait aussi chez lui. Je le vois bien rester 2-3 ans à l’OL pour qu’il mette vraiment en place ses principes de jeu. Le club lyonnais a besoin de faire un cycle avec Peter Bosz. C’est un entraîneur qui est juste et il ne fait pas jouer un joueur qui n’est pas bon.

Même en ce qui concerne le mano à mano entre le capitaine Léo Dubois et le jeune Malo Gusto ?

C’est un débat constant pour les supporteurs lyonnais. Mais Léo Dubois n’est pas capitaine pour rien. Il l’a été à Nantes et il l’est désormais à l’OL donc cela veut bien dire quelque chose. C’est un joueur qui doit avoir une réelle importance au sein du collectif. De l’extérieur, on ne voit que le terrain mais un capitaine est aussi très important au dehors. Je me reconnais un peu en lui pour être honnête. C’est un joueur qui sait gérer les moments compliqués. C’est ce qui le différencie sans doute de Malo Gusto. Mais ce dernier devrait avoir son mot à dire rapidement car il ne me semble pas être moins bon que Léo Dubois.

Comment percevez-vous le départ de Juninho du club ? Peut-on parler d’un échec de l’ex directeur sportif brésilien ?

Non, ce n’est pas un échec. Quand un directeur sportif vous ramène Lucas Paquetá et Bruno Guimarães, je me refuse de parler d’échec le concernant. Je pense simplement qu’il n’a pas réussi à faire ce qu’il voulait faire. La question c’est pourquoi ? Je pense qu’il n’a pas été associé aux bonnes personnes. Le fait d’avoir Rudi Garcia comme entraîneur ne lui a pas rendu service car on a bien vu que ce n’était pas le grand amour entre les deux hommes. Ce que je ne comprends pas dans le départ de Juninho, c’est le timing qui n’était clairement pas le bon.

Cette saison, l’OL n’a gagné que 38% de ses matchs en Ligue 1 (10 victoires en 26 matchs) et pointe à une inquiétante 10e place de Ligue 1. Que peut espérer le club rhodanien d’après vous ?

Je reste très optimiste quant à la fin de saison de l’Olympique lyonnais. Le club possède neuf points de retard sur Marseille, deuxième. Je vois sincèrement l’OL à la lutte avec l’OM en fin de saison. Les Lyonnais ont un milieu de terrain exceptionnel. Les recrutements de Tanguy Ndombele et Romain Faivre sont très intéressants. Anthony Lopes fait l’un des meilleures saisons de sa carrière. Il y a aussi la révélation Castello Lukeka qui joue avec la sérénité d’un mec qui a 350 matchs de Ligue 1 derrière lui. Devant, je pense que Moussa Dembélé ne sera pas loin des 20 buts marqués à la fin de la saison. Il reste encore près d’un tiers du championnat à disputer. Ce n’est pas rien.


« Je vois l’OL gagner l’Europa League »


Que pensez-vous de la défaite de dimanche soir face à Lille au Groupama Stadium (0-1) ?

J’ai longuement eu l’occasion d’évoquer cette rencontre sur le plateau de L’Equipe du Soir. Je le dis et je le répète, le but de Paquetá était totalement valable. Certains ont vu un excès d’engagement du Brésilien, moi je vois un geste non maîtrisé de Leo Jardim. L’OL ne méritait pas de perdre ce match. Mais comme chaque match perdu par les Lyonnais, ils n’ont pas fait ce qu’il fallait. Aujourd’hui, je vois très peu d’équipes meilleures que l’Olympique lyonnais. Quand l’OL ne gagne pas c’est simplement qu’ils n’ont pas fait le boulot.

Autre objectif du club cette saison, l’Europa League. Après un parcours en phases de poule plutôt bien maîtrisé, les choses sérieuses vont commencer avec la double confrontation face au FC Porto. Comment voyez-vous l’OL dans cette compétition ?

Il y a deux mois, j’ai clairement dit que je voyais l’OL gagner l’Europa League. Je n’ai pas changé d’avis. Le FC Porto est une belle équipe mais les Portugais sont-ils plus forts que l’OL ? Je ne pense pas. Dans cette compétition, qui semble au-dessus des Lyonnais ? Honnêtement, je ne vois pas. Même le Barça me paraît à la portée de l’OL. Après je parle d’un Olympique lyonnais qui évolue à son niveau. Mais c’est important que le club ait de vraies ambitions dans cette compétition. Et elles sont légitimes d’après moi.

