(From L) Paris Saint-Germain’s assistant general manager Jean-Claude Blanc, Paris Saint-Germain’s Qatari president Nasser Al-Khelaifi of Qatar and Olympique Lyonnais French president Jean-Michel Aulas attend the French Ligue 1 football match between Paris Saint-Germain (PSG) and Olympique Lyonnais (OL) at the Parc des Princes stadium in Paris on December 13, 2015. / AFP / FRANCK FIFE

PSG - OL : une réelle confrontation de style

Chaque année depuis 1995, le Trophée des champions marque le grand début de la saison. Opposant comme en 2015 le PSG et l’OL, le match de samedi est un réel choc entre le champion de France et son dauphin. Plus qu’une simple partie de football, il s’agit d’une véritable opposition de style.

En coulisses, avant même le début de saison, la tension est déjà montée d'un cran. Et à ce petit jeu là, comme souvent, c’est Jean-Michel Aulas qui a ouvert les hostilités. “Être capable de dépenser le chiffre d’affaires moyen d’un club de Ligue 1 pour se séparer d’un entraîneur qui a tout gagné, ça démontre une volonté d’aboutir quel qu’en soit le prix”, s’est indigné le patron de l’OL, quelques heures après l’officialisation du licenciement de Laurent Blanc, fin juin. “Le montant est indécent”, finira-t-il par rajouter.

Des budgets aussi colossaux qu’incomparables

Le club dirigé par Nasser Al-Khelaïfi a donc été capable de débourser 22 M€ pour se débarrasser d’un entraîneur qui reste sur deux quadruplés historiques (Trophée des champions, Ligue 1, Coupe de France et Coupe de la Ligue). Dans le même temps, l’OL a laissé filé Samuel Umtiti au Barça pour un montant similaire (25 millions d’euros).

La différence entre les finances lyonnaises et parisiennes est colossale. La saison passée, le Paris Saint-Germain disposait d’un budget de 490 M€, contre 170 M€ pour son dauphin rhodanien. Certes, seule l’AS Monaco parvient à rivaliser dans l’Hexagone avec 250 M€, mais ces chiffres mettent en évidence une autre réalité. Le club de la capitale possède un budget supérieur à ceux de Lyon, Monaco et Nice réunis. Plus qu’un fossé, il s’agit d’un gouffre historique en Ligue 1.

Une stratégie opposée sur le marché des transferts 

Cette différence budgétaire se ressent clairement sur le mercato. Pour l’instant, le PSG a dépensé pas moins de 43 M€ pour Lo Celso (prêté dans la foulée à son club formateur), Meunier, Krychowiak et Ben Arfa, ce dernier arrivant libre de tout contrat. Du côté des ventes, seul le départ de Digne au Barça a rapporté quelques 16,5 M€ au club francilien. Soit un déficit total de 26,5 M€ alors même que Paris n’a pas encore officiellement trouvé le successeur de Zlatan Ibrahimovic à la pointe de l’attaque. Si  la possible arrivée de Jesé (Real Madrid) se réalise, les propriétaires Qataris débourseraient 25 M€ de plus. De quoi rapporter à 51,5 M€ le déficit global lié au marché des transferts.

En face, et comme à son habitude depuis quelques années, l’OL profite du mercato pour mettre de l’argent de côté. La seule folie, si cela en est une, concerne l’arrivée de l’espoir argentin Mammana, moyennant un chèque de 7 M€, tandis que N’Koulou et Rybus ont rejoint Lyon gratuitement. En sens inverse, les départs de Koné, Rose, et Umtiti ont renfloué les caisses à hauteur de 27 M€. Soit un bénéfice net de 20 millions d’euros.

L’OL renouvelle sa défense quand le PSG se cherche un attaquant

Ce mercato estival montre une seconde divergence tactique entre la capitale de la France et celle des Gaules. Alors que le champion de France recherche impérativement à se renforcer devant, l’Olympique lyonnais essaye surtout de combler ses lacunes défensives. A dire vrai, la seule similitude entre les deux clubs français réside dans la perte d’un titulaire indiscutable : le Paris Saint-Germain se retrouve orphelin de sa légende auto-proclamée, Zlatan Ibrahimovic, qui part à la conquête de l’Angleterre, tandis que l’OL doit compenser le départ de Samuel Umtiti, parti avec nettement moins de fracas dans un club tout aussi prestigieux.

Paris rêve d’un sacre européen tandis que Lyon se contenterait d’un podium

Comme l’an dernier, le PSG et l’OL vont évoluer dans les cinq mêmes compétitions (Trophée des champions, Ligue 1, Coupe de France, Coupe de la Ligue, et Ligue des champions). Les objectifs des deux clubs sont pourtant loin de converger. Alors que Paris domine sans partage la France du football depuis deux saisons entières, seule la Ligue des champions ose encore résister aux partenaires de Marco Verratti. Avec l’effectif actuel du Paris Saint-Germain, il est tout à fait logique que les dirigeants aient fait d’un sacre européen l’objectif prioritaire de cette saison. C’est d’ailleurs parce qu’il a échoué à conquérir l’Europe que Laurent Blanc a été prié de quitter le navire, avant d’être remplacé par Unai Emery, triple vainqueur en titre de l’Europa League avec le FC Séville.

