OL : comment gérer un grand match

L'OL l'a fait. Faire tomber le PSG, à domicile, au terme d'une rencontre à intensité Coupe d'Europe. Beaucoup d'événements auraient pu déstabiliser l'équipe, mais il n'en a rien été. Au contraire, elle s'est adaptée, et bien.

C'est l'émotion qui prédominait chez Bruno Genesio, plutôt que la raison, à l'issue du match remporté contre le PSG ce dimanche (2-1). "Le match nul aurait peut-être été plus équitable mais on est allés chercher cette victoire avec beaucoup de cœur et de talent aussi." Du coeur, du talent, mais aussi de l'intelligence et de la gestion.

Une équipe caméléon

L'entraîneur lyonnais avait préparé cette rencontre à la minute près, en donnant un plan de jeu bien précis. Dès le début de la rencontre, les Lyonnais mettent énormément d'intensité et d'engagement sur chaque ballon et chaque duel avec Mariano en chef de meute pour les attaquants, Ndombele occupant le même rôle au milieu. Le pressing est très haut, toute l'équipe est dans le camp parisien en réduisant le plus possible les espaces, et le but de Fekir dès la 2e n'y change rien. En réponse, les Parisiens aussi pressent haut, ce sont donc deux blocs conquérants qui se font face, chose assez rare en Ligue 1 Conforama. Il fallait montrer à l'autre qu'on allait pas reculer. Conséquence, les espaces derrière les défenseurs sont grands, ce dont essaient de profiter les deux formations par des ballons dans le dos ou en profondeur, mais les deux gardiens n'ont pas hésité à sortir pour soulager leur arrière-garde. Dans ce cadre, ce n'était pas un match pour les attaquants de pointe Mariano et Cavani, très peu servis en ballon.

Après un pressing d'Aouar sur Dani Alves, le Brésilien perd le ballon. Les autres joueurs offensifs lyonnais ayant suivi le pressing, ils récupèrent le ballon et sont immédiatement dangereux.

Cela marche dans les faits. A la demi-heure de jeu, le PSG a déjà perdu 42 ballons, contre 30 pour l'OL. Mais dès la 15e minute, et sans doute par soucis de gestion, le pressing lyonnais cesse. On passe automatiquement en formation bloc bas, resserré et dans son camp. Il était évident que ce pressing ne pouvait durer pendant 90 minutes, mais il faut noter l'intelligence d'une telle transition. En effet, à partir de la 23e, Paris ne tire plus au but, butant sur une équipe rhodanienne très efficace défensivement pour repousser toute tentative (alors que les hommes d'Unaï Emery avaient 70% de possession à la 25e). Intelligemment aussi, les Gones passent surtout par le côté droit (celui de Kurzawa...), avec Maxwel Cornet et Rafael, très rapides en situation de contre (surtout que de l'autre côté Houssem Aouar n'est pas un vrai joueur de couloir). Ironie du sort, alors que les joueurs de la capitale ne tiraient plus depuis plus de 20 minutes, c'est ce même Kurzawa qui égalise juste avant le repos... Aouar ne ferme pas bien l'espace avec son latéral, et Dani Alves peut être envoyé en profondeur pour centrer, et son alter ego du côté gauche de reprendre.

La patience a ses vertus, l'OL a Ndombele

Ce n'est pas souvent le cas, mais on ne peut faire autrement. Comment parler de cette partie sans évoquer la prestation de Tanguy Ndombele. Nabil Fekir est sans doute le plus légitime pour cela. "Il a été exceptionnel. Ils m’ont donné le titre de meilleur joueur du match, mais pour moi il le mérite peut-être plus. On est tous très contents de l’avoir avec nous, il nous apporte beaucoup". Et qu'est-ce qu'il apporte... En chiffre, c'est 47 ballons joués (2e plus haut total de son équipe, 48 pour Rafael) pour 88% de passes réussies (vers l'avant, il loupe sa première passe dans les dix dernières minutes) et 73% de duels gagnés (bien aidé par Lucas Tousart au milieu et ses 21 ballons récupérés). Dans le jeu, on a vu que lui. Systématiquement, il contrôle vers l'avant quand il reçoit la gonfle, même dos au jeu, et utilise son talent pour laisser ses adversaires à terre au démarrage. Sa course préférée ? Tout droit, et s'il y a un adversaire sur sa route, il le dribble. C'était lui le vrai meneur de jeu ce dimanche, impulsant toutes les attaques (quelle passe en profondeur pour Mariano sur son occasion à la 63e!). Il avait crevé l'écran au match aller, que dire au retour...

