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OL - Emerson : "Une décision du cœur"

Prêté un an* par Chelsea à l’OL, Emerson (27 ans) s’est rapidement acclimaté à sa nouvelle équipe en apportant sa touche technique et son expérience. En compagnie d’Isabelle Dias, la traductrice et protectrice des joueurs étrangers, le latéral gauche international italien d’origine brésilienne a accepté de se raconter.

Avez-vous toujours voulu devenir footballeur ?

Emerson : Oui, depuis tout petit. Dès l’âge de 5 ans, je jouais au foot avec mon papa et mon frère. Cela a toujours été un rêve. Pas seulement le mien mais aussi celui de ma famille. Aujourd’hui, je l’ai concrétisé.

À cette époque, étiez-vous déjà doué balle au pied ?

Je jouais souvent avec mon frère, âgé de cinq ans de plus que moi, sur la plage avec ses amis. Ils me disaient tous que j’avais quelque chose, une qualité différente des autres. C’est à partir de là que mon frère et mon père se sont dit que je pouvais envisager de faire carrière.

Vous aviez déjà des modèles dans le football ?

À partir de 8 ans, j’ai commencé à regarder et à assister à des matches de football. Et là, j’ai observé Ronaldinho. J’ai été impressionné par ce joueur. Je l’ai vu jouer et l’ai admiré quand il a joué en France (au PSG en 2001-2003) mais surtout lorsqu’il évoluait en Espagne (Barcelone en 2003-2008). C’était une révélation de voir Ronaldinho. C’est devenu une idole, j’étais fan de lui.


"Je souhaite sans cesse progresser, j’en veux toujours plus"


Vous avez pratiqué le futsal. Cela vous sert-il encore aujourd’hui ?

Au Brésil, les enfants commencent tous par le futsal et arrivent sur le terrain en herbe à l’âge de 11, 12 ans. De mon côté, j’ai débuté plus tardivement sur un terrain classique, à 14, 15 ans. Le futsal permet de développer certaines caractéristiques de jeu qui me plaisent, que j’aime. On me dit souvent, même si j’avoue ne pas m’en rendre compte, que ça se voit que j’ai joué au futsal. J’ai ça en moi.

Votre entraîneur, Peter Bosz, a récemment déclaré sur la chaîne Canal+ : “Le meilleur tireur de coups francs à Lyon ? À mon avis, c’est Emerson…”

Tout d’abord, je le remercie pour ces éloges. Je tiens à dire que, dès le premier jour, Peter Bosz m’a entièrement fait confiance. Il m’a mis à l’aise. Je m’entraîne beaucoup sur les coups de pied arrêtés et ça se passe plutôt bien à l’entraînement. Cela dit, je respecte les autres joueurs qui tirent eux aussi les coups de pied arrêtés. Il faut maintenant que je transforme cette réussite à l’entraînement en buts lors des matches.

Dans ce même entretien, il a également dit que vous étiez trop gentil… Vous devez plus vous imposer ?

Je respecte tout le monde. C’est vrai que je suis quelqu’un de gentil, néanmoins il est peut-être temps de m’imposer davantage mais toujours avec respect. Désormais, je serai là, présent, pour tirer les coups francs tout en respectant mes coéquipiers (sourire).

Peter Bosz prône le beau jeu… On imagine que c’est plaisant d’avoir un tel entraîneur.

La philosophie de jeu de Peter Bosz me plaît. Avant de venir, j’avais eu l’opportunité de discuter avec lui et, déjà, lors de cette conversation, j’avais senti cette philosophie. Pour moi, c’est ça l’essence du football, c’est mon style de jeu : contrôler le ballon, jouer avec liberté, du beau jeu... Certes, on ne va pas arriver à produire du beau jeu à tous les matches mais sa mentalité me correspond bien. Dans la philosophie de notre entraîneur, il faut également vaincre. Et ça aussi, ça me parle, j’aime ça. On veut gagner tout en proposant un beau football.


"Un jour, je pourrai être ce capitaine, sans problème"


Avez-vous l’âme d’être un jour capitaine ?

Lorsque j’étais enfant, dans les petites catégories de jeunes, à Santos, j’ai été capitaine de certaines équipes. Pour moi, un capitaine n’est pas forcément celui qui a une voix forte et qui est dur. À mon avis, il y a différentes formes de leaders. Il y a le leader technique sur le terrain, et je pense l’être. Je suis une personne qui cherche à s’améliorer en permanence, je souhaite sans cesse progresser, j’en veux toujours plus. Alors, oui, peut-être qu’un jour, je pourrai être ce capitaine, sans problème.

