Même 11, même dispositif, mais rendu totalement différent. Après une prestation très ronronnante au Paris FC (0-0), l'OL a délivré une toute autre copie contre Rennes (4-0). Tout le monde a parfaitement joué sa partition samedi.
C'est la magie du football. D'une semaine sur l'autre, on peut passer de tout à rien en appliquant la même composition. De Jean-Bouin le 12 septembre (deux tirs, aucun cadré) au Parc OL samedi (quinze frappes, neuf cadrées), du Paris FC (0-0) à Rennes (4-0), l'Olympique lyonnais a produit deux performances diamétralement opposées. Indigents techniquement, comme anesthésiés par le bloc francilien très compact, les Rhodaniens ont été virevoltants, justes et inspirés ce week-end.
Et pourtant, Paulo Fonseca avait choisi de reconduire les mêmes hommes que lors de la journée précédente. "C'est là qu'on s'aperçoit que l'animation d'un schéma fait la différence. Les prédispositions des gars sur le terrain aussi. Est-ce qu'ils ont envie de se mettre en mouvement, est-ce que l'adversaire vient nous contrarier ou pas... Là, on a vu que Pavel Šulc pouvait se mettre entre les lignes, au bon endroit, soulignait notre consultant Nicolas Puydebois dans TKYDG lundi. Il offrait une solution dans l'interligne afin d'avoir de la profondeur ou une possibilité de passe dans l'intervalle. Son rôle est super important. Soit il est en 10, soit il joue plutôt avant-centre et c'est à Ernest Nuamah et Loïs Openda d'animer les ailes. Corentin Tolisso et Mads Bidstrup, eux, peuvent se projeter. C'était bien fait samedi."
Il n'y avait pas grand-chose à redire au terme de cette démonstration, avec un score presque flatteur pour les Bretons. Certes, ils n'ont pas été à la hauteur de l'affiche, et Franck Haise le reconnaissait sans mal. "On est tombés sur une équipe qui nous a largement été supérieure dans tous les domaines. On a essayé mais on était trop loin d'eux pour espérer quelque chose de positif. Je ne minimise pas nos manques, mais il ne faut pas minimiser la qualité du jeu de Lyon, confiait l'entraîneur français. On était dépassés techniquement, tactiquement, et même physiquement."
L'OL a tout fait à Rennes, montrant plus de justesse et de conviction
Les Brétiliens ont pris des buts sur deux attaques placées (celui du 3-0 est une belle œuvre collective), un contre parfaitement orchestré et une frappe de 25 mètres. Tout y est passé. Alors comment expliquer ces deux visages en sept jours ? "Le 4-4-2 peut très facilement se transformer en 4-3-3, en 4-2-4. C'est le mouvement et les courses des uns par rapport aux autres qui changent les choses, constatait Nicolas Puydebois, trois fois champion de France (2003-2005). L'opposition également. Le PFC est parvenu à cadenasser le bloc, pas le Stade Rennais. Au contraire, l'OL a été supérieur dans tout : l'impact, les courses... Il a été dominateur parce que, dans la mentalité, l'état d'esprit et le respect des consignes, les joueurs ont appliqué ce qui était demandé."
Dans le cœur du jeu, ils étaient techniquement plus au point. Sur le plan athlétique, ils ont eu davantage de mordant que leur rival. Tout a semblé plus fluide que face aux Parisiens dans les appels et les combinaisons. Il est vrai que Rennes était à côté de ses pompes, mais surtout, il a été dépassé par la vitesse et la détermination que mettaient les partenaires de Zachary Athekame dans chaque action. "Un dispositif, ça se travaille. Ce n'est pas en une fois qu'on va le maîtriser, surtout celui-ci, rappelait l'ex-gardien. Le fait d'enchaîner, ça apporte une corde supplémentaire."
Bidstrup en facteur X
Le trio offensif a joué la même partition, Corentin Tolisso a retrouvé des jambes et de la justesse, Tyler Morton a haussé son niveau, les latéraux ont bien animé les couloirs, mais Mads Bidstrup reste "le facteur X, affirmait Nicolas Puydebois. On parle beaucoup de ceux qui sont mis en valeur, mais ce type de profil est primordial dans un groupe. Il se projette vers l'avant, fait les efforts défensifs, ne lâche rien et a un gros volume de jeu. Sa force, c'est sans ballon. C'est lui qui permet de récupérer la balle plus haut sur le terrain. Son état d'esprit emporte les autres."
Le Danois est effectivement indispensable si l'Olympique lyonnais souhaite perdurer dans ce dispositif. Il ne sera sans doute jamais Rayan Cherki avec le cuir, mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Tant qu'il sera en mesure de couvrir un si grand nombre de kilomètres par rencontre, sa formation sera soulagée et ses coéquipiers pourront se concentrer sur d'autres tâches. De manière générale, Paulo Fonseca était aux anges après la victoire. "J'ai vu une grande prestation de notre équipe, un match magnifique offensivement et défensivement, estimait le Portugais. On a tout fait bien, on a été très rigoureux sur notre plan de jeu, les joueurs ont beaucoup trimé ensemble."
Le retour dans la durée du 4-4-2 comme sous Rémi Garde ?
Il pouvait être ravi de voir ses troupes livrer une telle copie. De quoi l'encourager à poursuivre dans ce sens après la trêve ? Interrogé sur la viabilité de son organisation vendredi dernier, il avait conservé le mystère en clamant qu'ils ne "jouaient pas en 4-4-2 losange, même si tout le monde dit le contraire. Le système est important si on veut faire bien les choses. Il est corrélé aux caractéristiques des éléments à ma disposition. On évolue dans plusieurs schémas. Les carrés, cela dépend du moment, parfois ils se forment, d'autres fois non, cela change en fonction de l'action et si l'adversaire laisse de l'espace à l'intérieur ou sur les ailes... Il y a beaucoup de paramètres pour bien saisir notre tactique", insistait-il.
Tant que celle-ci permet à l'OL de livrer ce genre de prestation, on lui pardonnera de ne pas vouloir être plus prolixe sur ce sujet. En tout cas, cela fait trois sorties de suite en championnat qu'il reconduit le même 11 (avec Auxerre, succès 3-1), signe qu'il y croit.

Pourquoi 2 visages differents avec le même système?
Ben tout simplement parce que c'était pas le meme match non?
Embauché moi O&L je vous trouverai des idées d'articles moi. 😉