Incidents de Séville : un supporter lyonnais témoigne

Un supporter de l'OL présent à Séville mardi soir livre son témoignage concernant les incidents qui ont éclaté avec les forces de l'ordre espagnoles.

Mardi soir, avant la rencontre opposant le FC Séville à l'Olympique lyonnais, des incidents ont eu lieu entre la police ibérique et des supporters lyonnais. Une vingtaine de fans olympiens ont été blessés suite aux coups de matraque portés par les officiers espagnols, dont deux sérieusement. Ces derniers ont été conduits à l'hôpital et y ont passé la nuit afin de se faire soigner. Quatre autres ont été arrêtés avant d'être jugés dans la matinée de mercredi, écopant tous d'une peine de prison avec sursis. Parmi les 250 à 300 supporters présents aux abords du stade Ramon Sanchez Pizjuan figurait Tanguy, témoin de la scène et qui raconte pour O&L le déroulé des évènements.

Ambiance festive et incompréhension générale

Arrivés par avion en fin de matinée, une centaine de supporters lyonnais se regroupent sur la Plaza Pescaderíà (située à une trentaine de minutes du stade Ramon Sanchez Pizjuan), rejoints par quelques uns de leurs homologues déjà sur place. "Une poignée de policiers surveille la place, raconte Tanguy, adhérent du groupe Lyon 1950. Tout au long de l’après midi, la bonne humeur est au rendez-vous, les passants défilent, n’hésitent pas à s’installer en terrasse au milieu des Lyonnais, échangent même quelques mots. Un homme, visiblement supporter du Betis Séville (rival du FC Séville), livre même son pronostic avant la rencontre du soir. Certains chants commencent à raisonner, au plus grand plaisir des locaux qui immortalisent l’instant avec leur portable."

Tout semble aller pour le mieux malgré la présence des forces de l'ordre. Une petite photo de groupe s'impose avant de partir en direction du stade, "bien évidement escorté par la police locale pour éviter tout débordement en cas de rencontre avec les supporters adverses". Les supporters lyonnais se rassemblent et forment un cortège, entourés des policiers espagnols, et se mettent en marche vers l'antre du FC Séville pour assister au premier match à l'extérieur de l'OL en Ligue des champions cette saison. "Mais, à peine les cents premiers mètres terminés, le cortège s'arrête soudainement, explique notre témoin. Sans que l'on n'en comprenne vraiment la raison, les policiers adressent les premiers coups de matraque. La tension est palpable. Les leaders des groupes lancent un appel au calme. Les premiers blessés sont reculés en fin de cortège, ils sont visiblement très énervés de l'attitude de la police."

Un lynchage de masse

Malgré ces premières échauffourées, le cortège reprend sa route en direction du stade sévillan. Les chants reprennent et attisent la curiosité des habitants. Certains sortent même leurs téléphones pour filmer la scène. Avant que le cortège ne s'arrête de nouveau, à proximité de l'hôtel Fernando III, à une dizaine de minutes à pied de l'enceinte : "Une deuxième déferlante de coups est adressée par les forces de l'ordre. Les blessures s'aggravent. Certains sont blessés à la tête, un autre n'est plus en mesure de marcher et sera porté au stade par deux supporters." Malgré cette deuxième salve de violence, le groupement des supporters lyonnais poursuit sa route sous l'oeil de la police sévillane. "Le stade n'est plus très loin, détaille Tanguy. Les maillots rouges commencent à faire leur apparition de part et d’autres du cortège, sur les trottoirs. Il y a quelques échanges verbaux et gestuels entre Lyonnais et supporters sévillans. Rien de bien méchant puisque qu’aucun objet ou projectile n’est lancé."

Les supporters des deux équipes sont face à face sans qu'aucun débordement n'ait lieu. Le cortège continue de se déplacer en direction du stade, toujours entouré des policiers espagnols. Arrivé aux abords de Sanchez Pizjuan, la situation s'envenime. "C’est à l’entrée du stade que les pires incidents vont avoir lieu. L’ensemble du cortège patiente avant la traditionnelle fouille, quand soudain un mouvement de foule éclate : de nouveaux coups sont lancés gratuitement par la police locale. Alors que l’ensemble des policiers nous encerclaient totalement, ils se sont mis à frapper dans le tas". La police se déchaîne, les coups fusent, de plus en plus rapides, de plus en plus forts. Des supporters lyonnais tombent par terre sous la violence des chocs et des mouvements de foule : "Les policiers n’hésitent alors pas à les frapper alors que la plupart ne présente pas de danger, affirme Tanguy. Au contraire, certains lèvent même les mains pour inciter les policiers à se calmer. Les policiers sont excédés, hors d’eux mêmes. Certains semblent exulter à l’idée de se défouler sur des supporters innocents. En témoigne cette scène où un policier a stoppé violemment un de ses collègues alors que ce dernier ruait de coup un Lyonnais au sol."

Une soirée gâchée

Le lynchage prend fin et les supporters peuvent enfin prendre place dans les gradins. Un moment de répit où les supporters ne peuvent que contempler les dégâts. "Bras immobilisé pour certains, bandage à la tête avec polo tâché de sang pour d’autres, sans oublier les multiples traces apparentes de matraques sur plusieurs parties du corps, énumère le supporter. Le constat est glaçant. Le dégout envahi principalement la tribune, certains préfèrent s’assoir pour regarder le match. Pour se rendre aux toilettes, deux policiers doivent vous accompagnez. Ironie du sort, le speaker du stade lit en espagnol et en français les valeurs prôné par l’UEFA avec comme mot d’ordre le "respect"."

La majeure partie des fans rhodaniens n'ont pas vraiment la tête au match mais donnent quand même de la voix pour encourager leur équipe. Finalement, Lyon s’incline (0-1) mais le plus important est ailleurs. "Malheureusement, ce qui s’est passé en-dehors du terrain restera plus dans nos mémoires que le spectacle sur le terrain en lui-même, regrette Tanguy. Totalement dépassés, les policiers vont même lâcher les Lyonnais dormant à Séville le soir à 200 mètres du stade. Résultat : deux d'entre eux souhaitant prendre un taxi se seraient violemment fait agresser par une vingtaine de Sévillans. Pour les autres, ils ont du marcher en groupe jusqu’au centre ville, alors que plusieurs ultras du FC Séville se trouvaient dans les ruelles." Avant de reprendre la direction de Lyon avec de funestes images en tête, bien loin de celles que proposent généralement les soirées européennes.

5 commentaires
  1. Naka De Lyon - jeu 29 Sep 16 à 8 h 07

    A.C.A.B

  2. gone69 - jeu 29 Sep 16 à 10 h 15

    c'est inacceptable d'en arriver la il faudra des sanctions lourde

    1. Snakeflo69 - jeu 29 Sep 16 à 11 h 04

      juste pour mon information, quels sanctions ils encourent ?

      1. Naka De Lyon - jeu 29 Sep 16 à 21 h 58

        Qui ? Les gones ?

  3. juninho pernambucano - jeu 29 Sep 16 à 11 h 54

    Je vous laisse deviné que ils n'auront rien parce qu'ils sont protégés par leurs statut de policiers à la c** ceux qui leurs laisse croire qu'ils ont tout les droits.
    J'ai la haine pour nos supporters, et comment peut on se croire tout permis et réagir ainsi.
    À la base le football c'est un spectacle c'est complètement fou d'en arriver là.

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