Un petit mot sur le derby OL – ASSE qui s’est tenu il y a un peu plus d’un mois. Entre votre club formateur et Pascal Dupraz, votre cœur a penché de quelque côté ?

Pascal Dupraz a été une personne très importante dans ma carrière. Il m’a mis un véritable coup de pied au cul, qui m’a été vraiment bénéfique durant ma carrière. Forcément, je lui souhaite de se maintenir avec Saint-Etienne. Mais l’OL reste mon club formateur. S’il n’y avait pas eu Pascal, c’est clair que l’OL aurait eu mes faveurs mais là, c’était un match un peu particulier pour moi (Rires).

Vous évoquiez précédemment vos interventions sur La Chaine l’Equipe. On peut également évoquer votre notoriété sur Twitter (46 000 abonnés) et vos apparitions dans les Grosses Têtes de Laurent Ruquier. Comment avez-vous percé sur le plan médiatique ?

Il est évident qu’aujourd’hui, je suis plus connu par mes apparitions à la télévision que par ma carrière de footballeur (Rires). Tout à commencer sur Twitter. Je me suis intéressé à ce réseau social en 2012. Pour l’anecdote, le premier compte que j’ai regardé était celui d’Alexandre Lacazette. J’ai cherché à comprendre pourquoi il y avait des hashtags et pourquoi les gens partageaient leur quotidien. Alors j’ai voulu faire pareil. J’ai raconté ma journée et cela a fait un bide total (Rires). Franchement, je trouvais ça chiant en plus. Puis j’ai eu l’idée d’être un peu décalé, à mon image finalement. J’ai été très second degré et cela a pris. Je pense avoir changé les codes du sportif de haut niveau. De là, j’ai eu une petite communauté et je m’éclatais dans cet univers décalé. C’est ainsi que j’ai eu des appels de l’Equipe et de Laurent Ruquier.


« Aux Grosses Têtes, je voulais montrer qu’un footballeur n’est pas un débile »


Qu’est-ce que cela fait d’être la première Grosse Tête du monde du football ?

C’était une expérience à la fois incroyable mais difficile. Pour l’anecdote, lors de ma première émission, j’étais encore sous contrat avec Orléans. J’ai prétexté un rendez-vous avec mon avocat sur Paris pour partir deux jours car Laurent Ruquier m’avait demandé d’être disponible sur deux jours. En acceptant de faire cette émission, je voulais simplement montrer qu’un footballeur n’est pas un débile. J’avais envie de changer la vision des gens sur notre métier. J’ai essayé d’amener quelque chose. Cela a plutôt bien fonctionné. Je ne ferme pas la porte à refaire d’autres émissions.

Quelle Grosse Tête vous a le plus marqué ?

J’en ai deux en tête : Jean-Pierre Coffe et Bernard Mabille. Jean-Pierre Coffe, parce que j’ai fait une seule émission avec lui, c’était juste avant sa disparition. Je l’ai taillé et à la fin de l’émission, il m’a dit que j’avais été bon. Je ne m’y attendais pas du tout. Bernard Mabille, car on avait eu un échange assez vif sur Twitter. Il avait dit que le football, c’était des cons qui ont du bol, regardé par des cons qui n’en ont pas. Je lui avais répondu « les cons t’emmerdent ». De fait, j’appréhendais notre rencontre mais il m’a super bien accueilli. J’ai joué le rôle du footballeur débile. Dans cette émission, chacun joue un rôle. Avec Chantal Ladesou, je rentrais dans son jeu de la drague et de son côté cougar. J’ai beaucoup appris car je n’ai aucun égo et que j’aime bien tailler les gens (Rires).

Vous avez fait de Twitter l’un de vos terrains de jeu favoris. Quelle est votre vision des réseaux sociaux qui sont très décriés dans notre société actuelle ?

Il faut avoir du recul par rapport à ce qu’il y a sur les réseaux sociaux. Moi, j’ai attaqué Twitter avec un angle second degré tourné autour de l’autodérision. Cela n’a pas plu à tout le monde et j’ai eu droit à quelques messages un peu cru du type : « tu ferais mieux d’aller t’entrainer plutôt que d’être sur Twitter ». Au fil du temps, tu passes au-dessus de tout ça et au-dessus des insultes. Le plus important est que je m’amuse car j’interpelle des personnalités potentiellement inatteignables. Durant ma carrière, je sais que mon activité sur Twitter a été mal perçu notamment à Auxerre mais aussi par mon ancien coach à Orléans, Didier Ollé-Nicolle. Mais de son côté, mon président m’encourageait. Il m’a même confié toute la communication du club à l’issue de ma retraite sportive en 2019. Twitter a donc été un beau tremplin pour moi.

