l’attaquant Lyonnais Joseph Job (D) tente de déborder le milieu Lensois Jean Guy Wallemme, le 25 Septembre, lors de la rencontre de football Lyon/Lens comptant pour le championnat de France de football de D1, au stade de Gerland à Lyon (IMAGE ELECTRONIQUE) / AFP PHOTO / PASCAL GEORGE

Joseph-Désiré Job : « Tout est arrivé beaucoup trop vite pour moi »

Né à Vénissieux, le Camerounais d’origine a rejoint l’Olympique Lyonnais à l’âge de 11 ans. Tronquée par plusieurs blessures au genou gauche, sa formation n’a pas été un long fleuve tranquille. Mais son abnégation et son efficacité devant le but l’ont conduit à l’équipe première de l’OL. Après un triplé inscrit lors de son premier match en coupe Intertoto, le cousin de Joël Matip (Liverpool) alternera le bon et le moins bon durant ses deux années professionnelles à Lyon. Véritable globe-trotter du ballon rond, celui qui a aujourd’hui 40 ans se confie sur son aventure lyonnaise, qui l’a notamment fait passer de la réserve olympienne à la sélection camerounaise en six mois. Il évoque aussi avec passion sa reconversion qui le mène à œuvrer pour le développement de son pays d’origine : le Cameroun. Entretien.

Olympique-et-Lyonnais.com : Vous êtes natif des Minguettes, à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Comment avez-vous été repéré par l’Olympique lyonnais ?

Joseph-Désiré Job : Je suis né à Vénissieux et j’ai commencé à jouer au football aux Minguettes. Puis mes parents ont fait le choix de déménager dans le nord de Lyon, à Saint-Maurice-de-Beynost. J’ai poursuivi le football dans ce club, désormais appelé Ain Sud. L’Olympique Lyonnais m’a repéré avec deux de mes coéquipiers et nous sommes allés faire un entraînement un mercredi après-midi avec les jeunes de l’OL en guise d’essai. A cette période, j’étais surclassé donc mes deux compères étaient un peu plus âgés que moi. J’ai de suite été retenu. Malheureusement, ce ne fut pas le cas pour mes amis. Je me souviens, c’était en pupilles première année. J’avais 11 ans. Je jouais déjà attaquant, de toute façon, je n’ai jamais joué à un autre poste (rires).

Qu’est-ce que cela représentait pour vous d’intégrer l’OL ?

J’étais très fier car étant né ici, le football c’est l’OL pour moi. Je pense que n’importe quel jeune de la région et même d’ailleurs serait ravi de porter les couleurs lyonnaises. Puis c’est un club professionnel donc pour un jeune, cela représente le rêve. Tout enfant qui joue au football vous dira que son rêve est de devenir professionnel. C’était ma passion  mais je ne jouais pas que pour m’amuser. Déjà petit, j’étais un compétiteur.

Domicilié à Saint-Maurice-de-Beynost, à une trentaine de kilomètres de Gerland, les trajets n’étaient pas trop compliqués pour un jeune de votre âge ?

Honnêtement, ce n’était pas facile (rires). Au début, mon père m’emmenait avant qu’il ne rentre au Cameroun. Ensuite, j’ai eu beaucoup de réussite car j’avais toujours un ou plusieurs coéquipiers qui habitaient pas très loin de chez moi. De ce fait, leurs parents m’emmenaient et me ramenaient gracieusement. En minimes, je me souviens que lorsque j’avais des problèmes pour rentrer, l’OL m’a mis quelques fois des taxis à disposition. Franchement, le club mettait les moyens (rires). Puis quand j’étais en âge d’intégrer le centre de formation, j’y suis allé. Cela a duré deux ans avant que je retourne loger aux Minguettes, chez ma tante.

« A 14 ans, je me suis blessé au genou et j’ai été arrêté 15 mois. L’OL m’a témoigné de sa confiance et m’a conservé. C’était incroyable »

Comment se sont déroulées vos années de formation à l’Olympique lyonnais ?

Je dirais compliqué et c’est un euphémisme (rires). De toute façon, les années de formation ne sont jamais un long fleuve tranquille. Ce fut encore davantage le cas pour moi car j’ai été énormément gêné par les blessures. Tout se passait bien jusqu’à cadets première année. J’ai eu un problème au genou gauche et je suis resté 15 mois sans jouer ! Malgré ça, le club m’a témoigné de sa confiance et m’a conservé. C’était incroyable car un jeune qui n’a encore rien prouvé et qui est blessé près d’un an et demi, normalement il n’est pas gardé. L’OL a mis à ma disposition le staff médical et notamment Jean-Marcel Ferret. C’était compliqué car même les médecins ne savaient pas si je pourrais être soigné de sorte à reprendre le football à haut niveau. C’était très dur pour moi, surtout qu’à cette époque en moins de 15 ans, je voyais beaucoup de joueurs arrivés de toute la France. J’en ai parlé plus tard avec Bernard Lacombe, qui était directeur sportif à l’époque. Il m’a dit qui me connaissait et que le club croyait en moi.

Après 15 mois sans football, comment êtes-vous revenu d’autant plus que vous étiez très jeune ?

Personnellement, j’ai toujours eu la foi et je me suis constamment dit que je reviendrais encore plus fort. Le plus cocasse était que les jeunes venus d’autres régions me connaissaient mais uniquement via l’école. Sur le terrain, ils ne savaient pas ce que je valais. J’ai repris en fin d’année cadets. J’avais alors 15 ans. Normalement, il faut un peu de temps pour se remettre dans le bain. Là, j’avais une telle envie qu’en deux semaines, j’étais pleinement opérationnel. Je n’avais pas le choix de toute façon car tout pouvait s’arrêter à l’issue de cette saison. Il y avait de la pression malgré mon jeune âge. Je me souviens très bien que mes coéquipiers étaient tous très surpris de me voir à un beau niveau très rapidement après avoir été autant de temps sur le flanc. Puis, je devais rendre à l’OL ce que le club m’a donné en me conservant. Finalement, j’ai été performant et le club m’a gardé. J’ai joué le premier match de la saison suivante surclassé avec les moins de 17 ans d’Armand Garrido, contre Monaco. Thierry Henry avait marqué ce jour-là. Quand j’y repense, une carrière tient à tellement peu de choses. D’autant plus que j’ai connu une nouvelle blessure à ce genou, un an plus tard…

Vous n’aviez pas le sentiment que le sort s’acharnait un peu contre vous ?

Disons que la première fois, je n’avais que 14 ans du coup j’ai soigné cette blessure mais comme j’étais encore en pleine croissance, je n’ai pas pu subir d’intervention. A 17 ans, les choses étaient différentes et j’ai pu me faire opérer. Cette blessure était vraiment complexe du coup les médecins ont décidé de me faire une arthroscopie. J’ai été arrêté durant six mois. Mais comme j’avais fait une très bonne saison en moins de 16 ans, je jouissais d’une assez belle côte. J’étais bien plus confiant que lors de ma première blessure quant au fait que l’OL me conserve. Je suis revenu avec la même motivation que la première fois. Mais Armand Garrido a rapidement clamé mes ardeurs, ce qui fait que nos relations étaient plutôt fraiches au début. Moi, je voulais jouer et je voulais prouver. Je me sentais prêt et Armand ne me faisait pas jouer. Du coup, j’étais allé le voir dans son bureau pour m’expliquer avec lui. Il ne m’avait rien dit de spécial donc j’étais un peu déçu. Finalement, les choses se sont arrangées après un incroyable concours de circonstances.

