Peter Bosz à l’entraînement (Photo by PHILIPPE DESMAZES / AFP)

OL : mentalité et attitude, Peter Bosz a du travail

Dimanche dernier après la débâcle en terre angevine (3-0), Peter Bosz a pointé du doigt la mentalité et l’attitude de ses joueurs. Pour inverser cette tendance, l’entraîneur néerlandais aura du travail comme nous le confirment deux préparateurs mentaux lyonnais.

Dimanche, Peter Bosz n’a pas mâché ses mots. Après la défaite embarrassante à Angers (3-0), l’entraîneur rhodanien a fustigé l’attitude de ses joueurs, coupables selon lui de trop de laxisme. « On peut parler de la défense, des problèmes individuels, mais le foot, ça commence par la mentalité de vouloir gagner, rappelle-t-il. Il faut donner 100 %. C'est ce que j'ai aimé chez le SCO, et que je n'ai pas vu dans mon équipe. »

Il était en effet assez flagrant de constater le manque d’intensité, de révolte et d’implication des coéquipiers de Marcelo. Ce dernier a d’ailleurs été sanctionné pour son comportement d’après-match, dans la foulée de sa piètre prestation sur la pelouse (lire ici). Pourtant, le Brésilien, du haut de ses 34 ans, devrait représenter une figure d’expérience et se montrer irréprochable, ce qui n’a pas vraiment été le cas durant ses quatre ans à Lyon.


"Il n’existe pas de recette miracle"


Mais si Marcelo évoluera désormais en réserve, tous les problèmes lyonnais ne sont pas résolus pour autant. Toutefois, inculquer une mentalité de gagnant, comme le souhaite Peter Bosz, ne sera pas chose aisée. « Il n’existe pas de recette miracle. C’est un assemblage de plein de détails qui font qu’on arrive ou non à gagner. Il suffit de pas grand-chose pour inverser la tendance. Il est plus facile de passer de la victoire à la défaite que l’inverse, insiste Fred Chevally, préparateur mental à Lyon. Beaucoup de paramètres rentrent en compte, l’environnement, le groupe... Il faut trouver une alchimie pour aligner la meilleure équipe, et pas forcément les meilleurs joueurs. Il faut donc un peu de patience, mais aussi travailler, s’appuyer sur ses qualités en essayant de trouver des points positifs. »

Un constat complété par son confrère, Alexandre Romieu. « Cela dépend du profil de l'athlète. Certains n’ont pas envie de perdre, ils ont un côté plus agressif dans leur manière de récupérer le ballon, de créer du jeu. Donner à tous l’envie de gagner, c’est tout un travail. De mon point de vue, et je prêche pour ma paroisse, il faut instaurer des situations mentales en s’appuyant sur les croyances du joueur, ce qu’il fait, sur ce qu’il crée sur le terrain, sur ce qu’est le football pour lui, comment il voit l’équipe, détaille-t-il. Il y a un travail individuel à faire avec le sportif pour essayer de le comprendre et ainsi mettre le groupe dans la même direction. »


Gagner pour lancer un cercle vertueux


Pour cela, on peut espérer qu’une première victoire, éventuellement contre Clermont dimanche, pourrait inverser la donne. « Oui ça peut débloquer certaines choses. Parfois, gagner, même sans la manière, peut apporter une dynamique positive. Ce qui est important, c’est de se focaliser plus sur sa prestation que sur celle de l’adversaire, assure Fred Chevally. Il faut accepter l’adversité qu’il va y avoir en face, tout en étant sûr de ses forces. Autre chose, lorsque vous enclenchez un cycle de succès, on remarque que la victoire appelle la victoire. Vous pouvez bénéficier d’un avantage psychologique sur l’opposant, qui peut vous craindre. »

La période actuelle, avec ses incertitudes liées aux potentiels départs et arrivées dans l'équipe, ne facilite pas le travail de Peter Bosz, qui veut inculquer une autre mentalité à son groupe. « Cela joue de manière très individuelle, affirme Alexandre RomieuOn est sur un sport collectif mais chacun a sa vision, de par ses précédentes expériences, les entraîneurs qu’il a rencontrés, son âge... Il est important que la formation soit coordonné et ait un objectif commun pour aller dans la même direction. » 

Pour Fred Chevally, cela influe aussi sur le reste de l'effectif. « Oui ça peut jouer, mais plutôt de manière indirecte. Chaque joueur a envie de gagner. Lorsqu’on accède à ce niveau, ça montre qu’on a un moral de compétiteur car il a fallu passer par beaucoup d’étapes. Mais cette période peut avoir un effet sur le sportif, mais surtout sur le groupe inconsciemment, pense le préparateur mental. En effet, l’incertitude fait qu’on est parfois moins bien sans s’en rendre compte, même lorsqu’on sait que l’on va rester au club. Dans le sens des arrivées, cela peut aussi jouer car un footballeur peut se mettre la pression s’il ne répond pas aux attentes. »


Le carton rouge, symbole des difficultés mentales


Depuis le début de la saison 2020-2021, l’Olympique lyonnais a concédé 11 exclusions, un record en Ligue 1. S’il est possible de débattre de la pertinence de ces sanctions, ce nombre important montre que l’aspect mental est défectueux à l’OL et qu’il est nécessaire de se questionner à ce sujet. « On peut presque tout imaginer car le carton rouge peut représenter la peur de perdre, le joueur devient alors plus agressif. Il peut être dû à la colère suite à une injustice, à un match tendu, énumère Alexandre Romieu. Tout cela crée un surplus d’adrénaline. Il révèle de la frustration. Assez rarement, il est causé par le hasard. Cela montre que le côté mental est soit trop sollicité, soit il ne l’est pas assez, et ça se remarque par un geste inapproprié. Il faut alors recadrer tout ça. » Un travail de fond important qui prend du temps mais qu’il semble opportun d’aborder afin de repartir sur de bonnes bases.

1 commentaire
  1. cavegone - mer 18 Août 21 à 12 h 45

    Ce qui rend l’analyse compliquée c’est déjà que chaque joueur est différent mais aussi qu’on essaye d’expliquer ou de corriger des situations qu’on regarde avec subjectivité.

    Typiquement oui on a eu beaucoup de rouges, mais si on les regarde de près, ( pense à Aouar Lopès ou Cherki l’an dernier) on est aussi sur de l’approximation technique plus qu’un excès d’agressivité ou la peur de perdre.
    D’ailleurs la peur de perdre ça ne veut rien dire de concret, c’est à mon sens d’avantage la peur de ne pas gagner qui pose problème.
    Et celle là c’est pas le joueur qui la crée, c’est l’entourage qui ne formule aucun droit à l’erreur.
    Je crois que tant qu’on considèrera les joueurs comme des machines sans émotions on obtiendra rien de la préparation mentale.
    Le coach a 50% du travail, lui aussi doit amener sa pierre à l’édifice. Il doit gagner le respect du joueur, il s’agit d’une relation d’hommes à hommes.
    Est-ce que Bosz a demandé à Marcelo devant tout le monde pourquoi celui-ci souriait pendant que Léo motivait les troupes ? Est-ce que Bosz prend de la hauteur pour montrer qu’il mérite qu’on se donne à 100% sans retenue ?
    Je ne sais pas, mais ce qui est sûr, c’est que l’attitude des joueurs est aussi un miroir du management. Le coach aussi doit rester maitre de ses pulsions, sinon ça ne marche pas. Juninho aussi, apporte-t’il de la sérénité que demande sa fonction ?
    Les tords depuis l’extérieur ont l’air particulièrement partagés...

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