Pour sa deuxième saison à OL Lyonnes, Jonatan Giraldez a pu avoir un impact plus important sur le mercato. Conscient des manques de son groupe l'an passé, l'Espagnol a dicté une feuille de route à sa direction avant d'apporter le coup de grâce avec son discours auprès des recrues.
À un titre près, la lune de miel aurait pu être parfaite. Mais, au moment de refaire le bilan de la saison passée, Jonatan Giráldez ne pouvait occulter l'échec de la Ligue des champions. OL Lyonnes a certes retrouvé la finale de la compétition européenne, mais le revers subi contre le FC Barcelone a laissé quelques traces. Dans le palmarès, dans les têtes, mais aussi dans la stratégie estivale. Vincent Ponsot a eu beau répéter à Oslo puis vendredi dernier pour la reprise que cette défaite n'avait pas eu d'impact direct sur la direction prise durant l'été, elle a malgré tout mis en lumière certains manques dans l'effectif. Giraldez en avait ciblé déjà quelques-uns avant, mais le step manquant pour redevenir reines d'Europe a permis d'ajuster cette feuille de route.
Convaincre, la force des grands coachs
Avec quatre recrues estivales, OL Lyonnes n'a pas tout chamboulé. Il faut dire qu'après les neuf arrivées de l'été précédent, il fallait "une forme de continuité", comme l'a pointé le directeur général. Néanmoins, pour l'an II, Jonatan Giraldez a eu un peu plus de pouvoir. La direction assure que "ce n’est pas le coach qui recrute une joueuse mais le club, mais elle n’est jamais recrutée sans l’accord du coach". Pourtant, la présence de l'Espagnol fait beaucoup dans l'opération séduction.
Ayant emboîté le pas de Vincent Ponsot et Jonatan Giraldez pour un premier exercice médiatique depuis leur arrivée à OL Lyonnes, Salma Paralluelo, Caroline Weir et Johanna Kaneryd ont toutes insisté sur l'importance de pouvoir collaborer avec le technicien espagnol. "C’est un club avec une grande histoire, l’un des plus grands du foot féminin. Je connaissais le travail de Jonatan, sa façon de faire jouer ses équipes, j’ai affronté son Barça. C’est quelqu’un qui a beaucoup gagné. La discussion que j’ai eue avec lui a amené de la clarté, j’ai su que c’était aligné sur ce que je voulais", détaillera Weir, qui a bien connu les Clasicos ces quatre dernières saisons.
"Les échanges avec lui ont été très constructifs"
Après une première saison aboutie même si pas parfaite, Giraldez a insisté sur sa volonté de voir son équipe produire un jeu encore un peu plus séduisant à compter de septembre. Il a donc validé des profils qui vont lui permettre d'avoir bien plus de flexibilité dans ses compositions et son adaptation en cours de match. Kaneryd peut évoluer comme ailière ou dans un rôle plus défensif et cela a déjà été discuté. "On a échangé plusieurs fois et il m'a montré comment il pouvait et comptait m'utiliser. Cela a compté dans ma prise de décision", avouera la Suédoise.
Discours sensiblement le même pour Caroline Weir, tandis que Salma Paralluelo ne pouvait faire comme si la méthode Giráldez n'avait pas été un point déterminant dans son choix. L'Espagnole aurait-elle accepté le challenge OL Lyonnes sans la présence de son ancien coach au Barça ? Difficile à dire, mais c'est sous ses ordres que la triple championne du monde avec la Roja a connu sa meilleure saison et au moment de vivre une première expérience à l'étranger, cela compte. "Je connais très bien le coach et sa mentalité, donc je suis très contente d’être ici et de travailler à nouveau avec lui. Je connais aussi une partie du staff et Ingrid (Engen)." S'il ne "peut pas promettre de tout gagner", Jonatan Giraldez a au moins cherché cet été à mettre toutes les chances de son côté.
