le défenseur lensois Yoann Lachor (G) est à la lutte avec le défenseur lyonnais Jean-Marc Chanelet, le 29 janvier 2003 à Lens, lors de la rencontre RC Lens/Lyon comptant pour la 24e journée de Ligue 1 de football. AFP PHOTO DENIS CHARLET / AFP PHOTO / DENIS CHARLET

Jean-Marc Chanelet : « Personne ne se souviendra d’un grand latéral droit »

Joueur de club et de devoir, le natif de Paris a porté durant trois saisons le maillot de l’Olympique Lyonnais de 2000 à 2003. Loué pour son état d’esprit irréprochable, celui qui est désormais âgé de 49 ans raconte avec passion son aventure à l’OL et son lien fort avec Lyon, lui qui a vécu à Oullins étant enfant et qui habite aujourd’hui à Marcy-l’Etoile, au nord de la capitale des Gaules. Reconverti gérant de Pizza Mercato, un grossiste en ingrédients de préparation à pizzas, il vise toutefois à se rapprocher du milieu du football à court ou moyen terme. Entretien.

Olympique-et-Lyonnais.com : Jean-Marc, vous êtes natif de Paris mais très vite, vos parents ont pris la direction de Grenoble puis d’Oullins où vous avez pris une licence dans le club phare de la ville, le CASCOL. L’OL vous faisait déjà rêver à cette période du début des années 1970 ?

Jean-Marc Chanelet : Effectivement, je suis né à Paris mais j’ai vécu mes six premières années à Grenoble. Ensuite, mes parents ont fait le choix de déménager à Oullins. J’ai donc découvert la région lyonnaise à l’âge de six ans. J’ai joué pour le CASCOL, un club réputé dans les équipes de jeunes. A cette période, j’entendais parler de l’Olympique Lyonnais bien sûr, mais ce serait mentir de dire que le club me faisait rêver. Chaque année, les meilleurs joueurs de mon équipe étaient orientés vers l’OL. Ça n’a jamais été mon cas, je ne devais pas être assez performant (rires). Puis il faut dire que l’OL avait du mal à exister par rapport à Saint-Etienne qui était en plein dans son âge d’or. Certes, Lyon pouvait compter sur des excellents joueurs comme Bernard Lacombe, Serge Chiesa ou Fleury Di Nallo mais je sentais que même dans la ville de Lyon, l’ASSE faisait de l’ombre à l’OL.

D’Oullins, vous deviez avoir une vue imprenable sur le stade de Gerland…

Mais honnêtement c’est la vérité ! J’habitais dans le quartier résidentiel de Montmein qui est en hauteur. De ce fait, de l’autre côté du Rhône, je distinguais parfaitement Gerland d’autant plus les soirs de match avec les projecteurs. Quand je les voyais allumés, je me disais tiens il y a les professionnels qui sont en train de jouer. A cette période et comme tout gamin qui aime le football, mon but était de devenir, un jour, joueur professionnel. Cette ambition a disparu un peu au fil du temps lorsque je jouais en minimes, cadets et juniors mais finalement j’ai atteint mon rêve de gosse en signant à Istres en 1989, club de deuxième division. En parallèle, j’ai suivi un cursus scolaire classique et j’ai obtenu mon bac D (mathématiques et science de la nature, ndlr). Mes parents, comme tout parent, accordaient beaucoup d’importance aux études.

Après six ans de deuxième division partagés entre Istres (1989-1993) et Nîmes (1993-1995) puis cinq ans de Ligue 1 avec le FC Nantes (1995-2000), vous vous engagez avec l’Olympique Lyonnais. Qu’est ce qui a motivé votre choix ?

L’OL était un club en pleine progression. Je me souviens, c’est Jacques Santini alors directeur sportif qui me contacte en fin de saison 1999-2000 alors que j’étais en fin de contrat avec Nantes. Il était déjà entériné qu’il remplacerait Bernard Lacombe au poste d’entraineur la saison d’après. Du coup, il gérait lui-même son recrutement. Son discours était le suivant : avec la coupe d’Europe à disputer, la Ligue des Champions ou la coupe de l’UEFA en fonction de notre résultat au tour préliminaire, on avait besoin d’un effectif pléthorique et il souhaite doubler le poste de latéral droit avec une concurrence saine. A ce moment, l’OL comptait dans ses rangs Patrice Carteron et je ne savais pas s’il allait rester ou si le club allait acheter un autre joueur. Mon profil plaisait à Jacques Santini et la perspective de jouer à Lyon avait beaucoup d’intérêt à mes yeux car j’aimais beaucoup la ville et que le club semblait être sur une vraie pente ascendante. Je pense que le club avait déjà ciblé Eric Deflandre et qu’il se disait que je serais un suppléant sérieux et expérimenté, qui dépannerait sans problème. Vahid Halilhodzic souhaitait également me recruter pour étoffer les rangs du LOSC et il me garantissait une place de titulaire. Finalement, j’ai choisi l’OL même si le challenge était plus difficile qu’à Lille. L’environnement avec la ville et les souvenirs de mon enfance ont été prépondérants dans mon choix. Je n’ai jamais oublié que le premier match professionnel que j’ai vu de ma vie, c’était à Gerland.

« Avec Eric Deflandre, on s’appréciait beaucoup »

Nantes n’a donc pas cherché à vous retenir malgré votre statut de cadre (168 matchs disputés en cinq saisons) ?

J’étais en fin de contrat et les Nantais m’avaient fait une offre de prolongation durant la saison. Mais j’avais cette envie de relever un dernier gros défi. J’avais déjà 32 ans à cette période. J’ai pris le risque de décliner l’offre de contrat pour me retrouver libre. J’utilise le terme risque car j’aurais très bien pu ne rien trouver. Je sortais de deux coupes de France remportées consécutivement avec Nantes du coup, il était délicat de faire encore mieux. Mais je pense avoir fait le bon choix avec Lyon, la suite me donnera raison (rires). Personnellement, je percevais mon arrivée à l’OL comme une progression car même si j’avais enrichi mon palmarès à Nantes, on sortait d’un exercice 1999-2000 très compliqué puisque nous nous étions maintenus à l’ultime journée grâce à un but de Marama Vahirua au Havre ! Alors que de son côté, Lyon avait terminé sur le podium du championnat.

Qu’est-ce que vous vous êtes dit quand vous avez vu que l’OL avait recruté Eric Deflandre, international belge, qui sortait de l’Euro 2000 avec la Belgique ?

Dans tous les clubs où je suis passé, je suis toujours arrivé un peu sur la pointe des pieds puis j’ai fait mon trou petit à petit. Je savais de part Jacques Santini, qu’il y aurait une vraie concurrence entre Eric et moi. Il est évident que j’avais signé à Lyon pour jouer. Je savais en apposant ma signature au bas du contrat que j’aurais un concurrent donc je ne fus pas surpris. Nos profils étaient assez similaires. Il était sans doute meilleur centreur que moi, j’avais peut-être davantage de qualités sur le plan physique que lui. Bon après, il était international mais pas moi (rires). Jacques Santini faisait jouer l’alternance et suivant l’équipe que l’on rencontrait où le jeu que l’on allait mettre en place, soit je jouais soit c’était Eric.