« Bernard Lacombe a toujours cru en moi. Je lui dois beaucoup »

C’est-à-dire ?

Les joueurs qui n’avaient pas joué le week-end, allaient s’entraîner avec le groupe de la National 2 (ex-réserve), sous la houlette de José Broissart, le directeur du centre de formation. On avait fait plusieurs oppositions et j’avais marqué au moins dix buts cette après-midi-là. Je me rappelle que le gardien était Fabien Debec. Comme par hasard, le samedi suivant contre Martigues, Armand Garrido décide de me mettre titulaire. Je pense que José Broissart a un peu influencé Armand me concernant car le coach ne souhaitait pas m’aligner et voulait me faire revenir doucement. Or, j’ai été directement titulaire, je ne suis même pas passé par le banc des remplaçants. Ce qui a également joué en faveur est le fait qu’à cette période, nous n’avions pas de véritable attaquant qui se distinguait. Il y avait une place à prendre. L’histoire est belle puisque lors de ce match contre Martigues, j’inscris un doublé. J’ai été titulaire jusqu’à la fin de la saison. Nous n’avons malheureusement pas disputé les poules finales puisqu’on était au coude à coude avec l’AS Cannes, concurrent que l’on avait affronté lors de l’ultime journée de championnat. Nous avons besoin d’une victoire et nous n’avions fait que match nul. J’avais marqué mais j’ai encore des regrets car on s’est fait voler.

Quel est le formateur qui vous a le plus fait progressé ?

C’est délicat de sortir quelqu’un du lot. J’avais notamment une relation particulière avec Robert Valette. C’était mon coach quand je suis revenu de blessure la première fois. En fin de saison, on s’était un peu embrouillés car je voulais tout le temps jouer. Je ne savais pas que j’allais le retrouver plus tard puisqu’il était le coach de l’équipe réserve. Sincèrement, j’ai fait profil bas lors de nos retrouvailles. Il avait quand même une place charnière dans le club. Tout s’est finalement bien passé avec Robert Valette. C’était plus avec José Broissart qu’il y avait un petit froid car à 18 ans, le club m’avait proposé un contrat aspirant que j’ai refusé car j’étais encore à l’école à ce moment-là. Même si je n’aimais pas particulièrement l’école, pour ma mère, il était important d’avoir un diplôme. Mais le club, par l’intermédiaire de José Broissard, n’a pas bien compris et il m’en a voulu ! Je voulais signer mais j’ai préféré faire plaisir à ma mère. J’ai eu un peu peur d’avoir laissé passer ma chance car je jouais avec l’équipe 3 en Division d’Honneur. J’ai eu la sensation de prendre du retard car la priorité était donnée aux joueurs qui avaient un contrat. Heureusement pour moi, le club m’a de nouveau proposé un contrat en fin de saison et là, je n’ai pas hésité. Pour l’anecdote je n’ai même pas eu mon BEP (rires).

Ce contrat stagiaire vous a-t-il assuré une place de choix au sein de l’équipe réserve ?

Non car dans le football, rien n’est acquis. Puis la plupart du temps, j’étais remplaçant car à l’époque, il y avait pas mal de professionnels qui descendaient pour jouer avec nous. La volonté du club était de leur donner du temps de jeu. Cela était forcément au détriment des jeunes comme moi. Après, j’avais la chance de jouer attaquant du coup je rentrais tout le temps. J’aurais évolué en qualité de défenseur central, ça aurait été plus compliqué (rires). De ce fait, j’avais toujours un minimum de temps de jeu pour montrer ce que je savais faire. Souvent, Bernard Lacombe, alors entraîneur de l’équipe première, venait nous voir jouer sur le fameux terrain n°10 de la Plaine des Jeux. Il a toujours cru en moi. Je lui dois beaucoup.

« J’ai tapé dans l’œil d’Alain Giresse qui a dit à Bernard Lacombe de me suivre attentivement »

D’où est venue cette confiance car vous n’étiez qu’un jeune parmi beaucoup d’autres non ?

Tout a débuté d’un tournoi à Libourne auquel j’avais participé avec l’OL, peu après mon arrivée au club. On avait gagné le tournoi et j’avais reçu les distinctions de meilleur buteur et meilleur joueur. Celui qui m’avait remis les trophées n’était autre qu’Alain Giresse. Et ce dernier a appelé Bernard Lacombe puisqu’ils sont amis de longue date pour lui dire que je lui avais tapé dans l’œil et qu’il devait me suivre attentivement. C’est Bernard Lacombe lui-même qui m’a avoué cette anecdote quelques années plus tard. Du coup, il me connaissait depuis tout jeune. Cela peut aussi expliquer que l’OL ait été aussi patient avec moi pour mes blessures notamment. Je me souviens qu’il m’avait même trouvé un logement au centre d’hébergement près du lycée Faïs quand j’étais blessé. Je me suis toujours demandé pourquoi il avait fait tout ça pour moi. C’était un mystère jusqu’à ce qu’il me confie cette anecdote (rires). Puis l’avantage est que Bernard Lacombe était un attaquant donc inconsciemment, je pense que son attention était davantage portée sur les joueurs offensifs.

Est-ce exact que votre surnom était « la perle de l’OL » ?

Non, du moins pas à ma connaissance. Puis honnêtement, il y avait beaucoup de perles au centre de formation. Cela qui m’a marqué c’est Cédric Bardon. C’était un véritable joyau. Mais le football est complexe car il n’a pas vraiment eu la carrière à laquelle il était prédestiné. Il était la star en équipe de jeunes mais malheureusement le plus dur est de confirmer en équipe première et d’être au niveau des attentes. C’est la raison pour laquelle, je trouve déplacé et inapproprié les surnoms du type « futur untel » car rien n’est arrêté dans le football.

Vous intégrez finalement le groupe professionnel à l’été 1997, à la suite du départ de Florian Maurice à Paris. On peut parler de suite logique dans votre ascension, sachant que vous n’avez que 19 ans à cette période ?

Oui et non. Honnêtement, je ne m’attendais pas à faire la reprise avec le groupe professionnel car il y avait beaucoup de monde devant. J’avais fait quelques entraînements avec l’équipe première, l’année précédente, mais simplement pour faire le nombre. Je jouais avec Frédéric Kanouté devant. On s’entendait vraiment bien et on était très complémentaires. On a parfois mis à mal les défenseurs centraux comme Florent Laville (rires). On a tout fait ensemble car on a le même âge. Pour nous, chaque entraînement était une chance unique de nous montrer. A la fin de la saison, c’est Christian Bassila qui m’a fait remarquer que j’étais dans le groupe pour la reprise. J’ai cru qu’il me charriait car on rigolait beaucoup ensemble (rires). Cet été-là, le club décide de vendre Florian Maurice au Paris-Saint-Germain. Naturellement, Cédric Bardon aurait dû être son remplaçant. Malheureusement, son éclosion n’était pas à la hauteur des attentes donc cela m’a aussi favorisé. J’ai réalisé une très bonne pré-saison. J’étais gonflé à bloc. Je ne voulais pas laisser passer ma possible chance. Je n’étais même pas parti en vacances pour me concentrer uniquement sur cette reprise.

