Ballon d'Or : Garrido a pris "Benzema pour un fou" à son départ au Real

Formateur historique de l'OL, Armand Garrido a eu Karim Benzema sous ses ordres. S'il n'a jamais douté du talent de l'attaquant, l'éducateur avait été surpris de son départ au Real Madrid en 2009.

A la question de savoir quel entraîneur a marqué un joueur passé par le centre de formation de l'OL, le nom d'Armand Garrido reviendra au moins 8 fois sur 10. Ayant fait les beaux jours de l'OL Académie pendant plus de trente ans, le formateur lyonnais a vu et eu sous ses ordres toutes les pépites lyonnaises. S'il a rendu son tablier en 2019, Garrido reste l'un des architectes de la réussite de la formation à la lyonnaise. Avec le Ballon d'Or de Karim Benzema, Armand Garrido voit l'un de ses anciens poulains recevoir la plus haute distinction pour un footballeur.

"Il était un peu dans l’ombre de Cristiano Ronaldo mais il a beaucoup appris du Portugais. Certainement sur la manière de travailler, de s’entraîner, sur l’hygiène de vie, a déclaré celui qui est devenu coordinateur technique à Bourgoin. Aujourd’hui, ils sont des joueurs qui sont quand même âgés par rapport à ce qu’on peut attendre à très haut niveau mais ils sont toujours là, en capacité de le faire. C’est comme en France, il y a eu Raymond Kopa, Michel Platini, Zinedine Zidane, Jean-Pierre Papin. S’il y a Karim Benzema, c’est pareil, on peut les mettre à la même table."


"Benzema a beaucoup appris de Cristiano Ronaldo"


D'ailleurs si l'attaquant madrilène est aujourd'hui sur le toit du monde, il le doit en partie à Armand Garrido. Comme l'a expliqué Robert Valette sur le plateau de Tant qu'il y aura des Gones, l'entraîneur lyonnais a fait le forcing pour voir le Brondillant venir vivre au centre durant sa formation. Une saison charnière où Garrido ne l'a pas lâché et qui a tout déclenché. S'il était conscient du talent de son joueur, Armand Garrido avait été surpris de son départ si rapidement au Real Madrid à seulement 22 ans.

"Quand il est parti au Real Madrid, ma première réflexion c’était de dire : 'il est fou, il a choisi le club le plus dur qui existe'. On aurait pensé peut-être le Real, oui, mais faire une étape avant dans un club qui était peut-être un peu plus huppé que l’OL. On ne pensait pas qu’il s’impose comme ça au Real. Et là on s’est dit qu’il est en train de prendre une dimension internationale."

20 commentaires
  1. fidelalol - mar 18 Oct 22 à 16 h 15

    Un "melon d'or" face à un futur Ballon d'or ou les conseils Delon en large;étonnant document.
    https://www.youtube.com/watch?v=xgCrCPwml8s

    1. Tongariro - mar 18 Oct 22 à 16 h 30

      Benzema est allé voir Zahia après ce conseil.

      1. Bioman - mar 18 Oct 22 à 16 h 35

        Zahia dégorgeait bien le poireau...Ce qui est, manifestement, très bon pour l'hygiène de vie !

      2. le_yogi - mar 18 Oct 22 à 17 h 02

        Govou qui avait aussi eu recours a ses services en est malheureusement le contre-exemple 😿

    2. toinio - mer 19 Oct 22 à 6 h 18

      Magnifique @fidelalol !
      Je ne connaissais pas cet échange.
      Il n’y a pas de deuxième Delon, de deuxième Belmondo, de deuxième Ronaldo, il y’a Benzema !

  2. dede74 - mar 18 Oct 22 à 16 h 37

    "ils sont des joueurs qui sont quand mêmes âgés par rapporter à ce qu’on peut attendre

    @fidelalol que vient faire "Delon" dans le foot ? 😊

    AH, OK, je n'ai pas d'abord regardé le doc dont lien sorry !