Comment s’est déroulée votre concurrence tout au long de vos trois saisons à l’Olympique Lyonnais ?

C’était une concurrence très saine, vraiment. Eric est un garçon très attachant puis comme je ne suis pas un méchant non plus, les choses se passaient bien (rires). Nous n’étions pas le genre de personnes à se critiquer dans le dos ou à s’ignorer. Bien au contraire. Je l’appréciais beaucoup et je pense que la réciproque était vraie aussi car on se fréquentait en dehors des terrains. Il est arrivé que l’on se retrouve chez lui ou chez moi avec d’autres joueurs, en compagnie de nos femmes, notamment après les matchs. Quand une concurrence se passe de façon harmonieuse avec des gens sensés, c’est l’idéal. Avant chaque match, on se souhaitait toujours bon match.

« Les supporters lyonnais ont dû être un peu sceptiques de me voir débarquer »

Au-delà de vous et d’Eric Deflandre, l’OL recrute à l’été 2000, Edmilson, Marc-Vivien Foé ou encore Patrick Müller. Quelle place pensez-vous avoir au milieu de ces joueurs étrangers, tous internationaux ?

Je suis bien conscient de ce que j’étais dans le milieu du football c’est-à-dire un joueur de club qui faisait son boulot. Je savais très bien que les joueurs recrutés avaient une autre aura que moi. Je crois que j’ai été le premier joueur recruté cette saison-là. Je me mets à la place des supporters lyonnais quand ils ont vu que pour disputer la Ligue des Champions, le club me recrutait. Ils ont dû être un peu sceptiques de me voir débarquer, moi qui était un trentenaire déjà bien sonné (rires). Les autres joueurs sont arrivés ensuite mais je pense que le recrutement a été bon car on a eu des résultats et on a fait progresser le club à la fois sur le plan national et continental.

Quelles étaient vos premières impressions ressenties lors du fameux stage de pré-saison à Tignes ?

J’ai rapidement perçu la qualité de ce groupe. Je connaissais déjà pas mal de joueurs car je les avais affrontés avec Nantes puis ceux qui sont arrivés avaient également beaucoup de talent. Je savais que l’on allait faire quelque chose. Ce serait mentir de dire que l’on s’imaginait terminer deuxième et remporter la coupe de la Ligue mais compte tenu de la qualité de notre effectif, on savait que l’on devait viser le podium.

Quel type d’entraîneur était Jacques Santini ?

C’est un entraîneur qui savait où il allait. Son duo avec Dominique Cuperly était très performant. Cup’ mettait en place les séances d’entraînement alors que Jacques Santini était un peu plus en retrait à observer chacun de nous. Il savait faire passer ses messages et le jeu qu’il souhaitait que l’on développe. Le jeu était très important pour lui. Il mettait en place sa tactique avec la volonté de bloquer les adversaires mais surtout de nous faire bien jouer. Il savait que l’on ne jouerait pas aussi bien que Barcelone ou que Nantes à cette période mais il a su tirer profit des qualités de chacun pour que le rendu technique reste très convenable.

« Gagner un derby, c’est remplir de bonheur le cœur des supporters »

L’exercice 2000-2001 débute avec un premier gros objectif qui est la qualification en Ligue des Champions. Eliminé à ce même stade de la compétition la saison précédente par les modestes slovènes de Maribor, l’OL hérite cette fois-ci des Slovaques de Bratislava. La pression est énorme sur vos épaules non ?

Oui forcément car il y avait ce spectre de Maribor au-dessus de nous. Après, la chance que l’on avait, était qu’il y avait pas mal de nouveaux joueurs dans l’effectif, du coup, nous n’avions pas connu ce « traumatisme ». Nous avons donc abordé cette double confrontation avec beaucoup de concentration. Rien n’a été facile puisque l’on s’est qualifié un peu dans la douleur mais comme on s’est dit à la fin : l’important était d’atteindre cette Ligue des Champions. C’était un moment historique pour le club qui n’avait jamais disputé cette compétition au préalable. Sachant que le recrutement avait été fait pour la Ligue des Champions, on n’avait quand même pas trop le droit à l’erreur (rires). Puis si le club avait échoué une seconde fois face à un adversaire présumé inférieur, cela aurait pu laisser des marques indélébiles. Il y a eu un vrai soulagement à la fin. L’OL est vraiment rentré dans la cour des grands après cette qualification. Cela nous a vraiment boostés pour la suite. D’ailleurs on a surfé sur cette dynamique pour sortir de la première phase de poules de la Ligue des Champions et d’être dans le coup en championnat.

Cette première partie de saison, riche en émotions, est également marquée par la victoire dans le derby face à Saint-Etienne à la dernière seconde sur un but de Christophe Delmotte (2-1). Quelle est votre vision des derbys sachant que dimanche, l’OL se déplace à Geoffroy Guichard ?

Je me rappelle avoir été sur le banc pour le premier derby face à Saint-Etienne à Geoffroy Guichard lors du premier match d’Edmilson (2-2, mercredi 6 septembre 2000, ndlr). J’ai disputé mon premier derby à l’occasion du match retour lors de cette fameuse victoire 2-1, j’étais rentré à l’heure de jeu me semble-t-il (62ème minute en remplacement de Pierre Laigle, ndlr). C’est un match très particulier. Je me souviens lorsque je suis arrivé et que je signais des autographes à la fin des entraînements, les supporters me mettaient au parfum de ces derbys (rires). A l’abord de ces rencontres, on sentait la ferveur qui montait de par la presse mais surtout de par les supporters qui venaient en nombre à l’entraînement. J’ai la sensation que les derbys et l’atmosphère qui y règnent sont davantage le fruit de l’environnement que du terrain car nous, en tant que joueurs, nous étions conditionnés à gagner tous les matchs. Un succès contre Saint-Etienne c’est certes symbolique mais comptablement cela rapporte autant de points que contre n’importe quel autre adversaire. Mais gagner un derby, c’est remplir de bonheur le cœur des supporters. Et c’est très important. Ce qui est dommage c’est qu’il y a de moins en moins de joueurs de club comme Anthony Lopes ou Loïc Perrin. Du coup, le derby perd un peu de son charme.

L’OL réalise l’un de ses premiers gros exploits européens de son histoire en terrassant le Bayern Munich 3-0 à Gerland lors de la seconde phase de poule de la Ligue des Champions. Est-ce que la perception de l’OL a changé après cette rencontre ?

Avant ce match, Lyon n’était pas très connu. Cette performance a eu le mérite de faire découvrir l’OL à toute l’Europe. Des joueurs se sont aussi révélés aux yeux de tous lors de ce match comme ce fut le cas de Sidney Govou notamment. Collectivement, ce match a été très important car c’est l’une des premières fois où notre groupe a été confronté à un grand d’Europe et on a montré que l’on était au niveau. On l’avait déjà démontré quelques jours auparavant en allant décrocher un match nul à Highbury face à Arsenal (1-1) grâce à une tête d’Edmilson en toute fin de match. Ce genre de matchs au sommet a permis à tout le monde de prendre conscience de ses qualités et le groupe en a profité pour faire le plein de confiance. J’ai signé à l’Olympique Lyonnais pour disputer ces matchs.

