Après treize victoires consécutives, l’OL vient d’enchaîner un neuvième match sans succès à Angers. Les temps sont durs alors que le groupe est à la recherche de la confiance perdue.
Autant ils avaient été réalistes sur la très bonne passe vécue au début de l’année 2026, autant ils ne s’attendaient sûrement pas à ce que le retour à la réalité soit aussi brutal. En l’espace d’un mois et demi, les joueurs de l’OL sont passés de rêver d’une fin de saison aux objectifs multiples à celle où il va vite falloir retrouver de la confiance pour ne pas tout gâcher. C’est pourtant bien ce qui guette la formation lyonnaise après le nul 0-0 concédé à Angers dimanche après-midi.
Un neuvième match sans le moindre succès toutes compétitions confondues. "Les treize victoires de suite, c’est du passé. On veut absolument chercher cette place en Ligue des champions. Je fais partie de ceux qui vont guider les jeunes, et permettre à tout le monde de gérer cette pression, a déclaré Clinton Mata aux médias présents au stade Raymond-Kopa. C’est le foot, quand on gagnait, tout le monde était avec nous, et là, on nous tombe dessus. Ce résultat contre Angers est dur, mais on le sait, on ne va pas lâcher."
Ce discours, l’OL le tient depuis quelques matchs déjà, sans que les choses n’évoluent sur le terrain. Il va donc falloir passer des paroles aux actes dès dimanche prochain (20h45) contre Lorient où "on doit prendre plus de risques dans le dernier tiers du terrain. Les joueurs offensifs doivent laisser passer leur créativité."

Cette réflexion de Mata (titre de l'article) correspond bien au sentiment que j'avais hier en regardant ce pauvre match de l'OL. Une équipe enfermée dans un dogme tactique qui ne peut fonctionner qu'avec des éléments très en forme et en confiance et qui en plus en maitrisent bien tous les aspects, ce qui n'est manifestement pas ou plus le cas.
L'OL a eu une bonne période pendant deux mois, avec il est vrai aussi pas mal de réussite. Réussite que beaucoup ont voulu minimiser, refusant d'admettre qu'en football, en particulier, la réussite joue un grand rôle, même quand l'arbitrage lui n'est pas au même niveau.
Et la réussite aidant, la confiance tend à s'installer, donnant même parfois des ailes à des joueurs plutôt moyens habituellement, créant aussi des liens presque affectifs grâce à la bonne humeur qui règne dans le vestiaire et sur le terrain, avec une solidarité très visible.
Mais quand l'échec survient, et si en plus la forme et l'état physique sont sérieusement altérés pour quelques uns, notamment les plus influents dans le jeu, en y ajoutant une dispersion mentale liée à des séjours en sélection qui viennent fatiguer en plus des organismes déjà fort sollicités par un calendrier démentiel, on assiste à une forme d'effondrement où tout semble se déliter.
Ce qui démontre la fragilité d'un effectif construit quand même dans l'urgence et avec des moyens convenables mais comparativement limités face à des écuries placées sensiblement dans la même partie du classement, le premier tiers, mais avec soit bien plus de moyens, soit un calendrier bien allégé depuis pratiquement le début de saison.
L'OL veut jouer un jeu pour moi très exigeant, c'est la volonté de Fonseca. Mais ce jeu use les organismes en demandant bien plus d'efforts constants. Et avec un effectif réduit, sauf à faire bien plus tourner y compris avec des joueurs bien moins "cotés" et fiables à priori, ce que ne fait guère Fonseca, sauf dans les dix dernières minutes... et encore.
L'autre option, c'est de sacrifier un peu ces principes tactiques rigides, consentir à laisser un peu plus de liberté aux joueurs qui ont encore les moyens de faire la décision... et retrouver l'humilité qui consiste à reconnaître que l'on est à sa place, en ayant conscience qu'une saison est longue et demande une gestion des organismes bien plus pointue et conforme aux joueurs dont on dispose.
Mais les supporters ne doivent pas oublier que l'on a perdu le leader d'attaque, un Lacazette qui même avec le poids des ans arrivait chaque saison à peser par sa qualité, son expérience et sa finition, et parvenait souvent à masquer pas mal de déficiences. Et le Cherki de l'an dernier apportait lui aussi son talent, sa menace technique permanente, et sa créativité.
Les remplacer qualitativement est impossible, à moins de sortir un génie précoce du centre de formation ou aller le dénicher au fin fonds d'une favella à bas coût, ce qui relèverait d'un sacré talent de nos recruteurs. Déjà qu'ils ont fait assez fort avec Sulc et Moreira, même si ces derniers ne peuvent prétendre "remplacer" qualitativement Lacazette et Cherki..
Il reste donc l'option collective, ce qui motive évidemment Fonseca, mais le bloque aussi dans son management. Et en plus, il semble limiter sa confiance aux plus jeunes. Peut-on le lui reprocher, puisque lui les voit au quotidien et est le mieux à même de connaître leurs limites et leur fragilité mentale?
Au final, je pense qu'il y a beaucoup de paris plus ou moins forcés qui se sont multipliés cette saison, avec une période de réussite qui a enclenché une ambition supérieure à celle initiale, et a entrainé une prise de risques encore supérieure.
On en paie peut-être le prix aujourd'hui, mais la saison n'est pas finie et il appartient à tous les membres actifs du club (staff technique, médical, joueurs et dirigeants) de relever le défi des derniers matchs qui seront tous des "finales". Au moins pour participer à la Ligue Europa, déjà bien assez exigeante en énergie.
Pourquoi est-ce que quand l'attaque est incapable de mettre un but, c'est à un défenseur qu'on va demander ce qui coince?