À Lyon, les ambitions sont nettement plus modestes. Staff comme joueurs annoncent vouloir faire mieux que l’année dernière en Ligue des champions, ils ne pourront de toute évidence pas faire pire. Quant à l’échelle nationale, Nabil Fekir affirme qu’il s’agit “d’aller titiller le PSG” (lire ici). Au-delà de l’enjeu sportif, d’un point de vue strictement économique, les Gones ne peuvent pas faire l’impasse sur la Ligue des champions. Car si l’Olympique lyonnais est bénéficiaire pour la première fois depuis six ans (lire ici), toute participation en C1 assure près de 20 M€ de revenus. Une somme encore nécessaire à l’OL pour maintenir l’équilibre budgétaire.

Entre confirmation parisienne et renouveau lyonnais

L’année dernière a été pour le Paris Saint-Germain l’année de la confirmation, celle où le club francilien a raflé tous les trophées français, et ce pour la seconde fois de suite. Malgré ce second quadruplé, la saison 2015-2016 a aussi été marquée par une désillusion qui semble inexorablement se répéter. En se faisant éliminer en quart de finale de la Ligue des champions pour la quatrième fois d’affilée, Paris a établi un nouveau record dont se seraient bien passés les coéquipiers de Thiago Silva.

En face, les Lyonnais ont vécu l’exercice 2015-2016 comme celui du renouveau. Car si l’OL a encore fini vice-champion de France derrière le PSG, la saison passée a été celle du retour de la Ligue des champions après trois ans de disette. Mieux encore, 2016 fut surtout marquée par l’entrée historique des Gones dans leur nouveau stade.

Le choix de la spirale vertueuse face à une stratégie à court terme

C’est d’ailleurs ce stade, dont le terme provisoire de “Parc OL” rappelle sans équivoque l’enceinte du PSG, qui reflète le mieux l’opposition entre Lyon et Paris. Les dirigeants lyonnais tentent de créer un cercle économique vertueux. Les joueurs, souvent formés au club, attirent les supporters dans une enceinte flambant neuve, et dont les recettes reviennent directement à l’OL, propriétaire de son stade. A Paris, la logique semble plutôt relever du court voire du moyen terme, l’effectif se composant essentiellement de joueurs achetés au prix fort.

Si à Lyon, les Bad Gones (association Kop virage nord) deviennent le plus grand groupe de supporters de France avec 6000 adhérents (lire ici), l’autre Parc (des Princes) demeure toujours dépouillé de ses supporters, remplacés par des clients-spectateurs. On l'aura compris, en de nombreux points, le PSG et l’OL n’ont pas vraiment grand-chose en commun.

5 commentaires
  1. poussin - mer 3 Août 16 à 9 h 42

    tweet d'aulas ce matin =
    "L budget moyen d Clubs d L1 è d l'ordre d 50 m€, l'OM 100 M € 'ASM de 200 ? PsG 550 ?La compétition sportive c nè pas ça"
    "Le Psg poursuit 1politique excessive d'investissement qui va abaisser la compétitivité d notre L1:trop c trop."

    il adore ça ma parole !! faut arrêter cette jalousie financière. il est toujours un peu sado maso sur les bords, il aime avoir mal mdr

    1. Ismael Bakekolo - mer 3 Août 16 à 10 h 03

      Moi aussi j'en ai marre de cet jalousie ?. Il y a 2 ans ont aurait put finir premier devant cet meme équipe avec ce meme budget faut arrêter un peu. Et on peut dire ce qu'on veux le fait que le psg soient aussi fort, sa pousse les autres équipes de ligue 1 dont l'ol à s'améliorer et on aura peut-être dans 10 ans enfin un championnat compétitif.

      1. fandelol - mer 3 Août 16 à 11 h 08

        Le PSG poussent les autres à s'améliorer? Si on regarde les résultats des 3/4 dernières années, j'aurais plutôt tendance à dire le contraire... Après, c'est peut-être pas forcément lié au PSG mais je vois absolument pas ce qu'ils apportent à la ligue 1 à part un non suspens permanent.

  2. OLVictory - mer 3 Août 16 à 11 h 29

    Ça gave franchement de connaitre un an a l'avance le résultat d'une compétition. Même le QSG en pâtit, c'est certain. Ils n'ont aucun mérite de remporter 4 trophées chaque saison.
    Après ça n'empêche pas les autres de bien travailler.
    C'est pas fini mais quand on regarde le mercato des clubs français on ne voit pas de grands joueurs arriver, sauf a Monaco et Paris. Même pas un dans les autres principaux clubs, même Lyon qui a 200 millions de budget. C'est tristounet et ça c'est pas la faute de Paris.
    Ils tuent l'intérêt de la course au titre, c'est évident, mais ils ne tuent pas la L1, les autres présidents s'en chargent.

  3. Matt - mer 3 Août 16 à 11 h 32

    Rien avoir avec la jalousie, ils sont juste en train de tuer la L1 , il y a deux ans Lyon aurait pu faire une Leicester ou une Lou Lou Nicollin ouai.....Je pense pas que nous ou les supporters des autres grands clubs souhaitent être réduit à ça !
    Les dés sont pipés réveillez vous !!
    Souvent JMA me rend fou avec ses déclarations sur ses joueurs.....Jamais quand il dénonce le financement sans fond d'un club qui asphyxie le championnat.

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