« La victoire contre le Bayern a eu le mérite de faire découvrir l’OL à toute l’Europe »

On évoque beaucoup cette petite musique liée à la Ligue des Champions. Sur le plan personnel, est-ce qu’elle vous transcendait ?

(Rires) Je vais être honnête. C’est davantage à la fin de ma carrière quand je voyais les matchs à la télévision que cette musique retenait mon attention. Sur le terrain, j’étais concentré donc la musique était vraiment secondaire.

Malgré un parcours exemplaire pour une première campagne de Ligue des Champions, l’OL manque d’un rien la qualification pour les quarts-de-finale à cause d’un match nul sur la pelouse du Spartak Moscou (1-1). Que ressentez-vous à l’issue de ce match ? De la fierté liée à votre parcours ou de la déception générée par cette élimination ?

Je vais dire les deux même si au sortir du match, c’est clairement la déception qui domine. D’autant plus que Sidney Govou a raté une occasion en fin de match à la suite d’un faux rebond. Il faut dire que l’on avait joué sur un terrain particulier. Quand on s’est entraîné la veille sur le terrain comme le veut la coutume, il n’y avait quasiment pas de pelouse. Ce n’était que du sable. Le lendemain, pour le match, on voit le terrain est tout vert. On en vient à se demander si c’est le même terrain où on s’est entraîné la veille (rires). En fait, les jardiniers avaient mis de la sciure verte sur le terrain pour que le rendu soit davantage télévisuel… Le terrain n’était vraiment pas digne d’un match de Ligue des Champions… On s’est pris à rêver et on ne passe vraiment pas loin. On y a tous cru quand on a vu Sidney partir. Il nous a mis d’autres buts importants donc on ne lui en a pas tenu rigueur (rires). Après, on venait de loin donc il y avait de la fierté également mais une fierté avec un arrière-goût amer.

Après cette élimination, quels étaient les objectifs ? Le doublé titre-coupe de la Ligue ?

Non, il ne faut pas oublier qu’à cette période, l’OL n’avait jamais été champion. Du coup, le but était de se pérenniser en Ligue des Champions dont de terminer dans les trois premiers mais si on pouvait s’éviter le tour préliminaire, cela n’aurait pas été du luxe (rires). Après si on s’était rapprochés de Nantes, on aurait joué le coup à fond mais encore une fois, le titre n’était pas l’objectif premier. Par contre, la coupe de la Ligue avait pris de l’importance au fil des tours puis arrivé au Stade de France, forcément on ne pensait qu’à une chose : remporter le trophée.

« On était tous impressionnés de l’engouement généré par la victoire en coupe de la Ligue »

Racontez-nous cette fameuse finale disputée le 5 mai 2001.

La petite anecdote c’est que c’était ma troisième finale au Stade de France en l’espace de trois ans vu que je restais sur deux coupes de France glanées avec le FC Nantes. Ça devenait presque une habitude (rires). Surtout qu’à l’instar des années précédentes, on avait fait la préparation à Clairefontaine. Je me disais que c’était la maison maintenant (rires). On sentait un vrai engouement autour de ce match sachant que l’OL n’avait pas gagné le moindre trophée depuis 1973. Puis certains joueurs n’avaient jamais disputé de finale de leur carrière donc il y avait ce côté première qui a créé de l’excitation mais aussi de la pression autour de la rencontre. L’environnement était aussi particulier car le match avait lieu dans un stade de 80 000 personnes, où la France a été championne du monde en 1998. Ce n’est pas n’importe où ! Puis l’affiche était belle avec l’AS Monaco qui avait une belle équipe également. Personnellement, j’ai eu la chance de jouer ce match. Je ne sais pas trop sur quels critères Jacques Santini m’a choisi, peut-être parce que j’avais déjà disputé deux finales, je ne sais pas. Parce qu’honnêtement, je n’étais pas spécialement meilleur qu’Eric Deflandre. Au final, je pense que l’on fait le match qu’il faut pour l’emporter, dans une ambiance très chaleureuse.

La victoire n’est-elle pas plus belle avec ce scénario à suspense avec le but de Patrick Müller à la 117e minute comme épilogue rêvé pour l’OL ?

La victoire est toujours belle. Mais c’est vrai que le scénario était parfait pour une finale. Claudio Caçapa nous met sur de bons rails. On ne sait pas vraiment comment ni pourquoi il s’est retrouvé à marquer ce but (rires). Shabani Nonda égalise puis les prolongations arrivent et le temps passe. Je pense que chaque équipe se préparait doucement mais sûrement aux tirs-au-but. Mais il faut rester concentrer pour ne pas se faire avoir dans les dernières minutes. Mais c’est à ce moment-là que le mental et surtout le talent du grand joueur qu’était Sonny Anderson, ont fait la différence. Avec 117 minutes dans les jambes, il arrive tout de même à déborder et à centrer où il faut pour le but de Pat Müller. L’histoire est belle pour lui aussi car c’était un défenseur central qui est rentré en qualité de milieu de terrain. A ce moment-là, tu sais que ça sent très bon. On verrouille jusqu’au bout et quand arrive le coup de sifflet final de M Bré, c’est la délivrance. Bon s’il avait fallu aller aux tirs-au-but et que j’aurais dû tirer, j’aurais assumé mais c’était mieux comme ça (rires). Cette victoire était à l’image de notre groupe à savoir pleine de cohésion, de caractère avec des joueurs de talent. J’insiste sur cette notion de groupe. Le football, ce n’est pas la PlayStation. Certes on avait un joueur cadre en la personne de Sonny Anderson mais on ne pouvait pas tout miser sur lui. D’ailleurs, il était, lui aussi, un formidable joueur de groupe et intelligent de surcroit.

Après ce succès, avez-vous la sensation de rentrer dans l’histoire du club ?

Forcément car ce fut le premier succès de l’OL dans cette compétition et encore le seul à l’heure actuelle. Puis cette victoire met fin à 28 ans sans trophée pour le club. Puis le volet historique prend tout son sens avec cette incroyable ferveur autour de ce succès, que ce soit à Paris au Stade de France mais surtout à notre retour à Lyon. Je me rappelle de l’accueil des supporters à notre arrivée à la gare de Perrache. C’était un moment de communion rare. Tout comme notre présentation du trophée sur le balcon de l’Hôtel de Ville quelques heures plus tard. On était tous impressionnés de l’engouement généré par cette victoire car au fond, ce n’était qu’une coupe de la Ligue. Ce n’est pas plus la prestigieuse mais il y avait eu tellement d’attente et tellement d’années sans trophée que cette coupe a pris une importance capitale. On fait du sport de haut niveau pour vivre ce genre de moments. Pour le club, elle fut aussi le point de départ d’une période faste.

« Jean-Michel Aulas est un gagneur et un visionnaire »

Au-delà de ce succès, vous terminez deuxième du championnat derrière Nantes. La saison est plus que réussie selon vous ?

Bien sûr, surtout si on y ajoute le parcours en Ligue des Champions. Disons que l’on était sur une dynamique de progression du club. Alors certes on était heureux mais le football est un éternel recommencement donc l’année d’après. Il fallait encore faire mieux. Le président Aulas en avait parfaitement conscience. C’est un gagneur et un visionnaire. Il commençait à toucher du doigt ses objectifs c’est-à-dire faire de l’OL, un club qui gagne.

