Après le nul de Marseille à Guingamp (3-3), l’OL pourrait s’assurer une place sur le podium en cas de victoire à Strasbourg, samedi (21h). Pour ça, le club rhodanien comptera encore sur sa jeunesse au milieu.
A 27 ans, celui qu’on pourrait presque définir comme un vieux briscard, a rendu un fier service à son ancien club et ses successeurs au milieu. En signant un doublé contre Marseille (3-3), vendredi, Clément Grenier a permis à l’OL d’aborder ses deux dernières journées de Ligue 1 dans une position favorable. Pour assurer le podium, seul un succès suffira aux hommes de Bruno Genesio face à Strasbourg samedi (21h), ou contre Nice le week-end prochain. Afin de jouer la Ligue des champions la saison prochaine, le plus tôt possible sera évidemment le mieux. En Alsace, les Lyonnais n’auront donc que les trois points de la victoire dans le viseur. « Il faudra être prêt, ça sera un combat dans les têtes. Ils ne lâcheront rien, on devra être bien concentré », indiquait Lucas Tousart, vendredi.
Au Stade de la Meinau, l’Aveyronnais jouera son 49e match de la saison avec l’OL. Seul Memphis fait mieux parmi les joueurs de champs. C’est d’ailleurs pour favoriser l’expression du Néerlandais et celle de Nabil Fekir, mais aussi pour conserver un trident efficace dans l’entrejeu, que Bruno Genesio a décidé de passer au 4-4-2 en lonsange, il y a un peu plus d’un mois. Avec Lucas Tousart (21 ans), Tanguy Ndombele (21 ans) et Houssem Aouar (19 ans), le technicien dispose d'un des milieux les plus jeunes d’Europe. Les trois Gones disputent seulement leur première saison comme titulaires en Ligue 1, alors que l’ancien Amiénois a découvert l’élite il y a à peine neuf mois. Dans les cinq grands championnats européens, il n’y a qu’à Schalke 04 où l’on retrouve autant de jeunesse au cœur du jeu. Leon Goretzka (23 ans), Amine Harit (20 ans) et Weston McKennie (19 ans) y prospèrent, souvent avec l’aide Nabil Bentaleb (23 ans) et celle moins régulière de Max Meyer (22 ans). A un endroit du terrain où les entraîneurs privilégient davantage l’expérience (au moins au poste de sentinelle), Lyon a réussi ce pari de la jeunesse, qui a eu la peau de Maxime Gonalons (29 ans) et de Clément Grenier (27 ans).
Le losange demande davantage d’exigences
Avant de devenir les joueurs qu’ils sont, le Romain et le Guingampais se sont aussi installés à 20 ans dans l’entrejeu rhodanien. Comme Corentin Tolisso, parti du cocon beaucoup plus vite. Comme ces produits de la formation lyonnaise en leur temps, Tousart, Aouar et Ndombele, vont encore devoir apprendre. Surtout les deux relayeurs, puisque l’Aveyronnais a déjà eu l'occasion de progresser avec Gonalons la saison dernière. Mais Bruno Genesio se satisfait déjà du chemin parcouru. « Depuis le début de la saison, ils ont une progression constante, note le technicien. Ils ont évolué tactiquement, physiquement, dans le volume et dans leur intelligence de jeu. Maintenant, il leur reste encore des progrès à faire. Dans la continuité, dans la finition. Je pense à Tanguy notamment, qui a les moyens d’être beaucoup plus décisif et de marquer des buts parce qu’il a une très bonne frappe et une très grande adresse devant le but. » Ce que lui rabâchaient ses entraîneurs lorsqu’il était au centre de formation d’Amiens.
S’ils ont eu le temps de se faire au haut niveau, les trois internationaux Espoirs ont rapidement dû assimiler un système dans lequel ils n’avaient jamais évolué. Dans le losange lyonnais, Houssem Aouar et Tanguy Ndombele doivent redoubler d’efforts pour couvrir toute la largeur, quand Lucas Tousart se charge de gratter des ballons un peu plus bas. « On a trouvé un bon équilibre au milieu dans ce losange-là. On l’a pas mal travaillé. Au début c’était un peu compliqué à assimiler, puis au fur et à mesure des matches on arrive à se trouver de plus en plus offensivement, explique Tousart. Ce qui change le plus, c’est au niveau défensif. Quand on n’a pas le ballon, c’est le côté le plus difficile du losange. Ça nous oblige à faire un peu plus de courses et de compensations. » Systématiquement, Jordan Ferri remplace donc Aouar ou Ndombele pour finir le travail. « C’est vrai que c’est plus difficile pour eux, mais c’est là aussi qu’on voit l’importance des joueurs qui ne débutent pas les matches et qui sont là pour bien les finir pour nous permettre soit de garder un résultat, soit d’aller chercher la victoire », souligne Genesio. En décrochant un succès à Strasbourg, les trois Lyonnais poursuivront leur ascension la saison prochaine. Direction les étoiles de la Ligue des champions.
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