EDITO - Accusé de tutoyer le racisme par Pierre Ménès, sommé de présenter ses excuses par Bruno Roger Petit, Jean-Michel Aulas est pointé du doigt depuis sa déclaration sur le Qatar (lire ici). Alors que le crime de lèse-majesté est révolu en France depuis 1832, retour sur la stratégie de communication du président de l'OL.
Dans un monde où les journalistes parisiens soutiennent parfois un peu trop le PSG, leurs homologues lyonnais compensent en portant aux nues l'OL et Jean-Michel Aulas. Jacobinisme VS province, l'histoire se répète souvent même dans le monde du football. La question n'est pas de savoir si Jean-Michel Aulas a dépassé les bornes avec sa déclaration : « Le championnat du Qatar étant bien spécifique, réduit à une seule équipe, on va dire que c’est quasiment un match pour la Ligue 1 qui va se dérouler samedi contre Monaco », mais bien de décrypter la stratégie du président de l'Olympique Lyonnais, sans esprit partisan ou supporter (note de l'auteur : le football me passe par-dessus la tête, ce n'est pas un secret pour vous fidèle lecteur d'O&L, je n'aime pas ça).
Dans ce contexte, Jean-Michel Aulas a réussi, en partie, son opération de communication en employant sa méthode habituelle : le détournement de l'attention. La stratégie est toujours la même : sortir une déclaration volontairement exagérée qui va attirer tous les regards et réactions. Nous sommes dans le monde de la petite phrase et du tweet, les journalistes n'attendent que ça, les polémistes ont déjà les doigts rivés sur le clavier et Aulas les attire là où il souhaite. Le président de l'Olympique lyonnais fait ainsi oublier la prestation très moyenne de son équipe samedi soir (lire ici), mais aussi tous les problèmes annexes. Le recrutement problématique de Valbuena, sa présence à l'Euro et sa blessure ? Oubliés ! Rachid Ghezzal qui arrive à faire six mois corrects et qui se permet déjà de mettre des conditions pour sa future présence à l'OL ? Pas de problème ! L'OL fait un match très moyen face à une équipe en bas du tableau ? Quel match ? Bruno Genesio a-t-il l'envergure pour un parcours européen ? On s'en fout !
Aulas a fait une déclaration sur le PSG et c'est tout ce qui importe à de nombreux collègues parisiens. Le président de l'Olympique lyonnais a amené les journalistes là où il voulait, a déclenché les réactions qui font oublier tout le reste et protège ainsi son équipe et son entraîneur. Au passage, tel un promoteur de match de boxe, il fait monter la mayonnaise pour le choc OL – Monaco, redonnant un peu d'intérêt à cette Ligue 1 où il n'y a plus aucun suspense pour la première place. Dans un contexte qui nous rappelle les ennuyeuses années où Schumacher gagnait tout en Formule 1, Jean-Michel Aulas tente de relancer le show. Là où le président lyonnais réussit sur deux points en matière de communication, il se heurte à la limite du crime de lèse-majesté commis envers le PSG. Le patron de l'OL a attiré les regards et se retrouve carrément accusé de racisme par Pierre Ménès (voir tweet). La stratégie a fonctionné, mais à quel prix ? Parfois, certains oublient que tout cela n'est que du football et par extension un divertissement qui rapporte beaucoup d'argent.
Il n'est plus possible de poster des commentaires pour l'instant: Il y a trop d'abus et de dérives avec l'actualité