Vous aviez quitté Nantes à l’intersaison pour rejoindre Lyon et les Canaris terminent champions devant les Lyonnais. Vous n’avez pas regretté votre choix à ce moment-là ?

Non car on glane tout de même un trophée et on termine à la deuxième place donc il n’y avait rien de déshonorant. Il fallait simplement reconnaitre que Nantes avait fait une très belle saison. Ils ont mérité leur titre.

Vous disputez 32 matchs toutes compétitions confondues lors de cet exercice 2000-2001 soit le même total qu’Eric Deflandre. On peut dire que Jacques Santini a parfaitement tenu sa parole en jouant l’alternance entre vous ?

Oui (rires). Je savais que j’étais en concurrence avec un international et que je devais être à mon meilleur niveau pour jouer. D’autant plus que lui comme moi étions des robustes. On était rament suspendus et rarement blessés. On aimerait toujours jouer davantage mais j’étais satisfait à la fois de mon temps de jeu et de mes prestations. Puis j’avais eu l’opportunité de jouer cette finale soit le match le plus important de la saison, donc je n’allais pas me plaindre (rires).

« A son arrivée, Juninho était même un peu lourd mais on sentait qu’il avait quelque chose sur le plan technique »

Lors de la saison 2001-2002, Eric Carrière fait le même chemin que vous à savoir quitter Nantes pour Lyon. Avez-vous joué un rôle dans ce transfert ?

On a bien dû s’appeler quatre ou cinq fois (rires). On avait parlé et il m’avait évoqué sa volonté de signer à Lyon. De mon côté, je n’ai pu que lui parler en bien à la fois du club et de la ville. Pour moi, l’OL était un club plus structuré et plus ambitieux que Nantes. Les Nantais avaient un club plus intimiste, axé sur la formation alors qu’à Lyon, les ambitions étaient clairement affichées avec un président charismatique. Il tirait son équipe vers le haut. Puis j’étais content de le retrouver.

A l’instar d’Eric Carrière, un autre milieu de terrain arrive lors de l’été 2001, il s’agit de Juninho. Comment se font les premiers pas d’un joueur qui restera comme l’un des plus grands de l’histoire de l’OL ?

Je me rappelle qu’avant son arrivée, on nous a dit qu’un Brésilien allait venir et le club nous a loue ses qualités. Après, personne ne le connaissait vraiment. Quand il nous rejoint en cours de stage à Tignes fin juin-début juillet dans un environnement assez frais car il ne fait jamais très chaud là-bas, il est un peu sur la pointe des pieds. Il manque de compétition, il ne parle pas un mot de français donc il était très observateur au début. Il répétait constamment « Tudo bem » (ça va, ndlr). Le groupe le découvrait. Au début, il n’était pas en forme, il était même un peu lourd mais on sentait qu’il avait quelque chose sur le plan technique. Il fallait simplement qu’il soit en condition sur le plan physique. On a vu ce que ça a donné par la suite même si l’on peut parler de saison d’acclimatation pour qualifier sa première année.

Malgré la défaite initiale à Lens (0-2), vous réalisez un bon début de saison en championnat mais vous éprouvez quelques difficultés en Ligue des Champions notamment face à Barcelone et au Bayer Leverkusen. Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

L’OL avait choisi de miser sur la continuité et de faire confiance au groupe qui avait donné satisfaction la saison précédente. Forcément, les automatismes et la cohésion sont déjà présents donc on peut démarrer la saison plus sereinement. Ce qui peut expliquer notre bon début de championnat (cinq victoires, un match nul et une défaite en sept journées, ndlr). En Ligue des Champions, nous devons commencer par un déplacement au Camp Nou. Mais le match a été reporté du fait des attentats du 11 septembre. On devait jouer le lendemain je me souviens et on ne s’était pas entraînés ce fameux 11 septembre, on était restés dans nos chambres d’hôtel pour regarder les informations. On est rentrés à Lyon le lendemain. Du coup on entame notre campagne européenne par la réception de Leverkusen. On s’incline 0-1 et ça commençait mal car cette équipe était d’un niveau semblable au nôtre. On redresse la barre à Fenerbahçe (1-0) avant de s’incliner à Barcelone (0-2) pour le match remis de la première journée. On bat de nouveau les Turcs chez nous (3-1) et pour nous qualifier, il fallait faire un exploit contre Barcelone à Gerland. Je me souviens, j’avais été aligné et j’étais passé à travers. Jacques Santini m’avait remplacé peu après la mi-temps (53e, ndlr). J’ai passé une nuit terrible ensuite. J’ai ressassé ma prestation pendant des heures. On s’incline finalement 2-3 à la dernière minute et on rate la qualification malgré une victoire en épilogue à Leverkusen (2-4).

« On ne se projetait pas sur le titre »

L’OL termine troisième du groupe et est reversé en coupe de l’UEFA. Le club avait-il des ambitions dans cette compétition vu l’élimination précoce en huitième de finale contre le Slovan Liberec ?

Oui car cela reste une coupe d’Europe. On passe complètement à côté de notre seizième de finale aller à Bruges (défaite 4-1) et on réalise l’exploit au match retour grâce à un triplé de Sonny Anderson (3-0) donc forcément, cela nous lance dans cette compétition. Malheureusement, le tour suivant, on ne tient pas notre rang et on est éliminés de façon très décevante par Liberec. Je pense que c’est davantage de l’inconstance qu’autre chose. On a aussi vécu ça dans les coupes nationales puisque l’on a été éliminé par Châteauroux en coupe de France et par Bordeaux en coupe de la Ligue donc très rapidement, il nous a restait que le championnat à disputer. Jean-Michel Aulas a joué son rôle et est venu nous remobiliser. Il a insisté pour que l’on aille chercher au moins une place en Ligue des Champions. Il y avait de gros enjeux notamment financiers si le club voulait poursuivre sa progression.

Au prix d’une fin de saison canon, l’OL se retrouve à jouer une finale à domicile pour le titre de champion de France face au RC Lens. Est-ce que vous vous attendiez à un tel scénario ?

Honnêtement non. On ne se projetait pas sur le titre. On voulait déjà s’assurer une place en Ligue des Champions puis on a vu que Lens flanchait un peu donc nos résultats nous ont permis de nous rapprocher petit à petit. Pour nous, l’objectif était de remporter les matchs les uns après les autres sans faire de réels plans sur la comète. Dans le sport, on connait l’impact psychologique que peut avoir le fait de se faire remonter du coup on a commencé à y croire et à se dire que le titre était possible. Surtout qu’à la vue du calendrier, on savait qu’il fallait que l’on soit à moins de trois points des Lensois avant cette ultime journée. Je me rappelle de l’avant-dernier match que l’on dispute à Bordeaux. On était partie en mise au vert deux jours avant dans le Gers. Je me souviens, il y avait un golf à l’hôtel et on faisait des courses avec les Caddy (rires). Pendant le match, on n’est pas spécialement bon puis Sonny Anderson sort de sa boite à une vingtaine de minutes du terme de la rencontre et on gagne 1-0. Cette victoire a été salvatrice pour nous. On a vraiment pris conscience de la situation après ce match.