Selon vous, même si c’est toujours difficile de se juger, quels sont vos points forts et faibles ?

(Il rigole). C’est difficile de parler de moi. Au niveau de mes points forts, je suis un joueur technique avec une intelligence de jeu... Vous savez, quand vous jouez au football, il ne faut pas simplement courir et être physique. Il faut aussi lire le jeu et je pense que j’ai cette intelligence-là. Concernant mes points faibles, on va dire peut-être mon pied droit... Mais je pense que c’est à vous de juger parce que ça m’aiderait d’avoir une vision extérieure afin de définir les domaines où je peux progresser.

Quel est votre avis sur le championnat de France ? Êtes-vous surpris par son niveau ?

Le championnat français est d’un bon niveau. Celui qui le critique ne le connaît pas. Il y a de grandes équipes. Dès mon premier match, j’ai constaté qu’il y avait de la qualité. Même Lionel Messi (PSG) l’a dit dernièrement en parlant de joueurs de qualité dans ce championnat. Pour moi, c’est même l’un des meilleurs au monde.

À Lyon, un joueur fait beaucoup parler de lui... Vous êtes surpris par le niveau affiché par Lucas Paquetá ?

En toute humilité, je ne suis pas surpris de voir Lucas évoluer de la sorte. C’est un joueur plein de qualités. Finalement, je n’ai pas besoin de faire de commentaires sur lui... Je pense qu’il a manqué de confiance en Italie (à l’AC Milan). C’est un jeune joueur, il va encore apprendre mais il a le principal à Lyon : la confiance. Ici, il croit en lui car tout le monde – les supporteurs, les dirigeants, ses partenaires – l’a aidé à se sentir bien. Cela va le propulser à un niveau très haut. Nous sommes vraiment heureux pour lui. Et je peux vous assurer qu’il va encore monter en puissance.


"Une forme de reconnaissance, de gratitude envers l’Italie"


Ça promet alors...

Éclat de rires général.

Pourquoi avoir opté pour l’OL alors que vous aviez d’autres propositions comme Naples ?

J’ai grandi en regardant les matches de l’OL et en suivant tout ce qui se disait sur ce club. Au Brésil, l’OL est très connu. Lorsque j’étais à l’AS Roma (2015-2018), j’ai joué contre Lyon, j’ai vu le stade, j’ai découvert toutes les structures de ce club et cela m’a plu d’emblée. Dès qu’il y a eu des pourparlers avec l’OL, en deux jours, j’avais fait mon choix. C’est une décision du cœur, de ma famille également. Dans la vie, il faut toujours suivre son cœur et je peux vous dire que je ne le regrette pas. Je suis très heureux ici.

Vous avez décidé de jouer pour la sélection italienne et non brésilienne. C’est une décision peu commune tant les Brésiliens sont attachés à leur pays et sélection...

Je peux vous dire, vous garantir, que cette décision n’a pas été facile à prendre. Quand on devient joueur professionnel, on commence à connaître de nombreuses choses, les bases du football. J’arrive en Italie à 20 ans et je vis trois belles années à Rome où j’ai reçu beaucoup de tendresse, d’amour, d’affection de la part du pays, des gens, des Italiens...

Honnêtement, d’un point de vue professionnel, le Brésil ne m’a pas donné tout ça. Donc, lorsque je choisis cette sélection, c’est comme une forme de reconnaissance, de gratitude envers l’Italie qui m’a ouvert ses portes. J’ai reçu tellement d’amour de leur part. Je reviens là-dessus, mais cette décision est affective. Je ne regrette pas, je ne regretterai jamais, même si mon cœur est brésilien.

Avez-vous un plan de carrière bien défini ? Aimeriez-vous rester à l’OL en fin de saison ?

Pour le moment, je dois penser aux prochains mois, aux futurs matches. À toujours faire mieux. À la fin de cette saison, on fera un bilan, une synthèse avec Chelsea et Lyon afin de décider ce qu’il y a de mieux.

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2 commentaires
  1. Juninho Pernambucano - jeu 28 Oct 21 à 10 h 50

    je suis fan de ce joueur .

  2. westkanoute - jeu 28 Oct 21 à 10 h 54

    Merci pour ce bel interview qui permet de mieux découvrir l'homme.

Les commentaires sont fermés

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