Vous avez justement occupé ce poste de responsable communication et marketing de votre ancien club d’Orléans. Une aventure qui n’aura duré qu’un an. Qu’avez-vous retenu de cette expérience ?

J’ai pris ma retraite sportive et le président m’a proposé ce poste. Ce qui est cocasse, c’est qu’avec le coach Didier Ollé-Nicolle, nous ne pouvions plus nous encadrer. Pour lui, j’étais nocif pour le club. Mais j’ai fait mon métier avec le plus de professionnalisme possible. J’ai retravaillé la charte graphique et la ligne éditoriale du club. Le tout avec des moyens vraiment succins. Je n’avais qu’une alternante avec moi. J’ai énormément appris. Finalement, au bout d’un an, on a mis un terme à cette mission. Premièrement parce que le club est descendu en National et qu’il y avait encore moins de budget. Deuxièmement, parce qu’il y avait de vraies divergences stratégiques entre le club et moi.


« Je souhaite m’investir davantage sur la Chaine l’Equipe »


Est-ce une vraie piste de reconversion d’intégrer le service communication d’un club professionnel ?

Honnêtement, je ne veux pas m’orienter vers cela. Aujourd’hui, les clubs ne mettent pas suffisamment de moyens pour être performants dans ce domaine. Pourtant, certains clubs comme le Red Star, Reims, Brest et bien sûr le PSG, sont très bons dans ce domaine. Personnellement, j’ai d’autres projets comme mes interventions sur La Chaine l’Equipe. J’ai désormais davantage de temps pour préparer les émissions. Je prends vraiment du plaisir à y participer. Mais c’est un vrai métier. Je souhaite vraiment m’investir encore davantage dans ce projet. J’ai envie de commenter des matchs et de faire des déplacements. Je pense que je peux vraiment apporter quelque chose.

Qu’est-ce qu’un bon consultant pour vous ?

Le plus important est l’objectivité. Avec le temps, j’ai appris à l’être. En tant qu’ancien joueur, j’ai tendance à prendre la défense des joueurs car je sais ce qu’ils traversent. Ce qui n’est pas forcément le cas des journalistes. Après, quand un joueur est mauvais, il faut le dire ! Mais ce n’est pas un métier facile car nous ne sommes pas madame Irma et il faut se mouiller sur tous les sujets. Le plus difficile est sans doute les commentaires des supporteurs sur les réseaux sociaux. Dès que tu critiques une équipe, tu es forcément supporteur d’une équipe adverse. Ils ont parfois du mal à regarder la vérité en face concernant leurs équipes respectives.

Vous avez débuté votre carrière de consultant alors que vous étiez toujours en activité. Comment peut-on mener de front deux activités qui ne sont pas forcément complémentaires ?

Tout est une question d’organisation. Le fait d’aller sur un plateau de télévision a aussi fait parler de mon club donc ce n’était pas forcément un problème. J’ai toujours été droit dans mes bottes. Je me suis toujours donné à 100% pour mes différents clubs. Ce que je fais à côté, ça me regarde. Mais ça, tout le monde ne le comprend pas. On m’a reproché de critiquer des joueurs de l’équipe de France alors que je n’évoluais qu’en Ligue 2. Mais dans le même temps, ces mêmes personnes se permettaient de me juger alors qu’ils n’avaient jamais joué au football. Il y a beaucoup d’hypocrisie derrière tout ça. Mais je suis fier de ce que j’ai fait et je suis très heureux de ma reconversion au sein des médias.

Outre votre carrière de consultant, quels sont vos autres projets professionnels ?

J’ai le goût de l’entreprenariat donc je n’hésite pas à investir dans les projets qui me ressemblent. Je veux que mon image reflète les entreprises dans lesquelles je prends des parts. Je me suis lancé sur deux projets. Le premier, Ranna, une marque de chaussettes pour les sportifs du haut niveau. Ce projet m’a ouvert les yeux sur ma capacité à entreprendre. J’ai beaucoup aimé réaliser le business plan. Mon second projet s’intitule Hurdler. C’est une solution de gestion administrative pour les sportifs de haut niveau avec beaucoup de conseils. Il y a beaucoup de sportifs qui ont des retards d’impôts notamment. Mes projets tournent autour du monde du sport car j’ai vraiment envie d’aider les sportifs.

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