OL : côté pile, face cachée

Un match sérieux, gagné 2-0 mais qui laisse une impression mitigée. Quand l'OL nous habitue à une bonne prestation, même sur une période, on devient vite difficile. Mais c'est aussi signe que la machine se remet en route.

Forcément, Bruno Genesio ne pouvait être totalement satisfait du contenu du match remporté 2-0 par son équipe contre Toulouse. "Nous avons livré une très bonne première période en pressant très haut et en développant de très bonnes phases de jeu à une touche de balle, beaucoup de mouvements et de la qualité. Nous avons été récompensés de deux buts et nous aurions dû enfoncer le clou après la pause avec un ou deux buts supplémentaires. C’est à l’image de notre équipe depuis le début de saison. Nous devons être plus performants sur la durée, sur 90 minutes." Bon, mais pas sur la durée. C'est déjà une évolution.

Au plaisir de rejouer

Première statistique de la partie : au quart d’heure de jeu, l’OL a le ballon 75% du temps. Soit un peu plus de 11 minutes sur les 15 premières. L’équipe est en effet placée très haute sur le terrain et procède en attaques placées, sans forcément presser de façon intense. Cela faisait un petit moment qu'on avait pas vu cela côté rhodanien, surtout face à des équipes fermant le jeu. L'effort n'est pas obligatoirement fait dans le pressing pour récupérer : il faut agir dès la perte du ballon pour essayer de le récupérer le plus vite possible et profiter des phases de transition de Toulouse, moment où leur bloc bas est le moins en place (ce qui suppose de jouer vite et vers l’avant dès que l’OL récupère). Signe de l'efficacité de cette méthode, à la 37e, l'attaquant de pointe toulousain Yaya Sanogo a touché 6 ballons. 4 lui sont parvenus de son gardien Alban Lafont ... C'est pourquoi globalement, lors du premier acte, les consignes du technicien rhodanien sont bien respectées.

Par conséquent, les Gones facturent beaucoup d’occasions très tôt dans la rencontre. De la 15e à la 25e, on voit pêle-mêle Houssem Aouar louper une tête plongeante, lequel récidive par deux fois d'une grosse frappe et encore de la tête, juste avant que Bertrand Traoré ne manque son occasion. Les transmissions sont rapides et rythmées, et le jeu passe beaucoup par le côté gauche avec le duo Ferland Mendy et Traoré. Ce positionnement haut sur la pelouse fait que les Lyonnais récupèrent pas mal de ballons, les Toulousains aidant beaucoup par leurs erreurs dans la relance et la transmission. Hasard (ou non), sur l’une de ces relances, c'est là que Lyon ouvre le score par MemphisRafael, à hauteur de la ligne médiane, intercepte une longue relance de Christopher Julien, et transmets en une touche à Aouar à l’entrée de la surface. Celui-ci glisse à Memphis, qui marque.

Des satisfactions, une trouvaille, mais des travers

En parlant de l'international néerlandais, il faut noter sa bonne prestation en position d'avant-centre. Enfin pas tout à fait à ce poste selon lui. "Je n’évoluais pas vraiment comme un numéro neuf, note-t-il après le match. J’ai beaucoup décroché en cherchant à me démarquer dans l’espace libre." Son avis nous éclaire, et il explique pourquoi il a touché tant de ballons pour un joueur à son poste (68, très largement au dessus de ce que fait Mariano habituellement). Ce qui a profité au Burkinabé et aux milieux relayeurs que sont Aouar et Tanguy Ndombele, qui ont pu s'appuyer sur lui et se projeter en prenant l'espace vide. Ces deux-là se sont souvent retrouvés près de la surface, ce qui explique pourquoi le numéro 8 lyonnais a eu tant d'occasions (6 tirs, mais un seul cadré). Mais à force, on connait cette équipe (surtout ces dernières semaines) et on pouvait s'attendre à une baisse de régime par facilité.

