Après trois succès consécutifs en championnat, l'OL s'est incliné dimanche soir à Lille 1 à 0. Surtout, la manière a interpellé.
A l'issue de la défaite de Lyon à Lille dimanche soir, Bruno Genesio s'est montré assez critique envers son équipe, tout en soulignant la défaillance au niveau de l'attitude. "Je suis déçu par l’entame de match, on a oublié certaines vertus qui nous avaient permis de revenir dans le haut de tableau et on a été sanctionné."
Pris au jeu des Lillois et à leur propre jeu

Sur ce plan (et cela sera le cas bon nombre de fois dans le match), Mathieu Valbuena est aux côtés d'Alexandre Lacazette, devant deux lignes de quatre assez distinctes.
D'entrée, et contrairement aux trois derniers matchs de Ligue 1, l'OL a mal entamé la partie, ce qui avait constitué la clé de larges victoires par la suite. Au stade Pierre-Mauroy, les Gones sont retombés dans leurs travers et heureusement qu'Anthony Lopes était lui rentré dans son match en sauvant la tête de Yassine Benzia sur sa ligne. A partir de là, les Lyonnais sont fortement gênés par l'impact physique de leur adversaire, qui plus est sans ses joueurs qui ont du répondant dans ce secteur habituellement, à savoir Maxime Gonalons surtout et Corentin Tolisso dans une moindre mesure. Sur chaque contact ou presque, les joueurs de Genesio sont bousculés et c'est logiquement qu'ils perdent les duels au milieu du terrain. En outre, et chose assez inhabituelle pour les deux équipes, les Dogues arrivent à conserver le ballon au détriment des Rhodaniens (51% de possession pour le LOSC) ! Certes, l'expulsion de Christophe Jallet a aidé en ce sens (tout comme le jeu qui a penché à gauche à hauteur de 60%, et on aurait aimé voir Henri Bedimo dans ce cas), mais la tendance se vérifiait déjà jusqu'au carton rouge.
Ce n'est donc pas un hasard si l'OL a cadré son premier tir à la 63e minute (pour un total de 3 tirs cadrés) ... Autre remarque sur le jeu, elle concerne l'organisation mise en place par le technicien lyonnais. Disposés en 4-2-3-1 sur le papier (et quelques fois durant la rencontre), on a souvent vu un 4-4-2 à plat dans les faits. Mathieu Valbuena s'est souvent positionné en tant que deuxième attaquant avec Alexandre Lacazette, sans lui apporter le soutien nécessaire ni lui permettre de se retrouver en bonne position grâce à ses appels. Mais pour cela avant tout, fallait-il encore que les ballons arrivent jusqu'à eux ... Néanmoins, ce placement a mis en difficulté la paire Clément Grenier - Jordan Ferri (le premier beaucoup plus propre dans son jeu qu'à l'accoutumée), inédite à la récupération, qui s'est retrouvée avec beaucoup d'espace devant elle avec des joueurs lillois qui arrivaient lancés. Et quand on a pas l'habitude de gérer une pression plus forte de l'adversaire, l'équipe entière se retrouve en difficulté. Ce qu'elle a montré par son comportement.
Une nervosité inexplicable ?
C'est ce qui a sauté aux yeux lors de cette partie entre Lille et Lyon. On a vu les Gones, et ce très tôt dans le match, s'emporter vite contre l'arbitre M. Bastien ne serait-ce que pour des fautes anodines. D'ailleurs, les deux premiers cartons jaunes de Jallet et Grenier, expulsés par la suite, proviennent de contestations. De même, on a pu voir que Samuel Umtiti allait à chaque fois ou presque en sprint vers l'arbitre pour contester à peu près tout, tandis que le coup franc qui amène le but lillois vient d'une faute largement évitable de Mapou Yanga-Mbiwa. Mais pourquoi tant de nervosité ? L'entraîneur lui-même n'arrive pas à l'expliquer. "Je les avais pourtant mis en garde à la mi-temps. Je n’ai pas d’explication à cette nervosité, mais ça montre une certaine fébrilité. On n’a rien à gagner à s’énerver contre l’arbitre ou les adversaires, ce soir (dimanche) c’est le parfait exemple." On croirait une phrase d'un éducateur d'équipe de jeunes ... Pour explication possible, on peut supposer que les Lyonnais avaient encore un dent contre l'arbitre, le même qui avait officié lors du match contre le PSG en Coupe de France.
Ce n'est pas une raison, loin de là, mais si même les cadres perdent leur sang-froid, qui peut calmer le groupe ? Est-ce là un symbole de la jeunesse de cette équipe au haut niveau ? Pour rappel, l'Olympique lyonnais pouvait prendre seul la troisième place du championnat en cas de victoire, et c'est peut-être ce qui a mis un peu plus sous pression les joueurs. En outre, l'équipe adverse a joué à fond sur ses qualités, à savoir le duel et l'impact physique, avec des joueurs d'expérience (Rio Mavuba, Renato Civelli) qui savent jouer avec la limite, ce qui est tout à leur honneur. On peut disserter sur l'absence de Gonalons (tant par son apport dans le jeu que dans la mentalité), qui aurait pu apporter du répondant dans ce domaine. En tout cas, Lyon sera privé de nombreux joueurs pour le choc face au PSG ce dimanche, et c'est le plus inquiétant ...

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