« J’ai vécu mon premier match comme la chance de ma vie »

Bernard Lacombe croyait tellement en vous, qu’il vous a directement lancé dans le grand bain en coupe Intertoto contre les Polonais d’Odra Wodzislaw (5-2). Des débuts parfaits pour vous puisque vous réalisez un coup du chapeau. Qu’avez-vous ressenti lors de ce premier match sous les couleurs de votre club formateur ?

Déjà, j’étais très content d’être dans le groupe. Je ne pensais pas être titulaire à cause de la concurrence. Je savais que j’aurais sûrement ma chance au cours de l’année mais j’étais à mille lieux de penser qu’elle arriverait aussi rapidement. Bernard Lacombe avait une grande confiance en moi et en Frédéric Kanouté. Il ne nous a rien de dit de spécial. Il savait que si l’on jouait notre jeu et qu’on était au niveau de nos entraînements, tout se passerait bien en match. Cette première sous le maillot de l’OL est d’autant plus symbolique qu’elle intervient à Gerland alors qu’il n’y a pas si longtemps que cela, j’étais encore ramasseur de balle (rires). J’ai vécu ce premier match comme la chance de ma vie. Je me souviens de l’avant-match au Sofitel vers Bellecour. C’était très long car je piaffais d’impatience de jouer le match. Puis ce match se déroule de façon idyllique pour moi. Trois buts, c’était incroyable. Etant depuis tout petit, c’était une vraie fierté et quelque part un aboutissement de porter le maillot de l’équipe première.

Quel type d’entraineur était Bernard Lacombe ?

Déjà, il formait un duo avec José Broissard. Bernard Lacombe n’était pas énormément porté sur la tactique. Cependant, il était proche des joueurs et parlait beaucoup, notamment à nous les attaquants. Son expérience et son vécu du plus haut niveau ont fait qu’il avait un management différent par rapport à un autre entraîneur qui n’a jamais évolué dans l’élite mais qui axe son domaine de compétences sur la tactique. Son statut d’ancien international lui octroyait également beaucoup de crédit. Il était écouté et respecté.

Vous sembliez très proche de Frédéric Kanouté. Pour autant, vous jouiez le même poste. N’était-il pas un concurrent pour vous sachant qu’il y avait aussi Alain Cavéglia, Christophe Cocard et Cédric Bardon aussi devant ?

Non, je ne l’ai jamais perçu comme tel car on a toujours évolué ensemble et nos jeux étaient parfaitement complémentaires. Alors certes on était tous deux des attaquants mais on était différents et je pense que l’on était meilleurs quand on jouait ensemble. Du coup, on s’est toujours bien entendus que ce soit sur ou en dehors des terrains.

« Je suis passé de remplaçant en équipe réserve de l’OL à jouer pour le Cameroun à Wembley en l’espace de six mois. C’était fou »

Au-delà de votre premier match plus que réussi, vous réalisez un début de saison assez prolifique puisque coupe Intertoto et Ligue 1 confondues, vous inscrivez neuf buts en deux mois. Comment expliquez-vous cette réussite alors que vous étiez un inconnu aux yeux de beaucoup de monde ?

Je ne sais pas vraiment. J’ai saisi la chance que Bernard Lacombe et José Broissart m’ont donné. Je suis passé de l’ombre à la lumière en l’espace de quelques mois. Au début du printemps, je n’étais même pas titulaire avec l’équipe réserve puis à l’été, je me retrouve projeté dans le onze de départ de l’équipe première. C’était assez atypique. C’est allé très vite. Après avoir enchaîné les matchs, la machine est lancée et on n’est plus du tout dans un esprit de découverte. Je trouve que la pression évolue et devient même positive avec la confiance accumulée. Surtout qu’au fur et à mesure, on s’habitue à tout ce qui est médiatisation et notoriété que l’on n’a pas lorsque l’on évolue en équipe de jeunes. Ce n’était pas fait pour nous déplaire mais c’était nouveau donc il fallait l’assimiler rapidement. Mais ça peut aussi bien être positif que négatif. Le seul remède à cela reste le travail. Quand on est jeune, on n’a pas conscience de tout ça. On n’a ni la maturité, ni la lucidité pour prendre le recul nécessaire quand les choses vont trop vite. Que ce soit dans le bon ou dans le mauvais sens. Il faut le vivre. Rien ne remplace l’expérience.

Vous pensez donc qu’un jeune qui flambe rapidement n’a pas le recul nécessaire pour rester lui-même ?

Oui, c’est toute la difficulté. Tu as l’impression que tout est déjà acquis vu que tu connais la réussite. Mais ce n’est pas le cas en permanence. Le plus compliqué n’est pas d’arriver à un certain niveau mais d’y rester sur la durée. On peut rapidement tomber dans la facilité et descendre très bas. Il sera d’autant plus dur de remonter par la suite. Cela fait partie du métier et il faut être sensibilisé à ça. Les anciens nous avertissaient quant à ces potentiels dangers. On avait vraiment un bon vestiaire avec notamment Alain Cavéglia qui nous parlait régulièrement.

Votre ascension éclair continue puisque vous connaissez votre première sélection avec le Cameroun le 15 novembre 1997 face à l’Angleterre. Comment avez-vous géré ce changement de statut à 20 ans ?

Franchement quand j’y repense, je me dis que c’était fou. Je suis passé de remplaçant en équipe réserve à jouer pour le Cameroun à Wembley en l’espace de six mois. C’était d’autant plus important qu’il y avait la Coupe du Monde en France en 1998. Encore une fois, tout est arrivé beaucoup trop vite pour moi. J’étais dépassé par les événements. Il faut du temps pour franchir les étapes. C’était très compliqué à assumer et je n’étais pas prêt pour ça. Au Cameroun, les gens me connaissaient déjà car le championnat français est très largement diffusé. Du coup, j’avais quand même un peu de pression. Il y avait beaucoup d’attente autour de moi du fait de mon jeune âge. Avec l’OL, je ne dis pas que cela a posé des problèmes mais le club et Bernard Lacombe en tête auraient sans doute préféré que j’opte pour l’équipe de France espoirs. Raymond Domenech m’avait même convoqué avant que je décide de jouer pour le Cameroun. A partir du moment où j’ai fait ce choix, les choses étaient différentes à l’OL. J’ai senti une petite distance à mon égard.

« Je n’ai jamais vu un meilleur club formateur que l’OL »

Votre statut d’international a-t-il fait évoluer le regard des gens sur vous à Lyon notamment ?

Inconsciemment, je pense que oui. On en demande et on en attend davantage d’un joueur international. Pourtant, beaucoup avaient tendance à oublier que je n’avais que 20 ans et que je restais, malgré tout, un jeune joueur. Je n’avais même pas fait 15 matchs titulaires en Ligue 1. Mon cas révèle d’une certaine incohérence et d’une certaine incompatibilité avec la réalité. Je n’avais pas de base solide. Normalement, un international a un certain bagage derrière lui, ce n’était pas du tout mon cas. Après, mon poste se prêtait à ça aussi. Il suffit de marquer pour attirer les regards et faire rapidement parler de soi. La réciproque est vraie aussi car dès lors que tu ne marques plus, tu es très rapidement critiqué.