  3. OL-91 - mar 18 Oct 22 à 16 h 44

    « son départ pour le Real »

  4. Koko - mar 18 Oct 22 à 16 h 45

    L'hygiène de vie d'un sportif de haut niveau n'est pas acquis dès le plus jeune age ?
    Perso j'ai jamais fait du haut niveau, mais à mon niveau, on nous préconise déjà comment être dans la vie de tous les jours.
    Pour des pro, j'imaginais que c'était dans les moeurs...

    1. Tongariro - mar 18 Oct 22 à 16 h 51

      Pour ceux que ça intéresse sur l'hygiène de vie des sportifs, lire cet article du Monde Diplo (meilleur journal français, de loin) sur les boxeurs américains des années 80s/90s : https://www.monde-diplomatique.fr/2022/08/WACQUANT/64985

      Le niveau de discipline exigé est dingue et chaque coin de la vie personnelle est régulé.

      ----

      "Les pugilistes aiment s’imaginer comme des « gladiateurs » ou des « guerriers » modernes combattant « pied à pied ». Le terme de « guerre » est communément utilisé avec une connotation appréciative pour désigner un match particulièrement intense où les adversaires se rendent coup pour coup. À propos de sa mentalité sur le ring, Mike Tyson disait : « Je suis un boxeur. Je suis un guerrier. Je fais mon boulot. » Ce n’est pas par hasard que la boxe a longtemps été le sport le plus prisé et activement parrainé par les forces armées de maints pays.

      Le corps est enfin souvent assimilé à un outil, un instrument de travail qui doit être sans cesse réajusté pour remplir la fonction qui lui est dévolue : « C’est mon outil, mon gagne-pain », dit ainsi à propos de son corps Henri, un ouvrier noir qui travaille dans une usine d’aluminium. La répétition ad nauseam et la monotonie étourdissante du régime quotidien du boxeur, avec sa succession à l’infini d’exercices répétés à l’identique, de cycles temporels réitérés et de sensations et de sons lancinants, rappellent ce que connaissent les ouvriers des chaînes de montage.

      Un thème est récurrent dans l’imagerie projetée par les boxeurs pour parler de leur corps vivant, celui de la propreté. Qu’il soit comparé à un moteur, une arme ou un ustensile, le corps doit être protégé des tentations et des pollutions du monde profane : les « mauvaises » nourritures, l’alcool, les drogues et les femmes — et pas nécessairement dans cet ordre. Les métaphores religieuses souvent convoquées par les boxeurs pour décrire leur organisme — « c’est quelque chose de vraiment sacré et t’en prends soin même si t’as pas de combat en vue », « un temple qu’il te faut préserver » — tirent leur popularité du fait qu’elles sont étroitement associées à des idéaux de pureté et de distinction du quotidien.

      Le premier commandement du catéchisme pugilistique tient au respect des injonctions et des tabous alimentaires censés augmenter la puissance et l’endurance du boxeur au combat. Lorsqu’il entre dans la phase d’entraînement intensif qui précède un match, le boxeur se doit de suivre un régime strict fait de légumes vapeur, poisson bouilli, viande blanche et fruits frais, thé et eau minérale. Les aliments gras et sucrés sont proscrits. Que manger, quelle quantité ingérer et à quel moment de la journée ? Ces décisions, à première vue triviales, sont l’objet d’un souci permanent chez les boxeurs, qui parlent sans cesse entre eux des efforts assidus qu’ils doivent consentir pour « faire le poids », c’est-à-dire arriver au poids réglementaire requis pour leur prochain combat.

      Au-delà de leur évidente visée matérielle — perdre les kilos en trop pour descendre dans la catégorie de poids stipulée par contrat —, les observances alimentaires servent à la fois à arracher le boxeur de son quotidien et à le dissocier de ses congénères profanes (qui eux mangent et boivent comme bon leur semble), et à l’immerger dans l’univers pugilistique pour l’associer étroitement à ses membres, qui eux vivent selon ces règles partagées. Ce jeûne contribue par ailleurs à développer chez ceux qui le pratiquent un sentiment de maîtrise de soi et d’élévation existentielle dont les effets se font sentir jusque sur le ring le soir du combat.

