Hier soir, le Parc OL avait pris des allures de patinoire géante afin d’accueillir le second Winter Game sur le sol français. Côté terrain, les Brûleurs de Loups de Grenoble, troisièmes du classement, ont un peu gâché la fête et s’imposent aux dépends du leader, le Lyon Hockey Club (5-2) au terme d’une rencontre plaisante. Côté show, certaines animations et l’ambiance générale ont été un peu décevantes. Globalement, ce Winter Game rime quand même avec réussite mais surtout avec historique puisqu’avec 25 182 spectateurs, le record d’affluence pour un match de hockey sur glace en France a été battu.
« Un pari réussi, tout le monde est extrêmement fier », c’est en ces mots que Sébastien Berthet, président du Lyon Hockey Club et grand artisan de l’organisation de ce premier Winter Game au Parc OL évoque avec émotion cet événement dès la fin de la rencontre entre ses Lions et les Brûleurs de Loups grenoblois. Côté Grenoble, le coach Edo Terglav parle de « privilège et d’honneur d’avoir pu être acteur d’un match dans un lieu aussi impressionnant. » Habitués à se produire dans des enceintes de 3 000 à 4 500 places, les hockeyeurs des deux formations en avaient plein les yeux à leur arrivée au Parc OL. « Je leur ai laissé 45 minutes ce matin pour prendre des photos et des vidéos. Après il fallait se plonger dans le match » poursuit le technicien slovène des Isérois.
Sous les yeux de Maxime Gonalons et Caroline Garcia notamment, cette rencontre a tenu ses promesses entre Lyon, premier de la Saxo Print Ligue Magnus et Grenoble, troisième. Le LHC prend rapidement les devants en première période grâce à Vikhael To Landry (2’22). Les Isérois réagissent et égalisent en infériorité numérique par Christophe Tartari (5’42) avant de prendre l’avantage sur une réalisation de Sébastien Rohat (19’07) ce qui leur permet de virer en tête à la fin du premier acte. Dès le début de la seconde période, le LHC revient au score grâce à Valentin Michel (2’30) avant de se faire de nouveau surprendre sur un but de David Rodman (13’30). A l’abord de l’ultime tiers temps, les Lyonnais sont menés d’un but et vont tenter le tout pour le tout. En vain. Aziz Baazzi (11’39) et Eric Chouinard (18’37) parachèvent même le succès des Brûleurs de Loups qui s’imposent donc 5-2. Une victoire logique sur l’ensemble de la partie.
« Compliqué de réunir plus de 50 000 personnes pour du hockey »
Malgré cette défaite, les Lions gardent la tête du championnat mais voit Bordeaux revenir à leur hauteur mais aussi Grenoble, pointé désormais à seulement deux petites longueurs. « On n’a pas su remplir l’objectif. C’est une déception surtout que l’on avait réussi à ouvrir le score » note le défenseur lyonnais Cédric Custosse. C'est le troisième revers en autant de confrontations pour les Rhodaniens face aux Isérois. Lyon aura, tout de même, l’occasion de prendre sa revanche très rapidement puisque les deux formations se retrouveront ce mardi 3 janvier à la patinoire Charlemagne à l’occasion de la demi-finale de la Coupe de France. « Ce sera un autre match disputé dans un contexte différent et avec un fort enjeu. Au bout, il y a une finale à Bercy » observe le président lyonnais.
Si sur la glace, le match a été à la hauteur de l’événement, il est légitime de se demander si l’enceinte décinoise n’était pas un peu démesurée pour cette manifestation. Alors certes, cette rencontre au Parc OL va rentrer dans l’histoire puisqu’avec 25 182 spectateurs, elle devient la référence française en termes d’affluence effaçant la marque de 19 787 personnes venues assister le 22 décembre 2013 au Stade des Alpes à Grenoble-Briançon (4-5) pour la première édition du Winter Game. Mais les tribunes du Parc OL et leur capacité totale de 59 186 places étaient bien trop clairsemées pour vraiment marquer les esprits. « Ce stade est tellement grand, on aurait aimé qu’il soit plein mais c’est compliqué de réunir plus de 50 000 personnes pour du hockey » avoue Cédric Custosse.