Comment abordez-vous ce match face à Lens au cours duquel vous êtes titulaire ?

C’était une finale et on était chez nous donc on avait cet avantage du terrain. Puis compte tenu de notre série en cours, la confiance était de notre côté. On avait fait une grosse préparation dans la semaine et on sentait un engouement énorme autour de nous, que ce soit de la part des supporters et même de la municipalité lyonnaise. Quand on est rentrés sur le terrain, on savait que la pression était davantage côté lensois. On marque assez rapidement, un puis deux buts, ce qui vient confirmer notre dynamique. Malgré la réduction du score de Jacek Bak, on n’a pas réellement douté. On savait que l’on allait l’emporter. Le but de Pierre Laigle vient tuer ce match. Même s’il restait encore du temps. On savait que ce serait compliqué de venir nous chercher. Au fil des minutes, on a compris que l’on écrivait une page de l’histoire du club. C’était magnifique à vivre. Le stade tremblait de partout. C’était un moment extraordinaire. Les supporters ont envahi le terrain. On a communié avec eux. Certains arrachaient de la pelouse, d’autres découpaient les filets (rires).

« Contre Lens, on a compris que l’on écrivait une page de l’histoire du club »

Est-ce le plus beau trophée remporté dans votre carrière ?

Chaque trophée est magique pour moi. Lorsque que je gagne ma première coupe de France avec Nantes, soit mon premier trophée de ma carrière, il y a une dimension symbolique car c’était la première finale disputée au Stade de France après celle de la coupe du Monde 1998. Même la coupe de la Ligue remportée avec l’OL avait son charme. Maintenant, le championnat, c’est un peu différent car c’est une course d’endurance. C’est un titre qui récompense une régularité de dix mois ! Un titre de champion génère énormément de fierté. Puis dans le cas présent, c’était le premier titre du club donc il y avait un volet historique. On était sur un nuage.

A l’issue de cette saison 2001-2002, l’Olympique Lyonnais connait un changement majeur puisque Jacques Santini quitte son poste d’entraîneur au profit de Paul Le Guen. Qu’a impliqué ce changement ?

En effet, Jacques Santini est appelé à la rescousse de l’équipe de France après une coupe du Monde 2002 assez laborieuse. Au départ, il devait prendre un poste de directeur technique à l’OL. Je me rappelle que l’on se trouve à Gerland pour faire des photos et le téléphone de Jacques Santini sonne et on lui annonce à ce moment-là qu’il sera le nouveau sélectionneur des Bleus. Pour répondre à la question, il devait y avoir une adaptation réciproque entre le groupe et le duo Le Guen-Colleu. Ils prenaient un groupe avec un passé et surtout une équipe qui sortait de deux saisons couronnées de succès.

La première partie de saison n’est pas à la hauteur des attentes puisque l’OL est loin de la tête du championnat, termine troisième de son groupe de Ligue des Champions et se fait éliminer des deux coupes nationales par Libourne Saint Seurin et Sochaux. Ça commençait à sentir l’année galère non ?

On avait effectivement des difficultés. Je me souviens d’ailleurs que lors de cette élimination à Sochaux, il y avait eu une révolte des supporters. Ils avaient forcé le premier barrage de la sécurité à Tola Vologe. Ils nous avaient lancé des tomates. On avait compris le message. On trouvait ça exagéré d’autant plus que l’on sortait de deux très belles saisons. Après, on sait très bien que les supporters sont des gens insatisfaits (rires). Cet épisode a peut-être eu un impact. C’est difficile à dire. Puis la situation a un peu empiré avec cette défaite sur la pelouse de Monaco dans le courant du mois de février (0-2). D’un côté, on se dit que ça ne sent vraiment pas bon mais d’un autre, on se dit que l’on a connu une situation assez semblable la saison d’avant. De ce fait, on n’était pas particulièrement abattus. Je me souviens particulièrement de ce match à Louis II car ce sera mon dernier sous les couleurs de l’OL.

« Je suis allé voir Paul Le Guen pour qu’il me laisse au repos. Je n’ai plus jamais rejoué »

Pour quelles raisons êtes-vous écartés par Paul Le Guen ?

Après la reprise en janvier, on sait que le calendrier est toujours assez chargé. J’avais enchaîné plusieurs matchs et après Monaco, je me sentais un peu emprunté physiquement. J’ai donc été honnête et dans une optique collective, je suis allé voir Paul Le Guen pour lui demander de me laisser au repos le match suivant. Il m’a tellement bien laissé au repos qu’il ne m’a plus jamais fait jouer. Il a titularisé Eric Deflandre jusqu’à la fin de la saison. Alors tantôt j’étais sur le banc des remplaçants et je ne rentrais pas, tantôt j’étais en tribunes et tantôt j’allais jouer avec l’équipe réserve. Alors que moi, j’ai simplement voulu être honnête et dire les choses de moi-même plutôt que le coach me sorte de lui-même. Je ne saurai jamais s’il avait déjà prévu ça avant que je vienne lui parler ou non. Mais par la suite, j’ai été idiot car je n’ai jamais cherché à provoquer une discussion avec lui. Je n’ai jamais lâché au cours des entraînements. J’allais en réserve avec détermination. J’ai voulu faire les choses biens et cela s’est retourné contre moi. Avec le recul, j’aurais dû agir différemment. Mais j’ai fait les choses en fonction de ma personnalité.

Avez-vous été déçu par l’attitude de Paul Le Guen à votre égard ?

Bien sûr, on le serait à moins ! Mais quelque part, ça l’a arrangé car j’étais un joueur qui ne faisait pas de vague donc je n’allais pas faire de scandale malgré ma situation. Mais j’aurais aimé qu’il fasse preuve de franchise car moi j’avais été honnête avec lui. Après, je ne discute pas son choix de mettre Eric Deflandre, surtout que l’équipe tournait bien mais humainement il aurait dû me dire les choses. On avait joué l’alternance avec Eric pendant deux ans et demi et la plus rien.

D’autant plus que juin 2003 marque la fin de votre contrat à l’Olympique lyonnais donc votre situation n’était pas idéale pour espérer signer un nouveau bail à 35 ans…

Oui c’est une certitude surtout que plus les semaines passaient plus je pensais à ça. Je n’avais aucun contact avec le club pour une éventuelle prolongation, mon temps de jeu était réduit à néant donc je me posais tout un tas de questions. J’ai d’ailleurs assez vite compris que je devais me trouver un autre club. Mais selon moi, Le Guen voyait déjà plus loin et souhaitait déjà recruter Anthony Reveillère. Comme j’étais en fin de contrat, il était un peu plus facile de me mettre en retrait. Il n’a pas été élégant avec moi. Et ce jusqu’au bout car c’est un supporter à qui je signais un autographe à la sortie d’un entraînement, peu avant la fin de la saison, qui m’a annoncé mon départ…

« Paul Le Guen n’a pas été élégant avec moi »

C’est-à-dire ?