Pourquoi avoir choisi la sélection camerounaise sachant que vous êtes né en France et que vous n’avez jamais vécu au Cameroun ?

C’est un choix du cœur. Depuis tout petit, mon rêve a toujours été de jouer pour l’équipe nationale du Cameroun. Roger Milla était mon idole. Après, je peux comprendre qu’il y ait un débat autour des binationaux et que je sois taxé d’ingrat mais j’assume mon choix. J’étais dans la même situation qu’Anthony Lopes aujourd’hui avec le Portugal.

Vous étiez quel type de jeune joueur ? Un garçon timide qui arrive sur la pointe des pieds ou au contraire quelqu’un de plutôt extraverti ?

Je n’étais pas vraiment timide (rires). Cela s’explique sans doute par le fait que la génération 1977 est arrivée en masse en même temps avec Frédéric Kanouté, Christian Bassila, Cédric Uras et moi-même. On était quasiment ensemble depuis la catégorie moins de 15 ans. Du coup, on n’était pas esseulés et cela a grandement facilité l’intégration de chacun. C’est un phénomène assez rare puisque souvent, dans une génération, il n’y a qu’un ou deux joueurs qui percent véritablement. De ce fait, on ne pouvait pas arriver sur la pointe des pieds. On était des jeunes confiants, prêts à tout casser (rires). Mais cela n’empêchait pas de respecter et d’écouter les anciens. Bien au contraire. Mais on savait très bien que le plus dur commençait maintenant pour nous. L’OL a été fidèle à sa tradition qui est de faire confiance à ses jeunes joueurs. Pour nous, il fallait rendre cette confiance. C’est un club qui, historiquement, a formé, forme et formera encore beaucoup de joueurs de qualité. C’est un vrai pôle d’excellence. Je m’en suis rendu d’autant plus compte que j’ai joué dans 10 clubs différents à travers six pays. Je n’ai jamais vu un meilleur club formateur que l’OL. C’est le meilleur de France pour moi.

« J’ai disputé la Coupe du Monde 1998 grâce à l’OL qui était un très belle vitrine pour moi »

Après avoir quasiment tout connu en l’espace de six mois, vous réalisez une seconde partie de saison bien moins bonne que la première. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Déjà, je pense que j’étais davantage attendu. Lorsqu’un attaquant est plutôt méconnu, les défenseurs lui laissent parfois un peu de liberté. Il m’a fallu aussi le temps de digérer tout ce qui m’est arrivé en six mois. Donc inconsciemment, j’ai peut-être fait moins d’efforts sur le terrain et cela a une incidence directe sur le jeu. Le danger est de descendre en motivation. Par ailleurs, j’ai disputé ma première Coupe d’Afrique des Nations début 1998. Du coup, je suis rentré un peu émoussé de cette compétition. C’était nouveau pour moi. La CAN a eu lieu au Burkina Faso où il faisait 45°C. Cela était un peu compliqué de passer d’un temps hivernal en France à des températures caniculaires au Burkina. Mais j’en garde un bon souvenir puisque j’avais marqué un but contre l’Algérie. D’ailleurs, cette CAN m’a permis de m’installer dans la sélection et j’ai ensuite eu la chance de disputer la Coupe du Monde. C’était un rêve qui devenait réalité. Et c’est grâce à l’OL qui a été une très bonne vitrine pour moi.

La saison 1997-1998 s’achève avec une 6e place en Ligue 1 pour Lyon ainsi qu’une demi-finale de Coupe de France, perdue à Lens. Quelle était votre sensation avec cette première saison dans l’élite ? Sachant que vous terminez avec 13 buts marqués en 46 matchs disputés toutes compétitions confondues.

Je pense que l’on a réalisé une bonne saison. A l’époque, l’OL n’était pas le club qu’il était maintenant. Il montait et cette 6e place était sincèrement honorable. On commençait à être parmi les meilleurs. En revanche, cette demi-finale de Coupe de France nous a un peu laissé sur notre faim. Personnellement, j’étais plutôt satisfait de moi, notamment de ma première partie de saison.

Du haut de vos 20 ans, comment vivez-vous cette Coupe du Monde disputée en France ?

J’étais très heureux. Mes performances à l’Olympique lyonnais m’ont rendu légitime en sélection. Alors certes, j’étais très jeune et un an avant j’étais un inconnu mais ma saison a fait que ma sélection n’était pas vraiment une surprise. Concernant, la Coupe du Monde, forcément c’est un événement exceptionnel. Mais il y a eu beaucoup de frustration de ne pas se qualifier pour les 8de finale. On fait match nul le premier match contre l’Autriche (1-1) avant de céder logiquement contre l’Italie (3-0). Lors du dernier match face au Chili, on savait qu’une victoire nous qualifierait. Le Chili a ouvert la marque avant que Patrick Mboma n’égalise de la tête. On marque le but du 2-1 par François Oman Biyik mais l’arbitre le refuse injustement pour une faute inexistante au préalable. Rageant. Le match se termine sur ce score de 1-1. On a même terminé à 9 après les exclusions de Rigobert Song et Lauren Etame. On n’a raté la qualification d’un rien.

« Après la Coupe du Monde, mon statut à l’OL n’a pas évolué. La situation m’a touché »

Au sortir de cet événement planétaire, dans quel état démarrez-vous la saison 1998-1999 avec l’OL ?

J’étais forcément un peu fatigué mais plus moralement je pense car j’avais connu une année chargée en émotions. Mais après tout ça, il n’y avait plus de surprise. Je n’étais plus le jeune joueur méconnu d’un an auparavant. De ce fait, je devais confirmer et m’imposer définitivement.

Par rapport à la saison précédente, vous avez moins de temps de jeu mais un meilleur ratio but/match (9 buts en 25 matchs disputés toutes compétitions confondues). Pourquoi avez-vous moins été aligné ?

Dans ma tête, je pensais que j’allais être dans la continuité de la saison précédente et donc davantage jouer car j’avais le sentiment d’avoir plutôt bien répondu aux attentes. Mais, le club avait recruté Marco Grassi à la suite du départ de Cédric Bardon. Il venait me concurrencer directement sachant qu’Alain Cavéglia, Christophe Cocard et Frédéric Kanouté étaient toujours là. Du coup, il y avait pas mal de concurrence. J’ai rapidement compris que mon statut n’avait pas véritablement changé et que j’étais considéré de la même façon que la saison précédente. Peut-être à raison, je ne sais pas. En même temps, j’étais certes devenu international et j’avais certes disputé une Coupe du Monde mais c’était avec le Cameroun et non avec le Brésil ou l’Allemagne donc forcément cela ne change pas les regards de jouer pour les Lions Indomptables. Mais comme j’étais impatient et que je voulais tout, tout de suite, la situation m’a un peu touché. En première partie de saison, je n’ai que très peu joué. Les choses se sont un peu arrangées après la trêve des confiseurs mais ce n’était pas à la hauteur de mes attentes.

A votre image, l’OL réalise cette saison-là une très belle deuxième partie d’exercice et termine 3e de Ligue 1 derrière Bordeaux et Marseille. Est-ce que Lyon aurait pu espérer encore un meilleur classement ?