10 fois plus de monde que face à Amiens une semaine auparavant
A titre de comparaison, vendredi dernier face à Amiens, le LHC a joué devant 2 450 personnes dans une patinoire Charlemagne qui possède une capacité totale de 4 200 places. En une semaine, ce sont plus de dix fois plus de personnes qui se sont déplacées. C’est la raison pour laquelle Sébastien Berthet n’hésite pas à parler « d’exploit » avant d’ajouter que « le Parc OL était le lieu idéal pour l’organisation d’une telle manifestation. » Si la majorité des places à 10 et 15€ avaient trouvé preneur, celles un peu plus onéreuses (20 à 50€) ont eu un peu plus de mal à être vendues. Défaut de communication et tarifs excessifs pour certaines parties du stade expliquant sans doute ce phénomène.
Au-delà d’une enceinte à moitié vide, l’ambiance dans les gradins est sans doute restée un peu trop calme. « C’était sympa mais personnellement j’aurais aimé davantage d’engouement pour Lyon. La majorité des spectateurs étaient derrière nous mais on a beaucoup entendu le kop grenoblois » constate Custosse avec le sourire. Avec un public familial dont la plupart découvrait le hockey sans maîtriser ni les subtilités ni les règles de ce sport, il est vrai que l’atmosphère était différente que celle que l’on connait habituellement lors des matchs de football. Mais le but de ce genre d’événement est aussi de démocratiser un sport finalement assez peu connu. « Le hockey a besoin d’être attractif car c’est un sport extraordinaire. Je pense que tous les gens qui ont assisté à ce match ne diront pas le contraire. On a besoin de ce type de manifestations pour faire la promotion de notre sport car le hockey est aujourd’hui un sport confidentiel » constate Sébastien Berthet.
Un public globalement satisfait
Pour attirer le plus grand nombre et s’inspirer des Winter Game organisés chaque année en NHL, le championnat nord-américain et référence mondiale, les organisateurs ont tablé sur diverses animations. Sous les coups de 18h15, se sont succédés sur la patinoire les Zoulous, groupe de patinage synchronisé puis le couple de danse sur glace Geoffrey Brissaud / Sarah-Marine Rouffanche pour un show remarquable. Quant à la troupe de cheerleader des Shine’s Girls, elles ont assuré le spectacle en dehors de la patinoire. Si tout était parfait jusque là, le tifo lumineux prévu à 18h55 où chaque spectateur devait brandir son smartphone et lancer l’application Parc OL pour l’entrée des joueurs est à créditer d’un échec cuisant.
A l’issue de la partie, les spectateurs restés dans les tribunes ont eu le droit à une démonstration de drift du pilote d’élite Gérard Fontanel au volant de sa BMW. Une représentation sans grand frisson tant la superficie d’une patinoire n’est pas adaptée à ce type de show. Enfin, ce Winter Game by l’Alpe d’Huez s’est conclu par un feu d’artifice sous les applaudissements d’un public visiblement satisfait de l’événement dans sa globalité.
« Plus le sport lyonnais travaille ensemble et meilleur il sera »
Au final malgré la défaite du LHC, des tribunes partiellement vides et une ambiance sans doute un peu trop bon enfant, ce Winter Game reste une réussite. Une première fois n'est, quoi qu'il arrive, jamais parfaite. « C’était une excellente promotion pour le hockey français » se félicite Cédric Custosse. Cet événement montre aussi la faculté entre deux clubs partenaires que sont l’Olympique Lyonnais et le Lyon Hockey Club à pouvoir organiser une manifestation commune de grande ampleur. « On a réalisé un beau travail d’équipe avec l’OL. Plus le sport lyonnais travaille ensemble et meilleur il sera. Je trouve qu’il est vraiment important que les différentes disciplines de haut niveau d’une même ville soient liées et non concurrentes. J’espère que cet événement n’était qu’un point de départ dans notre partenariat avec l’OL et avec Jean-Michel Aulas » confesse le président du LHC.
De là à imaginer un nouveau Winter Game au Parc OL dans le futur ? Sébastien Berthet n’écarte pas cette possibilité. « A nous de continuer à travailler sur la promotion de notre sport. Les projets sont légions. Si l’on organise un nouveau Winter Game dans le futur, on donnera tout pour faire encore mieux et pour remplir davantage le Parc OL. » Reste à connaitre la position du président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, à ce sujet, lui qui n’était pas présent dans son stade pour cause de vacances.
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