Je sortais de l’entraînement et le supporter en question me lance : « alors Jean-Marc, tu as décidé de quitter Lyon ? ».  Je le regarde d’un air surpris et je démens l’information en lui stipulant simplement que j’étais en fin de contrat mais que mon avenir n’étais pas scellé. Il me dit qu’il a entendu une interview de Bernard Lacombe sur une radio où il annonçait explicitement mon départ. Je tombe clairement des nues car je n’avais vu personne. Je provoque un rendez-vous d’urgence avec Paul Le Guen et il me livre un discours totalement différent de celui de Bernard Lacombe. Il prétend qu’il n’a pas tranché quant à ma situation, que c’est du 50-50 en vue d’une prolongation et qu’il regrette les propos de Lacombe. Je vais donc voir ce dernier et il me dit « mais Paul ne t’a pas parlé ? ». On marchait un peu sur la tête quand même. Chacun se renvoyait la balle et personne n’a osé me dire que le club ne voulait plus de moi. J’avais l’impression d’être le mari cocu où tout le monde est au courant de la situation et que lui l’apprend au dernier moment.

Comment apprenez-vous finalement que votre contrat ne sera pas reconduit ?

A la fin de la saison, Paul Le Guen me livre toujours la même partition avec des « je n’ai pas tranché sur ton cas. Je te tiens au courant dès que j’ai pris ma décision. » Naïvement, je pars en vacances en espérant un signe de sa part. Je n’avais pas trop d’illusions quant à mon avenir à Lyon mais je voulais au moins que les choses soient claires. Je me marie le 14 juin 2003 soit le même jour que Patrick Müller et Eric Deflandre. Je reçois un petit mot du président pour me féliciter de mon union mais rien concernant mon avenir. Encore aujourd’hui, en 2017, j’attends toujours le coup de fil de Paul Le Guen… Je n’étais pas un joueur à problème, cela ne coûtait rien de me dire la vérité. Mais c’est un comportement typique dans le milieu du football. L’honnêteté n’est pas une valeur reine dans ce sport.

Du fait de votre situation exceptionnelle, quelle saveur a, pour vous, ce titre de champion de France 2002-2003 ?

Il a forcément une saveur particulière car n’ayant pas joué depuis le mois de février, je n’ai pas la sensation d’avoir vraiment participé à l’aventure. J’ai quand même eu le droit à l’accolade affectueuse de Paul Le Guen après le dernier match à Montpellier mais j’ai senti un regard gêné de sa part.

« Je reste un vrai supporter de l’OL »

Selon vous, l’OL ne vous a pas conservé pour un problème d’âge ou de niveau ?

Si seulement quelqu’un m’avait dit les choses, je pourrais répondre à la question mais là c’est délicat. Personnellement, j’avais 35 ans mais je me sentais encore bien que ce soit dans la tête et dans les jambes. A l’entrainement, j’étais toujours dans les premiers lors des exercices physiques donc je n’ai pas eu de réel déclin à ce niveau-là. Je pense vraiment que le club a souhaité prendre un jeune joueur, de niveau supérieur au mien. C’est pour cela qu’Anthony Réveillère a été recruté. Je l’ai compris, je ne suis pas idiot.

Vous êtes restés trois ans à l’OL. Quelle place occupe le club au sein de votre carrière ?

Une place importante car j’ai vécu de superbes moments à la fois sur et en dehors du terrain. Sachant que l’on a remporté la coupe de la Ligue, deux titres de champion et un trophée des champions, j’ai le sentiment d’avoir participé à l’écriture de l’histoire du club. Je suis fier d’avoir porté les couleurs de l’Olympique lyonnais et d’avoir côtoyé des joueurs de très haut niveau. Puis la boucle était bouclée car j’ai signé ma première licence dans la banlieue de Lyon et j’ai terminé ma carrière en Ligue 1 à l’OL donc c’était un beau clin d’œil du destin. Ayant fait partie de la maison, je reste un vrai supporter de l’OL.  Je n’ai pas mis fin à ma carrière après Lyon car j’ai signé en Ligue 2 au Grenoble Foot 38, club dans lequel je suis resté un an et demi.

Quelle image pensez-vous avoir laissé à la fois au club et chez les supporters ?

Je doute que les gens se souviennent éternellement de moi (rires). Après, comme j’ai fait partie de l’équipe qui a gagné le premier titre de champion, je fais un peu partie de l’histoire et les gens n’oublient pas l’histoire. Mais, personne ne se souviendra d’un grand latéral droit. J’étais un joueur entier qui ne trichait pas donc j’espère que les supporters auront en tête un joueur courageux qui mouillait son maillot et qui faisait le maximum en fonction de ses moyens. J’ai toujours été lucide sur mon niveau. J’étais un joueur de club. Rien de plus.

« Agent n’est pas une profession qui correspond à ma personnalité. Je ne suis pas un rapace »

Après un an et demi passé sur les rives de l’Isère et du Drac à Grenoble, vous raccrochez les crampons et vous devenez superviseur, premièrement pour Le Mans à la demande de Frédéric Hantz puis de Guingamp sous les ordres de Patrick Rémy. Cela répondait à une volonté de rester dans le milieu du football ?

Oui forcément. J’ai décroché ces postes grâce à mes relations dans le football. J’observais des matchs donc ça me plaisait plutôt bien. Je bougeais pas mal et je faisais des rapports à la demande des coachs. Mais ce n’était pas un vrai boulot. C’était pour avoir une petite activité. A cette période, j’avais le droit à mes allocations chômage. Du coup, j’étais un peu comme un consultant à qui on demandait d’aller ici ou ici. Le club me remboursait mes frais et ça n’allait pas plus loin. Je rédigeais mon rapport dans la semaine et je le livrais ensuite. Je n’ai pas continué cette activité déjà parce que ce n’était pas un temps plein puis dans le football, tout va très vite. Dès lors qu’un entraîneur avec qui je travaillais était licencié, les choses s’arrêtent d’elles-mêmes. Mais ça m’aurait bien plu de faire ce travail en tant que salarié dans un club.

Peu de temps après avoir cessé votre activité de superviseur, vous décidez de vous lier avec un agent licencié FFF en la personne de Jean-Pierre Mériglier. Pourquoi ne pas avoir poursuivi dans cette voie ?

Je n’ai pas toutes les facettes d’un agent pour être performant dans ce domaine. La profession d’agent a de plus en plus mauvaise image et ce n’est pas pour rien. Il y a de plus en plus d’agents qui pensent qu’ils vont gagner leur vie avec cette activité mais pour beaucoup c’est une utopie car il n’y a qu’une élite qui a des revenus confortables, à l’instar des footballeurs cela dit. En France, il y a plus de 300 agents licenciés FFF mais également leurs associés et leurs personnels. Cela représente bien davantage que le nombre de contrats de footballeurs professionnels donc après, c’est rapidement la guerre. De ce fait, on abaisse l’âge du recrutement des joueurs. Il est désormais habituel de voir des agents tournés autour de jeunes de 12 ans. Et pour signer avec un jeune, les agents sont prêts à tout, vraiment à tout. Entre les cadeaux aux parents, les sponsors au joueur… Je ne suis pas ce genre de « rapaces » moi. Ce n’est vraiment pas une profession qui correspondait à ma personnalité. Je l’ai su quand j’ai commencé mais j’ai persévéré de façon assez déterminée. En vain.

Du coup, pour votre reconversion, vous avez choisi une activité originale pour un ancien footballeur professionnel, à savoir grossiste en ingrédients destinés aux pizzerias. Ainsi est née, en 2010, Pizza Mercato. Comment avez-vous eu cette idée ?

