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Chroniques tactiques

OL : avec le doute, les mauvaises habitudes

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Quatrième match consécutif sans victoire pour l’OL en championnat, après son match nul à Lille 2-2. Une première cette saison. L’équipe n’est plus aussi sereine qu’il y a à peine quelques semaines. Ce qui la fait retomber dans quelques travers du début de saison.

On commence à se faire à la chose. Bruno Genesio est très énervé après la rencontre, et ne le cache plus. « On manque trop d’humilité pour le sport de haut niveau. J’ai dit à mes joueurs ce que je pense, en face. Ça restera entre nous. » Pas tout à fait entre eux lorsqu’il évoque les défauts de son équipe quelques secondes plus tard. « Le foot est un sport collectif joué par des individus qui n’ont pas forcément un comportement collectif… Les Lillois avaient le droit de réagir. Ce n’est pas parce que l’on joue un peu plus bas en deuxième période que l’on doit prendre deux buts. Le score (0-2) déclenche ce manque d’humilité. » Lyon est-il encore si fragile que cela ?

Enfin une solution ?

Comme on pouvait s’y attendre, le LOSC n’allait pas déroger à la règle contre l’OL (surtout avec Christophe Galtier à sa tête qui connaît si bien cet adversaire lyonnais). Un bloc bas, compact, deux lignes de quatre resserrées. Allions-nous revoir encore une fois les Gones buter sur une telle tactique ? Pour une fois les Rhodaniens trouvent quelques solutions. Le 4-3-3 dressé par le technicien lyonnais semble être une bonne alternative pour contrer ce qui pose problème depuis le début de saison. Grâce à cela deux joueurs du milieu (Jordan Ferri et Tanguy Ndombele) peuvent se placer entre la ligne de defense et celle du milieu adverse (très proches faut-il le rappeler). Ces deux milieux servent de relais entre la défense et l’attaque, et autour d’eux tout s’organise. Plus généralement en effet, tout semble être rodé côté lyonnais dans cette première période.

Avec ce système, les deux ailiers Memphis et Bertrand Traoré décrochent beaucoup, entre les lignes eux aussi, en revenant légèrement vers l’axe, étant souvent touchés par Mouctar Diakhaby et Jérémy Morel lorsqu’ils relancent. Jouer de la sorte permet d’avancer ensuite, et surtout de creer de la profondeur pour les latéraux (le premier but du Burkinabé vient d’une action de ce type, lui-même ayant décroché pour être visé par Diakhaby sur une relance, ce qui déclenche le reste). Cela tombe bien, Fernando Marçal et Rafael en profitent, le gaucher plus que le droitier cependant (la paire Marçal-Memphis est a plus de 70 ballons joués chacun, tandis que le tandem Rafael-Traoré atteint à peine la cinquantaine). Enfin les latéraux sont utilisés comme il le faudrait à chaque match, compte tenu de leurs qualités. Globalement, la supériorité technique collective rhodanienne est flagrante, l’équipe fait bien tourner le ballon, ça va d’un côté à l’autre. C’est facilité il est vrai par le manque d’engagement des Lillois. Trop facile ?

Où est passé le collectif ?

Côté Dogues, l’ancien entraîneur de Saint-Etienne a dû remonter ses troupes. Effectivement, on observe d’emblée beaucoup plus d’agressivité et d’intensité chez les Nordistes, dès les premières minutes de la seconde periode. Forcément, cela gêne bien plus les hommes du président Aulas, jusque là assez tranquilles, eux qui n’aiment généralement pas être rentrés dedans. Sachant la mauvaise série en cours en championnat (inédite cette saison, et toutes compétitions confondues il faut remonter au mois de septembre pour voir quatre rencontres d’affilées sans victoires), et la jeunesse de l’équipe, le doute s’est vite installé et les vieux démons avec. Ce qui est frappant également en regardant ce second acte, c’est la manière de jouer des coéquipiers d’Anthony Lopes.

Collectivement, on constate qu’un certain nombre de ballons sont portés au travers de longues courses individuelles, quand ce n’est pas 4 ou 5 touches de trop qui sont effectuées alors que 2 suffisent pour transmettre la gonfle. Le jeu de passes, assez satisfaisant durant les 45 premières minutes, devient plus rare. Ce manque de collectif, conjugué à une agressivité moins importante, se retrouve sur les deux buts que concède l’OL. Sur le premier signé Nicolas Pepe, Luis Araujo déborde facilement sur le côté droit de la défense lyonnaise, Rafael commettant une grossière erreur de placement (il défend entre la ligne et Araujo, tandis que ce devrait être le Lillois entre lui et la ligne). Défendre à l’extérieur en un contre un laisse de l’espace, très bien exploité. Sur la deuxième réalisation, le manque d’agressivité, pour remonter sur les Lillois qui jouent un corner court, est criant. Ce qui laisse à Araujo tout le loisir pour frapper de 20 mètres sans personne pour s’opposer à lui. A continuer comme cela, on se demande si l’OL n’est pas une équipe de Coupe finalement …

 

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