      Tous les engagements extra-pugilistiques — au travail, à la maison ou avec ses potes dans la rue — doivent être drastiquement réduits sinon écartés, dans la mesure où ils nuisent à la nécessaire concentration sur l’entraînement, le repos et les objectifs de carrière. Pour le boxeur, remplir son devoir professionnel avec dévotion implique une domestication totale de sa vie personnelle. L’exigence la plus rude liée à la vocation de la cogne tient à l’absence de vie sociale qu’elle implique pour lui et son épouse : « La vie d’un boxeur, c’est pas fait pour une épouse, point barre, parce que c’est tellement gênant et c’est tellement exigeant et c’est pas bon pour une femme d’être avec un mec qui parle tout l’temps de s’coucher tôt, de s’lever tôt, qui peut jamais sortir le soir et tout. Une femme, elle a pas besoin d’un mec comme ça à épouser. Tu peux le dire comme ça : c’est pas une vie normale. » Cependant, dans le même temps, cette vie strictement enrégimentée suscite un sentiment de fierté et d’accomplissement : « S’lever, courir, manger mon steak, me tenir loin des filles… En gros, j’étais le guerrier ultime au niveau discipline, préparation au combat. »

      Pour beaucoup, c’est le troisième commandement du catéchisme pugilistique qui est le plus difficile à respecter, à savoir celui qui impose de s’abstenir de tout commerce sexuel. Cette injonction ne s’applique pas aux seules vingt-quatre ou quarante-huit heures qui précèdent le jour J comme dans d’autres sports : il faut lui obéir pendant plusieurs semaines, entre quinze jours et un mois pour un combat de quatre à huit rounds et jusqu’à trois mois et plus pour une tête d’affiche en dix rounds ou un combat de championnat. Les habitants de la planète boxe considèrent que les rapports intimes affaiblissent physiquement le boxeur : on les accuse de « couper les jambes », de ramollir les genoux, d’émousser le peps des coups, de réduire l’endurance et de perturber les capacités de récupération. L’éjaculation est tenue pour particulièrement pernicieuse, car elle expulse « du sang de ta colonne vertébrale », avertit le vieux coach DeeDee. Sur le plan mental, avoir du sexe est censé « embrouiller la tête », rendre « mou » et dissiper l’agressivité et la concentration, et c’est tout l’« instinct » du combattant qui s’en trouve émoussé. À l’inverse, « éviter les galipettes » est supposé permettre d’accumuler des réserves supplémentaires de pugnacité pour le match.

      Les entraîneurs peuvent recourir à des méthodes pressantes pour s’assurer de la « propreté » de leurs boxeurs dans ce domaine : ils les questionnent de but en blanc (ainsi que leur conjointe) sur leurs rapports intimes ; ils se renseignent sur d’éventuelles aventures extraconjugales ; et ils font chambre commune lors des déplacements — jadis, il arrivait même aux anciens de dormir dans le même lit que leur boxeur afin d’avoir la garantie que ce dernier ne s’éclipse pas au beau milieu de la nuit. L’ironie amère est que l’entraînement intensif met les boxeurs dans une forme resplendissante et donc les rend physiquement plus attirants. En outre, plus un boxeur grimpe haut dans la hiérarchie pugilistique et est en position de séduire des filles (spécialement celles qui tournent autour des athlètes professionnels), plus il doit renoncer à ces opportunités d’escapades sexuelles puisque l’enjeu de la victoire — et, par contrecoup, les coûts de la défaite — s’accroît d’autant. On comprend que ce commandement soit la cause de frustrations persistantes parmi les boxeurs et le motif de frictions, voire de discorde, entre eux et leurs partenaires amoureuses. Les boxeurs célibataires craignent que, s’ils sèvrent leur partenaire d’étreintes, elle ne les trompe ou ne les quitte pour un compagnon plus expansif dans l’intimité. Mais, dans la majorité des cas, les couples négocient les termes du sacrifice tels qu’ils s’appliquent à la chambre à coucher.