J’ai eu cette opportunité avec la rencontre d’une personne ancrée dans ce milieu puis de là est né ce projet. Nous sommes basés à Vaulx-en-Velin où nous stockons nos matières premières. Nous travaillons avec des fournisseurs pour avoir une large gamme de produits que l’on peut potentiellement retrouver dans une pizza. Ensuite, soit les professionnels viennent se servir directement à l’entrepôt, soit nous les livrons. Chaque jour, nous organisons une livraison dans une zone géographique bien précise. Notre zone de chalandise s’étend à environ 40 kilomètres autour de Lyon c’est-à-dire jusqu’à Bourgoin-Jallieu, Meximieux et Villefranche-sur-Saône. Nous travaillons essentiellement avec des professionnels, nous ne faisons pas de la vente aux particuliers. Cela peut aussi concerner des camions de pizzas. Toute proportion gardée, nous sommes à peu près ce que Metro est pour les restaurateurs sauf que nous, nous ciblons uniquement le secteur de la pizza.

« Dans notre position d’intermédiaire, nous subissons de plein fouet la guerre des prix »

Êtes-vous satisfait du rendement de votre entreprise dont vous êtes le gérant ?

Oui, je ne vais pas me plaindre. Maintenant, il est vrai que l’on a atteint une certaine vitesse de croisière. Il faudrait apporter un peu de sang neuf pour continuer à se développer. Après c’est délicat car dans notre position d’intermédiaire, nous subissons de plein fouet la guerre des prix. Un fabricant de fromage fixe les prix et si le prix du lait vient à augmenter, il nous le répercute gentiment. En revanche, de notre côté, on doit maintenir nos marges tout en restant compétitif sur les prix car le risque est de perdre nos clients. L’objectif pour nous est donc d’acheter à un meilleur prix et pour cela, il faut acheter en plus grande quantité et réaliser des économies d’échelle. Mais, il faut aussi avoir une surface de stockage suffisante donc il nous faudrait un local plus grand que celui que l’on possède actuellement. Je ne vais pas dire que je prends un plaisir fou chaque jour mais je n’ai pas à me plaindre de ma situation.

Vous ciblez avant tout des produits de qualité supérieure ?

Tout dépend de la volonté de nos clients, on s’adapte en fonction de leurs demandes respectives. Par exemple, il y a des pizzerias qui vont vouloir de la mozzarella Di Buffala, d’autre de la mozzarella plus classique et d’autre du fromage râpé, qui donne davantage de goût. En revanche, nous ne faisons pas de fromage de synthèse. Ingrédient malheureusement très répandu dans le monde de la pizza à l’heure actuelle. Nos différents fournisseurs viennent majoritairement de France et d’Italie. Nous sommes assez fidèles à nos fournisseurs car nos clients sont très attachés aux produits, ils n’apprécient pas trop le changement. Donc, nous nous devons d’avoir une certaine continuité.

Quelle est votre stratégie pour enrichir votre portefeuille clients ?

Nous avons réalisé un démarchage à l’ouverture du projet et nous le poursuivons toujours avec mon associé. Après, nous misons beaucoup sur le bouche-à-oreille qui est une promotion très qualitative. C’est la raison pour laquelle, nous nous devons d’avoir un service à la fois complet, efficace et de qualité.

« Mon nom a apporté une certaine assurance auprès des banques »

Quelle est votre rôle précis au sein de Pizza Mercato ?

J’ai le statut de gérant et je suis associé. Au début, j’avais un seul associé, maintenant j’en ai deux. Ce sont des personnes centrales au sein de notre organisation car ils connaissent le milieu de la pizza. Elles sont bien plus importantes que moi. Pour ma part, je suis un peu l’électron libre, je travaille en fonction de notre priorité du moment. S’il faut faire des livraisons, je vais livrer, s’il faut rencontrer les fournisseurs, je vais les rencontrer, s’il faut démarcher des clients, je vais les démarcher…

Vous êtes-vous servi de votre nom pour développer votre affaire ?

On peut dire ça car j’ai apporté une certaine assurance auprès des banques. Maintenant ce qui compte avant tout dans le milieu de la pizza, c’est le rapport qualité/prix des produits. Les clients n’accordent que très peu d’importance au fait que je sois un ancien joueur de football. Alors, certes, j’ai recruté certains clients car ils aiment le football et qu’ils me connaissaient au préalable mais cela ne représente qu’une minorité.

Vous évoquiez tout à l’heure le fait que vous ne preniez pas énormément de plaisir avec cette activité. Avez-vous d’autres projets professionnels en tête ?

Oui mais c’est encore en réflexion. J’aimerai revenir dans le monde du football. En effet, en tant qu’ancien joueur, je n’ai quasiment connu que le football. Je suis véritablement rentré dans le monde du travail grâce au football. Aujourd’hui, c’est ce que je connais le mieux. Après, il est évident qu’il y a une multitude de professions liée à ce monde, c’est la raison pour laquelle je réfléchis à celle qui pourrait le mieux me correspondre.

« Je pourrais aider Florian Maurice et la cellule de recrutement de l’OL »

On sait que l’OL est un club très ouvert au retour de ses anciens joueurs. Est-ce une hypothèse qui pourrait vous plaire ?

Je ne dis pas non, bien entendu que ça peut être intéressant. Maintenant, il faut voir à quel niveau car je n’ai pas passé mes diplômes d’entraineur. Par conséquent, il m’est impossible d’exercer ce métier. Par contre, je pense que je pourrais potentiellement aider Florian Maurice et la cellule de recrutement du club qui n’est pas forcément très étoffée. J’aime bien bouger, observer des matchs et faire des rapports donc je peux me rendre utile dans ce type de postes.

Avez-vous eu cette peur du vide à l’issue de votre carrière, syndrome d’une sorte de dépression du sportif de haut niveau quand il arrête ?

Non car dans le sport, tout peut aller très vite. Du coup, je savais que chaque saison pouvait être la dernière et je pense qu’inconsciemment, j’étais préparé à ça. Dans cette optique, j’ai toujours essayé de bien gérer mes revenus. Ils ne correspondaient pas à ce que gagne un joueur de l’OL aujourd’hui mais c’est important de ne pas faire n’importe quoi car quand la carrière prend fin, on réduit grandement la voilure en termes de revenus. Ma femme a toujours eu les pieds sur Terre, elle est loin du cliché des femmes de footballeurs comme il peut y avoir aujourd’hui. Nous sommes toujours restés des gens simples. Je me suis fait des petits plaisirs mais je n’ai jamais vécu au-dessus de mes moyens. C’est le danger potentiel quand on est footballeur professionnel.

Vous côtoyez régulièrement les anciens joueurs de votre époque comme Grégory Coupet, Pierre Laigle, Sidney Govou, Nicolas Puydebois et autres. Cela est un symbole fort quant à l’esprit de camaraderie qui régnait à l’OL quand vous étiez tous au club ?