Très sincèrement non. Nous avions déjà réalisé une performance très honorable en terminant sur le podium. Ce qui nous donnait le droit de disputer une 3ème tour préliminaire pour accéder à la Ligue des Champions. On avait des bons joueurs mais on n’avait pas l’effectif pour prétendre à mieux. On était là où l’on devait être. On avait un bon groupe, emmené par Alain Cavéglia, notre capitaine qui assumait pleinement son rôle de leader. Il y avait un bon amalgame entre les joueurs expérimentés et les jeunes joueurs.

« Avec le recul, je regrette d’avoir quitté l’OL »

Au cœur de cette saison, est-ce que cette élimination contre Bologne en quart-de-finale de la coupe de l’UEFA n’est-il pas l’un des seuls regrets ?

Ce fut une énorme déception. En fait, cette double confrontation rappelle étrangement celle d’OL-Ajax Amsterdam en demi-finale d’Europa League au printemps dernier. Nous étions complètement passé à travers au match aller en Italie (défaite 0-3, ndlr), avant de redresser la barre mais pas suffisamment à Gerland (victoire 2-0, ndlr). On a clairement perdu ce duel au match aller. On a trop joué petit bras, pour ne pas perdre. On n’est pas parti dans l’optique de jouer. C’est d’autant plus regrettable que même si Bologne pouvait compter sur quelques bons éléments comme Signori ou Ingesson, je pense qu’il y avait la place pour passer. Le problème c’est que quand tu t’inclines 0-3 au match aller, il faut faire un miracle au match retour. Il a failli avoir lieu parce que je marque le second but peu avant la mi-temps. Mais on n’a pas réussi à trouver la faille au retour des vestiaires.

Vous prenez finalement la décision de quitter l’Olympique Lyonnais à l’issue de cette saison 1998-1999. Qu’est ce qui a motivé votre choix ?

Je me suis posé beaucoup de questions au cours de la saison. Je voyais Marco Grassi qui était devant moi dans la hiérarchie. Je n’étais plus un nouveau. Je me suis demandé quel statut j’aurais et je n’étais pas certain que ma situation allait s’améliorer. J’aurais entamé ma troisième saison à Lyon et je partais pour être remplaçant. Moi, j’étais pressé. Je voulais jouer. Il y avait trop d’inconnus. Avec le recul, je me dis qu’aujourd’hui, dans le même cas de figure, j’aurais peut-être fait un autre choix car Lyon était sur une pente ascendante. Après, le club avait mis les moyens pour recruter Tony Vairelles et surtout Sonny Anderson. J’aurais eu sans doute du mal à me faire une place. Mais j’ai quand même des regrets. Je le vois aujourd’hui. Avant de quitter son club formateur, il faut être à la fois patient et abouti. J’avais donné ce conseil à Clinton N’Jie avant qu’il ne parte à Tottenham d’ailleurs. Il aurait dû faire une saison de plus pour confirmer et s’imposer. Quand on est footballeur, c’est très compliqué d’avoir de la lucidité car il y a les sirènes et les attraits des autres clubs qui font hésiter.

A quel moment de la saison avez-vous entériné définitivement cette volonté de quitter le club ?

Au mois de décembre 1998, Pape Diouf, qui gérait mes intérêts, m’a confié que Lens était très intéressé pour me recruter. D’autant plus que je venais de mettre un doublé contre eux (rires). C’était un bon club, l’un des meilleurs français puisque les Lensois disputaient une coupe d’Europe quasiment chaque saison. J’avais cette opportunité en tête du coup quand ils ont officiellement manifesté leur intérêt, je suis parti là-bas. Bernard Lacombe n’était pas favorable à mon départ mais il ne m’a pas bloqué. Je suis partie en bons termes du club.

« Je suis partie d’un objectif clair : aider le Cameroun. Je veux apporter une plus-value à mon pays »

Au cours de votre carrière, vous avez également porté les maillots de Lens, de Metz, de Sedan et de Nice en France. Quelle sensation ressentiez-vous quand vous jouiez contre l’OL ?

C’était forcément spécial, surtout la première année avec Lens. Après, j’ai été transféré à Middlesbrough et de l’eau à couler entre les ponts donc ce sentiment de match particulier s’est un peu estompé. Maintenant, j’ai toujours reçu un excellent accueil quand je revenais à Lyon. C’était assez touchant. Mais bon, on va dire que c’était normal vu que j’étais du terroir (rires). Puis l’OL ne m’a jamais vraiment réussi, je crois que je n’ai jamais gagné contre eux.

Vous avez porté la tunique de 10 clubs différents. Quelle place occupe l’Olympique lyonnais dans votre cœur ?

L’OL est mon club de cœur, je l’ai toujours martelé. D’ailleurs, je n’ai jamais cessé de suivre les résultats des Gones et j’étais vraiment ravi de leur réussite. C’est le club qui m’a formé puis qui m’a lancé dans le grand bain. Les choses auraient pu changer si j’étais resté longtemps dans un autre club, mais ça n’a pas été le cas. J’ai fait beaucoup trop de clubs pour m’attacher vraiment. J’ai fait des choix et j’ai clairement manqué de stabilité. Cela est assez caractéristique de mes performances qui ont souvent été en demi-teinte. Je n’ai jamais été vraiment régulier et je n’ai jamais fait de saison pleine. Je pense que je n’ai pas été assez fort mentalement pour être régulier car dans les bons comme dans les mauvais moments, seul le mental est vecteur de régularité. Moi, j’étais constant sur deux-trois mois, mais pas sur une saison. C’était d’autant plus regrettable que quand je l’étais, j’affichais un niveau très intéressant.

A l’issue de votre carrière, vous avez fait le choix de vous engager en faveur du développement du Cameroun. De ce fait, vous avez créé le Club pour les Investisseurs et le Développement Durable du Cameroun (CIDDC). En quoi consiste exactement votre structure ?

Je suis parti d’un objectif clair : aider le Cameroun. Je veux apporter une plus-value à mon pays qui me passionne. Mon passé de footballeur professionnel m’a offert la possibilité de nouer un réseau assez important à travers plusieurs pays. J’ai également de bonnes relations avec les autorités camerounaises. Du coup, mon ambition est de mettre en lien des entreprises françaises, principalement des PME (Petites et Moyennes Entreprises, ndlr) avec les collectivités du Cameroun et des sociétés sur place pour que ces entreprises françaises créent des structures là-bas, qui seront automatiquement de droit camerounais. Pour les entreprises, l’intérêt est de se développer dans un pays où il y a un réel potentiel et pour le Cameroun, cela permet de se développer également à travers un savoir-faire et des technologies qui ne sont pas présents en Afrique tout en créant des emplois locaux. C’est un deal qui doit être gagnant-gagnant. On s’est concentré sur des entreprises du secteur secondaire et notamment l’énergie et l’eau car pour se développer, le Cameroun et même l’Afrique en globalité, se doivent d’avoir les capacités matérielles et intellectuelles pour transformer les matières premières sur leur sol et ainsi créer de la plus-value. C’est un enjeu majeur pour l’avenir du pays et du continent.

