Ancien milieu et coach, Luis Fernandez officie depuis plusieurs années comme consultant chez beIN Sports, diffuseur de la Coupe de France. Avant OL - Strasbourg ce mardi (20h45), celui qui a grandi aux Minguettes a livré à Olympique-et-Lyonnais son regard sur l’évolution du club lyonnais depuis l’arrivée de Pierre Sage.
Olympique-et-Lyonnais.com : L’OL reçoit Strasbourg en quarts de finale de la Coupe de France. Quel regard portez-vous sur cette équipe lyonnaise ?
Luis Fernandez : Je vois qu’elle s’améliore. Elle est en train de revenir à la normale pour un club comme Lyon. Les récents résultats sont en train de remettre le club sur la bonne voie. Mais il faut rester vigilant. L’équipe s’est bien remise, elle repart de l’avant, il y a de la confiance qui est revenue dans cette formation avec ce staff qui a pris les clés il y a trois mois. Je suis content de voir l’OL se relever parce que c’est une formation qui a compté pour moi. J’allais voir les matchs à Gerland en habitant aux Minguettes.
Pierre Sage ne souhaite pas s’emballer à parler d’Europe. L’OL est-il toujours une équipe malade ?
Elle reste malade, mais on voit qu’elle est en train de guérir. Elle trouve les remèdes pour sortir de cette situation dans laquelle était l’OL ces derniers mois. Le club a vécu de mauvais moments, on pensait que ça allait se diriger tout droit vers la Ligue 2. Mais en les voyant actuellement, avec un entraîneur qui a réussi à trouver les bons leviers à activer, on voit une équipe qui est sur la bonne voie pour regarder de nouveau vers le haut.
"Le changement de l'OL est avant tout dans l'état d'esprit"
Avec sept recrues cet hiver, l’OL s’est attiré quelques critiques. Les comprenez-vous ou fallait-il vraiment tout changer ?
En tant qu’entraîneur ou dirigeant, quand une situation est un peu néfaste, critique, on doit essayer de trouver des solutions, de changer. Quand on décide de changer, il faut tout de suite qu’il y ait une réaction positive. Si on change et que c’est négatif, on s’est trompé. Quand on voit l’OL ce jour, il ne peut y avoir qu’une réaction positive avec ces changements effectués durant le mercato. Il y a les arrivées qui sont bonnes, bien intégrées et ça redonne une certaine confiance à tout le groupe. En tant qu’ancien entraîneur, quand je vois les changements dans un mercato, il ne faut pas se tromper et pour le moment, c’est le cas à l’OL et c’est bien pour eux.
Vous êtes un ancien coach, mais aussi un ancien milieu. Est-ce que l’arrivée de Matic était le chaînon manquant à cette équipe de l’OL ?
Par expérience et parce que je regarde assez souvent le cœur du jeu pour y avoir évolué, il ne faut pas se dire qu’un joueur qui vient d’arriver à tout changer. C’est un sport collectif, le football. Ce n’est pas l’arrivée d’un joueur qui change le visage d’un groupe. C’est un tout avec un changement d’état d’esprit et de mentalité, avec aujourd’hui des joueurs qui retrouvent confiance. On peut faire venir des joueurs, mais ça ne marche pas aussi bien qu’auparavant. Après, j’adore Matic, j’aime ce joueur qui apporte une touche technique, de l’expérience et c’est pour ça que le "petit" Caqueret peut exploiter un peu mieux la grosse activité qu’il a. Il est en train de retrouver son football et on a l’impression qu’il se retrouve parce que tout le monde y met du sien. Tout le monde fait les efforts nécessaires pour rattraper le temps perdu dans la première partie de saison.
Même s’il s’y refuse, Pierre Sage a imprimé sa patte. Comment jugez-vous l’arrivée de ces coachs comme Will Still ou Franck Haise, qui n’ont pas ou peu eu de carrière pro comme joueur ?
C’est quelqu’un qui était à l’OL, qui a ensuite été au Red Star comme adjoint d’Habib Beye avant de revenir l’été dernier comme directeur du centre. Il a un peu voyagé, il a 44 ans, mais quand on lui demande de reprendre cette équipe, on voit que les joueurs adhèrent. Il a l’adhésion d’un groupe qui comprend ce qu'on lui demande. Ça se voit au travers du jeu, des attitudes. On voit que Pierre Sage a changé quelque chose. Il n’a peut-être pas eu la grande expérience de joueur, mais il a ce petit truc en plus. Il faut qu’on le laisse tranquille, il ne faut pas commencer à s’interposer dans son travail. Pierre Sage fait partie de ces hommes qui ont besoin d’être tranquilles pour bien travailler. On sent que sa patte et son discours ont pris à l’intérieur du groupe.
"Gagner la Coupe de France reste un rêve"
En parlant de tranquillité, Pierre Sage peut aussi compter sur un organigramme plus structuré. Est-ce que cela peut jouer indirectement sur les performances ?
Je ne vais pas aller plus loin sur cette question parce que celle qui m’intéresse est celle sur le terrain, celle du football. Quand je vois Saint-Etienne ou Bordeaux en Ligue 2, je me dis que ce n’est pas normal que ces clubs soient en Ligue 2. Avant, il y avait des clubs comme l’OL, l’OM ou Nantes qui tiraient tout le monde vers le haut. Finalement, il y a eu pas mal d’erreurs commises dans la gestion sportive et administrative.
Il faut remédier à tout ça, remettre de l’ordre. Parce que l’administratif est tout aussi important que le sportif même si la priorité reste le terrain. On pourra éventuellement juger l'apport de Laurent Prud'homme ou David Friio la saison prochaine parce qu’ils ont pris une situation en cours avec une certaine difficulté. On va leur souhaiter que l’OL finisse la saison du mieux possible pour qu’ils puissent repartir sur de meilleures bases et voir ce qu’ils vont mettre en place.
Pour revenir à la Coupe de France, dont beIN Sports est le diffuseur, qu’est-ce qu’elle représente pour un joueur ou un entraîneur, vous qui l’avez gagnée trois fois ?
Tout joueur qui réussit dans sa carrière vient du monde amateur. Il ne doit en aucun cas oublier dans son parcours ce football-là. Sans ce monde, il ne serait pas parvenu là où il est. Cette Coupe représente le monde professionnel et le monde amateur. Depuis que beIN Sports la diffuse, j’apprécie toutes ces rencontres avec ces supporters venus de tous les horizons. On se réconcilie avec le football qui est celui de tout un peuple de France. J’espère assister à un beau match entre l’OL et Strasbourg ce mardi soir (20h45 heures).
Pour des équipes comme l’OL ou Strasbourg, elle peut aussi représenter un chemin plus rapide vers l’Europe…
Il reste encore Rennes, le PSG et d’autres clubs. Mais il ne reste qu’une demi-finale et une finale derrière, donc oui, c’est le chemin le plus rapide. Cela peut permettre d’obtenir un billet pour l’Europe malgré les difficultés en championnat. Mais la Coupe de France reste la Coupe de France. Pour un joueur ou un entraîneur, c’est toujours un rêve d’aller au bout et de la gagner.

Il n'est plus possible de poster des commentaires pour l'instant: Il y a trop d'abus et de dérives avec l'actualité