OL – Pape Diakhaté : « Quand tu viens à Lyon tu apprends beaucoup »

Passé par l’Olympique lyonnais durant la saison 2010-2011, Pape Diakhaté revient sur son aventure d’un an dans le club rhodanien. L’international sénégalais aurait préféré que son expérience à Lyon soit plus longue.

Olympique-et-Lyonnais.com : Avec du recul, comment jugez-vous votre passage à l’OL durant la saison 2010-2011 ?

Pape Diakhaté : J’aurais aimé que ça se passe mieux. Le seul regret que j’ai eu, c’est que ça s’est passé en prêt avec une option d’achat. Ce n’était pas un contrat où je me suis installé sur une plus longue durée. Le seul regret que j’ai c’est que le temps était court.

Regrettez-vous de ne pas avoir pu rester plus longtemps à l’OL ?

Je suis parti de France pour rejoindre Kiev. Les gens avaient moins de visibilité sur moi quand j’étais là-bas. Quand je suis revenu en prêt à Saint-Étienne, avec mon agent, le but était de retrouver une visibilité pour que je puisse jouer à nouveau. Le coach Puel avait de l’intérêt pour moi. Son discours était "si on a de la visibilité pour lui (Diakhaté), on va le suivre et après oui, pourquoi pas". Quand il m’a fait venir à Lyon, c’était sur une forme de prêt. J’aurais aimé que ce soit sous une autre forme, par exemple un transfert. Je pense que c’est ça qui a été le plus dur dans la chose. Mais j’ai aussi compris la réticence de Lyon. Il me restait un an de contrat et le Dynamo Kiev voulait environ six millions d’euros. Après je comprends que ça soit un peu un frein par rapport à un transfert définitif.

Dix ans après avoir été sous les couleurs de l’OL, que faites-vous désormais ?

J’ai arrêté ma carrière il y a deux ans et demi. Quand je suis revenu de Turquie, je suis retourné à Nancy. J’ai fait six mois et après j’ai eu des problèmes de dos. Je me suis cassé un disque et fracturé trois vertèbres. J’ai préféré privilégier ma santé, profiter de mes enfants et de ma femme plutôt que de me mettre en danger en continuant à jouer et de me faire mal plus sérieusement. Aujourd’hui, je passe mes diplômes d’entraîneur.

"Je passe mes diplômes d’entraîneur"

Comment s’est passé votre challenge en Turquie avec Kayseri Erciyesspor ?

Ce fut un très bon passage. J’ai beaucoup bougé et voyagé dans ma carrière. On apprend une autre culture, une autre façon de jouer. C’est beaucoup de l'engagement physique et moins de tactique qu’en France. Il y a des supporteurs très passionnés avec des clubs à bas échelles disposant de beaucoup de moyens et des centres d’entraînement très bien équipés. Voir autre chose, c’était bien.

Avez-vous gardé des contacts avec des joueurs que vous avez côtoyé à l’OL ?

Oui bien sûr. J’ai gardé contact avec Bafétimbi Gomis qui est un ami de longue date. On se connaît depuis que l’on a seize ans. Il y a aussi Lamine Gassama, je les ai régulièrement au téléphone. Il y a aussi Jean II Makoun et Sidney Govou qui était un ami à moi avant que je vienne à Lyon. C’est les contacts que j’ai gardés.

"L'OL est un très grand club"

Comment s’est passée la transition de Saint-Étienne à Lyon en 2010 ?

Ça s’est super bien passé. Je n’ai pas eu de problème d’adaptation, même avec les groupes de supporteurs. Je me suis adapté très vite. Ce qui est bien, c’est que je suis venu en plein milieu de championnat. Je suis donc arrivé et j’ai commencé à jouer. Pas le temps cogiter, c'était positif.

Parmi les trois clubs français professionnels où vous avez joué, à savoir l’AS Nancy-Lorraine, Saint-Étienne et Lyon, dans lequel avez-vous le plus appris en tant que joueur ?

Forcément, quand tu viens à Lyon tu apprends beaucoup. Premièrement, c’est un très grand club. Deuxièmement, j’y ai joué la Ligue des champions. C’est la crème du football européen. Globalement, je vais dire que j’ai appris dans tous les clubs. En tout cas, le professionnalisme à Lyon c’est quelque chose d’indéniable. Ça, je l’ai appris à l’OL.

« Le professionnalisme à Lyon c’est quelque chose d’indéniable »

Une reconversion pour l’après carrière de footballeur, c’est déjà dans un coin de votre tête ?

Oui bien évidemment. Pour le moment, j’entraîne une équipe de niveau régional dans la banlieue de Nancy qui s’appelle l’US Vandoeuvre. C’est un club qui est très bien structuré. Leur discours m’avait plu. En passant mes diplômes, je dois prendre en charge une équipe, c’est donc ce que je fais. Le but par la suite est d’aller entraîner, soit dans un centre de formation professionnel, soit de prendre en main une équipe professionnelle. Je veux entraîner au haut niveau parce que c’est ce que j’aime. J’ai la fibre, ça m’a toujours intéressé de voir comment travaillaient mes entraîneurs, tactiquement comme techniquement.

Ces dernières semaines, on parle beaucoup de Jean-Michel Aulas dans les médias. Quel souvenir gardez-vous de lui ?

Aujourd’hui, oui on parle beaucoup. Il dérange peut-être certaines personnes. Moi, en tant qu’ancien joueur de l’OL, sur le plan professionnel, c’est le meilleur président que j’ai connu durant ma carrière. Il est au courant de tout ce qu’il se passe dans son club. Quand il faut qu’il fasse une réunion avec les joueurs, il le fait. Quand il faut qu’il attrape trois, quatre ou cinq cadres pour remettre les choses au clair, il agit également. Quand il faut qu’il aille au charbon pour son club en se mettant en péril contre les médias, il n’hésite pas une seconde. Qui aurait cru que Lyon allait avoir son propre stade ? Je pense qu’en France, c’est le seul club qui l’a aujourd’hui. Donc ça c’est excellent. C’est le meilleur président que l’on a en France.

« Aulas est le meilleur président que j’ai connu durant ma carrière »

Que pensez-vous de la polémique autour de la reprise de la Ligue 1 ?

Reprendre le championnat qui s’est arrêté, je pense que c’est mort. Mais reprendre une nouvelle saison, moi je suis pour. Aujourd’hui, les autres pays ont repris. Peut-être que malheureusement, nos institutions du football ont arrêté trop tôt le championnat. Ça, on ne le saura jamais. Je pense aussi que le fait qu’il y ait des vies en jeu, on s’est dit que c’est l’humain qui l’emporte. C’est tout à fait normal et j’arrive à le comprendre. Pour repartir sur une nouvelle saison, oui, il faudrait donner l’aval aux clubs pour pouvoir reprendre leurs entraînements afin de préparer la nouvelle saison à venir.

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