Adepte du 4-2-3-1, Paulo Fonseca a revu ses plans dernièrement en Ligue 1. L'OL a désormais plusieurs cordes à son arc pour animer son milieu de terrain.
S'il y a une chose que l'on pensait immuable chez Paulo Fonseca, c'était son fameux 4-2-3-1, ou 4-3-3 en fonction des hommes à disposition. C'est comme ça qu'il a agencé la plupart du temps ses formations au cours de sa carrière. Mais en ce début de saison, le Portugais a innové. Sur les trois dernières journées de Ligue 1, il a installé un 4-4-2, avec une animation très mouvante au milieu, entre losange et carré selon la position des joueurs. Entre les deux, il est revenu à ses premiers amours contre Anderlecht en Ligue Europa (1-2).
Beaucoup de choses dépendent de la prédisposition des joueurs le jour J
Signe que rien n'est figé, surtout que l'OL possède une ribambelle de profils différents pour occuper ces postes. Mais si les atouts et les défauts des organisations à trois sont connus, on apprend encore à découvrir ce qu'implique le 4-4-2 dessiné par l'ancien coach de l'AC Milan. "Il y a plus de monde dans l'entrejeu, et donc de multiples solutions pour le porteur du ballon. Quand on connaît la qualité technique des Lyonnais, le dispositif peut vite déborder l'adversaire, nous expliquait Philippe Violeau, trois fois champion de France (2002-2004). Une fois que le décalage est fait, il est possible d'aller vite de l'avant. On a pu le constater face à Auxerre (3-1) et Rennes (4-0)."
Particulièrement efficace pour étouffer les Auxerrois et les Rennais et mettre en lumière les déplacements incessants d'Ernest Nuamah et Loïs Openda, cette tactique n'avait pas porté ses fruits au Paris FC (0-0). À la fois à cause du manque technique global, mais aussi parce que le bloc parisien était extrêmement bien organisé. "C'est là qu'on s'aperçoit que l'animation fait la différence. Les prédispositions des gars sur le terrain aussi. Est-ce qu'ils ont envie de se mettre en mouvement, est-ce que l'équipe adverse vient nous contrarier ou pas... Là, on a vu que Pavel Šulc pouvait se mettre entre les lignes, au bon endroit, soulignait notre consultant Nicolas Puydebois dans TKYDG. Il offrait une solution dans l'interligne afin d'avoir de la profondeur ou une possibilité de passe dans l'intervalle. Son rôle est super important. Soit il est en 10, soit il joue plutôt avant-centre et c'est à Ernest Nuamah et Loïs Openda d'animer les ailes. Corentin Tolisso et Mads Bidstrup, eux, peuvent se projeter."
Le 4-4-2 efficace, pour peu que l'OL ait la maîtrise technique au milieu
Habitué à jouer de sa manière lors de son passage dans le Rhône (de 1997 à 2003), Philippe Violeau juge que "ce système peut être relativement efficace. En revanche, il faut une parfaite coordination entre tout le monde car il laisse de l'espace dans les couloirs. Pour ne pas être contré, il faut que le bloc soit bien organisé afin de décaler côté ballon pour ne pas être pris à défaut, a précisé l'ancien milieu défensif. Quand on attend un peu l'autre ou qu'on se positionne plus bas, on peut trouver des espaces plus rapidement que lorsqu'on joue à plat. Il y a davantage d'éléments offensifs disponibles."
En incorporant au trio Tyler Morton - Corentin Tolisso - Mads Bistrup, un Pavel Šulc capable d'incarner ce 9 et demi qui ne gêne pas les deux attaquants, Paulo Fonseca semble avoir trouvé une formule complémentaire, pour peu que techniquement, ces garçons soient dans un bon jour. "Ils l'ont prouvé dernièrement. Disons aussi que certains, dont Corentin Tolisso, étaient moins bien en ce début d'exercice. Il a retrouvé une belle condition sur le dernier match. Un tel footballeur avec son activité, ses projections, ça fait la différence. Quant à Mads Bidstrup, il est déterminant. Dans cette configuration, il faut pouvoir couvrir du terrain, boucher des trous, tout en étant capable de proposer une solution plus haut sur la pelouse. Dans cette philosophie-là, par son abattage, sa capacité à pouvoir casser les lignes, c'est certainement un atout majeur", décryptait celui qui a porté à 269 reprises le maillot de l'OL.
Le 4-2-3-1 n'est pas définitivement enterré
Pour autant, est-ce la fin du 4-2-3-1 ou du 4-3-3 ? Sans doute que non, et le déplacement en Belgique l'a prouvé. On sait que l'entraîneur lusitanien a ses "phases", et n'hésite pas à s'adapter à ce que propose l'opposition. On peut s'attendre à une alternance dans les options choisies. "Je ne suis pas certain qu'il l'utilise sur la durée. À domicile peut-être, mais je ne suis pas convaincu qu'il soit efficace sur le long terme, nuançait Phillipe Violeau. Les autres vont l'étudier, chercher des manières de le contrer. C'est là qu'il faudra s'ajuster. Pourquoi pas commencer ainsi et se réorganiser à un moment dans la rencontre en cas de problème ? Les joueurs peuvent le faire. C'est aussi en fonction de l'adversaire."
Surtout que ce dispositif demande beaucoup de travail pour être appréhendé. D'ailleurs Paulo Fonseca a volontairement laissé un flou lorsqu'il a évoqué la question avant la trêve internationale. "On ne joue pas en 4-4-2 losange, même si tout le monde dit le contraire. Le système est important si on veut faire bien les choses. Il est corrélé aux caractéristiques des éléments dont je dispose. On évolue dans plusieurs schémas, insistait-il. Les carrés, cela dépend du moment, parfois ils se forment, d'autres fois non, cela change en fonction de l'action et si la formation adverse laisse de l'espace à l'intérieur ou sur les ailes... Il y a beaucoup de paramètres pour bien saisir notre tactique." Reste à voir jusqu'où ce côté polymorphe conduira l'Olympique lyonnais version 2025-2026.

"Il est corrélé aux caractéristiques des éléments dont je dispose. On évolue dans plusieurs schémas, insistait-il. Les carrés, cela dépend du moment, parfois ils se forment, d'autres fois non, cela change en fonction de l'action et si la formation adverse laisse de l'espace à l'intérieur ou sur les ailes... "
En football aujourd'hui , le jeu devient "scientifique" , les joueurs sont mis en data , programmés comme des formule 1 depuis l'adolescence , et la tactique utilise les moyens technologiques actuels pour analyser les matchs .
Il faut des joueurs capables d'intégrer ces changements d'organisation au cours d'un match , il faut un QI foot de plus en plus élevé pour réussir au top niveau .
En cela un joueur comme Nakamura est très interessant , comme l'était Fofana , car ce sont des joueurs intelligents qui sentent le football et sont capables de s'adapter à différents systèmes .
Tant qu’on a pas les pieds carrés, moi ça me va 🤣
et tant qu'on n'envoie pas des saucisses à ses partenaires , à l'instar de Rabiot pour Da Cunha ( pour ceux qui suivent les bleus et ont la ref )