John Textor, nouveau propriétaire de l'OL
John Textor, nouveau propriétaire de l’OL (Photo by OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

OL - DNCG : la France, ce n'est pas l'Amérique

Suite à la décision de la commission d’appel de maintenir la sanction de la DNCG, l’OL n’a pas d’autres choix que de s’incliner. Dans ce qui ressemble à un rapport de force, le gendarme financier a voulu montrer sa légitimité quand Textor assure être dans son bon droit.

C’est une nouvelle averse qui s’est abattue sur Décines mardi après-midi. Quand la capitale des Gaules affiche des températures record depuis quelques jours, en périphérie, c’est clairement une ambiance glaciale qui s’est installée depuis quelques semaines. Ce n’est pas la décision de la commission d’appel, indépendante de la Ligue, qui a réchauffé l’atmosphère, bien au contraire. Sûr de ses convictions et de son dossier, l’OL avait choisi d’aller jusqu’au bout pour se défendre. L’optimisme était de mise, une fois de plus, et encore une fois, ce fut la douche froide.

Les éléments lyonnais n’ont pas plus convaincu la commission que la DNCG et c’est à se demander si l’OL ne faisait pas l’autruche au moment de se présenter à ses oraux. Il y a certes la pensée américaine bien différente de celle à la française, mais avec une garde rapprochée déjà là depuis des années, la question de la préparation interroge. Santiago Cucci avançait pourtant que le dossier était solide, que l’OL "n’avait rien à cacher". On peut le croire sur parole, mais il en fallait plus pour convaincre les instances françaises.

L'OL peut toujours saisir le CNOSF

Alors John Textor a-t-il été trop confiant ou le gendarme financier et sa commission ont-ils été trop durs comme pour montrer qui gagnerait le rapport de force ? La réponse se trouve très certainement à mi-chemin. Mardi soir, l’OL n’avait pas encore reçu les raisons de la confirmation de la sanction. Avec les 60 millions d’euros mis en avant par Textor dans son communiqué, on était en droit de s’attendre à voir toutes les planètes s’aligner et enfin un mercato actif des Lyonnais. Il n’en sera rien, car la définition de cette somme ne semble pas être la même dans le clan américain et celui de l'instance française.

Il reste bien encore un dernier recours, puisque l’OL peut toujours saisir le CNOSF mais dans quel intérêt ? Prouver que le dossier tenait la route ? C’est une raison valable, mais désormais dans l'environnement lyonnais, on paraît s'être fait une raison. Nous sommes le 19 juillet et la période du marché des transferts est déjà bien entamée. En saisissant le comité national olympique, l’OL repousserait encore un peu plus la décision, restant dans l’expectative pendant quelques semaines. Laurent Blanc avouait que le temps était déjà long de ne pas savoir sur quel pied danser dans ce mercato.

Un mercato désormais sous le signe des pistes malines

Repousser encore cette échéance n’arrangera pas forcément les choses d’un point de vue recrutement. L’OL va devoir la jouer malin comme l'OM avait pu le faire il y a deux ans. Si elle ne peut dépenser plus qu'elle ne vend, la direction lyonnaise va devoir peut-être miser avant tout sur des prêts avec option d’achat, histoire que le budget de cette saison soit définitivement validé en cours d’année et que le club se retrouve les mains libres dans quelques mois. Après ce raté pour démarrer son aventure à l’OL, John Textor aura une nouvelle chance d’amadouer la DNCG et de prouver que les éléments mis en avant en juin et considérés comme nuls auraient pu faire foi.

Il est ici question de la vente de l’OL Reign qui doit rapporter a minima 53 millions d’euros. Sera-t-elle actée d'ici à l'automne ? Avec une trentaine d’offres, Santiago Cucci affichait son optimisme, estimant avant tout qu’une vente de cette envergure ne pouvait se régler en claquant des doigts. De tours de passe-passe, il n’en a pas été question cet été entre Rhône et Saône. À défaut de jouer les magiciens, l'OL va devoir s'atteler à rentrer dans les clous et montrer patte blanche pour s'éviter d'autres guerres d'égo bien cachées dans un futur plus ou moins proche.

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