« On n’a pas la prétention de faire changer le Cameroun mais simplement de le faire avancer »

Quel est votre rôle précis au sein de ce type de tractations ?

J’ai un rôle d’intermédiaire. Je souhaite mettre en place des projets viables entre les différents acteurs. Je dois donc monter des projets et trouver les bonnes structures pour les mener à bien. Pour cela, je travaille avec la confédération des PME à Lyon, la CGPME via son président François Turcas, qui accompagne les PME dans leur développement. Une fois que j’ai ciblé une entreprise qui me semble pouvoir correspondre au projet et que l’intérêt est réciproque, je m’occupe d’organiser des visites au Cameroun pour mettre directement en relation les acteurs. L’avantage est que je connais très bien le pays, de ce fait, je n’ai pas besoin de livres ou de stratagèmes de communication pour bien présenter mon pays et les opportunités qu’il y a sur place. Suivant l’avancement du projet, je me charge également de toutes les formalités administratives car les administrations françaises et camerounaises ne vont clairement pas à la même vitesse. C’est donc un cheminement assez long.

Vous ciblez uniquement des entreprises françaises ou vous faites aussi appel à des entreprises d’autres pays ?

Je ne ferme aucune porte. Simplement, j’habite sur Lyon donc c’est plus simple pour moi de m’adresser à des entreprises françaises. La région Auvergne-Rhône-Alpes possède un bassin économique très important, le deuxième de France derrière l’Ile-de-France. De ce fait, il y a un nombre d’entreprises assez conséquent et les possibilités sont multiples. Si demain, je trouve des entreprises nantaises, bordelaises, strasbourgeoises ou parisiennes qui peuvent correspondre à un projet, je n’hésiterai pas à aller les voir. Mais avec le bassin à la fois lyonnais et régional, il y a déjà beaucoup de savoir-faire et de compétences.

Vous misez actuellement sur le secteur de l’énergie. Est-ce que le développement de votre structure ne passera pas par une volonté de se diversifier en ciblant d’autres secteurs ?

Je suis déjà en contact avec des entreprises d’autres secteurs comme Desautel, basée à Montluel au nord de Lyon et qui est spécialisée dans la protection incendie. Cela fait quatre ans que l’on discute et les choses se mettent doucement en place. Mais pour qu’un projet aboutisse, il faut du temps car mon but est de bien faire les choses et que les structures mises en place soient viables. Le but n’est pas de réaliser dix projets à la fois mais de les mener à bien les uns après les autres. Tant pis si cela doit prendre plusieurs années. Après, je suis ouvert à différentes opportunités mais je ne veux pas partir dans tout et n’importe quoi. On ne peut pas aller partout. Je me suis tourné vers l’énergie car c’est un secteur vital et dans lequel le Cameroun doit se développer. Il y a un vrai déficit. Maintenant, je suis lucide, on n’a pas la prétention de vouloir changer le pays mais simplement de le faire avancer.

« En cinq ans d’existence, nous avons fondé deux entreprises »

Comment vous rémunérez-vous ?

L’intérêt est de finaliser un projet au Cameroun et par conséquent de créer une structure sur place. De ce fait, une fois le projet abouti, je prends des parts dans la nouvelle structure. Le CIDDC a une vertu associative en France mais c’est une vraie entreprise au Cameroun.

Pour le moment, combien d’entreprises ont été créés au Cameroun par le biais du CIDDC ?

En cinq ans d’existence, nous avons fondé deux entreprises : une liée au secteur de l’eau avec Citaf et l’autre dans le secteur de l’énergie solaire par l’intermédiaire de Diffuselec. Ce sont des résultats encourageants. Désormais, le but est de pérenniser ce qui a été mis en place. Pour cela, je me rends au Cameroun tous les trois mois environ.

Quels sont les échos de vos actions au Cameroun ?

Disons qu’elles sont assez médiatisées, même si on aimerait toujours plus (rires). Après, les Camerounais sont contents que des personnes avec une certaine notoriété décident d’aider le pays. C’est encore trop rare à mon goût. Moi je veux simplement me rendre utile en aidant. C’est aussi pour ça que je me suis tourné vers le Cameroun car le pays a besoin qu’on lui tende la main. A contrario, je ne pense pas que j’aurais pu aider la France, il y a déjà tout ici (rires). Je me dis que ce que je fais a du sens et c’est ce qui me satisfait.

« De manière ponctuelle, consultant est une activité intéressante »

La CIDDC n’a qu’un statut associatif sur le sol français. Mettez-vous en place des événements spéciaux en lien avec le Cameroun pour faire connaitre davantage ce pays au grand public ?

Non, mais nous organisons des « missions ». Cela concerne un panel de plusieurs chefs d’entreprise que l’on amène au Cameroun pour une durée de quatre/cinq jours. Durant ce séjour, sont organisés des rendez-vous B to B (Business to Business) avec des entreprises sur place en guise de premier contact, notamment sur Douala qui est la capitale économique. Des meetings sont aussi mis en place avec certains ministres du côté de Yaoundé. L’économie possède des liens étroits avec la politique. C’est de partout comme ça, seulement en France, ce n’est pas possible d’avoir de tels rendez-vous publics car les spectres du conflit d’intérêt ou de prise illégale d’intérêts sont assez vite brandis. Du coup, ces entretiens se font quand même, mais en secret. En Afrique, il y a davantage de liberté à ce sujet et surtout moins de médiatisation. La forme est différente mais les procédés ne sont pas éloignés.

Par ailleurs, vous avez récemment été invité sur OLTV pour suivre le match Angers/OL (3-3). Est-ce que ce sont les prémisses d’une carrière de consultant ?

J’ai bien aimé cette expérience. Mon vécu d’ancien joueur me permet de réaliser des analyses plutôt sensées donc oui c’est quelque chose d’intéressant. D’autant plus pour parler de l’OL car j’ai le temps de regarder les matchs. Je suis un vrai supporter (rires). Après, je ne pourrais pas faire ça de manière permanente car j’ai des contraintes liées à mes activités professionnelles. Je voyage beaucoup. Mais de manière ponctuelle, c’est intéressant comme activité.

Votre fils est licencié en U11 à l’OL. Pensez-vous qu’il peut marcher sur vos pas ?

Je ne sais pas et il ne faut pas compter sur moi pour faire des plans sur la comète. Tout ce que je peux dire c’est qu’il aime beaucoup le football. Peut-être que lui rêve d’imiter son papa mais il ne le dit pas. Il a commencé à jouer au Lyon Croix Rousse Football. Son entraîneur m’a appelé pour que je le mette à l’OL mais je n’étais pas très chaud car on habite le quartier de la Croix-Rousse et c’est un peu loin. Surtout qu’il est encore petit. Puis l’OL a souhaité faire passer des tests à trois joueurs de l’équipe : mon fils et deux autres. Je n’allais pas refuser. Ça signifie quand même qu’il ne joue pas trop mal. Finalement il a été pris. En tout cas, la démarche ne vient pas du tout de moi. Il est là-bas pour progresser avant tout. Même à son âge, les éducateurs leur apprennent à être de petits professionnels avec un rythme d’entraînement assez élevé. On verra par la suite ce que ça va donner.