Oui c’est vrai que l’on a plaisir à se réunir tous ensemble. On fait les vieux à se raconter des anecdotes (rires). Il faut dire aussi que c’est assez simple d’organiser des événements puisque beaucoup d’anciens joueurs habitent toujours à Lyon. Mais, à mes yeux, il ne fait aucun doute qu’à l’époque, on était davantage une bande de copains que peut l’être l’effectif de l’OL aujourd’hui.

« Je sens beaucoup trop de fébrilité dans la défense de l’OL »

La transition est toute trouvée, qu’est-ce que vous pensez d’équipe actuelle de l’OL ?

Je pense que tout le monde peut s’accorder à dire que c’est une équipe avec un potentiel certain. Il y a de la qualité et du talent. Maintenant, il faut que tous les talents se mettent en marche en même temps. C’est une équipe qui se cherche encore car il y a beaucoup d’inconstance. De là à dire qu’ils seront deuxièmes, je ne sais pas mais il y a la place pour terminer à une belle place d’honneur. Pour cela, il faut régler le problème défensif car l’OL encaisse vraiment trop de buts.

Vous qui avez sévi en tant que défenseur durant de longues années, à quoi sont dus ces problèmes défensifs selon vous ?

Il y a un gardien et des défenseurs mais la défense, c’est l’affaire de tous ! Si les lignes d’attaque et du milieu de terrain se font transpercer, c’est toute la défense qui est désorganisée ensuite. Défendre, c’est un état d’esprit. Je sens beaucoup trop de fébrilité dans l’arrière-garde lyonnaise. Je suis allé voir le match OL-Monaco et j’ai vu des phases de jeu où jamais les Monégasques auraient dû prendre à revers les Lyonnais. J’ai l’impression qu’il y a un manque de confiance. J’espère que ces deux derniers matchs de championnat sans encaisser le but donneront à toute l’équipe des motifs d’espoir sur le plan défensif. Ça peut être un déclic pour la suite.

Que pensez-vous des différentes recrues défensives de l’OL ?

Marcelo me semble être un bon élément et surtout un joueur d’expérience. L’OL a besoin de ce genre de profil. Sur les côtés, Kenny Tete est un jeune joueur mais il montre des choses intéressantes. Il a davantage un profil de défenseur que Rafael notamment. Mais ce dernier a l’expérience des grands matchs donc c’est utile d’avoir deux joueurs aux caractéristiques assez différentes. Sur le côté gauche, Ferland Mendy est également un jeune joueur à potentiel qui peut grandir à l’OL. Le club a fait le choix de recruter également Fernando Marçal à ce poste-là. Il avait montré de très belles choses à Guingamp la saison passée. Maintenant,  Guingamp ce n’est pas Lyon. Il a donc une marche à franchir et ce de manière assez rapide s’il veut être le titulaire.

« Bruno Genesio souffre d’un déficit d’image »

Quelle est votre vision de l’évolution du poste de défenseur latéral ? Aviez-vous un profil qui vous permettrait de jouer à l’OL aujourd’hui ?

Oui, je pense car je prenais souvent mon couloir. Ca ne sautait peut-être pas énormément aux yeux car je n’étais pas une machine à centrer. Ce poste de latéral n’est pas simple contrairement à l’image qu’il possède car il faut être, à la fois, un défenseur et il faut savoir attaquer. Il y a également tout à un jeu invisible de couverture, de marquage qui ne se voit pas forcément mais qui est malgré tout essentiel. Il faut savoir jouer le hors-jeu, ce qu’à mal fait l’OL notamment sur le but de Rony Lopes au Groupama Stadium. C’est un poste qui n’est pas très valorisant mais il faut beaucoup de coffre et d’intelligence. C’est un rapport de force permanent avec votre adversaire direct qui est, bien souvent un attaquant. Le but est de prendre le dessus sur lui pour le faire défendre car on sait que ce n’est pas sa compétence de prédilection.

Vous évoquiez tout à l’heure l’impatience des supporters. Pensez-vous que c’est encore le cas aujourd’hui, notamment dans le traitement réservé à Bruno Genesio ?

Je pense que l’impatience fait partie de la définition même d’un supporter. Je me souviens aussi qu’en son temps, Claude Puel était pas mal décrié avec des banderoles dressées sur certains ponts de Lyon. Il y a une attente du public qui est légitime. Le club renforce aussi cette attente quand il fixe un prix des places assez élevé. Du coup, le public attend une sorte de retour sur investissement qui se caractérise par du jeu, du spectacle et des résultats. Si tout n’est pas réuni, l’entraîneur est souvent dans l’œil du cyclone en premier. L’OL a enchaîné quatre victoires de rang, du coup le débat autour de Bruno Genesio n’existe quasiment plus. Si Lyon termine sur le podium, les mêmes personnes qui l’auront critiqué diront sans doute qu’il a fait du bon boulot. Dans le football, rien n’est arrêté. Personnellement, je trouve qu’il est légitime de lui reprocher certaines choses mais il a fait preuve de beaucoup d’audace dans ces choix et il a le mérite de tenter des coups. Peut-être que si c’était un entraîneur avec davantage d’aura et de charisme, les choix d’envoyer Memphis Depay en tribunes et de titulariser Houssem Aouar au milieu de terrain seraient sans doute davantage salués. Bruno Genesio souffre d’un déficit d’image du fait de son absence d’antécédents au poste d’entraîneur.

Les objectifs fixés en début de saison à savoir le podium en championnat et la finale en Europa League ne sont-ils pas un peu élevés ?

Un club ambitieux se doit d’avoir des objectifs élevés. Maintenant, ce ne sera pas facile. Les objectifs ne sont que des paroles or seuls les actes comptent et les actes correspondent au terrain. Ce sera très difficile d’atteindre la finale de l’Europa League, on l’a vu la saison dernière. Après comme on dit, il faut parfois viser le ciel pour atterrir dans les étoiles. Je pense que Jean-Michel Aulas sait ce qu’il fait. Il connait son effectif et ses limites. Après quels sont les objectifs réels du club, on ne peut pas vraiment le savoir. Lui seul sait où se situe son niveau de satisfaction. Il est un peu l’antithèse de Guy Roux qui lui disait jouer le maintien chaque saison alors qu’il visait bien plus haut.

5 commentaires
  1. calone - mer 1 Nov 17 à 17 h 15

    Quelle interview fleuve ! !!! Bravo Jonathan
    Merci à Jean Marc pour son charisme et bonne continuation dans la région lyonnaise

    1. Jonathan Lopes - jeu 2 Nov 17 à 9 h 20

      Merci c'est gentil

  2. Gonesallons - mer 1 Nov 17 à 19 h 05

    Complètement d'accord avec toi mais comme le dit Jean Marc, il aimerait bien rejoindre le club si il en a la possibilité, donc il ne peut pas se permettre de critiquer ouvertement les problèmes récurrents de la défense.

  3. -bRoglin- - jeu 2 Nov 17 à 10 h 39

    Oui très bel article...complet et presque totalement sincère...jusqu'à ce qu'on parle du présent..^^

  4. Marco - jeu 16 Nov 17 à 16 h 31

    Chic type ce Jean-Marc.
    Et pour moi, avec un truc particulier : la veille du fameux OL-Lens, Jean-Marc me donne un maillot au travers de la grille de Tola-Vologe, celui de Govou.
    Ce sera le seul que je possède, et qui me suit partout.
    Merci pour tout..

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