Sur ce point tactique, le match contre Auxerre était dans la continuité des premières sorties de la saison. L'OL doit encore progresser sur les transitions défensives, qui le mettent souvent en difficulté.
Après seulement sept rencontres officielles, bon nombre de situations comme celle-ci nous reviennent en mémoire. Un pressing de l'OL mal exécuté ou un ballon égaré, et de suite, la formation adverse transperce les lignes et en deux ou trois passes, se retrouve devant les cages de Dominik Greif. Si Auxerre a manqué de précision et de qualité pour mieux jouer certains coups, ce ne sera pas le cas d'écuries mieux outillées en Ligue 1 ou en Ligue Europa.
Les problèmes en transition défensive ne sont d'ailleurs pas que l'apanage de l'Olympique lyonnais, car le football moderne se joue énormément là-dessus. Surtout qu'il aime avoir le cuir, prendre le temps en possession pour s'installer et faire courir les adversaires. Mais aujourd'hui, dans sa volonté de maîtriser les matchs, le groupe de Paulo Fonseca doit incontestablement progresser là-dessus. D'ailleurs, même l'entraîneur l'a reconnu après le succès sur l'AJA vendredi dernier (3-1).
Un OL trop vertical parfois ?
"Nous avons besoin de progresser dans ce secteur, d'avoir plus de sécurité. Nous voulons gérer avec la balle, mais il faut s'adapter à ce que la partie demande et mieux faire là-dessus. On cherche encore la bonne formule, un bon équilibre collectif, confiait-il. Ce qu'il faut améliorer, c'est de ne plus jouer systématiquement de manière verticale car on s'expose aux contres." Le changement de composition du 4-2-3-1 ou 4-3-3 au 4-4-2 losange n'a pas solutionné le problème.
Le souci était naturellement évoqué dans Tant qu'il y aura des Gones ce lundi. "Il y a quand même des choses à régler car sur les transitions, l'équipe était prise à défaut et mise en difficulté sur les attaques rapides, avait remarqué notre consultant Nicolas Puydebois. On sait que sur cet aspect, si tu n'es pas équilibré, si un élément dézone ou fait un dépassement de fonction mais n'est pas compensé, cela peut créer le déséquilibre. À la perte, contre des joueurs qui vont vite et qui sont efficaces, tu seras en danger."
Comment gérer les transitions face à des adversaires mieux outillés offensivement ?
Un sujet important, car dans les jours à venir, les Rhodaniens vont affronter le Paris FC et Rennes, notamment. Deux concurrents capables d'exploiter le moindre espace en se projetant très vite vers l'avant. Avec des attaquants et des milieux offensifs comme Lassine Sinayoko, Ilan Kebbal, Estéban Lepaul ou encore Mousa Al-Tamari qui incarnent de grosses menaces. Les séances d'entraînement de cette semaine sont donc prépondérantes. Tout comme la question du système à utiliser.
Avec le losange, l'OL a mis en valeur ses défenseurs de côté et ses attaquants. Mais de l'autre côté, il peut s'exposer. "Avec ce schéma, tu demandes plus à des latéraux d'apporter offensivement. Donc ça implique le besoin de compensation avec la structure préventive, à trois derrière avec un milieu de terrain. Mais si tu veux gêner ton adversaire, forcément cela va te demander du déséquilibre, insistait Nicolas Puydebois. C'est perfectible car c'était la première fois qu'ils utilisaient ce dispositif. Je trouve que c'est bien d'avoir essayé face à Auxerre, cela permet de voir ce qui est à corriger et de le régler ensuite."
Tout est question d'équilibre et de compensation
Si l'ancien gardien lyonnais, triple champion de France (2003-2005), est enthousiasmé par le choix tactique de Paulo Fonseca, malgré les imperfections, Baptiste Monveneur, lui, attend de voir. "Oui il y a des points à travailler, mais je pense que c'est dû au fait qu'ils étaient proactifs, qu'ils se sont livrés en voulant être ambitieux offensivement. Forcément, ça fait qu'on se découvre un peu plus. Face à un rival qui joue encore mieux les contres, ils auraient davantage souffert. C'est pour ça qu'avec le 4-4-2, contre une opposition plus forte, qui tient davantage le ballon, le bloc peut vite être en difficulté, estimait celui qui a été formé à Meyzieu, avant de se tourner vers l'écriture. Mais j'ai l'impression que le milieu de terrain est capable de répéter les efforts. Pour moi, c'est à double tranchant."
Il a parfois été reproché à Paulo Fonseca d'être un technicien "frileux". Avec ce nouveau schéma, il démontre qu'il peut aussi tenter des coups. Maintenant, il y a une différence entre le faire à la maison contre la lanterne rouge de Ligue 1 et chez le deuxième du championnat. Mais tant qu'il parvient à corriger les lacunes sur les transitions, que ce soit avec l'un ou l'autre des dispositifs, le Lusitanien ne sera sûrement pas loin de la vérité.

Justement, attention au Paris FC, dangereux en contres rapides en une touche de balle et leur avant-centre Sinayoko ultra réaliste.
Hé oui, il ne faudrait pas confondre "dépassement de fonction" avec "abandon de poste".
Dans le dépassement de fonction, le joueur doit faire plus, mais il doit d'abord continuer à tenir son poste et ensuite seulement en faire davantage.