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Yannick Pothier (analyste vidéo à l'OL) : "Un métier novateur et en constante évolution" 1/2

En 2015, Yannick Pothier a intégré la cellule d'analyse vidéo de l'OL. Désormais responsable du département analyse, il évoque pour Olympique-et-lyonnais.com son métier, amené selon lui à encore évoluer dans les années à venir.

Olympique-et-lyonnais.com : Pouvez-vous retracer votre parcours ?

Yannick Pothier : J'ai un diplôme d'entraîneur. J'ai ensuite passé un diplôme universitaire d’analyste vidéo. En parallèle de ça, j’ai également fait une licence agent de développement des clubs sportifs. En ce moment, je passe un DU sur la gestion de la data. Au niveau professionnel, je suis arrivé à l’OL en 2012 en tant que coach en préformation. J’étais auparavant à l’Arbresle où j’étais responsable technique du club. A Lyon, j’ai eu les U10, U12 et U14. Je m’occupais de tout ce qui était analyse vidéo pour la préformation et je suis passé avec l’équipe professionnelle en 2015.

Qu'est-ce qui vous a poussé vers l'analyse vidéo ?

C'est un métier qui est novateur et en constante évolution où il y a beaucoup à faire. Ce qui me plaisait et ce qui m'intéressait, c'était de pouvoir tout de suite proposer un projet au staff et aux joueurs où il y avait beaucoup de choses à apporter. Je faisais le parallèle entre ce que je faisais en tant que coach et ce que je faisais en tant qu'analyste. On retrouve un peu les mêmes facettes du métier dans le sens où on est dans l'analyse et dans l’adaptation par rapport à ce que l'on a vu. On va observer, corriger et proposer notre analyse et notre perception du jeu à l'encadrement.

Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans le métier d’analyste vidéo ?

C’est d’observer le jeu, que ce soit notre équipe ou l'adversaire. C'est également de faire le lien avec un plan de jeu, une philosophie et un projet qui ont été définis en amont. On cherche tous les indicateurs qui correspondent ou non à ce projet. On veille à ce que tout cela soit cohérent et respecté. Cela fait le lien entre expérience du jeu que j'avais en tant qu'entraîneur et de ce que l'on perçoit en tant qu'analyste pour transmettre ces éléments au staff.

"La vidéo permet de connaître le mieux possible son adversaire"

Qu’apporte la vidéo dans la préparation des rencontres ?

Cela permet de connaître le mieux possible son adversaire. On va proposer à nos joueurs un montage individuel sur chaque vis-à-vis. On a une plateforme sur laquelle elles sont à disposition. On va également refaire des séances avec eux pour leur présenter leur opposant afin qu’ils le connaissent au maximum. Est-ce qu’il est droitier ou gaucher, est-ce qu’il faut bloquer l’intérieur du jeu ou plutôt les centres, les frappes…Cela fait partie des incertitudes qu’on essaye de réduire.

Collectivement, c’est un petit peu la même chose, chaque équipe à ses spécificités et nous, on va présenter tous les détails pour montrer sur quels points elle est dangereuse et sur lesquels elle est friable. Par exemple, si une formation est dangereuse sur les centres, on va présenter les zones qu’elle utilise le plus, quel joueur est à bloquer pour empêcher un centre, etc…

Comment jugez-vous l’évolution de l’analyse vidéo ?

C’est certainement l’un des métiers dans un staff qui a le plus évolué sur les 5 ou 10 dernières années. Chaque mois, il y a des nouveautés qui arrivent. On est obligé de rester à la page et de se tenir informé de ce qui se fait de nouveau pour connaître les outils et les évolutions de la profession.

"Aujourd’hui, on peut davantage se consacrer à l’analyse"

Quels aspects du métier ont particulièrement changé ?

Il y a quelques années, dans le métier d’analyste vidéo, on devait d’abord se concentrer sur la production : regarder les matches, les découper, observer les actions…l’analyse passait au second plan. Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, on peut davantage se consacrer à l’analyse. Pour prendre un exemple, nous avons des caméras qui font du tracking, donc qui suivent le jeu toutes seules. Auparavant, quelqu'un devait s’occuper de capter la séance d’entraînement et la rencontre.

Désormais, ça n’existe presque plus, on peut se concentrer sur l’observation de ce qui se passe sur le terrain. Ce qui est tout de même le cœur de notre métier. Il y a également la data qui arrive dans le football et qui nous donne beaucoup de statistiques qu’il faut interpréter. Cela impact forcément notre travail. Le terme analyste vidéo est parfois un peu réducteur car ça donne l’image de quelqu’un toujours derrière son ordinateur à regarder et à découper une rencontre, ce n’est plus tellement le cas, on a plus maintenant des analystes du jeu. C’est un peu l’évolution du métier.

Lors des prochaines saisons, va-t-on aller plus loin dans l'analyse vidéo ?

Oui bien sûr. On s’est lancé dans la transformation de la data. Cette dernière est parfois impersonnelle. On a des prestataires qui fournissent des données, et nous, on essaye de la définir à la manière OL que l’on a choisi. On la scripte pour automatiser une petite partie de ces données et de générer des statistiques à partir de ça. Je pense que dans les années à venir, on pourra aller un peu plus loin dans ce domaine.

"Son apport reste difficile à quantifier"

Peut-on quantifier l’impact de la vidéo sur le résultat d’un match ? 

Ça reste difficile à quantifier aujourd’hui. Ce serait mentir de dire que la vidéo uniquement fait gagner un match ou change une saison. C’est le travail de l’ensemble du staff et des joueurs qui parle lors d’une rencontre. Mais on est aussi dans le souci du détail et de réduire l’incertitude. Le haut niveau se joue sur des petites choses, et la vidéo en fait partie. Si avec un détail, on peut changer le scénario d’une partie une fois, deux fois ou trois fois dans l’année et que cela permet de gagner des points, on sait lorsqu’on voit le classement final que cela peut faire la différence pour aller chercher un titre ou une qualification en coupe d’Europe.

Selon vous, l’analyse vidéo va-t-elle prendre plus d’ampleur au sein d’un staff ?

Oui certainement. Ce que l’on constate aujourd’hui, c’est que dans chaque club, les équipes d’analystes s’étoffent. Nous, nous sommes trois et dans plus en plus d’équipes, il y en a également trois ou quatre. Toutes les formations travaillent avec des analystes. A l’étranger, certains staffs sont encore plus importants. En Angleterre par exemple, il y a une personne qui est référente sur chaque phase de jeu. Ça se généralise de plus en plus car les entraîneurs et leurs adjoints s’appuient de plus en plus sur ça.

"La France a aussi pris ce virage"

En France, où en sommes-nous dans ce domaine par rapport aux autres championnats ?

Je dirais que certains championnats se sont intéressés à ces problématiques un peu plus tôt. Ils ont compris l’importance du métier d’analyste un peu avant les autres et qui ont donc étoffé leur staff. Aujourd’hui, la France a aussi pris ce virage. Avec toutes les nouvelles technologies et la data, on va dans cette direction.

2 commentaires
  1. Mandipo - lun 5 Avr 21 à 21 h 23

    Avez-vous précisé qu'il s'agit du neveu Remi Garde et qu'il a été embauché à ce titre ?

  2. Razik Brikh - lun 5 Avr 21 à 21 h 58

    On ne le savait même pas...

Les commentaires sont fermés

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