Les supporters de l’OL et notamment les Bad Gones vont animer les tribunes jeudi (Photo by JEFF PACHOUD / AFP)

OM - OL : une autorisation de déplacement qui fait pschitt

Pour la première fois depuis cinq ans, les supporters de l’OL peuvent assister à l’Olympico au Vélodrome. Néanmoins, cette autorisation préfectorale n’a pas eu l’effet escompté auprès des groupes de supporters lyonnais.

Une telle décision aurait dû avoir un goût de victoire. Finalement, il n’en est rien. En acceptant la venue de 200 supporters lyonnais dimanche au stade Vélodrome, la Préfecture des Bouches-du-Rhône pensait avoir pris le taureau par les cornes et fait un pas en avant pour le retour d’un contingent lyonnais dans le parcage visiteur de l’enceinte de l’OM. Cinq ans après le dernier déplacement officiel, 200 places ont été débloquées pour ne pas voir une partie du stade rester vide. Un premier pas réalisé en concertation avec l’OL et l’OM.

Au sein du club lyonnais, on se félicitait d’ailleurs d’avoir réussi à trouver un terrain d’entente même si le nombre allait forcément faire grincer des dents. Ca n’a pas manqué. Le spectacle dans les tribunes n’aura pas lieu, en tout cas pas avec les groupes historiques lyonnais. Bad Gones et Lyon 1950 ont annoncé qu’ils ne feraient pas officiellement le voyage, bien que des membres du groupe seront présents.


"Aucun débordement n'a eu lieu depuis le début de saison"


Cette décision, Thomas, membre de l’association O'elle Club, la comprend. Il sera pourtant bien présent dans les travées du Vélodrome dimanche mais il a "l’impression d’être vu comme des bêtes de foires qui ne savent pas se tenir et je trouve que ça n’aide absolument pas la cause des supporters." Les différents passifs entre les deux clubs ne plaident pas forcément la cause mais réduire à 200 un parcage qui compte près de 4 000 places pose forcément question. "Un moyen pour la préfecture et les autorités de montrer qu’ils 'acceptent' les déplacements et pouvoir par la suite se cacher derrière cela lors des futurs interdictions" pour le supporter lyonnais.

Privés de déplacement lors de la deuxième partie de saison dernière suite aux incidents contre l’OM au Parc OL puis au Paris FC en Coupe de France, les fans de l’OL avaient repris leurs petites habitudes depuis le début de la saison. Sans heurts. "Si la préfecture voulait que les BG87 et les 1950 viennent, il fallait aussi adapter les consignes et ouvrir le parcage à bien plus de supporters, poursuit Thomas. Nous sommes allés à Reims, Monaco, Rennes, Montpellier, Lens cette saison, et aucun débordement n’a été constaté."


Les Bad Gones avaient prévu un événement à Gerland


L’antagonisme n’est pas le même mais la preuve qu’il est possible de faire cohabiter des supporters de deux camps. Suivant le déroulé du match dominical, le curseur de la jauge d’un Olympico sera revu à la hausse dans les prochaines années. Seulement le supporter lyonnais estime que l’analyse "sera forcément biaisée puisqu’on ne sera pas au complet et que les deux principaux groupes ne seront pas présents." La décision de ne pas se rendre à Marseille pour les Bad Gones a certainement aussi été facilitée par l’organisation d’un événement à Gerland pour suivre cet OM - OL.

Bien avant l’autorisation préfectorale, le groupe historique avait réussi un travail de longue haleine pour les 35 ans du groupe afin de se remémorer les bons souvenirs dans le 7e arrondissement. A la différence du Vélodrome, 2000 places avaient été mises en vente et le choix a forcément été vite fait. Tout comme Thomas, Romain a hésité entre Gerland et la nostalgie des belles années ou le Vélodrome. Finalement, les cinq ans d’attente ont eu raison d’un retour aux sources pour ce membre des Rouge et Bleu qui fera le trajet en bus avec un autre adhérent du groupe présent dans le virage sud. "200, c’est vrai que ça ne fait pas beaucoup mais c’est mieux que de ne pas faire de déplacement du tout. Cela fait cinq ans qu’on n’avait pas eu l’occasion d’y aller."


Les groupes de supporters saluent malgré tout l'initiative


Finalement, le désistement des deux groupes historiques aura avant tout permis à certains supporters d’avoir accès à ce déplacement, chose qui n’aurait peut-être pas été possible avec une jauge plus élevée. "C’est un des stades en France que je n’avais pas encore fait et je voulais saisir cette occasion pour y aller puisqu’on ne sait pas si cela sera possible les années prochaines."

La volonté commune est de répondre oui. Néanmoins, voir un tel choc de la Ligue 1 être privé d’une partie de son folklore reste encore et toujours regrettable. L’initiative est à souligner, en espérant que ce ne soit pas un simple coup sans lendemain de la part des autorités. Ca ne tient qu’à tout un stade de se tenir à carreau dimanche.

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