« Lyon prend beaucoup trop de buts pour une formation qui a des ambitions »

La transition est toute trouvée concernant l’OL. Que pensez-vous de l’équipe version 2017-2018 ?

Il y a indéniablement des bons joueurs et je pense que le recrutement effectué par le club a été très judicieux. Si la mayonnaise prend entre les joueurs et que la défense devient imperméable, l’OL peut réaliser de très belles choses. Le principal problème de cette équipe reste la défense. Lyon prend beaucoup trop de buts pour une formation qui a des ambitions. Offensivement, il n’y a pas grand-chose à redire. Nabil Fekir a retrouvé le plus haut niveau et je pense qu’il peut encore mieux faire. Il a une telle qualité technique qu’après Neymar et Kylian Mbappé, il est le troisième meilleur joueur de Ligue 1. Le fait qu’il soit capitaine l’a responsabilisé davantage et c’est une excellente chose. Son objectif est de disputer la Coupe du Monde. S’il poursuit sur sa lancée, il n’y a aucune raison qu’il n’y soit pas. Après, il faut que Bertrand Traoré, Memphis Depay et Mariano, soient au diapason. Dans ce cas, l’OL va faire mal à beaucoup d’équipes et peut espérer terminer deuxième de Ligue 1 car Monaco ne sera pas au niveau de la saison passée. Puis l’OL se doit, de par son effectif et ses infrastructures, de disputer la Ligue des champions.

Quel regard portez-vous sur Bertrand Traoré et Memphis Depay, deux joueurs qui ont du mal à être régulier en ce début de saison ?

Bertrand Traoré a connu un bon début de saison avant de baisser à de pied après être revenu de ces matchs internationaux. Je n’ai pas trop compris pourquoi. Depuis deux matchs, on sent qu’il est en net regain de forme. Ces buts viennent l’attester. Il doit être un poison permanent pour une défense avec sa vitesse et sa technique. Il doit également progresser dans la finition. S’il arrive à gommer ce problème, il deviendra un très bon joueur.  Concernant Memphis, les choses sont différentes. C’est le genre de joueurs qui peut potentiellement apporter beaucoup mais il doit devenir fort mentalement et tout donné. Je trouve qu’il y a trop de nonchalance dans son jeu. A lui de gommer ça. La décision de Bruno Genesio de le mettre sur le banc a manifestement été la bonne car depuis on le sent un peu plus concerné et impliqué. C’est le genre de joueur qu’il faut piquer. On a vu que lors des matchs d’Everton et de Troyes, il y avait beaucoup de mieux. Je ne connais pas son réel niveau. Je sais qu’il a un potentiel mais on ne sait pas vraiment quelle est sa vraie valeur. Ce n’est qu’en faisant des efforts qu’il pourra progresser lui-même et apporter à l’équipe. Il doit jouer simple.

Vous jouiez au poste d’attaquant donc vous êtes légitimement à même de juger Mariano Diaz. Pensez-vous que l’OL a fait le bon choix en misant sur lui pour mener son attaque ?

Je pense que c’est une bonne recrue et son début de saison parle pour lui. Maintenant, il faut arrêter de le comparer à Alexandre Lacazette. Ce sont deux joueurs aux profils très différents. Il ne faut pas lui demander de jouer comme lui. D’autant plus qu’Alexandre Lacazette était un attaquant confirmé de Ligue 1 alors que Mariano découvre tout juste ce championnat. Mais ce joueur sort du plus grand club du monde donc ce n’est pas une référence anodine. On ne joue pas au Real Madrid par hasard. Cependant, à l’instar de Memphis et Traoré, il reste, pour le moment, un joueur à potentiel. Lyon est une belle vitrine pour lui mais il doit prouver. Personnellement, je pense qu’il va marquer beaucoup de buts. C’est un attaquant opportuniste, véloce et adroit devant le but. Mais il a surtout une motivation hors du commun. Son but est de disputer la Coupe du Monde en fin de saison et il se donne les moyens d’y arriver. C’est une saison charnière pour Mariano.

« Il manque un ou deux joueurs cadres à l’OL »

On a l’impression que le style de Mariano est assez inédit pour l’OL, du moins à ce poste d’avant-centre. Est-ce votre avis ?

Oui, surtout pour les attaquants formés au club. Je suis bien placé pour le savoir. Lyon cherche à former des attaquants à la fois techniques, rapides et travailleurs. On retrouve ces caractéristiques chez Alexandre Lacazette et Karim Benzema notamment. C’est une marque de fabrique. D’ailleurs, les Maolida, Gouiri et Geubbels présentent un peu ce profil-là. Mariano est un peu aux antipodes de ces joueurs.

Vous avez cité plusieurs fois le terme « potentiel » pour évoquer Depay, Traoré et Mariano. On peut dire également que Tete, Mendy, Tousart, Ndombélé et Aouar sont également des joueurs à potentiel. Ne manque-t-il pas des cadres dans cet Olympique Lyonnais ?

Si je pense. Marcelo est un cadre mais c’est quasiment le seul. Nabil Fekir est un cadre sur le plan technique mais pas sur le plan de la personnalité. Ce n’est pas un Maxime Gonalons. Ce manque de cadres s’est déjà payé cash cette saison. Quand tu mènes 3-1 à Angers, 3-1 devant Bordeaux ou 3-2 devant Dijon, il est inconcevable de ne pas gagner ces matchs. L’absence de cadres peut expliquer, en partie, ces problèmes dans la gestion d’un résultat. Cette équipe manque de charisme et elle fléchit quand elle est moins bien. Cela risque malheureusement de se reproduire au cours de la saison. Selon moi, il manque un ou deux éléments d’expérience qui, par leur présence et leur parole, rassurent toute l’équipe.

Ces problèmes dans la gestion des résultats ont également mis un peu sur la sellette Bruno Genesio. Comprenez-vous cette remise en cause permanente du technicien lyonnais ?

J’ai un peu de mal à comprendre. Quand il a repris l’équipe en janvier 2016, il a mené l’équipe à la deuxième place de Ligue 1. Et là personne n’a rien dit. Donc quand l’OL termine deuxième, le mérite en revient aux joueurs mais quand le club est quatrième ou sixième, c’est l’entraîneur qui est en cause. C’est toujours la même chose. Maintenant, je peux comprendre le scepticisme de certains sur le plan du charisme. En effet, Bruno Genesio fait, pour le moment, office d’entraîneur de seconde zone car il a peu d’expérience et peu de références dans ce métier. Pour les joueurs que l’OL aspire à recruter dans le futur cela peut être un frein.

« Pour le moment, Bruno Genesio fait office d’entraîneur de seconde zone »

Les reproches tournent aussi autour de la progression des joueurs. Sergi Darder et Emanuel Mammana ont, en partie, quitter le club car ils n’avaient pas forcément leur chance…

Pour Sergi Darder, j’ai des regrets car je pense qu’il aurait pu apporter beaucoup plus que ce qu’il a amené. Même en début de saison, ses performances étaient plutôt encourageantes. C’est un joueur qui brillera dans une équipe qui joue bien et qui utilise bien le ballon. La preuve, quand j’ai vu les premiers matchs de l’OL avec Darder, je me suis dit que si l’équipe jouait comme cela toute la saison, elle pourrait poser des problèmes à Paris ! Lyon doit avoir la possession de balle et  ne doit pas être une équipe attentiste qui évolue en contre. Dans cette optique, Sergi Darder était un joueur très intéressant avec des qualités techniques hors norme. L’OL a besoin d’un milieu qui casse les lignes et qui fasse la différence via une passe ou un drible. Si Lyon joue avec Lucas Tousart et Tanguy NDombélé, on n’aura pas ce joueur. Houssem Aouar peut assumer ce rôle. Il est très fort ce jeune. Nabil Fekir lui, ne doit pas jouer dans ce registre car il est indispensable derrière l’attaquant, en organisateur de jeu. Aujourd’hui, un numéro 8 est primordial pour pratiquer du beau jeu et faire des différences.