      Le rituel pugilistique de l’abstinence sert à réorienter le désir sexuel du boxeur en le transportant de la chambre au ring et de la femme à l’homme. Sa libido sexualis (profane et hétérosexuelle) est détournée de son traditionnel objet de prédilection pour être reconvertie en libido pugilistica (sacrée et homoérotique), en un désir urgent de se livrer à un violent corps à corps avec un autre homme qui s’est, lui aussi, soumis à l’impératif du « sacrifice » et préparé pour cette rencontre nocturne. Au lieu de désirer sa compagne, le boxeur doit convoiter son adversaire mâle et rêver du moment orgasmique de leur violente étreinte quasiment nus sur le ring. C’est là tout le sens de l’expression de Mike Tyson lorsqu’il comparait sa longue marche vers le ring où l’attendait son rival du soir à un « rendez-vous galant »."

      1. Balley - mar 18 Oct 22 à 17 h 14

        🍷tu as démarré sur l ‘hygiène de vie mais tu m’as vite perdu, il est 19h et des brouettes chez moi, trop dur pour moi de te lire après une journée de dur labeur.
        À votre santé messieurs dames

      2. Tongariro - mar 18 Oct 22 à 17 h 20

        Tu vis où ?

      3. le_yogi - mar 18 Oct 22 à 17 h 23

        Ça sent le dalon 974 ça ou je me trompe ? 🤩 +2:30 c'est le fuseau du caillou ça !

      4. Darn - mer 19 Oct 22 à 7 h 38

        Merci Tonga, c'était passionnant ce témoignage sur ces "moines-guerriers".
        Cela m'a aussi remémoré mes études de psychologie, et le peu de sociologie que j'ai fait ; on était clairement dans une situation d'observation participante.

  5. Poupette38 - mar 18 Oct 22 à 18 h 26

    J'avais vu cette émission, sur canal je crois avec Denizot, Delon et Karim .
    Il avait dit qu'à l'OL il y avait son petit frère qui était encore plus fort que lui . Visiblement il s'est trompé, jamais entendu parler de lui comme les Balhouli ou Kalulu par ex.

    1. fidelalol - mar 18 Oct 22 à 19 h 59

      Oui Poupette ,content que tu aies vu cette émission,c'était le Grand Journal.
      Karim venait de signer au Real et disait que ses modeles étaient Zidane et Ronaldo le brésilien.
      Delon ,invité lui aussi lui avait dit à peu près ceci:
      "Ne regarde plus tes modèles,sois toi meme et un jour tu sera Toi,Karim Benzéma..."

  6. Mym’b - mar 18 Oct 22 à 19 h 10

    Surpris que Garrido, son formateur pourtant, ait trouvé fou le choix de Benzema.
    Le talent de Karim, et sa capacité à s'imposer n'importe où, ne faisait déjà aucun doute.

  7. Dede Passion 69 - mar 18 Oct 22 à 19 h 28

    La moindre des choses qu'un article soit consacré à Armand Garrido, aujourd'hui .

    Un grand MONSIEUR , un grand éducateur, un grand formateur qu'a connu l'OL .
    Il se trompait rarement , sauf lorsqu'il disait et répétait , que Ben Arfa était meilleur que Karim !
    Et il n'en démordait pas, c'était peut être vrai à cette époque....

    J'ai eu l'énorme privilège de le rencontrer lors d'entrainements à Vologe , qui ne comportait que 4 terrains à l'époque, et d'échanger avec lui.
    Car ce monsieur était abordable, et ne se prenait pas pour un autre.

    Benedetti et S. Colonge ont eu la très mauvaise idée d'oublier Armand, dans leur dictionnaire officiel de l'OL. ( Qui commence à dater, il est vrai.)

    Merci à lui pour son boulot, et BRAVO à Karim !

    1. Tongariro - mar 18 Oct 22 à 19 h 31

      Tu fais bien de le souligner, en effet !!

      1. le_yogi - mar 18 Oct 22 à 23 h 51

        Tonga toi tu aurais préféré un article sur Raquel Garrido non ? 😆

      2. Tongariro - mer 19 Oct 22 à 0 h 02

        Hahaha où tu vas chercher ça toi 😀 😀

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