Début avril, la Fédération internationale de football association (FIFA) a fixé de nouvelles recommandations aux clubs pour s'adapter aux conséquences de la crise sanitaire. Des mesures ont été prises sur les contrats de joueurs. D'autres incertitudes persistent et les agents se préparent à vivre des prochains mois délicats.
Dans cette période où les informations arrivent au compte-gouttes, la FIFA a pris les devants. Rapidement, via une directive, elle a éclairci la situation sur le bail des footballeurs terminant le 30 juin : "Les contrats des joueurs de football professionnels censés expirer au terme de cet exercice 2019-20 ne le feront qu’à la date effective de la fin de la compétition." En revanche, les questions fusent sur la tenue du mercato estival. Et les agents n'en demeurent pas moins perplexes. Du côté rhodanien, si des murmures projettent déjà Moussa Dembélé, Houssem Aouar ou encore Memphis Depay vers d'autres horizons, la situation pourrait se complexifier.
"Il faudra revoir leur prétention salariale"
Comme la plupart de ses collègues, l'agent Ali Zarrak s'interroge. Se projeter dans une période des transferts qui suscite plusieurs zones d'ombre n'est pas une mince affaire : "La tenue du mercato va dépendre de la tendance au niveau des compétitions et aussi comment va se dérouler le paiement des droits télés pour la Ligue 1 et la Ligue 2. En Ligue 1, c’est surtout pour les gros clubs où il manque de l’argent, précise-t-il. Après la situation ne sera jamais compliquée pour les « tops » joueurs de Ligue 1. Elle peut-être plus difficile pour certains joueurs, peut-être plus anonymes, qui sont susceptibles de descendre en Ligue 2. A ce niveau il faudra revoir leur prétention salariale."
Un agent se doit aussi de rassurer ses joueurs, d'écouter leurs craintes afin de les guider au mieux sur leur choix de carrière. "Certains sont matures donc ils gèrent la situation, d’autres sont un peu plus anxieux, constate un autre agent. Ce sont des êtres humains, des salariés comme tout le monde qui ont des ambitions et des projets professionnels". Les confusions autour des salaires et du chômage partiel sont palpables. Mais pour Ali Zarrak le scepticisme "est plus centré sur la date de reprise. Sur leur avenir à court terme, ils ne sont pas plus inquiets que cela. Les joueurs en fin de contrat se posent aussi des questions, confie-t-il. Après peut-être que celui qui espérait faire une année en Premier League devra rester une saison supplémentaire en Ligue 1. Les paramètres ont changé."
"Les clubs ne savent pas les moyens qu’ils auront à leur disposition"
Pour les dates du mercato d'été, le verdict n'est pas encore tombé. La FIFA dévoilera sa décision dans les prochaines semaines. Une information attendue avec impatience par cet agent, sans cesse en train de s'adapter dans son travail ces derniers jours. "Est-ce qu’il y aura autant de mouvements mais avec des indemnités de transferts moins élevées ? Est-ce qu’il y aura plus de prêts ? C’est difficile de savoir. Sachant que les clubs, eux-mêmes, ne savent pas les moyens qu’ils auront à leur disposition. Auront-ils toujours les mêmes enveloppes pour les salaires ? Est-ce que les très bons joueurs vont continuer à avoir des gros contrats ?"
Si les prix avaient tendance à flamber sur les derniers mercatos, la donne devrait changer pour celui à venir, selon Ali Zarrak. "L’inflation financière est finie. Des transferts à 200 millions d’euros on n’en verra pas cet été, affirme-t-il. Lyon a très bien fait de vendre Lucas Tousart, cet hiver, à 25 millions d’euros au Hertha Berlin car je ne suis pas convaincu qu’il en aurait eu 15 cet été."

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