Ses coéquipiers se sont mis au diapason, tout en gestion. Jusqu'à la 57e et le carton rouge de Dani Alves, les Rhodaniens continuent de rester groupés et les Franciliens monopolisent le cuir. L'OL a l'air de souffrir. "Jusqu’à l’expulsion en seconde mi-temps les Parisiens avaient fait preuve d’une grande maîtrise technique, on était dans un temps un peu faible et cette expulsion a certainement relancé le match." On ne peut qu'être d'accord avec l'entraîneur sur ce point. Effectivement, à partir de la 60e, les Parisiens essaient de se réorganiser (entrée de Meunier à la place de Di Maria) et c'est pourquoi ils reculent sur le terrain. Sauf que de leur côté, les Lyonnais ne remontent pas leur bloc et gardent leur plan de jeu. Cela aurait sans doute été dangereux de presser à nouveau, étant donné la fatigue accumulée et la possibilité de prendre un contre. En patientant de la sorte, les hommes du président Aulas ont repris peu à peu le contrôle du match dans le dernier quart d'heure, sans forcément être plus dangereux. Avec même une impression d'attendre les derniers instants pour faire la différence, en se disant qu'un nul n'est déjà pas si mal, que Paris n'était plus dangereux, et donc pourquoi pas tenter quelque chose à la fin. Memphis a validé tout cela...

8 commentaires
  1. jeepy - mar 23 Jan 18 à 7 h 33

    Attention à l'euphorie pour le prochain déplacement. Rien n'est acquis, il faudra être forts ..

  2. Ak69 - mar 23 Jan 18 à 8 h 39

    Le match à bordeaux sens le match piège à plein nez, typiquement le genre de match qu'on perd bêtement contre une équipe au plus bas mais qui voudra bien faire chez eux avec leur nouvel entraîneur, et nous avec un certain relâchement post-victoire contre paris, tout les ingrédients sont réunis pour une défaite stupide aha

  3. Fekiiresistible69 - mar 23 Jan 18 à 8 h 57

    ba surtout quon es sur une grosse serie a l'exterieure ak69 et comme tout le monde le sait toute serie a une fin mai et cest legitime pour nous suporter qui connaissons tres bien les qualiter comme les defaut de notre ol on peut craindre un relachement mais je nous vois pas perdre a bordeaux je pense que le match contre angers paradoxalement a ete un declic jai limpression que les joueur ont compris quil ne finirait pas sur le podium en "choisissant" leur match als cest que mon impression sa demande bien sur confirmation mais je sens qui a un palier qui a été franchi en tout cas on va vivre une 2e partie de saison ultra exitante en plus paris recoi mhsc on peu esperer quil y laisse des plumes et surtt le choc entre monaco et marseille qui doit nous permettre de ce donner un petit matelas sur une des deux equipe surtt a 1 semaine du deplacement sur le rocher

    1. fandelol - mar 23 Jan 18 à 10 h 03

      Je suis d'accord avec toi, je pense que les joueurs se sentiront tous concernés à Bordeaux. D'ailleurs, les retours en forme de Mendy, Rafael et Cornet obligent leurs concurrents directs (Marcal, Tete, Memphis, Traoré) à être très performants sous peine de cirer le banc. Donc c'est tout bon pour l'équipe ça.

  4. Fekiiresistible69 - mar 23 Jan 18 à 9 h 00

    et sans oublier le scenario du match aller qui sera un levier de motivation suplementaire pour bruno

  5. Ak69 - mar 23 Jan 18 à 9 h 36

    Oui c'est sur mais comme souvent on a prit l'habitude de ne pas profiter des occasions qu'on avait pour prendre quelques points d'avance.. cela fait parti des défauts récurrenr de notre ol mais c'est vrai que cette seconde moitié de championnat est très excitant et franchement ça faisait un bout de temps que je n'avais plus prit autant de plaisirs à les suivre, à part 2/3 matchs bien chiant comme contre Angers ^^

  6. OL-38 - mar 23 Jan 18 à 10 h 25

    Bonjour à tous,
    C'est encore un peu tôt pour s'enflammer. Il faut continuer d'enchainer les bonnes prestations et bon match et faire un point depuis la reprise. L'OL dois rester concentrer pour bien jouer le match contre Monaco qui arrive.

  7. Juninho Pernambucano - mar 23 Jan 18 à 11 h 09

    On aimerait qu'ils jouent en pressing offensif comme lors des 15 premières minutes ou le Qsg était dans les cordes et largement dominé ( je ne sais pas si une autre équipe en L1 est capable de faire ça ) .
    Mais physiquement c'est intenable et ils sont revenus au bloc bas défensif jusqu'à l'expulsion de Alvès .
    Sans celle ci , on ne gagne jamais et il n'est pas sur que les parisiens ne finissent pas par l'emporter tellement ils avaient la maîtrise du ballon , faisant beaucoup courir Fekir et consorts .
    Aouar n'est pas exploité au mieux , ce n'est pas un joueur de couloir , mais il y a embouteillage au centre et ce 433 a des avantages mais des inconvénients aussi , Fekir joue trop bas lors des deux derniers matchs et heureusement qu'on a Ndombele qui fait office de meneur de jeu perforateur par ses montées droit au but , il apporte beaucoup ; c'est ce qu'il manquait l'an dernier avec ce jeu latéral poussif .
    Contre les grosses équipes , c'est risqué de jouer aussi bas et de les bloquer par un bon bloc , avec des individualités comme Neymar , jamais on ne peut tenir tout un match ainsi .
    On a de super joueurs offensifs , il faudrait plus d'ambition dans le jeu .
    génésio et le staff ont été traumatisé par la défense en carton de la saison dernière qui a failli coûter très cher ( c'est un miracle d'avoir fait ce parcours européen ) .
    Le choix de jouer en bloc se comprend mais il faudra plus pour gagner des trophés .

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