Cela se vérifie dès l'entame de la seconde période. Lyon s’endort dans un faux rythme, et on entend énormément Genesio donner de la voix pour remobiliser son équipe. C'est que ses joueurs perdent des ballons (ce qu'ils faisaient peu en première), notamment quand ils sont dans leur camp juste après l’avoir récupéré. Heureusement, un homme ne se relâche jamais cette saison côté rhodanien. Anthony Lopes multiplie les arrêts (dont trois énormes) au retour des vestiaires pour maintenir l’avantage. Pendant ce temps-là, les attaquants lyonnais (tous sans exception) essaient chacun leur tour de marquer, en oubliant très souvent le coéquipier libre. Il est dès lors logique que l'OL joue une grande partie de la période en mode contre car c’est Toulouse qui est plus haut et a plus le ballon (la possession remonte pour les Violets au fil du match, pour finir sur un 58/42). On sait dès à présent où se situe la marge de progression de l'équipe lyonnaise jusqu'à la fin de la saison.

5 commentaires
  1. Player - mar 3 Avr 18 à 16 h 20

    Très juste.
    Mais rien de nouveau sous le soleil, malheureusement.
    Après le meilleur au niveau du jeu produit... brusquement c’est une autre équipe :
    « Jouer 1 mi-temps sur 2 »
    « baisse de régime par facilité »
    « trop de suffisance »
    « s’endormir dans un faux rythme »
    « bloc trop bas »
    Tout ça, on connaît bien...
    Dire que cela provient de la jeunesse et de l’inexperience, comme l’ont dit Genesio et dimanche Baticle... c’est de la foutaise.
    1- Ce ne sont pas les défauts de la jeunesse
    2- Il y a des joueurs expérimentés dans toutes les lignes
    Ce n’est pas la fatigue non plus !
    C’est capital de faire un bon diagnostic pour pouvoir corriger là où il faut.

    1. loinichba - mar 3 Avr 18 à 17 h 06

      +1 !

  2. ol-91 - mar 3 Avr 18 à 17 h 04

    L'OL est enfin parti à l'attaque avec juste ce qu'il faut de passes. Ce n'est pas qu'il faudra toujours ce schéma mais il est parfois utile. Je m'attendais à ce que Toulouse reste en nombre beaucoup plus bas.

  3. lyonnaisdugard - mar 3 Avr 18 à 17 h 22

    Très juste, et si on va au bout de cette analyse, Memphis indique clairement qu'il serait à son meilleur poste en tournant libre autour d'un vrai avant-centre que l'on a : Marianogoal.
    On retrouve notre 442 en losange tant attendu avec le retour de fékir prochainement.....
    c'est quand même fou qu'avec de telle recrue : Mariano, Memphis, Traoré, Ndombele, Mendy et l'éclosion de Aouar qu'on en soit la où l'on en est...
    Que certains BG en tête puissent mettre en remplaçant des joueurs avec une telle qualité Mariano, et Memphis
    Que certains BG en tête, continuent à voir en CORNET un joueur du niveau de notre club
    Que nous n'ayons toujours pas mis nos meilleurs joueurs à leurs meilleurs places: on y arrive petit à petit au grès des blessures, suspension, et tacticien d'équipe national (merci koeman qui n'est pourtant pas un génie).
    Bref tout est encore possible malgré cela pour finir sur le podium, surtout que l'Om qui est en sur-régime depuis un long moment, va s'écrouler au moindre mauvais résultat, ils tiennent mentalement actuellement et si un grain de sable arrive (c'est le cas avec les blessures qui se multiplient) ils vont avoir de nouveau les résultats du début de saison....
    mais pour ne comptez que sur nous, il faut que BG arrive avec le retour de Fékir à notre fameux 442 en losange ( on y arrive petit à petit à avoir quelques joueurs à leur meilleurs places : Tousard, Aouar, Ndombele, maintenant Memphis) et se passe de ses chouchous bidons 😉 bon même avec Morel ça devrait passer, mais se serait encore bien + facile avec Mouctar....

  4. drareg69 - mer 4 Avr 18 à 15 h 02

    Pas besoin de longs commentaires simplement voir ou revoir le briefing d'avant match de Zidane ce mardi 3 avril et le match du Réal face à la Juve à 2/0 c'est plié et bien on continue a jouer on en met un troisième . Les joueurs sont tous des stars mais on est professionnel jusqu'au bout on joue 95mn !!!
    et on arrête les considérations métaphysiques sur la jeunesse de l'effectif , le calendrier , l'arbitre ..... et j'en passe

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