L’OL est un club qui possède pas mal de liens avec le Cameroun puisqu’entre vous, Marc-Vivien Foé, Jean II Makoun, Clinton N’Jie, Samuel Umtiti et Nicolas N’Koulou ont plus ou moins récemment porté les couleurs lyonnaises. Qui sera le prochain ? Votre cousin Joël Matip ?

(Rires) Ce serait bien mais je ne pense pas. Il joue à Liverpool, qui est vraiment un bon club. Ça me ferait très plaisir en tout cas. Puis l’OL reste un très bon club aussi. On verra ce que l’avenir lui réserve car dans le football, il est délicat d’avoir des certitudes.

Si Lyon vient à recruter un Camerounais, pensez-vous que Jean-Michel Aulas pourrait faire appel à vous pour jouer le rôle du grand frère sachant que vous connaissez à la fois très bien la ville et le club ?

Je ne pense pas mais on ne sait jamais car Jean-Michel Aulas est une personne imprévisible (rires). Mais si cela arrive, je jouerai volontiers ce rôle-là.

« Depuis notre génération du début des années 2000, il n’y a eu ni relève ni stabilité dans la sélection camerounaise »

Pour finir, évoquons la situation de l’équipe nationale du Cameroun qui ne s’est pas qualifiée pour la Coupe du Monde 2018. Peut-on parler d’échec ?

Oui complètement. En ce moment, tout le monde pleure au Cameroun. Mais il n’y a pas de hasard. Combien de Camerounais sont titulaires dans les plus grands clubs européens et même dans les quatre plus grands championnats européens ? Aucun ou quasiment aucun. Avec ce constat sans appel, on ne peut pas espérer grand-chose.

A votre époque, le Cameroun était le pays numéro 1 en Afrique avec deux Coupes d’Afrique remportées consécutivement (2000 et 2002). On a l’impression que ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui …

Effectivement, ce n’est plus le cas. Certes, le Cameroun a remporté la CAN en début d’année mais c’était un peu tiré par les cheveux. On a gagné au mental plutôt que par supériorité. D’ailleurs, on a vu à la Coupe des Confédérations l’écart de niveau qui séparait le Cameroun de ses adversaires. Tout est un problème de génération. Depuis la nôtre avec les Song, les Eto’o, les Geremi, les Lauren, les Foé, il n’y a pas eu vraiment de relève ni de stabilité. Mais il ne faut pas se leurrer, il y a relève et stabilité que quand il y a formation. Or, au Cameroun comme en Afrique, la formation ne se fait pas en local mais à l’international via la France ou l’Allemagne notamment. De ce fait, notre équipe nationale est dépendante des centres de formation de ces pays-là tout en sachant que si un joueur à potentiel se révèle, il pourra choisir de jouer pour le pays européen. En Afrique, pour qu’un pays soit performant, il doit y avoir une grosse génération en même temps et c’est très compliqué. C’est la raison pour laquelle les pays africains sont aussi irréguliers. Pour remédier à ce problème, des académies sont créés comme celle de Jean-Marc Guillou en Côte d’Ivoire mais c’est un exemple malheureusement isolé…

11 commentaires
  1. Naka De Lyon - mer 25 Oct 17 à 17 h 13

    Je kifais vraiment beaucoup JoJob ( je l'appelais comme ca a l'epoque lol....)
    j'etais tres decu de son depart a l'epoque .
    Un vrai feu follet et une bonne mentalité...........
    C'était le temps pas si si lointain ou un gamin de 17 piges se serait jamais permis de raler contre un plus vieux qui aurait marqué au lieu de lui donner le ballon et qui au contraire l'aurait féliciter.
    Ps : De tres bonnes analyses sur OLTV

    1. alejandro - mer 25 Oct 17 à 22 h 09

      Oui, c'était une autre époque. Pour ma part, il ne m'a jamais spécialement tapé dans l'oeil.
      Contrairement à Kanouté qui était mon joueur préféré à cette époque.

      1. Naka De Lyon - jeu 26 Oct 17 à 2 h 15

        Kanoute évidemment j'ai adoré également 🙂 mais il etait moins efficace .
        Et puis desiré est bien le seul job que j'ai apprécié dans ma vie lol 😀

      2. westkanoute - jeu 26 Oct 17 à 11 h 55

        kanouté..... le joueur qui m'a fait aimer l'ol.Joueur élegant et doué techniquement.par contre naka kanouté moins efficace? à l'ol ok mais pas sur la suite de carrière.

      3. Naka De Lyon - jeu 26 Oct 17 à 14 h 31

        Ah bah c'est sur que par la suite Kanoute a fait du tres lourd comparé a jojob...........mais vu que je regarde qur les match de l'OL jojob m'a plus marqué lol .
        Job aurait du avoir une carriere comme fred Kanoute pour moi il avait ce qu'il faut .
        Et puis vu tn pseudo je vais pas critiquer Kanoute lol

      4. westkanoute - ven 27 Oct 17 à 4 h 09

        t'as intérêt naka lol.
        Plus sérieusement ,je pense que job était moins doué que kanouté ,c'est d'ailleurs pour cela que leurs carriéres par la suite sont bien différentes.

  2. dugenou - jeu 26 Oct 17 à 1 h 45

    C 'est un joueur qui a compté à l'Ol bien qu'il n 'y soit pas resté très longtemps.
    Les supporters se souviennent de lui.
    Je me souviens l 'avoir vu jouer à Gerland notamment une fois associé à Cavéglia en attaque et il avait été bon (contre Sochaux si je me rappelle bien).
    Cavéglia met un ciseau magnifique dans ce match et inscrit un doublé il me semble.
    ça commence à remonter et Lyon n 'avait quasiment rien gagné à cette époque...
    C 'est la période ,avant les titres des années 2000, qui a vu le club se construire et progresser tout doucement avant l'apogée.

  3. Naka De Lyon - jeu 26 Oct 17 à 2 h 10

    Rien a voir mais quand c'est un ex Lyonnais qui transforme le penalty qui élimine les chiens verts ca dait plaisir 🙂 Bravo General Baki

    1. Naka De Lyon - jeu 26 Oct 17 à 14 h 34

      Houla désolé Beeeen , me fais pas fusiller par le General steuplait 😀

  4. Maxence Lumière - jeu 26 Oct 17 à 10 h 58

    bel interview. job, un sacre bon garçon avec une belle mentatlité qui a fait du bon job

  5. westkanoute - jeu 26 Oct 17 à 11 h 57

    merci à o&l pour ce bel interview de joseph qui en plus touche à plusieurs sujets.

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